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Loty 6 |
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HAITI, POUR UNE ESTIME DU SOI ETHNIQUE ET NATIONAL. pour un Hamlet caraïbéen et latino-américain. Isis
et la Libération des Ostracisés… Idées
pratiques pour un débat national vrai et fructueux. AMÉNAGEONS LE NOUVEL ESPACE PUBLIC HAÏTIEN. IL N’Y A PAS DE SPECIFICITE APPELEE « CRIME DE SOCIETE »>> LA
CHARITE, PRINCIPE DU VIVRE ENSEMBLRE DE
LA SPIRITUALITE EN GUISE DE VOEUX de fin
d’annee. LA
RELIGION COMME faux-fuyant SOCIO-POLITICO-ÉCONOMIQUE.
HAITI,
POUR UNE ESTIME DU SOI ETHNIQUE ET
NATIONAL. (Contre
la crise spéculaire des haïtiens)
Par Camille Loty
Malebranche Nous
commençons ce bref exposé par la définition de notre concept. Le prédicat spéculaire
renvoie au miroir et traduit spécifiquement l’image que reflète le miroir.
D’un point de vue métaphorique, l’action qui se déploie dans l’histoire
individuelle ou sociale est considérée comme le miroir de la conscience de
l’homme et de la société. Cette conscience qui se construit dans les
contingences de l’histoire individuelle et sociale, et par les nécessités de
réponses des individus et catégories sociales au conditionnement historique.
La crise spéculaire est le déchirement de l’homme ou de la société
traumatisée de sa propre image spéculaire que constitue son histoire et
basculant dans la haine de soi projetée sur le ressemblant. C’est un suicide
projeté sur celui qui rappelle au traumatisé sa condition par la ressemblance
avec lui, et qui est le meurtre réel ou symbolique du ressemblant. L’allégorie du miroir
commence dans l’histoire humaine par la légende. Le premier homme se serait
miré dans la rivière et y aurait contemplé son visage selon certaines légendes;
alors que Narcisse, chez les grecs, ébloui de son reflet, se noya dans la
fontaine à force de perdre conscience du danger de l’eau qui le reflétait.
Malgré l’apparente mort, le mythe hellénique nous rapporte que de cette
noyade de Narcisse, poussa la fleur Narcisse. Comme si la contemplation, même
excessive, en imprégnant un individu même en le submergeant, finit par
l’esthétiser, le propulser au rang de fleur. Ce n’est donc que si
l’autocontemplation quelque inondante ou excessive
soit-elle, devient agressante d’autrui, qu’elle est négative et à éviter.
C’est de ce dernier point de vue, de cette dérive de l’autocontemplation
que le concept psychanalytique de narcissisme est péjoratif. Toutefois, en dépit
de sa péjorativité, le narcissisme, quoique décrié, parce qu’il est précisément
porteur d’autocontemplation, nous paraît inapproprié à traduire le cas haïtien
qui est avant tout un cas de traumatismes historiques graves, de rejet de soi dérivant
du rejet raciste subi de la part des tenants des puissants de la civilisation
haineux du premier empire noir fondateur de l’antiesclavagisme et pionnier de
l’égalité des ethnies. Nous connaissons tous les propos de haine de
Jefferson et de Roosevelt contre Haïti, son ethnie et sa conquête de liberté,
ajoutés à toutes les exclusions du pays principalement par la France et les États-unis
qui ont imposé cette exclusion à leurs alliés! Le pire mal de notre société,
néanmoins, vient de l’intérieur, de l’héritage colonialo-esclavagiste des
élites haïtiennes qui, par introjection du passé colonial français, refusent
leur appartenance ethnique et préfèrent - au lieu de faire du pays un creuset
pour de nouvelles valeurs et conquêtes étatico-nationales - reproduire
pathologiquement à l’intérieur, à l’échelle des catégories sociales,
les mêmes exclusions infligées par les colons et impérialistes de l’extérieur.
Nous en sommes arrivés à une société empoisonnée par le ressentiment, le
mimétisme du racisme, et une dichotomisation plurielle traduisant la
polarisation idéologique de classes d’aujourd’hui. Les soi disant élites
haïtiennes ont toujours péjoré leur propre pays et cru bon de se mettre avec
les racistes étrangers dont ils se sentent plus proches que de leur peuple,
leurs congénères pour conspuer le pays réel au nom d’un pays artificiel et
d’apparats. Dans un pays où l’évocation ethnique de la société est une
blessure spéculaire exprimée par les vocables péjoratifs « nèg nwè »
et « milat» référant respectivement au teint foncé de la peau comme
signe de ténèbre et à la peau claire comme signe de l’hybridité bestiale
propre à cette bête de somme un peu brute qu’est le mulet, il nous faut nous
réapproprier le langage. Nous devons donc refuser toute mièvrerie camouflant
le mal par toutes sortes de préjugés. Dans un pays où, pour dépasser son peu
d’estime de soi hérité des laideurs existentielles du colon, les uns miment
les monstruosités colonialistes en humiliant systématiquement les autres comme
par un apartheid inavouable, l’exorcisme ne peut se faire qu’en faisant face
au mal. L’hypocrisie ne saurait que perpétuer la maladie. Aujourd’hui, la
France et l’occident blanc en général font tout pour raturer leurs
abominations racistes, ethnocentristes et antinoires en criant à leur non
racisme! C’est que les saletés ethnocidaires et génocidaires de l’homme
blanc le hantent dans les revendications vigoureuses de certains ex-colonisés
ayant migré dans les ex métropoles et exigeant l’intégration. Trop
longtemps, l’homme blanc a projeté ses tares de non estime de lui-même sur
le noir, l’arabe, l’amérindien et le jaune en arguant de civilisation et
d’humanisme. Les récents séismes des banlieues françaises et le scandale
inqualifiable de la pauvreté des noirs de la Nouvelle Orléans dévoilée par
