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vers Camile Loty Malbranche
Charité
et Justice, un couple conceptuel plutôt qu’un oxymore… Contre la pudibonderie et le maniérisme moral d’une idéologie criminelle La Star, illusion du thanatos social Au
sujet d’une économie suprahumaine et inéluctable! HAÏTI, UN DRAME HUMAIN ET SOCIAL AVANT D'ÊTRE POLITIQUE Commentaires de Louis Naud Pierre sur L'article de Camille LOTY Malebranche Reponse de Camille Loty Malebranche DOUBLE NATIONALITÉ, SALMIGONDIS CONSTITUTIONNEL… Correspondance Marbranche - Bissainthe
Charité
et Justice, un couple conceptuel plutôt qu’un oxymore… Par Camille
Loty Malebranche Il n’est de charité que la justice sociale. Toute pauvreté nécessitant des secours proprement caritatifs en pleine société d’abondance, relève du crime contre l’humanité de l’État. Dans notre société d’abondance, le caritatif institutionnel est une abominable hypocrisie des mauvais riches, prétexte ploutocratique pour laisser croire au mythe d’humanité des monstres responsables et planificateurs de la misère sociale voire planétaire. Il est d’usage, vu l’amalgame qu’en font nos sociétés faussement humaines mais monstrueuses dans les faits et le diabolique État ploutocratique, État-Moloch, de dichotomiser le monde axiologique des rapports des hommes dans la société et ceux internationaux des états, entre la « Charité » qui relèverait du bon plaisir du charitable octroyant aumône à son favori et la « Justice » qui, elle, appartient au droit inaliénable de l’être humain et des peuples. Cette dichotomisation conceptuelle est symptomatique de l’état d’esprit des ploutocrates vu l’infrabestiale et insidieuse propension des oligarchies à mépriser et à ravaler les hommes, les pillant légalement, bafouant leurs droits économiques par la paupérisation pour mieux les mystifier, les humilier et les esclavagiser. Pourtant, en deçà des lois et des structures, la relation des hommes et des états devraient s’axer autour la charité non pas comme empire de la faveur ou du privilège mais comme espace de droit universel où l’homme est primauté. Il n’y a de charité pour nous-mêmes et pour autrui que la justice et sa pratique. La justice, cette morale qui surpasse toute éthique par son absoluité et sa transcendance des contingences culturelles et conjoncturelles, parce que proclamation de l’équité et des droits fondamentaux, parce qu’également affirmation du primat de l’homme et du statut de l’humanité comme essence et valeur suprême dans les rapports sociaux ou structurels au sein de l’État, est une exigence de l’amour sans passion mais ô, combien engagé aux côtés de l’homme qu’est la charité! La charité est l’amour-philia (amitié) que nous nous aménageons comme membres de l’espèce en général et comme prochains impliqués dans toutes sortes de relations interpersonnelles et intersociales. Charité, capacité d’empathie et attitude prévenante envers l’autre semblable, ouverture et disponibilité qui préconise le bien d’autrui, prédispose à l’amour de l’autre humain perçu comme prochain malgré tous les éloignements contingents des situations. Là, la charité est mode de rapport selon la justice. La charité est donc le mode opératoire et relationnel, le principe même de l’amour et du respect humain tant interpersonnel que social, alors que la justice en est la procession institutionnelle, le déploiement structurel garant dans le social par l’État. De fait, la seule justice que l’humanité commune réclame envers nos semblables de l’espèce, et qui est en société, le devoir fondamental voire la raison d’être de l’État, c’est la charité. De sorte que dans une société juste, la charité tape à l’œil des institutions parfois sincères, souvent suspectes qui s’en chargent, n’existerait point. Car le rôle suprême de l’État étant la justice et l’équité dans la société, il est d’usage que ses lois, si elles étaient justes, garantiraient une charité systémique protégeant les administrés de l’égoïsme de classe et de la cupidité des puissants ploutocrates usurpateurs qui, détruisant l’exigence sociale de charité, violent le pacte de Justice de l’État à l’égard de ses membres. Une justice sans charité, telle que celle qui règne aujourd’hui dans nos sociétés réduites à la seule dimension de la fausse et malsaine économie dénaturée par la finance, et qui ajuste tout à celle-ci, ne peut être qu’un déni d’humanité, un crime contre le centre de toute Valeur qu’est l’Homme à qui tout choix social devrait, par la charité et sa justice, ramener. Nos cours et tribunaux ont ceci à leur actif : ils rendent parfois, exceptionnellement, des jugements plus ou moins justes. Leur drame dénaturant est que la justice étatique qu’ils représentent, est tronquée, fondée au départ sur l’exclusion des majorités et l’accaparement du bien commun par les plus forts. Et pour autant que le systémique est systématique dans ses procédés, ses conséquences, la justice de nos tribunaux, tendra la plupart du temps à l’imposition de l’horreur par la force publique. À ce state, rien n’est plus violent, ni plus prostitué et ennemi de la charité que la justice officielle de l’État.
Système de justice et
justice sociale Dans un contexte où la victime, l’exclu, le rejeté, le marginalisé, le déprimé, est constamment suspecté, surveillé, culpabilisé et accusé, l’on comprend que les baragouins idéologiques de l’État et de ses représentants gouvernementaux sur la justice, resteront insulte à l’intelligence et insignifiante absurdité contre le sens, tant que la justice sociale ne sera à l’intérieur des états, la seule et unique poursuite des gouvernements. Dans cette occurrence idéologique d’infrabestialité, cette automation cybersociale où l’homme n’est qu’un automate mû par les stimulations idéologiques, il n’est pas rare de rencontrer des repus, des pseudo-théoriciens, des travailleurs précaires aliénés, des balourds scolarisés, des imbéciles avérés, des illuminés de l’ordre, des prostitués du système qui fêtent leur « intégration béate », leur fonctionnement machinal en conspuant les ostracisés. Toutefois, nul État, nulle société ne peut prétendre défendre la justice sans au préalable veiller à ce que chacun de ses membres ait de quoi vivre dans la dignité matérielle où ses besoins primaires et secondaires sont satisfaits dans le respect lui permettant de rêver et de partir vers son accomplissement social. Nul État ne peut garantir la justice sans interdire légalement la phagocytation des intérêts collectifs par des vœux oligarchiques. Quand un système est pourri jusque dans ses fondements, toute justice et pénalité n’est qu’instrument de l’oligarchie dominante pour imposer son pouvoir et assurer la pérennité de l’ordre qui la favorise. Dans une société où les droits les plus inaliénables sont commués en privilège par l’artifice de l’idéologie officielle qui fait tout pour ravaler et fragiliser les moins nantis réduits au stade de favorisés sans droits, la charité alors subvertie en aumône n’est que prétexte d’humanité de la bête étatique. Cette bête étatique qui verse d’un côté - des centaines de milliards à des banques en banqueroute parce que trop prodigues de salaires onéreux aux banquiers crapuleusement hédonistes - et de l’autre, ose jouer les désemparés face à la pauvreté provoquée par ses choix politiques. Nous disons que cette bête étatique qui accuse les plus pauvres de ne pas gérer leur vie, astreignant la majorité de la société à la précarité économique et au sacrifice, dans le plus impudent vampirisme, inapte à la charité due qu’est la justice, est indigne d’exister! Que pour la charité véritable, ceux qui se donnent au bénévolat, laissent tomber cette éponge confortable aux puissants pour penser et façonner selon leur grand cœur, des structures de pression efficaces contre l’abomination de l’État ploutocratique et de ses privilégiés bouffis qui infligent la honte de la pauvreté à la dignité