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vers Camile Loty Malbranche Dysmorphobie, torture somato-esthétique de l’être humain. Barack-Hillary, indice d’infantilisation d’un électorat! AUTOUR DU CONCEPT DE DÉCOUVERTE LIÉ AU 5 DÉCEMBRE. Les talk show et leur culture people. SE PA PLENYEN SÈLMAN MANI BOURIK, FÒN PALE MANI CHWAL! visite
de Rama
Yade, entorse grossière de l’AFP.
Dysmorphobie,
torture somato-esthétique de l’être humain.
Par Camille Loty Malebranche Dysmorphobie ou dysmorphophobie, cette dualité graphique signifie le surgissement récent du concept pour expliquer l’un des pires maux de société affectant actuellement de plus en plus d’individus : la dépossession du corps naturel par la tyrannie culturelle de la mode, l’idéologie esthétique d’une somatologie déviée et déviante. Il s’agit du rapport rendu pathologique de l’individu à son image corporelle qu’il entend ranger dans les schèmes de la mode et donc de la beauté définie par les canons sociaux. Rapport conflictuel de rejet au corps naturel sain mais non en conformité aux schèmes esthétiques admis par la société. Il ne s’agit ici ni d’asymétrie excessive et donc monstrueuse, ni de difformité objective, ni d’infirmité, ni d’obésité réelle. L’obsession d’entrer dans les normes requises du beau corps et une surenchère des perfections officielles de l’apparence à avoir, apparence qui constitue désormais la « valeur globale » de soi comme humain, fait de nombreux individus de nos faunes civilisationnelles, de véritables torturés privés de leur propre corps, dénaturés par la séquestration idéologique et mentale de leur être physique jugé non convenable aux canons esthétiques en cours. Une vision tératologique de l’idéologie sociale dévore l’essence humaine du corps, vision qui reproduit le corps humain en reflet de la mode et chose du paraître et bannit comme infrahumain quiconque n’y convient. Alors que l’extrême médicalisation du monde occidental tend, dans certains cas, à considérer l’homme comme un amas d’organes au mépris de toute perception sacrée ou métaphysique, alors que la pharmaceutique programme mentalement les hommes pour l’achat de médicaments en vente libre par toutes sortes de propagandes alarmistes sur la santé et avec d’innombrables renforcements négatifs du mal être physiologique alors qu’on néglige de cibler le mal être social du régime de vie rarement mis en question pour ces harcèlements, ses stress infligés à l’individu, ses courses à la production alimentaire violant toute hygiène, bombardant l’organisme des consommateurs de pesticides et d’hormones, l’idéologie sociale est devenue le terreau fertile et prolifique de tous les maux du mental et du corps. Seuls les plus forts échappent à cet abysse pathogène et délétère. Il s’agit ici de proscrire la pensée et mettre à quia comme un forclos l’acte d’autodétermination de la conscience humaine. Car la liberté est par essence souveraineté et elle ne s’ancre et ne s’exerce que par la pensée libre d’une conscience libre. Or penser est une entreprise de révolte et de projet ontologique c'est-à-dire de démantèlement, de téléologie et de parturition mentale par la fondation de nouveaux univers, de nouvelles pistes et de nouvelles perspectives. Quand on ne laisse à l’humain que la pesanteur d’une idéologie de rejet de soi pour les canons de la mode, l’on comprend la misère humaine dans la civilisation. ICONOLÂTRIE SOMATIQUE Si je dois tenter de comprendre ce monde et le nouveau rapport de l’individu au corps à travers le prisme de la mode somatique actuelle, je dirai qu’il est duel et ambigu et constitué d’un amour-haine dans le sens le plus malsain et le plus toxique qui soit. D’une part, jamais avant aujourd’hui, le corps n’a été aussi ovationné et mis en valeur, nous serions selon toute vraisemblance, à l’ère extrême d’une somatolâtrie, ère de règne et de culte du corps et de ses droits au plaisir selon le nouvel hédonisme laïc de nos sociétés sécularisées, libérées des églises et de la répression, dans la perspective d’un « multicosme » sexuel faisant place à toutes les tendances de l’hétérosexualité à la zoophilie en passant par toutes les options non conventionnelles telles l’homosexualité, la scatologie... Pourtant d’un autre côté, c’est le monde de la répression du corps naturel pour le corps-icône, le corps de la représentation. Ce n’est donc point une somatolâtrie, mais une iconolâtrie somatique vu la primauté dictatoriale de l’image. Malgré l’hypocrisie pudibonde du respect du corps, répressive de la libération sexuelle où tout peut être désigné comme du harcèlement et où des déviés et des pervers de toutes sortes peuvent jouer à la pudeur et à l’arrogance; Malgré une inversion légaliste de la sexualité qui confère aux invertis plus de permissivité et de liberté que l’hétéro mâle qui ose draguer l’autre sexe, l’iconolâtrie somatique contemporaine est une haine du corps naturel conspué par la société de notre temps, tueuse de ce qu’elle prétend aduler. Amour de l’image somatique standardisée et haine du corps vrai et vivant, la dysmorphobie naît ainsi et est entretenue chez plusieurs à des degrés divers par notre société. C’est un phénomène d’ovation-dénigrement du corps où pis qu’au moyen-âge qui voyait les contempteurs masochistes de ce dernier, se fouetter et se martyriser la chair pour mériter le « paradis » à travers les pires croyances du catholicisme de l’époque, l’individu se torture pour répondre au standard imaginal imposé au corps humain par la mode. Car il s’agit d’un monde qui se dit libre et laïc