le cyclone Katrina en plein cœur du pays de l’establishment le plus férocement
impérialiste du monde, sont venus démasqués en notre temps toute la férocité
et la sauvagerie de l’éternel civilisé blanc oppresseur de toutes les
alterhumanités. Quand je vois à la télévision, un vieux français, présenter
un livre intitulé « Fiers d’être
français » pour se défendre de la mauvaise estime de soi du français
interpellé par l’immonde passé colonial de la France, je souris ironiquement
en pensant que ces gens-là ont tout fait pour priver d’autres de toute estime
de leur être voire de leur humanité. Quand ainsi les descendants héritiers
des pires déchets de la destruction d’autrui, de la négation de toute
humanité différente, peuvent sans Réparation
d’aucune sorte et surtout sans Restitution
dans le cas d’Haïti mais en continuant leur logorrhée paternaliste et néocolonialiste,
se prévaloir d’estime d’eux-mêmes, je commence à douter de leur soi
disant dignité d’humanistes voire d’humains si vite portée à faire la leçon
au monde au sujet des droits et du bien en général! La crapulerie cynique de
ces néocolonialistes ne vise qu’à maintenir les ex colonies dans la misère
et l’infériorité pour qu’ils puissent fagoter des troubles et instabilités
politiques dans ces ex colonies et ensuite, intervenir comme sauveurs de la démocratie
afin de ne pas payer leur dette. RÉAPPROPRIATION DU LANGAGE En évoquant la réappropriation
du langage, commençons par trois transformations pratiques dans la nomenclature
des choses. 1) On dira désormais {Clair ou Brun}
au lieu de « nèg nwè ou milat ». 2) Exigeons l’appellation d’île
{Quisqueya} en lieu et place
d’Hispagnola que les descendants des colons aiment adopter par goût
colonialiste dans les communications officielles afin de maintenir l’acte de
changement de nom par lequel Colomb conquit pour eux cette île caraïbéenne.
3) Enfin, crachons sur le vocable sous-développement, pour {Pays non Structurés}, car il n’y a point de pays sous-développés;
et surtout, parce qu’évoquer de la sorte des pays, c’est d’abord se référer
aux hommes qui les peuplent pour les insulter. L’on comprend alors que le
sous-développement renvoie au prétendu retard de l’homme du Sud par rapport
à celui du Nord et constitue un sociocentrisme discriminatoire et péjorant.
S’estimer
demeure pour l’homme comme pour la société, une des racines essentielles de
la projection positive de soi, socle de toute assomption de soi par l’effort mélioratif.
C’est aussi, dans le cas de grave traumatisme psychique, la clé de l’abréaction
et de la transcendance de la souffrance par le traumatisé! Je sais que pour
certains aliénés et imbéciles de mauvaise foi, aborder un tel sujet nous
confine au rang d’aigri, d’antiblanc (comme si le blanc, lui, n’a pas
toujours été idéologiquement antinoir). Nous n’avons que faire de ces
billevesées maladives de ceux qui n’ont ni la conscience de liberté ni la
volonté de voir l’émancipation des peuples et catégories humaines
historiquement et perpétuellement exclus par l’ordre raciste de l’occident
blanc et de ses singes ou suppôts dans les pays ex colonisés. Au lieu d’un statut de
grabataires et d’assistés éternels auquel les colons pillards comme ceux de
la France dont un sixième de la population a longtemps été allaité et dépendant
de la vache laitière haïtienne pendant et après la période coloniale, sans
compter les villes que ce pays a construites avec l’argent haïtien de l’époque
saint-dominguoise, je crois que leur dignité de peuple surtout de leurs
directeurs d’opinion, est d’exiger à leur propre État, restitution de la
dette française aux haïtiens, tout en manifestant un respect obligatoire
envers un pays que leurs ancêtres ont si crapuleusement détruit et haï.
Qu’ils cessent leur galéjade à la Régis Debray, car presque toutes les
tares haïtiennes dont celui-ci voudraient rire, ne sont que des reflets des
tares ignobles de la France tellement complexée! Cet article de fermeté
contre l’imposture de dénigrement de ce que nous sommes, je le sais, sera
sans doute abhorré par certains de ceux mêmes pour qui il est écrit, c’est
hélas, le poids de leur aliénation! Mais pour le reste - ceux
qui croient à leur dignité et qui refusent la place de marginalisés planétaires
que leur réservent les pires états voyous de la civilisation, états du nord
qui sont les principaux coupables de la condition d’un pays comme Haïti dont
ils ont toujours altéré la politique intérieure en utilisant politiciens véreux,
bourgeoisie et petite-bourgeoisie locales complexées, antihaïtiennes voire
antisud - je sais que ces mots
auront leur répercussion juste et bénéfique. Conspuons les mulatrons
mulatristes, coloristes de toutes origines se retroussant le nez sur la peau
foncée par mimétisme simiesque de la négrophobie blanche, conspuons également
les négrillons noiristes dont les nègreries comme le duvaliérisme sont
l’envers même de toute émancipation du noir et une mise à mort de l’homme! Que vienne le règne
d’une weltanschauung haïtienne plénière, purifiée et sans exclusion, où
l’homme haïtien, déposant sa vieille croix de colonisé, rejette toute
autodiscrimination, tout autodénigrement ethnique et tous ses misérabilismes
et épidermismes façonnés par les colonialistes blancs pour le manipuler,
l’inférioriser et l’abêtir! Mort aux idéologies de
couleur avouées ou hypocritement inavouées! Mort au mulatrisme, au noirisme,
au blancisme, au colorisme, ces puanteurs animales d’une espèce trop souvent
indigne de ses prétentions à l’humanité voire à la déification!