de toute la société! À moins que toute la société soit peuplée de tarés monstrueux dont la bannière est l’amour-haine du paupérisé appelé méprisamment pauvre, nous sommes tous coupables de laisser faire l’oligarchie ploutocratique qui accapare la richesse collective et planétaire tout en se plastronnant, traitant de fainéant et de désespéré quiconque ose la défier ou n’arrivant pas à s’intégrer dans l’ordre macabre de l’économie politique ostraciste parce que dénaturée par des ploutocrates. La charité, cet amour du prochain comme devoir spirituel de l’humanité, n’est pas de l’aumône car l’aumône sociale est de la singerie d’un système voulant masquer sa culpabilité criminelle. L’aumône sociale qui force le pauvre démuni à devenir travailleur esclave et dégradé, est amour-haine des nantis pour l’humanité. Or, nous savons que l’amour-haine est toujours pathologique. En fait, il n’y a pas d’amour-haine, il n’y a que la haine inassumée s’accoutrant de sensibleries mièvres par souci des haineux de paraître humains au plus fort de leur bête déshumanisation et de leur crapuleuse monstruosité. De fait, les plus cupides arrogants s’imposent précisément par des structures bancaires et financières en accaparant les richesses collectives, expropriant ceux mêmes qui produisent la richesse pour transformer toute l’humanité en esclaves et larbins de leur égo de cossus condescendants! Inutile donc de dire que tant que l’État ploutocratique avec ses politiciens vendus et prostitués, sous contrôle notamment des banques et multinationales, s’imposera, le droit démocratique de tous de vivre libre de la pauvreté et de la précarité vu l’immense masse de richesses produites mais indisponibles parce que expropriées aux peuples, sera un pur néant sur notre planète séquestrée par des monstres. Pour une oligarchie qui se retrouve paniquée et troublée devant les conséquences de ses propres gloutonneries, la charité institutionnelle des bénévoles quoique de bonne foi et de bon cœur, sert à amadouer et à apaiser la conscience criminelle et de culpabilité. L’État ploutocratique toujours putride se refuse encore et encore à abandonner ses pourritures et préfère les dissimuler par des subterfuges, cachant au populo manipulé ses monstruosités étatiques, ses ignobles politiques gouvernementales paupérisatrices et meurtrières, quand vient le temps des fêtes. En vérité, c’est de la thanatophilie idéologique que cette volonté officielle et publique de masquer la saleté sociale et gouvernementale par la blancheur du caritatif «telle de la chaux qui blanchit la décomposition inhérente aux tombes», je repense ici bien-sûr à la sainte et juste invective christique contre les pharisiens. L’aide étatique aux banquiers le montre crument malgré les mensonges racontés aux masses abandonnées à elles-mêmes, l’État appartient à quelques riches du secteur privé dont les alliances avec une strate aisée des classes moyennes et les miettes jetées au peuple, assurent la pérennité, le règne. C’est un État totalement ploutocratique existant pour garantir et pérenniser les intérêts particuliers d’une oligarchie très opulente au mépris des intérêts collectifs du peuple. Et, comme par ironie du sort des pauvres et raillerie de la condition des exclus, chaque année, l’apparat rituel du caritatif annuel, confère à la putréfaction de l’État ploutocratique et de la société qu’il sous-tend, soutenu par la clique des riches médias commerciaux, l’exhalaison d’une bonne odeur de sainteté! Cela, naturellement, se fait pendant que l’État, impassible, continue à broyer le peuple qui fait la richesse mais doit souffrir de la dilapidation étatique de l’économie réelle. Car aux yeux des dirigeants prostitués aux ploutocrates, ne prévalent que le sauvetage des secteurs bancaires et commerciaux malsains et la restitution de la fallacieuse dette nationale vis-à-vis des banques privées et des secteurs cossus de la finance que l’État a lui-même rendu possible par sa politique et son système monétaire et financier (1). Ainsi, en ploutocratie, c’est un abject État félon et maffieux trahissant le peuple et désertant impudemment son devoir élémentaire fondamental de travailler au bonheur de tous ses administrés, préférant reléguer au bénévolat et à l’aumône caritative ses moindres charges, qui dirige le sort des nations. 1)
Référence que je fais
à la vidéo « l’argent-dette » consultable au lien suivant : www.dailymotion.com/video/x75e0k_largent-dette-de-paul-grignon-fr-in_news CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
Contre
la pudibonderie et le maniérisme moral d’une idéologie criminelle mercredi 22
octobre 2008 L’inaction de l’homme politique, parce qu’il
s’est proposé à l’action bénéfique pour la communauté qui l’y a
préposé, est un crime contre la morale et la société. L’inaction ou le
silence du citoyen, quant à eux, sont complices coupables de l’indécence
politique du pouvoir. Par Camille Loty
Malebranche L’exigence de
sens, l’obligation de signification chez un être social qui interagit avec
ses semblables et les structures au cœur de la société - chez un être où l’intuition
de la signifiance et de fin excède de loin l’immédiate absurdité de l’impermanence
du Multiple c’est-à-dire des éléments épars qui constituent le nombre
nombré du nombre nombrant global qu’est l’Un indivis de l’univers -
aboutit nécessairement à des règles de vie qui commandent le mode d’être
de l’individu dans son rapport à l’univers et à la société. Ce rapport
de la conscience humaine au cosmos et au social est projeté de cet autre
rapport insondable qui est le dialogue intérieur existentiel de l’homme avec
lui-même, l’indescriptible et imprescriptible Rapport à Soi. Naturellement pour
manipuler les hommes, après avoir émietté la morale et y avoir substitué une
éthique fonctionnaliste-utilitariste, la ploutocratie ose parler de démocratie
au moment même où elle utilise les hommes comme marchepied de son
enrichissement dans le mode de production et de travail, pour la monopolisation
de toutes les ressources planétaires et la violence et l’excès de toutes
sortes contre l’humanité et l’environnement. Pour centrer notre
point de vue, nous devons ici nous rappeler que deux catégories de valeurs
jalonnent l’empan du sens : la valeur logique et la valeur morale. La première (la
valeur logique) réfère aux choses et aux faits et répond strictement à nos
exigences herméneutiques, où nous entreprenons de comprendre la signification
immanente des choses. C’est le champ de l’entendement et la mise en acte de
l’intelligence dans l’appréhension, la quête interprétative du monde. La seconde (la
valeur morale) renvoie à l’action et est du domaine du jugement et de la
responsabilisation de l’homme agissant. Elle est transcendante à l’acte
posé et implique la conscience de l’homme agissant qui ne peut se dérober en
tant qu’être libre à sa responsabilité d’étant choisissant et volontaire. Rejet de la « métaphysique »
opportuniste de croissance personnelle Il existe de mon
point de vue trois grands schèmes d’existence pour l’homme : l’ontologique,
l’organique et le politique. 1) L’ontologique
référant au fait d’être me met constamment dans mon rapport au sens
transcendant de l’espèce avec toutes les grandes questions métaphysiques
auxquelles chacun répond selon sa foi, la lecture de son rôle dans l’univers 2) L’organique
est le schème du rapport au corps à sa vie ses exigences de subsistance, de
bien-être, son fonctionnement en tant qu’organisme mortel qui a besoin pour
bien vivre d’un certain niveau de satisfaction de ses besoins. 3) Le
politique est ce rapport dynamique des hommes aux structures sans quoi la
société eût été statique. C’est donc l’univers du social avec tous les
stratagèmes individuels d’intégration, de relation au pouvoir de la
structure et du groupe. En tous les trois,
la morale est la voie et l’arbitre de l’action et de la réaction de l’homme.