mais qui, insidieusement, inflige à ses membres un rituel abject de dénigrement de soi. C’est un monde qui établit une esthétique contre nature dont les canons se figent dans la représentation standardisée par l’idéologie sans nuance de la minceur pour la femme, de la musculature pour l’homme et la consécration du maquillage et du postiche facial en guise de fixatif de jeunesse faisant fonction mythique de fontaine de jouvence. Tout cela avec une évocation sournoise de la sexualité comme performance et non plus comme partage profond de l’amour humain. Cette sorte de code susdit de la beauté individuelle ne laisse aucune place à ses miséreux conditionnés qui veulent à tout prix y répondre et que flagellent tourment et pathologie. Quand Hollywood et sa poignée héroïsée de producteurs et de stars indiquent à toute une catégorie de consommateurs d’images à quoi et surtout à qui il faut ressembler, c’est donc les bas-fonds de la dysmorphobie qui égrugent, emprisonnent leur conscience par le traumatisme de l’expropriation de toute une dimension de leur être: leur corps exproprié par l’idéologie. Torture morale, sentiment d’infériorité, anorexie, fréquentation exagérée et obsessive des salles de gym, prise de stéroïde, hantise de la peau et des ridules faciaux souvent imaginaires, liposuccions, reconstructions chirurgicales du corps, bronzage excentrique et outrancier de la peau blanche sous des rayons dangereux, décoloration de la peau noire par des crèmes cutanées - au risque de fragiliser l’épiderme face au cancer - besoin de se changer radicalement pour être plus près de la beauté standardisée, tendance agressive à traiter comme laid quiconque ne répond au standard, complexe d’infériorité et d’idolâtrie face à qui est considéré plus proche des canons esthétiques… Tout cela tient de cette pathologie moderne du mal-être physique qui broie plusieurs individus en rogne contre leur propre corps, véritable faix pesant affligeant ces littéraux malades de la civilisation, les atteints de dysmorphobie, coltinant leur complexe que j’appellerais spéculaire, vu que le miroir et son image y jouent un rôle déterminant. La dysmorphobie est un rapport douloureusement ludique au reflet somatique dans le miroir et qui fait du mirant malade imaginaire de son reflet, une sorte de tragédien où il est son propre acteur tragique sacrifié par la tragédie du corps-icône. Et comme on le sait, tout malade imaginaire souffre parce que vraiment et terriblement malade! Luttant avec leur corps sain mais considéré sans valeur et honteux parce que non en conformité avec les critères sociaux déterminés par leurs idoles à l’écran et toute la classe de petits-bourgeois dans le vent, calquée sur ces dites idoles, les dysmorphobiques vivent l’abîme au jour le jour! C’est pourquoi, nous devons rappeler ici qu’au stade mystique, spirituel, philosophique voire rationnel, le corps est l’hypostase de l’être au monde, la part de matérialité de la personne humaine qui est esprit et conscience, transcendance au monde et présence intramondaine. Avec une vision platement matérialiste, organiciste, réductrice de l’homme, celui-ci est mesuré à l’aune du corps lui-même assimilé à une sorte d’animal atypique et mortel doué de facultés supérieures alors que toute autre dimension humaine disparaît. C’est la mise à mort de la pluridimensionnalité humaine. C’est une nouvelle doctrine d’unidimensionnalité de l’homme que Marcuse(1) n’a ni envisagée ni prévue! Elle tient elle aussi de la possession mercantile et capitaliste de l’individu hanté par la face voilée de la mode et de la consommation de ses codes et signes qui permettent d’être socialement intégré et d’éviter le rejet. Une certaine perception non moins scélérate d’un certain canton de l’idéologie médicale contemporaine y souscrit allègrement. Gunther Van Hagens(2) extrême représentant de cette vision simplificatrice avec ses expositions intitulées le monde du corps, tend bêtement et cyniquement à porter la masse populacière confuse à cette vision ultra-animale de l’être humain où nous ne serions qu’un ensemble d’organes disséminés et juxtaposés par des ligaments, des jointures et des vaisseaux… Organes qui rempliraient ludiquement et sans le mystère de la vie et du vivant, des fonctions vitales avant de disparaître dans la mort par un quelconque dysfonctionnement. Nous sommes dans la non signification, l’exclusion de la mystique et l’évacuation facile du mystère de la vie par une esthétisation et une médicalisation idéologiques. On sait que l’homme est appelé à jouer une suite de rôles sur la scène de son existence sociale, toutefois, faut-il que ces différents rôles ne soient guère des personnages mais des expressions plénières de sa personne où il est subjectivité consciente et choisissante pour éviter d’être objet des dévolus sociaux. Sinon, il ne demeure qu’un individu sans franchir le stade de personne parce que cloîtré dans les personnages imposés à sa conscience. Puissent les amis de la pluridimensionnalité humaine, s’insurger aujourd’hui contre cette imperceptible torture de mode qu’est la dysmorphobie, cette maladie, cette tare de civilisation qui sévit assez souvent et mortellement - sans que nous en prenions conscience - dans nos familles et parmi nos proches! 1Référence
au célèbre livre de Marcuse : L’HOMME UNIDIMENSIONNEL 2
Médecin qui fait dans plusieurs une exposition de cadavres humains véritable
qu’il appelle LE MONDE DU CORPS. CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE
Barack-Hillary,
indice d’infantilisation d’un électorat!