Ce 12 avril 2006, Montréal. CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
pour
un Hamlet caraïbéen et latino-américain.
par
Camille Loty Malebranche j’ai
souvent considéré Hamlet comme le théâtre ontologique par excellence. Tout
ce drame shakespearien est une sorte de méditation sur la situation de
l’homme face au sceptre du destin qu’il peut choisir ou non. Le rapport à
soi de la conscience humaine est aussi une liberté
qui se doit de s’approprier la vision du pouvoir suprême de cette
liberté qui consiste à générer tout autre pouvoir possible. À opter pour la
domination et le règne ou la soumission et l’abandon face aux adversités et
aux nécessités de combat. C’est donc le pouvoir comme mise en scène du
rapport de l’homme à l’être. Le
«to be or not to be » est en fait une évocation du sens de la
contingence existentielle de l’homme, ou dans ce que nous abordons en cet
article, la contingence conditionnelle de la société voire de communauté de
sociétés voisines par le sort et les occurrences historiques. Nous sommes pris
au factuel de conditions contingentes et pourtant, c’est là que nous devons
affirmer contre toute imposition du sort, toute fatalité historique, notre
vision de nous-mêmes. Dépasser les contingences et fonder contre tout
fatalisme, son espace du devenir par la liberté, voilà la vocation suprême de
l’homme et des sociétés. Le pouvoir est avant tout
une question de pensée et de projection de soi que l’élite dirigeante met en
acte par l’action comme une définition et une manifestation identitaire de
soi. Plus qu’une fonction différentiante et culturelle - comme c’est le cas
de l’identité ethnique, sorte d’équivalent de l’identité génétique et
naturelle de l’individu - l’identité étant, de la plus belle définition,
l’unicité d’un être parmi toutes les unicités et altérités possibles,
l’identité nationale constitue, par la politique étatique qui l’exprime,
une force d’affirmation, une sculpture d’être de la société érigée en
nation par l’État et que celui-ci propose à soi et au monde. D’où la nécessité
de défolkloriser par la gérance rationnelle et rigoureuse, l’être collectif
haïtien. Ni l’art ni le culte, ni les breloques de la culture populaire très
changeante au rythme et à l’influence des grandes chaînes de télévision étrangères
et du multimédia, ne peuvent être un fondement pour une réforme culturelle
nationale où l’individu peut enfin devenir personne humaine plénière et
citoyen responsable dans la cité. La
nouvelle politique du Venezuela de Chavez retrouvant Fidel Castro dans ce qui
est en fait une affirmation de l’indépendance des peuples par une coopération
horizontale de certains pays du sous-continent, exprime, bien au-delà de la
dialectique classique du pouvoir entre droitiers/gauchistes, une réponse ferme
des peuples au projet ploutocratique des néolibéraux de l’économie. Sans
vaine polémique, des peuples du Sud, peuples de l’autre Amérique oubliée
tentent d’échapper à l’inféodation féroce du capitalisme nord-américain
triomphaliste d’après la chute soviétique, qu’une oligarchie du nord
voudrait imposer comme allant de soi et sans possibilité de réplique de ses
victimes. La propagande d’une imdépassabilité de l’ordre économique du
nord et d’exigence incontournable de reddition des états du sud, se retrouve
ironiquement démentie dans l’acte de résistance politico-économique
pacifique de la nouvelle orientation de certains états du sous-continent
latino-américain et de la Caraïbe. Alors que les économistes du nord et leurs
suppôts disséminés çà et là au sud se masquent de prétextes et de
conjectures scientifiques tout en adoptant une attitude dogmatique et viscéralement
idéologique pour soutenir l’incontournabilité de l’ordre unique du néolibéralisme,
la nouvelle politique d’échange régional et entre suds d’états de différents
niveaux de ressources, est la voie que doivent emprunter les pays dignes et
intelligents qui veulent s’émanciper de l’ordre ploutocratique que les
oligarchies du nord veulent rendre mondial. Les allégations et logorrhées
soudoyées de certains économistes traitres du sud mystificateurs et stipendiés
par les tenants du nouveau capitalisme néoesclavagiste du Nord, démasquées
dans leur inhumanité, attisent au lieu de la désarçonner, la volonté des
peuples du sous-continent et augurent d’un nouveau visage plus digne et plus
humain des économies régionales. Il ne s’agit guère ici de simple conflit
classique entre capitalisme et socialisme mais d’exigence de se faire un
destin socio-économique des peuples longtemps écrasés par les multiples
fardeaux dissimulés de l’économisme malsain du Nord qu’il faudrait désigner
aujourd’hui comme un « financiarisme » vu l’imposition de la haute finance
notamment boursière à la véritable vie économique des peuples.» Arguant de
la finance et des prospectives boursières, l’économie politique
contemporaine est une mystificatrice de « l’économie réelle 1» des
nations par l’économisme virtuel de la haute finance, un abysse idéologique
pour ensevelir les peuples et pays du Sud où elle prône la démission voire
l’effacement de l’État. C’est aussi un laboratoire de paupérisation de
masse, de massification de la misère qui tend à fabriquer des pauvres, des miséreux
afin d’en faire les nouveaux travailleurs esclaves pour des usines bénéficiant
de la délocalisation des industries les plus cupides et les plus dangereuses du
nord en quête de paradis fiscaux. L’intégration d’Haïti dans l’ordre
alternatif de la nouvelle politique latino-américaine contre la mainmise ou
tout au moins pour la limitation du nouvel ordre ploutocratique antisud, est
essentielle à une diversification du soutien au progrès national et à une véritable