C’est par elle que cette action et réaction signifie et est jugée à la fois
comme intention et fin, indépendamment de leurs prémisses et conséquences. Contre la
métaphysique des morales réactionnaires de fausse responsabilité du sujet
humain pris au lasso du social et contre les mystifications d’un certain
mysticisme oriental de soumission et d’opportunisme social de l’individu, la
morale libérée et libératrice doit évaluer les vraies responsabilités
personnelles de l’humain sans absoudre bêtement les manants profiteurs des
structures qui se cachent en coiffant la kunée d’une idéologie
structuraliste refusant sciemment de voir l’immonde culpabilité humaine dans
l’horreur historico-structurale justement façonnée et planifiée dans le
temps par les maîtres économiques et politiques de la société, qui
exploitent et subvertissent l’orientalisme moral très communautaire derrière
un individualisme mesquin d’une soi disant réalisation de soi. Fort d’un tel
constat, nous disons que nul n’a le droit d’accuser ceux qui refusent l’assimilation
voire la phagocytation de leur être global sous prétexte d’intégration dans
le social faite à ses dépens ontologiques. Car nul n’est tenu de faire
abnégation de son essence humaine pour les miettes de l’acceptation sociale ! Je sais que pour l’esprit
de notre temps de prêche d’opportunisme moral prôné à l’individu pour qu’il
profite des opportunités structurelles, ma pensée est ici impie car elle
risque de maintenir l’individu dans la marge, mais n’est-ce pas dignité,
cette chose inestimable de la morale vraie, que d’affronter le social en
confrontant ses bêtises idéologiques, plutôt que de se prostituer pour une
aise matérielle déshumanisante ! Voilà pourquoi le
christianisme authentique et sans cléricalisme, celui qui, rejetant toutes les
églises, s’oppose à l’injustice sociale du monde sans la démagogie d’une
nécessaire harmonisation de l’homme et du social, m’a toujours paru
supérieur à toutes les morales orientales et leur « sociodicée
mystique » mystificatrice, soi disant proposée en vue d’une « harmonie »
supposée de l’individu avec la société où il y a toujours en filigrane une
culpabilisation personnelle du révolté ou marginal face au social qu’il n’accepte
pas, un autodénigrement allant à l’autopunition de l’homme qui ne se
laisse pas assimiler. Morale de croissance et de réalisation personnelle dans
le monde qui condamne le refus de la pseudo-intégration de la personne humaine
à l’ordre sale qui lui demande de se nier et de nier tout idéal de justice
sociale pour « se réaliser » en collaborant - ne serait-ce que par
son silence, son abnégation - avec la réification de l’homme qui sévit
structurellement dans nos sociétés. Il semble donc que
le tribut à payer dans un monde de monstres idéologiques mangeurs d’homme,
est la marginalisation de quiconque ose dire non aux ploutocrates et à leur
horde barbare de proxénétisme et de réification de tous ! Le mode de
cette corruption de l’essence humaine sied bien à nos maîtres corrupteurs
vides de toute valeur sinon le besoin pathologique d’écraser leurs semblables
en brandissant l’argent comme référence de grandeur et de supériorité par
laquelle ils instituent leur propre idolâtrie chez les masses. Il s’agit ici
du vide qui se pare de maniérisme et d’arrogance pour dominer. L’absence d’intériorité
totale des ploutocrates ne peut donc qu’engendrer la discrimination sociale,
puisque leur système établit une pseudo-hiérarchie entre les humains selon
leur acquisition matérielle ou leur appartenance aux institutions
ploutocratiques. Là, il ne s’agit
plus de blessure narcissique des corrupteurs qui se défoulent sur les
paupérisés, mais de blessure spéculaire car il n’y a pas la contemplation
de soi à laquelle le narcissisme fait référence malgré son excès qu’il
décrie ! Il n’y a que le désespérant vide des bêtes cupides qui s’autoproclament
maîtres des vies et des biens, seigneurs qui font vivre le reste du monde par
leur prétendu mode de production ! Comme si aucun autre mode de production
ni de monde n’est possible fors le leur si abjectement immoral et inhumain ! Le monde-profit contre le monde-humanité… L’un des
dualismes lexicaux qui m’a toujours fortement interpellé dans l’Écriture
néotestamentaire est celui qui entoure le concept Monde. Ce dualisme, cette
ambiguïté sémantique se retrouve particulièrement chez l’apôtre Jean qui
dans les propos liminaires de son évangile (Jean 3, 16) nous dit « Dieu a
tant aimé le monde… » et qui, dans sa première épître, 1 Jean 2:15
se rétracte par « n’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans
le monde… l’amour du monde est inimitié contre Dieu. » Nous sommes en
présence de la sempiternelle dialectique du monde humain (l’humanité) et le
monde du système socio-politico-économique qui vilipende toute humanité.
Entre la hauteur céleste et divine de l’humanité vocationnelle de l’animal
humain et l’abysse satanique de la structure qui l’enfonce dans bien pire
que l’animalité c’est à dire dans la choséité par la réification, les
forces du bien et du mal se livrent encore bataille aujourd’hui plus que hier. Que les plus
matériellement riches d’entre cette espèce rare de ceux qui croient à la
dignité humaine et la justice, créent des fraternités pécuniairement libres
selon des modes de production humains permettant à ceux qui sont marginalisés
dans la société globale, de travailler dignement sans que le travail ne soit
jamais but mais moyen, et ainsi de subsister dans un monde haineux de tout homme
qui croit à son humanité, à l’humanité ! Car les jeux sont
faits, les maîtres de monstruosité du système social tératogène et
déshumanisant refusent de cohabiter dans leur structure avec des hommes non
transformés en ombre ou rouage de leur machine. D’ailleurs la pauvreté dans
le monde, sévissant même dans les pays les plus riches, est maintenue et
planifiée pour réduire les majorités au stade d’essuie-pieds des riches sur
qui ils peuvent cracher à leur guise. Le manque d’estime de soi des
ploutocrates bâtisseurs d’empire, en leur égo gangreneux, ne peut se
glorifier qu’au détriment d’autres hommes, paupérisés, transformés en
loques pour idolâtrer les possédants et leur armée de consommateurs
compulsifs simiesquement accrochés aux basques de leur système, qui ne
manquent pas, en sous-produits de l’ordre de discrimination capitaliste, de
piétiner l’humanité des exclus. Et vive la canaille ploutocratique amorale et
ses lobbies ! L’amoralité est
donc l’effigie du monde des ploutocrates qui monopolisent tout, font pression
pour éviter le moindre soutien de l’État aux moins riches et accaparent
toutes les subventions étatiques sur le dos des contribuables, subventions qu’ils
utilisent pour leurs intérêts particuliers d’entrepreneurs, puisqu’ils
délocalisent comme bon leur semble sans rien devoir à quiconque pour chercher
ailleurs des paradis fiscaux et travailleurs esclaves. Dans cette platitude où
l’homo œcnomicus, lui-même décrié pour sa réduction unidimensionnelle à
l’ordre économique, est un stade pour lequel il faudrait se battre tant le
morphème « homo » référant à l’homme, ne peut même plus être
appliqué à une économie boursière tributaire de la finance et des
spéculations des financiers au mépris de l’économie réelle produite des
humains, le non-sens et l’insignifiance qui s’ensuit, ponctue l’empire du
vide qu’est l’ordre de l’argent pour l’argent. Nous devons nous
rappeler que le sens vient de l’intuition intérieure, immanente, vécue par
la conscience spirituelle. L’on comprend d’emblée, la privation de vie
intérieure qui fait des hommes en présence, tant les puissants qui réifient
et les faibles qui sont réifiés dans ce qu’il convient d’appeler l’entraliénation,
aliénation réciproque où les maîtres corrupteurs et leurs asservis réduits
au stade de pacotilles d’un ordre malsain sont la proie de toutes barbaries et
d’un nihilisme plural. Nihilisme qui est ici comme toujours un envers criant
de la vérité ontologique de l’homme. Dans un monde où
la racaille criminelle de l’argent est héroïque et glorieuse, dans un
contexte où l’argent sale est pureté selon ceux qui le manipulent, où l’engeance
riche se paie économistes et idéologues de tous poils pour berner l’opinion
publique, où la canaille de l’oseille soudoie la crapule de la politique, la
morale n’est plus que l’inepte bobard de la presse de propagande refilé au
peuple dans l’emballage des faux débats et des élaborations désinformantes !