Par
Camille Loty Malebranche Les vagues que font dans la presse les candidats à l’investiture démocrate pour les prochaines présidentielles étasuniennes, prennent de jour en jour l’allure d’une joute de clowns pour enfants malades que l’on veut égayer à tout prix. Le parti démocrate sans vraie politique de change face aux républicains, joue au yoyo des humeurs et émotions pour se faire sympathique. Car depuis le primat de la finance boursière sur l’économie, depuis l’inclusion légale (mais pas sociale ni économique) des ethnies, depuis l’effondrement du bloc soviétique, le pouvoir du président plus qu’avant n’est à l’intérieur des États-Unis, strictement rien que de la figuration. Le palatin de la Mison- Blanche n’a en fait comme pouvoir que le droit de déclencher à l’extérieur une guerre ou de ne pas la déclencher si les choix et la pression de l’establishment économique le lui laissent, si le pays visé par la guerre est assez faible pour être envahi par les soldats petits-bourgeois, qui s’enrôlent dans l’armée pour leur promotion sociale et vont en guerre interventionniste mais ont horreur d’y risquer leur vie. D’ailleurs, c’est pour cela qu’il faille désarmer l’éventuel pays à envahir de tout arsenal dangereux avant de commencer son bombardement puis son invasion. Le cas de l’Irak est probant! Alors dans une telle occurrence, pour revenir à notre surhomme cycliquement déifié aux quatre ans dans un monde de plumitifs soudoyés, de théoriciens vendus, de journaleux stipendiés de sots savants et de sots naïfs, de flatteurs et de profiteurs, et surtout d’un peuple-enfant, notre surhomme élu de Washington, peut choisir entre la diplomatie généralement agressive des sanctions dites guerre de basse intensité ou l’autre intensité de la guerre proprement c'est-à-dire le déluge de feu sur les villes par l’armée. De toute façon, un président étasunien est d’une manière ou d’une autre, un personnage-reflet comme les personnages d’ombre et de lumière de l’écran, si apparemment vrai et proche pourtant faux et inaccessible! Il a beau sourire au monde - (comme c’est en Amérique du nord le module operandi pour réussir en société, il faut montrer ses belles dents) - il défend la plus ignoble des causes: celle de la domination féroce de l’économisme imposé par l’oligarchie de l’establishment industriel et financier étasunien. Dans cette sorte de cirque que constitue la marche vers élections, les logomachies préélectorales doivent nous rappeler ceci : en ploutocratie, la démocratie n’est que verbiage, verbiage idéologique créé pour cacher la dictature des vrais décideurs économiques et donc politiques de l’État. Les peuples, ici, n’ont pas les gouvernements qu’ils méritent mais les gouvernements qu’ils croient puérilement et débilement choisir. Car le vote censitaire plus que jamais inflige sa férule à la politique des États par le financement des partis et des hommes briguant les mandats. Le cens électoral n’a fait que changer de place, hier, il était directement aux élections, aujourd’hui, il sévit dans la sélection des participants aux courses préélectorales. On ne donne pas aux peuples le pouvoir de se choisir des hommes, les ploutocrates des establishments s’en fabriquent et ensuite les donnent à l’infantilisme légitimant des électeurs pour mimer la démocratie et masquer la ploutocratie. La légitimité qui découle de cela est tout naturellement tronquée vu le non contrôle pour les peuples des désignations originaires des candidats en lice. Déperdition, diversion, dénaturation affecteront toujours le pouvoir dans la société bourgeoise d’aujourd’hui où le moule systémique et les catalyseurs structurels sont là immuables, attendant le corps politique qu’est l’élu pour le transformer exactement selon la chimie des puissants riches qui mènent le monde. Disons-nous ceci, si la démocratie bourgeoise telle qu’on la connaît aujourd’hui était vraiment démocratique, depuis les décennies qu’elle donne aux peuples du centre - je ne parle des pays périphériques non reconnus démocratiques jusqu’à récemment - leurs leaders par les élections, d’où vient que les moindres acquis sociaux ne se soient opérés que par la mobilisation des groupes populaires et secteurs sociaux organisés, des sacrifices de toutes sortes et des manifestations de rue? Pourquoi les peuples qui votent doivent après lutter contre les politiques de leurs élus ou souffrir en silence? Aux Etats-Unis, plus qu’ailleurs c’est donc à la farce que recourt l’oligarchie pour berner les masses votantes sur un hypothétique changement. Aujourd’hui, le parti démocrate prône le changement de surface dans sa présélection en faisant appel à un vieux truc classique du pouvoir: l’émotion. L’épidermisme coloriste ou le féminisme politique, cette histoire de présenter des participants d’ethnie et de sexe différents à la course de l’investiture de parti voire aux élections présidentielles elles-mêmes, jouent avec les humeurs et donnent l’illusion de l’égalité des chances dans une société d’exclusion économique des non blancs des deux sexes, de matraquage psychologique sucré des masses par toutes sortes d’aberrations édulcorantes de la presse people vendeuse de faux rêve, de désinformation infantilisante du peuple. De fait, Barack et Hillary, à moins d’être tous deux naïfs, savent qu’ils sont entrain de faire l’histrion, de mentir quand ils disent «changement», ils sont en réalité, les bouffons privilégiés d’une superpuissance ayant fait de la plus importante des choses du destin collectif, je cite la politique, une affaire de spectacle, un cirque pour exciter le populo et ses passions malsaines primitives. Car précisément, les ploutocrates le savent depuis toujours: la politique est chose trop sérieuse pour l’abandonner au peuple ou aux électeurs. En attendant, le système marche puisque l’infantilisation se poursuit et se porte bien. Mais ni les noirs avertis, ni les femmes rationnelles ne se laisseront prendre à cette aventure onirique ou soporifique de joute entre un noir et une femme. Ce noir averti, cette femme rationnelle sait que placer un mélanoderme ou une femme à la fois à la Maison-Blanche, au Vatican et à l’Onu, ne changera rien à la situation des femmes et des noirs ni aux Etats-Unis, ni dans le monde si les structures ne sont pas effectivement mises sous contrôle des majorités avec leurs représentants authentiques qu’elles contrôlent effectivement. Sinon, nous sommes et nous resterons dans le symbolisme vide tel celui dont on nous a tellement repus dans la politique mondiale avec des représentants de catégories exclues placés à des postes d’apparat. K. Annan, C. Rice ne se font qu’un capital de prestige social personnel sans conséquence respective pour l’Afrique noire ou les femmes noires étasunienne. Comme je l’ai écrit naguère lors de la nomination de M. Jean, femme noire, comme gouverneur général du Canada, évitons la tour substantialisée du symbole. Refusons l’abysse émotionnel des manipulations ploutocratiques! CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
Femme-peinture, Femme-musique, Femme-poésie Aux
mille toisons de tes charmes, je dédie Cette
toile intemporelle des maîtres ! Michel-Ange, Ah
! Ta splendeur des fresques de Sixtine! Et
parmi ces icônes immortelles; éberluantes fanfreluches à tes galbes de
nymphes, Ta
frimousse fait frémir les voûtes de mon temple, Tu
es une piéta vivante aux parois des frissons, aux mamelons des pastels Ah!