aide de vrais amis sans faux-semblants. Le Hamlet caraïbéen, la
question de l’être ou du non-être latino-américain se répond positivement
quand nos états à partir des choix de l’État, s’expriment dans
l’autonomie qui passe par cette endogénéité régionale que tout pays
responsable de la zone se doit d’intégrer sans rompre avec les puissances du
nord mais en se donnant de meilleurs moyens de négociation par l’acte
souverain de se doter d’une diplomatie clairvoyante et large en se dotant de
relations internationales pluridimensionnelles diversifiées Sud-Sud et Sud-Nord
où priment les intérêts du Sud. 1 concept de l’économiste
engagé Ricardo Petrella. Montréal, Ce 23avril
2006 Camille
loty malebranche
Isis
et la Libération des Ostracisés… La mythologie, toute
mythologie est synthétisation imaginaire et imagée de la réalité humaine et
mondaine telle que la conçoit telle société selon son ethnie. La grande
mythologie excède l’ethnique pour poser le problème de l’identité sur le
plan de l’universel humain. En revisitant mes vieux ouvrages de mythologie, je
suis retombé sur le fameux mythe égyptien d’Isis. Comme on le sait, Isis a
inventé cette chose fondamentale dans la vision du monde pharaonique qu’est
la momification en l’inventant rien que pour initier son frère-mari défunt
au rite de la survie d’outre-tombe. Mine de rien, cette représentation
d’Isis momifiant Osiris jalousement tué par Seth, et ainsi augurant de
l’intronisation d’Osiris comme dieu des morts a souvent fait oublier la
suite du mythe d’Isis dont les larmes sur cette mort du bien-aimé ont enfanté
le Nil. Ce regard de la déesse sur la mort qui engendre la vie, le fleuve dont
les eaux ont permis l’existence même de l’Égypte et de sa civilisation, la
première grande du monde, est en fait le gage de résilience des brimés de
l’histoire. On peut - en l’appliquant à la tragédie nègre des cinq
derniers siècles, au fléau colonialiste et de la réification esclavagiste, à
l’occultation de leur histoire dénaturée selon le plan macabre des néocolonialistes
et ploutocrates racistes agençant structurellement la destruction et
l’exclusion du négro-africain par le maintien des misères de la paupérisation
- y trouver une herméneutique alternative de l’histoire. D’abord, Isis nous
rappelle les bases originaires non occidentales de la civilisation, le monde
s’ouvre dans une contrée africaine où comme le soutient Cheikh Anta Diop,
des nègres ont réussi le prodige d’ériger, dans un environnement très
difficile, un royaume prospère et puissant à la lisière du désert. Une rare
force de caractère ethnique a permis le surgissement d’une représentation de
l’homme et du monde qui a pris racine par la volonté d’hommes qui se sont
avérés les fondateurs créatifs et inventeurs de toutes les grandes conquêtes
de la civilisation et de l’histoire humaine. La suite de l’Histoire n’aura
été que prolongement, correction, adaptation, révision et subvertissement de
cette weltanschauung éblouissante de l’Antiquité. Quand on sait que l’Hermès
trismégiste, « démiurge universel » de Platon n’a été que la
copie hellénique du Thot égyptien, dieu du Savoir et des Arts, l’on appréhende
la violence vitale de puissante civilisation égyptienne. Car tout mythe de la
Création constitue une interprétation des origines à travers laquelle la société
appréhende la source d’où ont jailli les caractéristiques qui forment son
essence. Que Platon ait ainsi cru à Thot pour l’adapter si fortement à sa
culture, prouve bien au-delà de ce que Diop a pu écrire, que la filiation égyptienne
de l’hellénisme n’est guère le fantasme maladif de nègres en mal de se
fonder un passé halluciné ou inexistant.
Isis ou le mythe de la violence
vitale. Plusieurs aspects du
mythe d’Isis révèlent l’incroyable élaboration de la mystique et de la métaphysique
égyptienne de l’Antiquité. La préhension de l’univers par l’homme y
figure déjà comme prémisse au logos grec. Le mythe demeure, certes, une
perception collective et codée de dimension ontologique où le génie ethnique
de la société se donne à voir. Le logos, lui, est le discours idéel ou idéologique
de la société. Alors que le mythe se veut objectif, pérenne et positionne
l’ethnie face à elle-même et au cosmos, le logos est subjectif et
conjoncturel. Pour revenir à Isis, disons qu’Isis brise la sécheresse et
fonde la verdoyance. Violence, ô combien vitale! Dans un environnement hostile
et stérile, elle avait dans les yeux, ces miroirs de la conscience, ces fenêtres
par excellence du corps et de l’âme, les ressources de germination d’un
monde que sa douleur d’amoureuse allait libérer par ses larmes, Comme si
l’amour et la douleur étaient les passages obligés de la vie. Comme la fille
qui doit se faire dépuceler pour aimer et devenir femme, puis souffrir pour
procréer et être mère. Dans cette perspective d’un féminin générateur
d’être contre le néant, de fleuve fertilisant contre la rudesse arénicole
de la stérilité désertique, Isis préfigure la juste place de la femme bien
avant Déméter dont Luce Irigaray fera le prototype de la libération de la
femme. Mais plus encore, Isis nous interpelle, au-delà de la mystique et la
gnose qui tournent autour de son nom chez certaines confréries gnostiques, par
la société nègre qui l’a engendrée, car elle prouve que la réification
esclavagiste qui se poursuit par le complot de la paupérisation du noir dans le
monde, est réversible vu les capacités de la civilisation nègre. Un une
vision jaillissante pleurant la mort de nos ancêtres assassinés par le mal
occidental, s’il est ancré dans la volition d’une voie propre et souveraine
peut surmonter les héritages sordides et abjects du colon ou de l’impérialiste
réificateur. Comme d’Isis, le fleuve de la libération doit venir de l’intérieur.