La ploutocratie crée des connotations factices et manipulatrices pour accoutrer
le sens. Elle bricole un sens adapté à la configuration idéologique qu’elle
entretient sur la ruine de toute humanité. Hélas ! Même la salissure de
leur face maculée - de pillage, de prédation et de déprédations des biens
collectifs de la planète - passée à l’étamine de leur cynisme et par la
flagornerie de la cour permanente que leur voue leur système et la presse jet
set, est rendue orgueil insulteur intumescence abêtissante du peuple plutôt
que honte morale face à leurs méfaits contre l’humanité ! Et malgré ces
torts les uns irréparables et les autres non réparés par mépris, se profile
la perte de la pudeur ou d’une certaine retenue face aux forfaits fomentés
sans égard contre le monde et l’environnement. Les monstres gargantuesques
ont toujours faim et sont avides de règne et de gaspillage ! Oui, la perte
de la vraie pudeur pour une pudibonderie vestale, s’offusquant du dévoilement
d’un sein de Janet Jackson dont la robe s’est déchirée volontairement ou
par accident à la suite d’un pas de danse brusque sur scène, prouve que les
pires catins et proxénètes du crime de toutes sortes sont les plus affectés
de fausse chasteté ! Dans un monde où
toutes les valeurs sont inversées, j’en arrive à me demander ce qu’un ami
de ma grand’mère exprimait en créole et que je traduis ici : « à
la foire des salauds que devient ce monde, la merde pèserait-elle vraiment plus
lourd que le sel ? » J’ose croire que
non, l’humanité n’est pas perdue, encore faut-il que les vraies valeurs
trouvent le courage des hommes prêts à les montrer ! Car la dignité
existe, ne manquent que les hommes dignes dans la communication de masse et l’espace
public ! Alors les valeurs se retrouvent marginalisées, noyées par la mer
démontée et putride de prostitution et d’aliénation soutenue par les
vautours, sybarites et idéologues, ceux qui parmi les journalistes, les
spécialistes, les éducateurs acceptent l’imposture inhumaine d’une
éthique au rabais pour défendre l’infamie systémique mondiale, l’immoralité
mondaine du jet set contre l’humanité sacrifiée pour les excès hédonistes
des profiteurs de toutes les ressources expropriées aux peuples et majorités. Tandis que les
herses immatérielles de l’idéologie marchande ultramatérialiste prennent
forme comme un carcan substantialisé écrouant et pourrissant les pensées et
comportements, le plus bel élan de la morale par ces temps d’Érèbe et d’opacité,
aura toujours dans les consciences amies de la liberté et du bien, l’exhalaison
explosive, volcanique de la révolte et du refus ! La morale vraie
est et restera éternellement celle qui trône la primauté des dimensions
ontologique, somatique et politique de l’homme au-dessus de l’intérêt des
oligarchies et de leur structure de pouvoir. CAMILLE LOTY
MALEBRANCHE
Non violence et utopie. (Réponse à Jean Dornac) version corrigée Par
Camille Loty Malebranche a)
la passion de la vie est si grande que l’homme fait tout pour elle, accepte
quasiment toutes les souffrances, tous les sacrifices que nous constatons au
quotidien du monde dans l’espoir de vivre… b) Pourtant, la force de cette passion du vivant pour sa vie se nie et abdique volontiers devant celle de la liberté. Sinon, comment comprendre l’esclave, l’opprimé qui ose s’opposer, expose sa vie aux armes du tyran pour dire non à l’imposture abominable de l’asservissement et clamer sa dignité! c) Mais alors dans l’univers de ce tableau on ne peut plus exaltant des passions humaines, il en est une qui devient elle-même tyrannique mais d’une tyrannie si douce que l’homme la cherche et s’y adonne au point de renoncer à des parts de sa liberté en en recherchant les liens jugés béats et enchanteurs : l’amour. Mais hélas, le pragmatisme social en est un de négation de toutes nos passions légitimes, et croyez-moi, il n’y a pas de pire violence que d’être nié dans ce qu’on est pour des substituts plats et des ersatz vils de l’institution sociale. C’est là que la violence létale emboîte le pas à ces violences vitales que sont les passions de la vie, de la liberté et de l’amour. Lorsque je pose le problème de la non violence face à la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie, il me semble que le non violent mène, pour ainsi dire, un combat envers l’écrasante majorité, contre la société tout entière... Je m’exprime ainsi rien qu’à constater l’apathie des hommes devant l’autorité sociale, le consensus niais et la flaccidité conformiste qui les caractérise dans le social. Consensus éminemment violent, car l’aliéné, l’esclave, le réifié dans sa mollesse d’asservi volontaire ou aboulique ne me reconnaît guère le droit d’être différent, le pouvoir et la détermination de vouloir être libre. D’où le fameux cri de Sartre dans son Huis Clos: « l’enfer, c’est les autres »! L’autre refusant ma vision émancipatrice de moi-même est l’agent paroxystique du mal. Déshumanisé, il m’en veut de croire à mon humanité. Décivilisé et dépolitisé dans un social débilitant, il me crache sa haine de vouloir exiger mes prérogatives citoyennes d’exercer mes droits et devoirs dans la cité… Cette violence du nombre est en droite
ligne de celle de la logique primitive et bestiale de la horde: le refus de la
dissemblance, le rejet de l’altérité. Cette violence est aussi le calque
individuel de la voracité systémique puisqu’il s’agit en fait de la triste
et fétide dialectique du prédateur et de la proie. Nos sociétés moloch, par
le biais de chaque membre de sa masse d’aliénés, comme au rituel ancien
célébrant ce dieu ammonite
que fut Moloch, nous sacrifie, nous qu’elle prétend être ses enfants, au
rituel assassin de ses impiétés idolâtres de l’ordre économique, culturel
et politique érigé en mode de pouvoir. Puisse l’esprit, hypostase divine en l’homme, nous rappeler par
l’une de ses facultés essentielles, l’intelligence, que nous sommes
constamment agressés derrière les sourires des représentants des institutions
idéologiques d’État. Et la grande Babylone, la plus sale des prostituées,
ce secteur malsain de la grande presse manipulatrice, ne manque pas
de nous infliger ces camouflets liberticides d’une idéologie mangeuse d’homme
à coups de loisir, de demi-vérités, de contre vérités voire carrément de
mensonges grossiers et grotesques. Rappelons-nous que nul principe d’approche
de l’homme dans la société n’est sans exception. La non violence a donc
ses limites et ses exceptions, telle celle que Jean Dornac a d’ailleurs admis
en citant ce mot de Gandhi : « Je
crois que s’il y a seulement le choix entre la violence et la lâcheté, je
conseille la violence.» Moi, je dis qu’il est impie
et contreproductif pour l’homme de se laisser massacrer ou déposséder de
tout quand on sait que cela laisse à des générations entières le pain de la
misère. J’en sais quelque chose étant un homme du Sud, je côtoie une
misère si répugnante des masses en Haïti, alors que je sais qu’à côté de
l’immonde crapule haïtienne de « l’élite économique et
politique» alliée de la ploutocratie des pays du nord et soutenue par elle,
toutes les richesses du pays ont été pillées par l’Espagne, la France, qui
quant à elle, a bâti des villes entières avec l’argent généré par la
sueur et le sang des esclaves qui ont nourri à peu près le sixième de la
population de toute la France en ces temps là, tandis qu’après ses 179 ans
de crimes coloniaux contre l’humanité, elle s’est faite subventionnée
copieusement en millions de francs d’or avec menace d’invasion arguant du
prétexte d’une dette de l’indépendance
haïtienne pour ses « colons
victimes et perdants » d’avoir été dépossédés de leurs biens avec
la fin de l’esclavagisme et du colonialisme abolis à l’indépendance
haïtienne de 1804. Je peux
également évoquer les É.U. qui ont occupé le pays en 1915 et qui, avant de
partir, ont emporté toute la réserve d’or de la banque nationale d’Haïti
… Ces ignominies abjectes de l’histoire seraient encore supportables si
elles ne concernaient que les choses, mais elles impliquent l’effacement pur
et simple des millions de descendants de ces sacrifiés, ces damnés du racisme
et du vol colonialo-esclavagistes qui en subissent de manière permanente les