Consumantes transcendances ! De
Vinci, Le
génie créateur se pâme à tes pieds d’émeraude-arc-en-ciel Et
tu sculptes mieux que la Joconde, l’inimitable chant d’hirondelle, Et,
sourire des tréfonds, ta bouche d’étoile est plus sensuelle Que
des gémissements d’ange traversant ma peau et ma toile Mondrian, Toute
l’abstraction d’une peinture savante aux perles du rêve N’évoque
qu’en maigre part, ton indessinnable beauté, volute d’or! Et
tu danses dans mon ciel par ta grâce d’azur!
O!
Miel de tes hanches à ta ruche de chair ! Van
Gogh, Tel
le champ de blé aux corbeaux, Tu
es une lande, une source dont je voudrais être l’oiseau ivre. Et,
comme le peintre excentrique, je t’offrirais volontiers mon esgourde Pour
savourer ta voix d’éther, rubis de sang, Sève-brise
de ma verdeur de Myrte multicolore, Ta
voix! Refuge contre les loups anthropomorphes !
Picasso, Comme
le gigantesque Guernica en exil, Mon
cœur s’exile en tes murs; et, rien que par ta fêlure de femme-échancrure, Je
suis force sidérale, comète vivante et charnelle Soleil
renouvelé qui te contemple ! Ah!
Ta dévorante flamme, féminine ardeur des idylles, saillies chaudes, érectiles Toi!
Reine des mille et infinies brisures! Mère
des aurores, de corps et de cœur, Tu
travailles ma transe à tes portes d’ange-luxure Luxuriance
des vrilles incarnates, danses vulvaires Tu
es pégase des passions qui fracassent, forces jouissives, éjaculatoires Comme
le clair-obscur de Rembrandt Tu
bricoles le mystère d’extase, envergue mes traits à tes espars spumeux de
vague Comme
Matisse, tu es fauve qui dévore mes sens Et
tu happes mon ceps dans ta valse envoûtante, Ah!
Ton aura de lune, quasar sanguinolent des mers galactiques O! Perle prenante, obsédante, poignante incarnation-pulsar de ton corps en rut.
CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE
AUTOUR
DU CONCEPT DE DÉCOUVERTE LIÉ AU 5 DÉCEMBRE. Par
Camille Loty Malebranche À
cause des questions reçues d’amis et de lecteurs, malgré le retard, comme c’est
encore la semaine du 5 décembre, je tiens à évoquer ce fameux quantième de
décembre 1492 et ce que j’appelle l’agression lexicale,
« violence symbolique » dirait Bourdieu, du concept même de
découverte lié à cette date. Le 5 décembre ne fut pas une découverte. Car
dire que l'on fait découvrir une terre déjà habitée, c'est
ethnocentriquement ignorer l'humanité de ses habitants et mépriser leur
conscience d'eux-mêmes et du lieu. Cet eurocentrisme est un des traits
caractéristiques de la volonté occidentale blanche de régner sur
le monde dans le mépris des alterhumanités, toutes les humanités non
leucodermiques et non européennes. Hélas, des balourds indolents et des
aliénés complaisants des ethnies victimes de la barbarie interventionniste
blanche, par ignorance et par complexe d'infériorité ethnique, continuent de
répéter bêtement les concepts européens et coloniaux abjectement conçus
pour les inférioriser. Dire DÉCOUVERTE d’Haïti voire de l’Amérique,
c'est participer à l'auto-infériorisation programmée par les colons contre
nos ancêtres. Car ce fut une CONQUÊTE COLONIALISTE qui allait non
seulement exterminer les taïnos haïtiens mais aussi amorcer l’ignoble traite
négrière et la mise en retard permanent du mélanoderme africain réifié,
dépossédé de tout pendant des siècles ce qui naturellement bloque une bonne
part de l’émancipation mentale, sociale, politico-économique du noir jusqu’à
aujourd’hui - et non une découverte. Voilà pourquoi, je trouve
répugnant que les gouvernements haïtiens ne réagissent même pas contre
l'appellation symbolique d'Hispaniola qui est une perpétuation nominale de la
prise de possession d’Haïti par l’engeance colonialiste, appellation
ignoblement et racistement utilisée aujourd'hui encore par l'occident pour
évoquer l'île des taïnos et des africains déportés puis esclavagisés par
ce qui fut une pure canaille blanche européenne, la plus immonde, la plus
barbare de l’histoire humaine.. CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
Les
talk show et leur culture people.
(Communication factice d’une société « individualiste »).