L’on sait bien que l’eau est d’un sémiologie polysémique comme
parturiente de la vie, comme jaillissement de l’esprit, comme onction du
baptisé, Isis a en quelque sorte enfanté l’eau et donner au monde la
possibilité de sortir de l’inertie. Puis, elle enfante et élève Horus, dieu
des « azurs et des espaces célestes » dont le soleil et la lune
constituant les yeux selon les mythographes, ne sont, à mon sens, pas sans
rappeler la Totalité et le Temps, les Ténèbres et la Lumière, ces envergures
cosmologiques de l’Être. Ainsi donc ayant assemblé et momifié les restes
d’Osiris, et par une curieuse copulation avec ce qui représente non pas le
cadavre mais la vie après la vie, Isis n’a sans commettre un acte de nécrophilie
instigue la transgression de la loi de la mort qu’elle met sous la domination
de l’homme. Car violer la loi du mal et réussir sa propre volonté sur la
ruine de l’interdit, c’est exercer le pouvoir en domestiquant ce qu’est
cette loi. Isis est donc l’emblème de la victoire sur la loi de
l’effacement et l’ordre du néant. L’humanité en général, l’humanité
nègre en particulier peut en elle transgresser les formes de mort que sont
l’exclusion, la paupérisation, la violence agressive et létale qu’inflige
le nord au sud. Car tout esclavage, parce qu’il brime la conscience, tant
celle du maître que celle de l’esclave, parce qu’il est une entr’aliénation,
c'est-à-dire ce jeu sordide et morbide du corrupteur infect se projetant sur le
corrompu qu’il réifie et du corrompu réifié qui s’identifie à l’image
de son bourreau corrupteur, est une mort à l’esprit et à l’humanité. La libération du nègre
et de tous les non occidentaux - dans un monde où il est évident que la
couleur et l’ethnie détermine le sort d’une bonne part de l’humanité,
sera en fait celle que les assignés à la marge, rendus derniers des derniers
de la terre par le jeu abominable des forces racistes de l’économisme et de
l’ostracisme occidental - échafauderont selon une nouvelle appropriation et
adaptation de ce mythe fondateur de l’humanité qui contraste de loin avec la
violence occidentale de la malédiction prométhéenne et de la course
colonialiste augurée par l’Odyssée. Revoyons Isis
enfantant Horus et lui permettant ainsi de vaincre Seth, le jaloux meurtrier
usurpateur du trône d’Osiris! N’est-ce pas exactement ce qu’il nous faut?
Nous savons que comme Seth, l’Occident européen qui pataugeait dans la
barbarie à l’époque pharaonique, a conçu l’ignoble et létale violence
coloniale par laquelle il a tout volé. Puis, comme c’est toujours le cas, le
vainqueur, combien immonde dans ce cas-ci, a créé un ordre qu’il impose aux
expropriés et aux conquis. À nous donc de forger une juste transgression par
une dialectique nouvelle et ludique qui tissera notre propre système et contre
leur loi, un autre principe commun de libération. Libération qui sera aussi
comme en 1804, celle de l’occidental pathologiquement esclave compulsif de ses
richesses volées devenues obsessives. L’on comprend la mort de Dieu dans le
contexte avaricieux de ces soi-disant maîtres du monde qui, constamment se
cachent derrière le mythe de la couleur et du leucoderme supérieur pour
dominer le monde. (Question plus que jamais à l’ordre du jour, car
aujourd’hui encore, les Claude Imbert, les Sarcozy, les Finkielkrault et leurs
complices, éhontés, osent parler des bienfaits du toxique et monstrueux
colonialisme français et autre). Vouloir
dominer, c’est déjà être malade et dénaturé. La liberté ne souffre pas
d’être convertie en pouvoir de domination. La liberté ne peut être que le
pouvoir d’être souverain sans détruire la souveraineté de l’autre.
C’est donc plutôt une souveraineté avec qu’une souveraineté au-dessus.
Une souveraineté qui reconnaît plutôt qu’une souveraineté qui agresse ou
efface. Une Pensée-Mère, Idée-Motrice qui fait échec à la mort et la déchéance
programmée! Renaître
à nous-mêmes selon une nouvelle axiologie globale de la société, nous régénérer
contre toute attente, par les valeurs endogènes au-delà du culte mais dans une
rationalité propre à nous, voilà les victuailles du message isissien. Le possible est à
notre portée, il n’attend que la libération des consciences pour rafraîchir
le monde de l’onde nouvelle qui fera de la page ténébreuse de l’histoire où
prévaut selon Hegel l’insidieuse « dialectique du maître et
l’esclave », un palimpseste où, mieux que sur un seing virginal, se rédige
le chant lumineux d’une humanité rendue âmes libérées sur la ruine des
ombres. Montréal, Ce 21
mars, 2006 CAMILLE LOTY
MALEBRANCHE
Idées
pratiques pour un débat national vrai et fructueux. Par Camille Loty Malebranche S’il
est une mission impérieuse et incontournable du gouvernement issu des urnes et
qui doit être investi prochainement au pouvoir suprême de la république,
c’est l’organisation du dialogue national tant réclamé, tant argumenté et
tellement fondamental pour la poursuite même de l’existence de la société
haïtienne. Il s’agit pour
l’État fortement affaibli dans ses institutions de plus en plus dénaturées
de sensibiliser et de convoquer non pour des comices mais pour un échange réel
et sans complaisance, les catégories humaines et secteurs qui composent la société
pour arriver à dégager les grandes lignes et avenues que prendra l’ordre
social nouveau ajusté aux exigences combien nouvelles de notre société en
pleine mutation démographique pour réinstaurer l’autorité et
l’intervention publique en même temps que l’activité économique et
l’action civile appropriée à la nouvelle donne collective haïtienne selon
sa répartition dans l’espace géographique. Responsabilisation
des riches et intégration sociale. Dire que les