sinistres conséquences tant les occidentaux haineux qui ont tout fait avec la
complicité des moins que rien placés par eux comme dirigeants pour former une
nouvelle classe de colons mésogènes, continuent le crime d’anéantissement
des faibles! Dans un
monde où les puissants par la violence tuent sans état d’âme à des
échelles variables c'est-à-dire mentalement, économiquement et physiquement
lorsqu’échouent leur ruse démoniaque ; dans un monde où les balafres
de l’injustice restent ouvertes parce que maintenues par la méchanceté
interventionniste permanente de l’agresseur et du raciste, la violence, comme
par césarienne, est souvent la seule voie d’accoucher la liberté aux forceps
du refus et de la neutralisation de l’oppresseur. En guise
d’épilogue, je tiens à aborder la violence vitale dans ce qu’elle a de
plus beau, la création, l’amour… En matière de création, la violence est
à la fois cosmologique et génétique. 1) Aspect
cosmologique, l’explosion violente des éléments génère des mondes nouveaux
à répétition dans l’univers interstellaire, la théorie la plus
généralement admise de l’univers, le Big Bang, nous parle d’explosions s’épandant
et débouchant sur la cosmogénèse. Et la terre elle-même, au fur et à mesure
que nos connaissances géologiques se développent, se présente comme prenant
forme par des forces violentes qui ont en définitive fait place à la
phylogénèse plurielle qu’on connaît et donc à la vie. Dieu crée en
utilisant la violence des forces… En passant, disons que la nature animale est
faite de chasseurs et de chassés où le jeu de la vie se joue dans le sang et
le ludique de la dévoration… Mais cela n’est pas mon propos, puisque j’ai
promis de parler de violence positive non pas que l’instinct de prédateur et
de chasseur avec leur violence mortelle ne soient pas violence vitale pour les
carnassiers... Néanmoins, pour continuer sur ma lancée, après mon survol de l’aspect
cosmologique, laissez-moi évoquer l’aspect génétique en le bornant à l’homme
dans sa transmission de la vie. Et pour cela, je vais vous parler de la femme,
cette femelle superbe qui obsède nos poésies de mâles, est de nature à nous
montrer les forces jouissives de la violence des corps. La fille, en effet, doit
se faire dépuceler pour devenir femme et être apte à être éventuellement
mère… Puis, la course du spermatozoïde vers l’ovule, qui nous a tous
engendré. Nul n’est sans savoir que l’acte sexuel si fusionnel quand l’amour
est au rendez-vous, est ponctué de micro traumatismes… Il suffit pour s’en
convaincre d’atomiser un liquide le moindrement alcoolisé sur le gland après
ledit acte pour constater combien ça brûle! Par ailleurs, la naissance est un
univers de violence physiologique pour la femme qui accouche et est comme
écartelée en son milieu pour laisser passer le naissant et d’expulsion
violente pour l’enfant délogé de son confort intra-utérin. Otto Rank nous
en parle avec une rare éloquence en théorisant le
traumatisme de la naissance!
Je
termine pour l’instant par un propos votif: Que la force de caractère des
hommes de bonne foi, fasse tout pour que, autant que possible, la non violence
soit la bannière de leur vie, leur méthode d’approche d’autrui et l’idéal
auquel ils tendent par respect de l’humanité et de la vie. Toutefois, nous ne
pouvons oublier que le Christ Jésus, Amour de Dieu incarné parmi nous, a
lui-même dans une sainte violence, tressé le fouet pour
chasser du temple les imposteurs voleurs et voyous…
Ce rêve
non violent bien mesuré, bien compris, du reste, peut être eutopique parce que
possible à l’échelle de l’homme cherchant spirituellement l’accomplissement. CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE
La
Star, illusion du thanatos social… Par Camille Loty Malebranche La star est sans doute le représentant le plus puissant de la société car elle reprend quoique par des formes populacières et plaisantes, le statut du héros des temps mythologiques. Qu’est-ce qu’une star? C’est essentiellement la vedette bénie de la presse, cette parturiente de mythes, peu importe la réalité ou l’absence de talent pour la facilité de sa consommabilité par le populo en l’assouvissant de défoulements et de phantasmes. Ce n’est ni l’artiste ni le génie qui accroche par son art supérieur ou son excellence surhumaine, loin s’en faut, et la plupart des vrais artistes sont gardés hors de ce tintamarre populacier, mais le personnage fictif, fantasmagorique et suprahumain au ciel des médias faiseurs de dieux qui exprime le vœu du marché et du rêve social fabriqué par l’establishment l’adoubant et l’enrichissant à satiété pour jouer son rôle grâce à la presse qui l’impose aux consommateurs. Une presse séculièrement théogonique c'est-à-dire génératrice des dieux-idoles de la société dans une « mystique matérialiste » d’aliénation permanente des masses. La star est donc la vedette à laquelle la presse people associe comme une aura faisant d’individus souvent très ordinaires, parfois de vils histrions, des reflets inatteignables, des mânes vivantes, plus grandes que nature - dans l’univers virtuel psychédélique de l’assouvissement irrationnel et rageur - que le populo désemparé en mal de sensations fortes, adopte, consomme et idolâtre. Star ou putain, dieux-idoles du panthéon médiatique. La posture de la star est en soi une ironie pour l’intelligence. Une fuite de la vérité, fut-elle celle de l’esthétique fascinant de l’art qu’invoque l’artiste authentique. La séduction du monde parallèle combien attractif, associée à la star par la société qui, à grands coups de messes médiatiques, la célèbre dans sa liturgie du loisir, est précisément faite pour éclipser les vrais charmes intelligents de la vie et de la culture par l’hyperprésence d’un opium, l’affluence surenchérie d’images émoustillantes des pulsions et débilitantes de l’entendement. La star est en soi une magie, une prestidigitation de la société ploutocratique pour assouvir les pires instincts des masses frustrées en mal d’un défoulement hédoniste que leur refuse la vie réelle. En ce sens, le star système est une vallée de rescapés de la folie de jouir, la démence d’un éros virtuel. Un défouloir qui tend de plus en plus, à force d’invasion, à monopoliser l’espace public, vu l’intervention de plus en plus directe de la star dans la sphère du sérieux en société à l’heure de la médiocrité politique contemporaine cyniquement instituée et entretenue par la ploutocratie… Une poubelle de l’éros virtuel et simulateur auquel s’adonne un social blême et en crise de sens et de valeur dans sa réalité. Masturbation des masses, vivant au jour le jour le thanatos d’une société d’exclusion, sur l’inaccessible plaisir. Voyeurisme par le trou de la serrure médiatique sur les ébats malsains excentriques des investis des maisons de production et d’imprésarios, ces démiurges des idoles, du populo qui, se masturbant sur le pays marginal des merveilles de ses stars, peut crier en taré manipulé qu’il jouit par procuration. Assouvissement malsain sur l’horreur masquée, enjolivée, jouissance par idole interposée constituent donc les piliers de la presse people voire de la grande presse en général dont la fonction semble de plus en plus, dans un monde désenchanté, celle d’opérer un réenchantement laïc par l’éveil des sens. Réenchantement pourtant pas séculier, vu le ton sacré de la présentation médiatique, de la représentation scénique au petit écran et l’adoption sacrale que lui voue le populo. Incroyable posture idolâtre d’une société qui proclame sa laïcité! Idolâtrie de l’argent et du sensationnalisme par le pauvre d’esprit et le rude travailleur fantasmant sur la vie totalement parasitaire d’une aristocratie jet set louée, sacralisée, théocratisée par la presse people au dédain de la sécularisation du monde occidental qui rejette la théocratie formelle de certaines cultures! La star contribue en fait à la mise à mort, par sa mascarade médiatique ubiquitaire, du ravissement esthétique authentique que procure l’infinie splendeur propre au grand art que la culture humaine a inventé pendant les millénaires de notre histoire. Loin d’être une étoile, la star est une sorte de trou noir dont le disque d’accrétion engloutit la conscience des masses par les mass media en masquant les hideurs du système social. Altermédiatisme