Par CaMille LoTy MaleBranChe La
profusion des Talk Show et de leur culture « people », ces
émissions de télévision vouées à l’exposition publique de l’intimité
est si envahissante qu’il faut s’y arrêter un peu pour interroger
par ce fait de société, la condition sociale de l’homme contemporain,
condition de délaissement et de désespoir de l’individu muré dans sa
solitude et ses communications factices, sans partage humain dans l’espace
public hyperpolicé, monopolisé par les messages de l’idéologie mercantile
du marché. (Il faut dire que l’intimité a changé de sens depuis que la
société surcontrôlée d’aujourd’hui a choisi de ficher tous les dossiers
des individus dans les banques de données informatiques de l’État). Homme,
ou plutôt simple individu d’une espèce ayant perdu ses réflexes de
communication et de rapprochement relationnel-interpersonnel, l’être encore
appelé humain - je préfère dire l’animal humain - aujourd’hui se fourvoie
dans la bêtise des barbaries civilisationnelles comme un prisonnier cloîtré
dans des murs immatériels. Cet animal humain qui promène et caresse son chien
mais crache sur son semblable n’est qu’un être anthropomorphe en vain pris
pour Homme, être si dévié des réflexes de sa nature et surtout si miséreux,
qu’il ne constitue plus que la proie consentante de l’économie. Ce n’est
point l’âge de l’homo oeconomicus, où l’homme primerait l’économie
mise à son service et sa prospérité effective, mais la primauté de l’ordre
économique qui efface l’expression de l’humanité des individus. C’est le
temps des hommes-rouages de l’automation, où les rapports des hommes entre
eux, se modèle sur le virtuel de ladite ère de l’automation. Au temps de la
société mécanicienne, l’industrie, malgré sa réification de l’ouvrier,
permettait encore le contact rapproché qui laissait une marge de communication
et donc de pouvoir des groupes humains face au pouvoir officiel de l’État.
Aujourd’hui, l’individu se rabat sur la culture people qui remplace les
congrès populaires; et les révoltes sont prévenues par la dégrégarisation
des stratégies de lutte minées à la base par l’éloignement interindividuel!
Dans une société où toute la prétendue intimité est information accessible
aux autorités médicales ou policières, dans un monde où les formes du loisir
sont de véritables organes de manipulation idéologique telles la télévision
et les jeux vidéo, dans un monde où la sexualité devient presque
exclusivement un espace de performance et d’assouvissement physiologique du
bas ventre sur les modèles du porno, l’homme des mégapoles se cherche dans
le factice une vérité à son humanité en lambeaux. Humanité ajustée au
rythme des médias et des effets de mode planifiés par les concepteurs des
maisons de production de gadgets et de biens de service, de vogue vestimentaire,
des spécialistes de santé et de moulage du corps, sans oublier les
néo-intellectuels du « vivre mieux » ouvrant boutique de bien-être
par tout un pan de l’édition livresque contemporaine. C’est donc un
prétendu être humain rendu si effacé, si apathique qu’il ne veut ni même
ne peut avoir de relation normale avec son semblable sinon que dans le rôle
pitoyable et réifiant que lui assigne la nouvelle culture sociale d’incommunication
où les grands organes du mas media voués uniquement à la promotion du marché,
se servent d’un pseudodiscours
de rapprochement des classes et d’harmonie sociale pour manipuler l’opinion
publique. Le rapport chaleureux, vrai et vivant, charnel et mental entre être
humains, devient quasi impossible; parce que biaisé au départ par la présence
sournoise mais féroce de l’idéologie d’incommunication et d’individualisme
faisant de la société une collection d’ombres errantes inférieures au
statut des animaux sociaux comme la fourmi et l’abeille. Et l’homme, soi
disant individualiste, car l’individualisme ne peut exister que si l’individu
le choisit librement, obtempère grossièrement à l’ordre de l’émiettement
et d’isolement de la personne humaine façonnée à dessein pour n’être qu’une
fonctionnalité, une option dans l’automation sociale. Une liberté taillée
sur mesure par les maîtres de l’institution sociale obnubile ainsi les foutus
prétentieux qui voudraient manifester une souveraineté méprisante et
aliénée contre leurs vrais pairs mais déifient la canaille héroïsée par la
presse populacière et idolâtrent les patrons du social tout en critiquant
leurs démarcheurs que sont les politiciens. Le misérabilisme humain accoutré
en arrogance et mépris du semblable est un fait de société. Ni le petit
fonctionnaire qui feint une rudesse de caractère face à son voisin mais qui
ira lécher volontiers la patte du chien d’un quelconque présentateur de
télévision, ni le triste marchand de biens grossier qui se prend pour le
nombril de l’abîme, ne sont humains malgré leur posture anthropomorphe
capable de tromper ceux qui les côtoient. Cette déshumanisation infrabestiale
des villes, car la bête garde au moins les réflexes de vie de la nature, est
en fait le plus terrible coup asséné à la vie et aux essentiels potentiels
humain d’échange et de partage pléniers. Car qu’on le veuille ou non, la
personne humaine ne peut être qu’au-delà de l’individuation systémique -
ce statut claustral de l’individu dans la tour substantialisée de ses
complexes que lui inculque la société. La personne humaine communique ou se
zombifie, se transforme en ombre ambulante. Et
communiquer, est ontologique car du
reste, après tout, on ne communique que de soi, on ne communique que soi.
Ailleurs, c’est de la schizoïdie déguisée dans l’univers catatonique des
dépendants de la horde des médias toxiques et agressifs par leur mimétisme d’informations
surabondantes, les loisirs débiles et faux services qu’ils proposent! Une
détérioration « people » du débat social et de l’espace public.
On bombarde le peuple de nouvelles et surenchérit sur le droit à l’information
au moment même où tous les grands médias sont alignés à l’ordre infâme
du marché étant propriété d’entrepreneurs eux-mêmes membres de l’oligarchie
capitaliste. On les faits repus de nouvelles sous-informantes pour qu’ils n’aient
guère envie d’aller aux causes de la réalité socio-capitaliste présentée
indépassable par la grande presse. En vérité, la « culture
people » émise à travers les Talk
show, ont l’heur d’enfanter une véritable classe de lumpen
consommateurs consommant compulsivement toute la contre culture ignare du
télévisuel populaire, gobant tous les réflexes et suggestions du mimétisme
de la vie des vedettes et stars de toutes sortes des Talk show, et dénaturant
le statut de citoyens responsables et voulant influencer la société par l’action
civile digne.