secteurs sociaux et catégories humaines doivent être convoquées implique la
mise dans une position d’échange convivial, tourné vers le présent et le
futur, ceux que la faille économique et l’apartheid de fait séparent par un
dialogue de sourds et une haine réciproque sans cesse attisée et camouflée
depuis 1986. Car il est évident que la plupart des grands nantis possédants
d’Haïti, sauf les pires ignares et arriérés d’entre eux, se sont rendus récemment
compte que la lumpénisation des majorités privés d’horizons et d’espoirs
dans un pays sans lendemain parce que sans la moindre conscience sociale et
planificatrice de ses nantis - je préfère ce mot « nanti » à
« bourgeois » qui ne convient nullement au comportement philistin et
contreproductif de nombre de nos richissimes possédants - ne peut que
chambarder leur propre privilège. Toute oligarchie puissante régnant dans un
environnement de misère croissante doit un jour ou l’autre faire de sérieuses
concessions pour ne pas tout perdre. Ce n’est pas une menace mais une loi de
l’histoire des sociétés! Regardons l’Afrique du Sud, le Chili, le Brésil… Ainsi perçu dans
l’humilité de nos positions citoyennes, nous proposons donc un dialogue qui
doit durer le temps qu’il faudra pour qu’y participent toutes les catégories
humaines constituant tous les secteurs vifs de la société haïtienne déchirée
comme par le pire des tribalismes et la plus féroce des visions de castes à
cause de la désimplication et de la passivité de ses élites économiques
d’abord mais aussi politiques, intellectuelles et professionnelles d’une
part et l’exclusion des masses et couches moyennes de l’autre. Cela implique donc
une véritable conférence entre les vrais représentants délégués des départements
(villes campagnes) et aussi de certains secteurs névralgiques tels dans les mégapoles
comme Port-au-Prince, un échange sans arme ni injure entre les délégués des
bidonvilles et ceux du secteur des affaires et de certains cossus qui ont tout
fermé pour se consacrer à l’informel… Tous les problèmes doivent être
posés et au lieu du spectre du chambardement qu’entretiennent des
groupuscules politisés sans nulle représentativité démocratique lorsque
viennent des joutes électorales - car on ne peut construire un pays par le
chambardement permanent et l’anarchisme grotesque d’affairistes se disant
porte paroles de secteurs auxquels ils appartiennent mais qu’ils ne représentent
pas n’étant nullement délégués. Nous devons avec l’argent de ceux qui
possèdent et qui n’ont jusque là participé au revenu de l’État pas même
par le paiement fiscal et l’acquittement régulier des factures d’électricité,
arriver à soulager immédiatement les misères criantes et infrahumaines comme
la faim, la maladie et créer des formes coopératives pour les pauvres afin de
débloquer la condition économique congestionnée qui écrase des masses. Il
faudra par la suite une politique d’accompagnement, de justice sociale, de sécurité
publique, de planning familial et d’investissement dans l’agriculture et
l’agro-industrie, la pêche, l’art, l’artisanat et le tourisme pour réorienter
le pays vers un fonctionnement social et étatico-national normal. Ces propositions, ne
sont peut-être que les conseils d’un citoyen solitaire, mais je crois que par
delà les orages d’une mise sous tutelle totale constamment imminente selon
les dires de certaines crapules de l’O.N.U. ou de l’O.E.A., la prise en main
de soi signifiera l’échec des contempteurs de l’ethnie haïtienne et
imposera au monde, l’autodéfinition politique, idéologique et identitaire
d’une société qui brandira sa capacité de se réguler et de se constituer
un État Nation viable. C’est par une nouvelle vision de soi et du monde avec
une projection collective pour le devenir futur et une redéfinition de
l’axiologie sociale que la société affirmera le soi commun dans le rationnel
politique loin du folklorisme dégradant auquel quelques imbéciles étrangers
comme J.V.Valdes dans ses logorrhées et certains tenants éhontés de conférence
sur Haïti, vu leur passé colonial qui a détruit ce pays, voudraient
inexorablement l’assigner. Que vienne enfin le
temps des haïtiens dignes, responsables et capables de projeter et d’assumer
par l’action leur destin vraiment national! Que viennent - ainsi que le
soutenait le controversé président Salomon au dix-neuvième siècle, malgré
sa part de faute dans le déchirement cumulatif de la société, en cette aurore
du vingt et unième siècle - les temps patriotiques qui n’ont jamais succédé
aux temps héroïques! Montréal, ce 9 mars
2006 CAMILLE LOTY
MALEBRANCHE
AMÉNAGEONS LE NOUVEL ESPACE PUBLIC HAÏTIEN. Si je fais cette digression vers le
mythe et le dogme religieux pour évoquer la place éminente de la communication
dans la réalité humaine et sociale, c’est pour marquer l’importance
fondatrice et déterminante de la communication dans toute entreprise sociale et
étatico-nationale. L’espace social, espace public par excellence, espace du
vivre ensemble, ce qui dépasse à mon sens par son injonction et son devoir de
collaboration pour la subsistance le simple « mitsein » (ce vivre
avec) qui définit toute communauté humaine et qui est présenté comme une
sorte de fatalité due à la socialité voire à la grégarité des humains.
L’espace public est avant tout une communauté de droits et de devoirs
ponctuant la communauté supérieure d’essence et de destin social et
national. Il s’agit de construire la citoyenneté; et puis, de créer les différentes
institutions culturelles, éducationnelles, juridico-légales tant matérielles
qu’immatérielles qui favorisent la communication publique, l’échange
citoyen où le nanti de toutes sortes participe à l’enrichissement collectif.