ou nouvel espace public. J’appelle altermédiatisme l’environnement nouveau que se forge la presse alternative. Environnement de réappropriation de l’information libérée et libératrice qui commence à se construire notamment sur internet. Je crois que cela constitue le possible du nouveau dans un monde sous la férule des cerbères des grands médias de désinformation publique. Il nous faut, en effet, réinventer l’espace public envahi des alluvions de la presse et la presse people en particulier. Sortir de ce guêpier de désinformation par le loisir, la publicité et la manipulation des bulletins d’information. Construire une communication altermédiatique affranchie de l’ornière des médias de marché pour promouvoir les valeurs humaines et néocitoyennes, voilà le pari des partisans de la liberté. Cet humanisme nouveau ne peut se faire que contre l’univers insane de l’héroïsme fallacieux de la star, cette prostituée exhibitionniste payée de manière déraisonnable par un système marchand inhumain et spectral auquel elle donne le masque de la sympathie. La star est la putain courtisane qui ensorcèle les choqués du désastre de l’information attristante sur un monde qui va mal. En ce sens, les émissions people instillent une information parallèle désinformante par manière de médication contre les horreurs des nouvelles. Information-diversion qui fait apparaître l’événement dans la nouvelle, mais la fait oublier dans ses causes en intronisant la bamboche délirante du people. L’une des tâches dévolues à la star, est bien de se pavaner avec les objets griffés depuis ses habits jusqu’à ses villas, ses voitures, ses bateaux et avions privés pour faire rêver à tous que le bonheur par la consommation existe et peut être accessible à tous! L’espace public nouveau doit donner la parole aux éducateurs informels, contribuer à la création de groupe de réflexion et d’action pour une alternative humaniste et citoyenne. Aux ignominies et émonctions de la manipulation médiatique et de l’irréalisme omniprésent de la presse people dont relève les grands médias où règne la star et son « journaliste » thuriféraire, opposons la force humaine du citoyen libéré et revendicateur d’une autre société. Force humaine qui réhabilitera, loin des camouflets de la richesse astronomique insensée allouée aux stars grâce à sa consommation par les masses abêties, l’opulence légitime de l’expression et la place de la beauté et de l’art dans leur force et leur manifestation du génie humain. Il faut commencer par réhabiliter la conscience sociale, bâtir le vrai citoyen sur la ruine de la conscience déviée, grabataire maintenue malade par la presse people qui transforme nos sociétés en des asiles de déments déchaînés par l’idolâtrie de la star et la passion compulsive de la consommation. Quand Hollywood et ses relayeurs donnent le ton de la vie réelle à la société dite branchée, l’on comprend que la citoyenneté grugée par la désinformation soit expropriée et que le sens soit égrugé dans le débat social. Construire la nouvelle citoyenneté, voilà le pari de l’Altermondialisme. L’autre société, l’autre citoyen ne sera possible que par un altermédiatisme révolutionnaire, une implication politique altermondialiste plurielle et pertinente, car si la personne humaine ne s’accomplit que par la métaphysique et en Dieu, la société, l’autre société possible, elle, se réalise par la révolution altermédiatique et la politique prise en main par le nouveau citoyen. Nouveau citoyen qui par sa conscience politique et sociale mettra l’utopie en route dans le réel collectif et public. CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
Par Jean Dornac Camille
Loty Malebranche est entré dans le débat sur la non-violence. Je ne peux que l’en
remercier vivement. Il m’a proposé de poursuivre la réflexion, ce que je
fais très volontiers. Je vais donc répondre à certains passages de son texte
en fonction de ce que je sais et de ce que je crois important au regard de la
non-violence. (Pour retrouver l’intégral de son texte, c’est ici : Non-violence,
un dilemne éthico-idéologique) Question
fondamentale posée par Loty : Le
respect de la vie d’autrui m’interdit-il de défendre la mienne ? A
propos de l’histoire colombienne d’Haïti et, au-delà, de tout le continent
sud-américain : Je
ne vais assurément pas défendre Colomb et les Européens colonialistes,
esclavagistes, totalement égocentriques ou comme tu dis eurocentristes. Certes,
je pense qu’il faut tout de même prendre en considération l’époque de ces
faits. La barbarie était la réalité des hommes d’armes et des pouvoirs de l’époque,
tout cela caché sous des aspects civilisés, raffinés et très religieux. Pour
autant, je ne trouve nulle excuse aux crimes commis. Face à cette barbarie, que
pouvaient les Taïnos s’ils étaient pacifiques ? Rien, évidemment ! Evidemment,
lorsque je dis que pour expliquer les violences inacceptables de Colomb il faut
tenir compte de l’époque, je n’oublie pas que le problème a d’autres
sources encore. Car sinon, comment expliquer les ravages des guerres provoquées
par GW Bush et quelques autres, dans la triste époque que nous vivons ? Je
crois que ces derniers, en considérant l’époque actuelle et les progrès de
la pensée comme de la civilisation, progrès bien réels, ont encore bien moins
d’excuses pour les crimes qu’ils commettent. Nous touchons, là, je le crois,
l’une des causes que je dénonce dans les deux articles suivants 6
- Conscience politique contre conscience humaine… (1/2) & 7
- Conscience politique contre conscience humaine… (2/2), c’est-à-dire
le poids mortel des idéologies et des religions institutionnalisées. Que de
crimes commis en leur nom ! Et derrière ces paravents commodes, toujours,
on trouve l’appât du gain, le délire de puissance lié au pouvoir, la
stupidité de trop nombreux humains qui s’imaginent être quelque chose alors
qu’ils ne sont, tout comme nous, que poussière en devenir. À tel point qu’on
peut considérer, à juste titre, que si la mentalité humaine globale a
progressé depuis Colomb, celle des dirigeants ne cesse de régresser. (…) Dans
d’autres sociétés moins crédules, plus combatives et plus violentes, les
Européens n’ont pas su détruire toutes les populations. Ma question donc,
est celle-ci : avec la canaille criminelle qui poursuit de paisibles gens,
la violence défensive n’est-elle pas obligatoire dans certaines
conditions ? Quand on sait que la presse n’existait pas au temps des
taïnos, on peut me répliquer que Gandhi et Martin L. King ont réussi en
partie ! Mais
cette presse, dites-vous bien, ne couvre que ce qu’elle veut. Aujourd’hui de
mini génocides se font couramment en Afrique, commandités par des compagnies
occidentales exacerbant des imbécillités tribales de certaines régions
africaines et organisant des massacres comme ce fut récemment le cas en Sierra
Leone avec des compagnies commerciales européennes et nord américaines du
diamant. La
violence défensive, je le dis, est hélas, nécessaire à la survie dans
certaines circonstances d’agression. Il
est certains cas de violences imposées par des brutes sans nom, je pense aux
nazis et aux soviétiques en leur temps, aux bouchers américains et israéliens
à l’heure actuelle et à tous ces tyrans, petits ou grands, déguisés ou non
en démocrates, qui hantent la surface du globe, où, oui, il nous est difficile,
voire impossible d’imaginer ne pas utiliser, à notre tour, une violence
immédiatement considérée comme légitime. Le
genre de cas dont tu parles, mon cher Loty, est sans aucun doute l’un des plus
ardus à régler pour quelqu’un qui engage sa vie dans la non-violence de
façon résolue. Il y a, là, des cas de conscience extrêmement difficiles à
vivre. Plusieurs
facteurs vont nous engager dans un sens ou un autre. Lorsqu’on est en
recherche de la non-violence, le mieux est encore, pour ces cas extrêmes, de se
référer à ce qu’en disait le mahatma Gandhi. Ce dernier doit être
considéré comme une référence, non comme un gourou, je tiens à le préciser.