Ordre
diabolique de la simulation Nous
sommes dans le domaine de la simulation et du reflet, tout ce qui se fait n’est
en réalité que surenchère d’apparence pour faire impression. La
communication de masse dans une société à la fois repue et indigente par le
plus curieux des paradoxes, orchestre l’incommunication en éclipsant la
véritable communication interhumaine. Mimant l’abolition des clivages de
classes, elle renforce les clivages interpersonnels en falsifiant jusqu’à l’intime
rapport à soi des individus, ce qui altère naturellement le rapport
interindividuel. Ce nouveau foisonnement des états concentrationnaires d’une
autre forme, que cache l’explosion des médias, est sans doute la pire des
misères humaines de notre temps. Puisque disons-le, l’homme, dans tout son
empan, est effusion de soi à l’univers et à autrui tant dans la sphère
métaphysique du divin que dans celle politique du social. Cet élan fort à l’autre,
brimé par l’ordre social, les individus comme des ombres mimant vie et
fièvre, véritables zombies cauchemardesques des villes, sont désormais à la
disposition exclusive des seigneurs de l’économie et des mufles de la
finance. Alors, pour berner les naïfs, on invite toutes sortes de spécialistes
parfois soudoyés ou idéologisés de la santé et de l’écolo pour justifier
le progressisme social de la formule Talk show, ceux-ci servant de tremplin au
vrai destin des ces émissions qu’est l’ovation de leurs vrais convives que
sont les stars, les amuseurs publics, les foutriquets rieurs, les bouffons, les
humoristes histrions bénis par l’auditoire bête pour rire idiotement d’individus
mal pris, ce, sans oser attaquer les causes du misérabilisme social malgré la
surabondance. Tous ces singes sur scène se veulent sympathiques afin d’exacerber
sans en avoir l’air, la seule valeur en vogue : l’argent et toute l’axiologie
réductrice qui s’y rattache. Quant aux « invités sérieux », les
uns viennent raconter leurs réussites, les autres, leurs regrets et leur espoir
tout en « moralisant », accusant les moins nantis d’être bêtes
et paresseux de choisir la marge et de ne pas se prendre en main, tout comme ils
insultent les pays du sud tenus uniques responsables de leur sort malgré l’ignoble
rapine des pays du nord. Une métaphysique économique remplace ainsi dans la
société laïque d’aujourd’hui, la religion officielle d’antan par une
homilétique séculière mais non moins sacrée du succès social. Et ceux parmi
les clercs, les intellectuels dignes de ce nom qui dénoncent les causes du mal
social, sont déclarés excentriques ou fous - par l’engeance du pouvoir et
ses acolytes de la presse - et écopent du mépris de la masse aliénée. Et
parmi cette ronde macabre maquillée en dialogue public par les Talk Show, la
tête du journaliste vedette érigé en prêtre de cette messe laïque qui
intercède auprès de l’institution sociale pour l’intégration des exclus
et des désespérés de toutes sortes : divorcés chagrinés, femmes
battues, enfants orphelins, vieillards esseulés, populations sinistrées des
pays de la périphérie… Tout cela aurait du sens si seulement, cette
société, cette presse n’était pas la part idéologique la plus lourde du
problème! Mais par manière de sociodicée, la fameuse audéification de la
société dans ses discours, ce sont les victimes, ceux qui n’arrivent pas à
répondre et à se soumettre aux pressions du marché, au mode de vie pathogène
et antihumain du social, qui sont sur la sellette. Les nouveaux prophètes de l’évangile
de la société de consommation permettent ainsi à ceux qui auraient pu avoir
mauvaise conscience de cette dèche qu’est le monde, de se montrer sous leur
meilleur jour dans leur messianisme de bons riches voulant sauver la terre des
problèmes environnementaux, du sida et de la misère. Mimant les défenseurs
zélés du genre humain alors qu’ils touchent aux épiphénomènes pour
éviter de s’attaquer à l’ordre de l’oligarchie ploutocratique à
laquelle ils appartiennent, ordre précisément coupable de ces maux. Comme
cette jeune femme extrémiste féministe, bisexuelle et violente, convaincue que
le pouvoir de faire jouir les hommes devrait lui revenir afin de les dominer, et
qui est allée jusqu’à tuer un partenaire mâle ayant réussi à lui faire
atteindre l’orgasme, la société actuelle se propose de nous gaver de loisirs
malsains, putrides plaisirs pour nous dominer comme des ombres. Société qui
marginalise voire tue économiquement - car exclure de l’économie, c’est
tuer symboliquement l’individu - quiconque ne se plie à ses diktats.