Il chaut donc de réformer la structure même du mode d’existence sociale de
l’individu et des secteurs d’intérêts. Avoir, l’ouverture et les
institutions garantes des droits mais aussi disposer de toutes les structures de
la répression juste pour forcer les antisociaux de toutes espèces à
contribuer au bien collectif. Les visions bornées et mesquines des élites économique
et politique bêtes qui, jusque là, ne voient que leur petits intérêts immédiats
en oubliant que le pays, pérenne, doit primer dans leur choix de génération,
doivent être impitoyablement réprimées par la loi pénale. Ainsi donc,
c’est encore la nouvelle culture d’élite libératrice qui doit
aujourd’hui prévaloir, en tant qu’une nouvelle élite avant-gardiste,
active qui prend l’initiative sans se contenter simplement de réagir (car en
fait l’homme réagit beaucoup plus qu’il n’agisse), pour réengendrer le
modus vivandi collectif. Réforme du penser et de l’agir, réforme de
l’imaginaire et des mythes négatifs. Car parmi nos mythes, il en est de purs
défaitistes. Le mythe de Boukman, par exemple, en insistant d’abord sur le
caractère surnaturel et le délire de toute-puissance du chef, a, sinon altéré,
mais tout au moins, traduit la conception du pouvoir haïtien comme si le sang
du porc coulait dans les veines de certains secteurs forts des « élites »
hiératiques du pouvoir économique et politique pour « cochoniser »
la société prise au lasso de leurs monstruosités, eux qui ne colligent que
leurs cochonneries évidentes dans l’espace public dénaturé par leurs méfaits.
Car certains éléments mythiques, un peu comme des totems, sont à ce point
tellement indicateurs de la projection du choix social des élites, que telle élite
choisissant l’aigle, conquiert; telle autre optant pour l’étoile, brille;
alors que la nôtre acceptant le porc bascule comme par réflexe dans une
histoire semblable à une porcherie, une cloaque infernale. TROIS MANICHÉISMES CONTRAIRES À LA
COMMUNICATION CITOYENNE À UN ESPACE PUIBLIC SAIN. Aujourd’hui,
par delà le nacissisme de ceux qui cherchent le plébiscite des niais et des
flatteurs, par-delà le tribalisme dont les signes bicentenaires sont ceux du
collorisme mulatriste ou noiriste, par-delà le sectarisme qui s’exprime dans
les préjugés minables, les orgueils sots, les jalousies et méchancetés
interpersonnelles de ceux qui croient que dévaloriser ce que l’autre fait de
bon, les grandit; les vrais amis d’Haïti, haïtiens ou étrangers embrassant
sincèrement la cause haïtienne, doivent entreprendre la nouvelle croisade des
mentalités et comportement en élaborant une autre axiologie (échelle des
valeurs) pour redéfinir Haïti loin de ces ostracismes manichéens voire idéologiques,
générateurs des polarisations groupusculaires violentes qui consument le pays.
Camille loty malebranche
IL N’Y A PAS DE SPECIFICITE APPELEE « CRIME DE SOCIETE »>> Le
vocable de "crime de société" évoqué par Pradel
Henriquez pour qualifier le meurtre de Ginou Mondésir, présentatrice vedette
de la télévision haïtienne tuée par son amant, comme spécifique est
assez difficilement soutenable ou démontrable. La logique du crime
commis par un être humain, en tant que l'homme est réflexement et réflexivement
structuré par la société, est toujours sociale quoique liée à
des causes mentales, caractérielles et psychologiques conscientes et
inconscientes. Le crime, bien qu’il soit fortement ancré dans les méandres
multiples des subjectivités et donc projet macabre du sujet humain, est
toujours produit d'un comportement objectivement motivé par le social. Tout
crime, parce que fait humain, est, pour reprendre cette expression impropre
"crime de société", depuis que les premières hordes humaines
existent et que la société même sans Etat a été fondée au
commencement de la civilisation de l"homo Sapiens. Par exemple, un couple
qui vivrait à l'écart du monde, seul dans la nature, ignorerait tout du problème
de la jalousie. Dans ce cas, l'un ne dévorerait l'autre qu’en cas de
disette et de grande faim dans un acte d'anthropophagie pour survivre en
apaisant sa fringale. Ce serait un acte animal, pas un crime. Car le crime
implique une conscience legiférable et justiciable. Hormis les meurtres de prédation
par besoin de nourriture qui relèvent de la survie animale, tout crime d'un être
humain contre un autre, est social ; je ne vois pas d'exception à
cette règle ! Surtout pas la passion qui pousse au meurtre n’y fait
exception, car elle est due à la possessivité que crée la société en
attisant la compétition vis à vis de tout rival par le sentiment de propriétaire
de l’autre inculqué à chaque membre du couple dans son rapport au
conjoint (ou à la conjointe).>> > > CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE>>
LA
CHARITE, PRINCIPE DU VIVRE ENSEMBLRE
Par
Camille Loty Malebranche En ce
début d’année, je propose cette brève réflexion sur l’Amour et la
Charité. Souvent
nos voeux les plus chers gravitent autour de ces deux grands piliers de la
Morale immémoriale qui a prévalu dès le début de notre parcours d’espèce
dominante et insolite de la Terre. Sans basculer dans une théorie de « l’ultrahumain »
à la manière de Teilhard de Chardin avec sa vision de la conscience comme
« noosphère » (nouvelle sphère insolite) dont l’apparition
aurait définitivement lancé la nouvelle espèce humaine dans l’Evolution qui
l’a distingué des phyla primitifs de simiens et d’hominiens, sans entrer
donc dans des dédales mystérieux du déploiement de la conscience humaine dans
sa pluridimensionnalité, déploiement qui, de toute façon, s’est opéré par
des facultés innées naturelles mises en acte dans les acquis de la culture
sous les sollicitations de la biosphère et du social, un principe universel
semble transcender toutes les différences ethniques, culturelles et
individuelles des hommes : la vie avec l’autre. Ce
principe du vivre ensemble (que la philosophie appelle mitsein
c'est-à-dire l’être avec) inviolable comme tout principe,
comporte une règle-motrice qui est la clé de voûte de tout ce qui est humain,
le sens ultime de toute existence d’homme, c’est la Charité.