Ainsi, à propos de la seconde guerre mondiale, il disait ceci : Mais
il a dit également ceci : Cela
signifie quoi, en fait ? Si j’ai bien compris le contexte et la pensée
de Gandhi, cela signifie, primo que face à la barbarie absolue des nazis, il n’y
avait guère que le choix entre la violence et la lâcheté. Pour Gandhi, la
lâcheté ne pouvait absolument pas être un choix. Mais il parlait vraiment
pour un cas extrême. Il
est allé plus loin encore, si loin que peu d’humains, sauf évolution majeure
à venir, ne peuvent le suivre : Folie
pour les uns, sagesse pour d’autres… Mais nous sommes dans le cas d’une
situation extrême qui, heureusement, ne se présente pas sans cesse à nos
consciences. Cette dernière position, j’ai bien conscience qu’elle ne peut
être partagée pleinement, même si c’est avec réticence et angoisse, que
par des humains ayant une foi en l’au-delà, en Dieu, à toute épreuve. La
foi de Gandhi était telle que ce qu’il exprimait, même le plus choquant pour
nous, était sa vérité ; il l’a prouvé tout au long de sa vie non-violente. Pourquoi
la persistance des crimes collectifs que sont les guerres ? Il
est bien évident qu’un tel débat n’aurait pas lieu, que de tels cas de
conscience écrasants n’existeraient pas si, face aux éventuelles guerres, un
seul des éléments qui la favorise était enfin remis en cause. L’élément
majeur est notre incompréhensible obéissance aux tyrans, qu’ils aient ou non
l’apparence de démocrates. Cette interrogation fleurit, toujours, dans l’esprit
des êtres libres. Etienne de la Boétie, il y a presque cinq siècles, l’a
fort bien décrit et dénoncé. Quelques
extraits du Discours
de la servitude volontaire - Etienne de la Boétie (1530-1563)
(source :
www.non-violence-mp.org «
Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes,
tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un
tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a
pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne
pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui
que de le contredire. Voilà
bien le drame majeur de l’humanité : Accepter sa servitude, accepter, c’est
vrai particulièrement aujourd’hui avec les lois sécuritaires qu’on nous
impose partout, la tyrannie sous des prétextes de sécurité, sous des
prétextes de confort, de refus de la résistance, la préférence étant
toujours donnée à l’obéissance servile et rassurante plutôt qu’à l’effort
et la résistance pour préserver la liberté. Si
nous avions enfin la force collective de leur dire NON, alors, au moins au
niveau politique, il ne serait plus nécessaire de penser la non-violence…
Cependant, elle resterait d’actualité sur le plan personnel en cas d’agressions
de malandrins ou pour réussir nos relations familiales, amicales,
professionnelles, etc… (…) Tant
que le matériel primera sur le spirituel et que même les religions instituées
officielles demeureront en filigrane des soupapes idéologiques de l’intérêt,
la violence sera la seule réponse de l’opprimé poussé à bout et devant,
vie contre vie, assurer sa survie, sa dignité, sa reconnaissance humaine par la
bête criminelle, obsédée d’intérêt et de profit au mépris l’homme. Ce
que dit la Boétie, répond aussi, en bonne partie à ce que tu écris là, cher
Loty. Tant que nous ne refuserons pas d’obéir, et dans la non-violence, avec
le support des « armes » de la non-violence, comme la « désobéissance
civile », certains devront, s’ils le souhaitent, passer par la violence
pour survivre. En ce sens, l’époque actuelle est extrêmement dangereuse pour
l’humanité. Les émeutes de la faim, si je regrette la violence utilisée,
sont un signe grave, tragique, du désespoir de nombreux peuples acculés à la
famine. Ce qui est effroyable et montre que nous devons, si nous en avons
conscience, lutter contre les puissants qui oppriment les peuples, c’est que
cette faim actuelle n’est pas due à une quelconque pénurie, mais à la
spéculation de quelques monstres sans conscience… Cessons
donc de les soutenir par tous les moyens qui sont à notre disposition !
Coupons-leur les moyens d’augmenter leurs fortunes, donc leur puissance !
Ecoutons la Boétie, son discours est plus actuel que jamais ! (…) Et
moi, je le dis, la domination occidentale s’est faite et se maintient par la
violence dominatrice et exterminatrice, les génocides et ce qui est peut-être
la pire de toutes les violences, l’aliénation idéologique des dominés pour
rendre pérenne les conquêtes abjectes du colonialisme ancien et nouveau. Bien
sûr, cher Loty, comment ne pas être entièrement d’accord avec ce que tu dis,
là ? Pour l’aliénation idéologique, à laquelle j’ajoute l’aliénation
religieuse entretenue par les Institutions religieuses trop souvent complices
des pouvoirs en place, je crois avoir déjà expliqué ma position. L’aliénation,
cependant, ne concerne pas que les peuples non-blancs. S’il n’y avait pas
une identique aliénation parmi les peuples envahisseurs, le martyr des autres
peuples du monde, partout où les Blancs ont voulu dominer et piller, n’aurait
pas eu lieu. Aujourd’hui, cette domination se fait à la fois par l’horreur
de la guerre, mais aussi par l’abomination d’une économie qui est faite
pour tout ce qu’on veut, sauf pour l’humain. Et c’est une nouvelle
aliénation d’autant plus puissante qu’à peu près tous les pouvoirs
mondiaux sont désormais complices de cet écrasement des peuples par l’économie.
Ce type d’économie, imposée par les Américains et les Anglais, vite
ralliés par le reste des pouvoirs mondiaux, est une guerre menée contre les
peuples ; les pratiques des financiers, des « économistes » et
des politiciens sont d’une rare violence. Hélas, combien d’humains s’en
rendent-ils vraiment compte ? Combien réalisent-ils que s’ils ne sont
pas déjà des victimes, demain ils le seront, eux ou leurs enfants ? Voilà
un domaine où, j’en suis persuadé, la non-violence pourrait être d’une
efficacité redoutable au travers de la désobéissance civile, si une majorité
des peuples, particulièrement dans les pays riches, occidentaux,
majoritairement blancs, la comprenait et se l’appropriait… Il est bien
évident que le concours d’une majorité des peuples est nécessaire. Gandhi,
sans le courage et la détermination d’une grande partie du peuple indien, n’aurait
rien pu faire ; c’est vrai aussi pour Martin Luther King. Cela signifie
bien que ce sont les peuples qui doivent prendre conscience, se lever, et je l’espère,
combattre par la non-violence. Dans
un monde où les loups ont toujours raison à cause de leurs crocs, il me semble
impossible, cher ami, que les agressés restent des agneaux non violents et en
même temps prétendre se libérer voire survivre parmi leurs prédateurs
carnassiers. Hélas ! le monde est le lieu de la prégnance de la violence
et du règne des violents prenant tout aux non violents et ensuite faisant des
lois interdisant la violence des victimes ! Devenir
non-violent semble être en effet une folie ! Sans doute est-ce ce que
pensait une majorité d’Indiens lorsque Gandhi et les siens débutèrent leur
combat. Le
monde, dis-tu, est le lieu de la prégnance de la violence et du règne des
violents. Certes, c’est vrai depuis la nuit des temps, mais depuis une bonne
centaine d’années, nous savons que nous ne sommes pas condamnés à
poursuivre les erreurs et les crimes des générations précédentes qui, toutes
ou presque, ont toujours considéré que la violence était légitime. Et cela
que ce soit pour se défendre face à un ennemi ou pour attaquer ceux que les
pouvoirs présentaient comme tels. Pour
toi, les non-violents seraient des agneaux… Non, je peux t’assurer que
non ! En dépit des apparences, ce sont des humains réellement et
profondément combatifs ! Ils sont déterminés et lucides. Ce sont tout
sauf des naïfs ou des pacifistes. Il ne faut pas oublier que le combat
non-violent se déclare et se poursuit sur des provocations inacceptables pour
les pouvoirs. Ensuite, la façon de mener la bataille non-violente déroute tous
ceux qui ne savent ou ne peuvent que lutter par la violence. C’est l’une des
forces de la non-violence en lutte. L’esprit
de non-violence est largement minoritaire, aujourd’hui encore, bien qu’il
ait prouvé sa puissance. C’est notre devoir à tous, particulièrement en
tant que parents, d’enseigner cette voie du courage et de la détermination à
nos enfants. L’espérance viendra des jeunes s’ils comprennent l’extrême
importance de ce défi. Rompre avec la violence qui a toujours régi les
relations humaines ! Oui, quel défi ! Je
l’ai déjà dit, mais il faudra le répéter sans cesse : Tant qu’une
grande majorité d’humains considérera que la violence est légitime, qu’il
le veuille ou non, qu’il en soit conscient ou non, il légitimera également
la violence et les crimes des gouvernants. Au-delà
du combat non-violent en politique, c’est donc bien d’un changement
personnel de mentalité, vrai et profond, qui est nécessaire. Les loups ont un
bel avenir devant eux tant que les masses approuveront les relations de violence
à tous les niveaux de leur vie. Mais si les peuples, une majorité d’entre
eux, comprennent enfin le pouvoir qui est le leur dans la non-violence, s’ils
oublient un peu leur peur et qu’ils trouvent la force de crier leur
« Non » à la face des puissants, alors, oui, les oppresseurs
finiront par être désarmés. A
mes yeux, ce fut la victoire principale du combat de Gandhi de montrer que nous
pouvons nous battre, être efficaces, sans toucher à une arme, à condition d’accepter
tout, jusqu’à l’éventualité d’un sacrifice personnel. Sacrifice qui n’est
pas recherché, mais qui peut advenir, bien sûr. La liberté, la vraie, celle
que l’on trouve précisément dans et par la non-violence, peut avoir un coût
élevé. A
méditer, non ?