Société anthropophage d’un nouveau genre, matrice qui refuse toute
interaction, niant jusqu’à notre existence en tant que conscience propre et
autonome! L’individu, désocialisé et embringué dans l’ordre économique
actuel, n’est que le sous-produit du système, reflet qui se débat sans réel
pouvoir sur soi dans l’illusion de la liberté virtuelle d’une cybernétique
sociale où il n’est qu’un hologramme du marché! CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE
SE PA PLENYEN SÈLMAN MANI BOURIK, FÒN PALE MANI CHWAL! Cet énoncé vernaculaire dont j’ai fait le titre de cet entretien m’a été appris par un paysan, il signifie littéralement qu’il ne faille pas ménager le cheval qui a le beau rôle alors que l’on s’acharne sur le baudet qui, lui, vilain et coupable désigné, a bon dos pour tous les faix! Pas besoin d’aller loin, ni de diplôme universitaire pour constater qu’en Haïti, il y a une autovictimisation théâtrale, tragicomique de la minorité des riches d’épiderme foncé venus essentiellement de l’industrie politique. Pour eux, le devoir civique est un pur néant mais les droits politiques leur reviennent de leur essence noire en tant que vrais haïtiens! Et si la politique consiste à réduire l’espace qui sépare le rêve de la réalité collective en mettant l’utopie en route dans le réel collectif et public, pour nos surhommes caudaux de la politique, ces individus moyens, négro-noiristes infatués à l’excès, c’est l’occasion exclusive d’assouvir leur instinct, leur frustration de classe. Ils se plaignent de ce que la minorité épidermique de teint clair soit méprisante à leur endroit et s’empare des richesses du pays! Mais ils oublient que la richesse de classe se produit. Eux qui ne produisent rien, ils n’interrogent jamais leur immense privilège et leur richesse matérielle tirée de prébendes, de détournement de fonds sans nulle velléité d’investissement et de retour même en termes de service de la moindre part des richesses acquises à la société! Quasiment toutes les infrastructures industrielles et commerciales d’importance actives au pays, sont des propriétés de syro-libanais, de descendants d’européens, de mulâtres qui, eux - malgré tout ce qu’on peut tantôt à raison, par souci de justice sociale, tantôt à tort par jalousie et envie, leur reprocher - bravent l’instabilité politique chronique, les aléas du marché, pour investir leur argent et leur temps en Haïti. Si j’évoque ici l’épiderme, c’est parce que ces riches noirs issus majoritairement de l’industrie politique haïtienne, eux-mêmes se sont définis comme nègres noiristes depuis la « révolution » de 1946. Ces révolutionnaires de poche et ventre, obsédés précisément par la couleur de la peau, se sont emparés de l’appareil d’État pour en faire un vrai bordel où ils n’ont cesse d’assouvir leur hédonisme débridé, leur misérable instinct de petits roi nègres, adoptant la posture d’opposants juges farouchement critiques de la bourgeoisie d’épiderme clair, alors même qu’ils sont au pouvoir et qu’ils ont, grâce à la politique, accumulé des fortunes suspectes ou illicites qu’ils expatrient dans la perspective de leur avenir de probables fuyards après leur pillage de l’État. Comme une horde barbare infâme, les premiers ennemis d’Haïti, sont ces individus sybarites hyperindividualistes qui traitent le pays comme leur bien privé et le réduisent à son état de pauvreté extrême, d’arriération, d’arbitraire, de dysfonctionnement voire d’abjection et de gêne des 50 dernières années. Pourquoi avec tous nos nègres noiristes riches et puissants dont les fortunes acquises au détriment des finances publiques n’ont jamais été gelées par l’État haïtien, oui, pourquoi d’Estimé à Aristide, il n’existe pas véritablement une classe des affaires d’épiderme noir? C’est en effet, une mentalité misérabiliste, néotribaliste de sous-développés et de complexés coloristes qui prévaut. L’obsession d’un type de femmes à consommer comme un signe de promotion sociale, la mollesse dans la consommation de villas et de voitures de luxe et le refus de rien risquer pour aider le pays qui les a enrichis, fait de nos gran nèg de véritables esclaves masquant leur servitude mentale par leur ostentation arrogante et grossière parce que stérile de la richesse, le mépris crapuleux de leur classe d’origine et leur démarche aisée d’accusateurs à la fois vils et faciles de ceux qui investissent et prennent des risques, qu’ils pointent comme responsables de tous les maux. Serait-il vrai que l’esclavagisme ayant réifié l’âme et estampé l’esprit de certains esclaves, les incapables de transcendance parmi eux, lorsqu’ils se révoltent, ce n’est point par amour de la liberté mais pour établir leur propre règne esclavagiste où ils remplacent le maître vaincu par leur pouvoir infernal et tyrannique sur leurs congénères, ceux avec qui ils ont monté la révolte et aux noms de qui ils prétendaient se libérer? « INJUSTICIABILITÉ » IMMUNITÉ DE FAIT DES CHWALS. Vertical et partisan de la vérité, sans nul besoin d’aucune relation ou amitié de quiconque, libre penseur achevé, je crois néanmoins qu’il faille aujourd’hui sans complaisance, dénoncer les ignobles apatrides négro-noiristes au comportement criminel qui bénéficient d’un statut que j’appellerais d’injusticiabilité, immunité de fait, pire que la simple impunité que l’on peut corriger en émettant des mandats d’arrestation contre des bandits. Apre mani bourik fò anfen nou mèyè pale mani chwal! CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE
visite
de Rama
Yade, entorse grossière de l’AFP. (Sur
le vocable de perfusion contenue dans la
note de l’agence France presse à ce sujet et reproduit sans réaction par des
secteurs de la presse haïtienne.) CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
Lettre ouverte à Georges Michel