Du principe qui est fondement à la règle qui est
structure, l’un et l’autre étant inviolables parce qu’inhérents à la
nature même de ce que respectivement, ils déterminent ou régissent, il n’y
a pas de loi, car la loi n’est que la codification sociale toujours violable
des normes que choisissent les dirigeants de la société. C’est
donc le principe sans loi du vivre ensemble que je nous propose de
revoir d’après la Charité. Et
si je dis Charité et non Amour, c’est pour éviter toute ambiguïté
polysémique, car la Charité est ce transport impersonnel, fraternel
vers le prochain, vers l’autre semblable, transport qui refuse l’emotion-passion
et l’implication sentimentale; alors que l’Amour est mouvement
fortement passionnel et personnel se corsant dans l’élection d’une personne
sur qui nous fixons toute notre attention et émotion. La Charité est
essentiellement morale et mode de rapport général aux autres alors que l’Amour
est sentimental et relation ciblée interpersonnelle. Je
nous souhaite donc de garder notre Amour en ce qu’il a de passionné de
personnalisé et de force de caractère, mais d’exprimer dans la vie de chaque
jour, l’impersonnelle Charité dont l’apôtre des gentils a fait à
raison, la plus haute des vertus théologales, celle qui, de toute éternité
anime Dieu et élève l’homme jusqu'à la stature de la déité. Que l’Amour
passionné et irrépressible de cet être à la fois Tout Autre et Tout
Semblable qu’est Dieu, nous engage à la Charité pour l’homme notre
semblable ! Qu’au-delà
du caractère prescriptif et prohibitif de la loi, que par delà les réifications
systémiques des hommes rendus simples individus privé du statut effectif de
personnes, nous soyons des porteurs de solidarité, de respect, de sollicitude
et d’estime, ces trésors sans prix, ces règles transcendantes qui ne se
commandent point et qui sont le socle de la parfaite Charité appelée à
devenir en nous, norme gravée dans le seing virginal de nos âmes en quête de
déification! CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE
DE
LA SPIRITUALITE EN GUISE DE VOEUX de fin
d’annee. Par
Camille Loty Malebranche Je
déteste la routine qui veut que pendant la saison dite des fêtes, des gens
froids, indifférents souhaitent le « meilleur » a d’autres
qu’ils ignorent a l’année longue, j’ai donc longtemps hésité a présenter
ces propos votifs a tous mes amis de partout. Mais pour ceux qui me lisent, ceux
qui croient encore en Dieu, l’Infini Suprême et au Sens dont il est le seul
dispensateur, étant le Véritable, je rédige ces quelques lignes qui suivent : Alors
que la liturgie romaine officielle consacre cette période dite de Noël, à
l’Incarnation du Verbe, nous devons nous rappeler le mystère du Christ qui
s’incarne en l’homme Jésus mais aussi et surtout celui du dualisme Createur-Creation
qui donne sens à la foi chrétienne. Car le Christ incarné est le messager de
ce mystère de Dieu qui, tout en étant le Tout absolu, la Totalité ubiquitaire,
la Plénitude sans limites, l’Etre a qui en principe rien ne s’ajoute parce
qu’on ne peut rien ajouter a l’Infini, s’est retire, s’est vidé (ce que
les théologiens appellent kénose) pour laisser apparaître ce qui n’est pas
Lui sans pourtant cesser d’être Plénitude et Infini. Si Jésus, le porteur
humain du Christ incarné, le théophore parfait créé pour recevoir le Christ
descendu parmi nous, n’est pas né au mois de décembre, comme on nous le
laisse croire, mais au mois de Nisan, au début du printemps, c’est pour
rappeler aux hommes qu’il est le nouveau printemps de l’humanité renouvelée
en Lui et par Lui, c’est pour nous insuffler un nouveau départ par la foi, la
méditation de ce mystère de Dieu et de la Création que contestent
complaisamment toutes sortes d’hypothèses farfelues dites scientifiques sans
aucune démonstration de leur prétention. A l’heure du retour en force de
l’athéologie qui supplante les théologies négatives de l’athéisme
classique, a l’heure des idolâtries nouvelles fomentées par l’ordre économique
des ploutocrates, a l’heure du scientisme devenu religion séculière que
j’appellerai « epistemolatrie » avec ses abus sur les consciences
faibles, le mystère du Christ et de son Incarnation nous rappelle, Verbe Divin
Eternel qu’Il est, notre condition de créature et de finitude dont le but de
la présence dans l’existence est de rencontrer le Créateur pour vivre
l’amour divin, la seule cause de notre création et accomplir notre vocation
d’Infini en tant qu’image de Dieu. Hélas!
En notre temps ou l’humanité se reconnaît plus comme animale en rejetant le
prédicat humain qui - justement apposé au substantif animal dans le vocable
d’animal humain - était gage d’évolution vers la rédemption, la
transcendance et la spiritualité, je nous souhaite de retrouver les réflexes
naturels de l’élan au divin en dépassant chaque jour les appels sombres de
la déchéance bestiale qui guette la civilisation autrement et nouvellement
mangeuse d’homme d’aujourd’hui! Que
Dieu et son Image en nous, le Fonds Spirituel qui nous parle d’infini et de
Splendeur cachée malgré les pires laideurs de l’actualité du monde
contemporain, nous libère par notre attention nouvelle des idoles et des systèmes
dénaturants en cours dans le monde! Puisse l’homme, ce projet de fils pour
Dieu a travers le Christ, crier plus haut en nous au point de réduire au
silence les bruits mortels des bas-fonds de ce monde! Surtout n’oublions pas
de focaliser notre attention sur le Christ incarné, car l’homme, dans sa part
de liberté, choisit son maître, dominé qu’il est par ce sur quoi il fixe
son attention… Fixons donc notre conscience sur le Christ Libérateur qui
affranchit de la mort et de ses pulsions intérieures et extérieures de toutes
sortes, pour enfin être libres! CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE
LA
RELIGION COMME faux-fuyant SOCIO-POLITICO-ÉCONOMIQUE.
CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE
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