Par Camille Loty Malebranche Si je considère vos arguments, de véritables arguties infantilisantes pour un homme instruit, historien de surcroît, l’armée aurait la vertu de prévenir l’Occupation étrangère du territoire. Le sérieux du débat pour le destin de la démocratie haïtienne et le respect de compatriote que je vous dois, m’empêche de m’esclaffer. Mais pouvez-vous proférer pareille énormité et ensuite prétendre être apte à conseiller sereinement le président de la république au sujet d’une éventuelle reconstitution ou non de l’armée? Car votre pathétique comparaison de l’armée qui aurait tenu 60 ans avant une seconde Occupation alors que la police n’aurait préservé le pays que 10 ans de l’actuelle Occupation est rocambolesque. Une simple analyse de l’histoire de cette armée inféodée aux Etats-Unis de 34 à 94 dévoile à qui veut saisir le sens de sa réussite, la vérité de l’évitement de l’occupation en ces 60 ans. Ce fut une armée d’Occupation sans les blancs. Aucune raison donc pour l’impérialiste d’intervenir quand des nationaux font leur sale besogne! Ce fut aussi une armée de répression et de coups d’État comme au 19ème siècle. Alors que la police vagissante, peu professionnelle et sous équipée victime des corruptions venant de sa politisation par le régime lavalas, n’avait jamais pu se constituer une véritable force de sécurité publique. L’armée a toujours eu directement ou indirectement le pouvoir de 1934 à 1959 - où, si je ne m’abuse, Duvalier a constitué son corps de macoutes - et a repris tambour battant le pouvoir de 1986 à 1994. La police, esquintée par la politique lavalassienne qui prétendait la former, n’a jamais été au pouvoir. Aujourd’hui, l’Occupation, s’il en est, n’est que le prolongement du désastre militaire hérité des deux cents ans de bévues de nos différentes armées qui se sont elles-mêmes disqualifiées en tant que force publique nationale. Par ailleurs, tous, même le primaire qui étudie l’histoire d’Haït, savent, que la première Occupation étasunienne eut directement comme cause immédiate, l’armée en la personne du général président Vilbrun Guillaume Sam dont le subalterne militaire Charles Oscar Étienne ayant assassiné les prisonniers politiques, a déclenché la terrible émeute du lugubre 28 juillet 1915 dont Wilson et une certaine classe haïtienne ont argué pour faire intervenir les yankees au pays. En septembre 1994, la seconde Occupation étasunienne fut, pour tous ceux qui veulent comprendre cet épisode douloureux de notre histoire récente, encore une fois une conséquence des grossièretés criminelles de l’armée de Cédras et de M. François tristement célèbres par leur gérance désastreuse du coup d’État perpétré trois ans auparavant, trois ans où ils sont allés de la formation du sinistre Fraph (corps de miliciens assassins) aux massacres gratuits de citoyens dans un pays déchiré par le narcotrafic et l’insécurité. Dans les deux cas, pas même symboliquement l’armée n’a réagi contre l’occupant. Pierre Sully est bien solitaire dans sa tombe avec ses convictions de bon soldat! Et puis, du côté de la faisabilité financière, à moins de se voiler volontairement la face et de pratiquer l’autruche analytique, Haïti a-t-elle les ressources pour s’offrir une armée d’effectif suffisant et bien équipée en vue d’une éventuelle protection du territoire, tout en ayant une force policière, elle aussi avec un effectif juste et les équipements adéquats pour le maintien de l’ordre public? La condition exsangue du budget public, ne saurait autoriser la prise en charge financière par l’État haïtien de deux forces publiques. Il nous faut en garder une et la plus appropriée. Dans un pays où chaque besoin fondamental - de la nourriture à l’eau potable, de l’éducation des masses à la santé - est une priorité, à moins d’une cécité critique réelle, il est indécent qu’un intellectuel ou qu’un quelconque individu par intérêt de classe ou de « caste », ou par mentalité de horde, se mêle de vouloir berner l’opinion publique sur cette question de l’armée. La sécurité, étant affaire policière, pourquoi vouloir que ce soit l’armée qui joue à la police? L’armée haïtienne, je le redis, n’a jamais été qu’une force de répression contre les masses et les patriotes, une force féroce à la disposition de la classe du pouvoir mais oncques un agent de stabilité ni de sécurité nationale. À moins que, comme toujours dans l’histoire du tragique existentiel collectif qui est la nôtre, quelques-uns veuillent continuer à bafouer la loi par la baïonnette! Car que l’armée fût nationale ou non avant ou après 1915, le résultat de sa présence et de ses forfaits, fut indifféremment le même : la destruction des possibles d’un État-Nation haïtien, la traumatisation de la société, la fragilisation de toute l’institution étatique et juridico-légale permettant à une certaine classe de disposer du pays comme elle veut et sans résistance institutionnelle ou structurelle. Mais, en fait, même avec une reconstitution de l’armée, cela n’est aujourd’hui garanti vu le nouvel ordre mondial, le tribunal pénal international et l’activité de la société civile mondialement active… Hélas! Le changement est irritable et inacceptable à certains secteurs vétustes attachés aux vieilles méthodes, obnubilés par des privilèges malsains de règne par la force et sans loi! L’Histoire, vous conviendrez avec moi, monsieur G. Michel, est d’abord constituée de ses faits et événements avant toute herméneutique de chapelle, voilà pourquoi elle échappera toujours à la farce ou aux bouffonneries historiennes des uns et des autres, farce et bouffonnerie relevant du genre dramatique et non historique. Toute logique tronquée se révèle paralogisme et vile opinion sans analyse dans les termes, parce que masquant et dénaturant les faits. On ne peut se permettre dans un débat aussi essentiel, cette occurrence si pertinente pour l’avenir de la société haïtienne, éluder l’une des vraies causes de la dérive bicentenaire du pays, je cite la militaire. Nul ne doit se permettre de prendre ses certitudes pour l’évidence voire la vérité. Et dans ce cas-ci, ni fanatisme ni phobie ne doivent primer la raison. Aucune ratiocination, aucune fumisterie, aucun turlupin d’individu ou de clan ne doit non plus faire biaiser le débat social et la décision qui, du pouvoir, s’ensuivra. L’erreur historienne est compréhensible mais qu’il serait abject de fonder le destin de toute une nation sur des plaidoyers captieux, des espèces d’arguties spécieuses et intéressées pour manipuler les consciences en abusant l’opinion publique! L’amour de la patrie nous garde tous d’une telle impudence qui serait purement et simplement antihaïtienne, Monsieur Michel. Tandis que nous demandons à l’exécutif d’éviter toute pusillanimité laxiste face à des commissions représentatives de secteurs suspects de connivence avec des groupuscules ne poursuivant que leur triste et petite vision cloitrée à la lorgnette de leurs mesquins intérêts qu’ils voudraient imposer au pays, je vous prie, Monsieur, d’agréer mes sentiments citoyens les meilleurs et mes plus ardentes salutations patriotiques. CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
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