Au
sujet d’une économie suprahumaine et inéluctable! L’économie politique, entre science et imposture idéologique… Par Camille Loty Malebranche. La
« science macroéconomique », une ironie plouto-idéologique
permanente de la démocratie et du citoyen!
La plus ignoble et aussi la plus grave des impostures d’experts de notre temps est celle des économistes qui font de l’idéologie dans les médias et veulent nous faire croire qu’il s’agit de science. Car c’est là où achoppent bien des rêves de liberté, de suprématie, et de condition meilleure des peuples qui votent. Puisque le votant, dans l’usage qu’il suppose démocratique du bulletin de vote, n’élit des représentants que pour améliorer son sort matériel et social dans une société plus libre, pourtant partout ce sort, son destin dans la société, lui échappe dans le jeu économique où les dés sont pipés par les establishments ploutocrates. Malgré ses contributions civiles et politiques, les mécanismes de l’activité des puissants agents économiques font du votant un patient qui subit les décisions de ses élus. En effet, les représentants que les votants élisent à la tête de nos soi disant démocraties sont toujours, dès le départ, pris dans les structures ludiques de l’économie et de ses règles fixées par les barons supranationaux et, disons-le, supra-étatiques de l’industrie et du commerce au nom de qui procèdent les financiers spéculateurs des bourses. Idéologie et science, une confusion à saper. L’idéologie est, de la plus belle définition, l’entreprise de subvertir ce qui est strictement le fait d’un pouvoir profane en chose sacrée par l’appel à l’acte de foi des masses où les péremptions intéressées des puissants décideurs sont présentées comme transcendant la volonté des hommes et imposées de façon naturelle aux gouvernés. Pour dire bref, l’idéologie en tant que ce qui présente la manière de voir de l’establishment d’un type de société donnée, vision dominante parce qu’appliquée par l’État et fortement médiatisée (en l’occurrence, celle de la société de marché du libéralisme contemporain) tend, dans une société d’extrême illégalité, au mensonge et à la violence du contrôle des consciences pour se justifier. Alors que la science est en soi neutre au départ et se soucie strictement des lois permanentes et des raisonnements méthodiquement ancrés dans les démonstrations de ces lois sans jamais prétendre être naturellement transcendante se contentant, dans un contexte social, d’éclairer l’action des gouvernants sans jamais prétendre prédéterminer les choix politiques au point de se substituer à la politique d’État. Fort de cette courte distinction, il faut voir que l’économie n’est donc science que dans le champ des calculs relevant des différentes branches et lois mathématiques pérennes lui permettant d’évaluer le coût de production et d’échange des biens et services, et sa contribution méthodique à la gestion des ressources tant à l’échelle micro que macro. Hormis cela, dès que l’économie se mêle d’exiger un type de société à l’État, elle est une part de la weltanschauung des maîtres du social et donc, idéologie. Qu’on l’appelle économie politique ou macroéconomie, et quel que soient les postulats ou les prédicats (dirigée, libre, libérale, démocratique, collectiviste) qui lui sont associés dans les jargons courants y référant selon la lubie des spécialistes généralement superbement stipendiés, l’économie, lorsqu’elle concerne et implique la politique des états, est strictement idéologie dans ses choix. Et par là, parce que les puissantes chaînes de médias sont part du système libéral et hypercapitaliste actuel, l’économie est la grande mystificatrice moderne du pouvoir de la ploutocratie matoise qui feint de l’associer constamment et artificiellement aux droits démocratiques des peuples au moment où elle est de fait, une kunée qui dissimule les pires politiques paupérisatrices des masses et les plus vils crimes contre l’humanité. Car l’économie politique n’est pas qu’une affaire d’économistes mais le plan social tracé à l’instigation des ploutocrates, selon lequel est dessiné le sort des peuples par l’État contemporain totalement subordonné à la poignée des Pdg de sociétés privées, pour la plupart multinationales, dont le seul but est en fait microéconomique, c'est-à-dire: le profit des actionnaires. Le monde de la surinformation contemporaine - cette information ploutocratique des grands médias, qui, telle une mer déchaînée, nous noie par ses vagues - est donc celui du mensonge désinformant permanent pour la sujétion des majorités exploitées, expropriées, paupérisées de la planète et des pays qui se font dire qu’elles sont coupables de leur misère. C’est aussi un monde de camouflet d’une poignée du nord aux états de la périphérie, détruits par les politiques impérialistes des pays riches qui, après le colonialisme formel, ne cessent de financer des partis politiques factices et de propulser leurs politiciens larbins partout au monde à grands coups d’argent pour garder le contrôle des leviers du pouvoir dans le Sud. Ainsi, l’économiste vedette sentencieux, au plus fort de sa superbe de placeur de mots et de moralisateur proférateur d’apophtegmes visant à nous protéger de récession que nos comportements de peuple peuvent engendrer, n’est en fait qu’une putain maniérée et menteuse qui vient séduire idéologiquement par le prétexte de la science, la masse des victimes de l’économie triomphante ploutocratique. Économistes ogres qui psalmodient toujours par leur apologétique d’experts, les compagnies et leurs financiers responsables de nombreuses récessions et souffrances planifiées par soit leur gestion de maximisation extrême du profit soit les spéculations boursières qu’elles commanditent pour influencer le marché soit leur pression sur les gouvernements pour que l’État se désengage de sa mission sociale au profit des sociétés privées. Car antidémocratiques et franchement tyranniques, les cossus maîtres des compagnies sont les premiers ennemis publics des peuples par leur guerre despotique livrée aux programmes sociaux d’État, je cite le droit démocratique des peuples de profiter de l’immense richesse mondiale appartenant à tous parce que produite par tous mais crapuleusement et vampiristement monopolisée par quelques riches surhommes des compagnies et leurs associés du système bancaire et financier. Il faut le dire et se le redire: en dehors des calculs et prospectives strictement techniques que tous - une fois dotés des prérequis scolaires, peuvent étudier à des écoles supérieures spécialisées les dispensant sous forme de cours - les suggestions politiques bonimenteuses des économistes sur les médias où ces économistes se permettent de nous réclamer sans cesse des sacrifices, de nous accuser de ne pas assez travailler, d’être responsables de nos sous-emplois ou du chômage, ne sont qu’impostures idéologiques. Imposture idéologique aussi que leur déblatération contre les pays du Sud mal gérés, toujours présentés sociocentristement par la presse du Nord comme des alterhumanités plus ou moins inférieures, en disculpant la bestiale responsabilité du Nord dans cette gabegie évidente par son interventionnisme altérant la politique contre les vœux et choix des peuples du Sud! Impostures qui détournent le regard des victimes de l’idéologie économique en faisant diversion pseudo-éthique par la culpabilisation des exploités, le blâme des agressés ruinés de l’ordre social institué par les prédateurs d’une ploutocratie anonyme derrière les ignominies politiques des États du Nord qui empêchent autant leur peuple que ceux du Sud de choisir leur destin économique. Pure sociodicée abjecte et criminelle contre l’humanité. Aucun mot non plus de nos Charon économistes contre la mafia financière autorisée qui influe souvent sur les bourses et plonge le monde dans des crises factices tout en bombardant l’opinion publique de bobards pour se justifier en jouissant du marché noir qui accompagne lesdites crises. Alors la question qui se pose: de quel droit l’interprétation spécialisée idéologique de l’activité économique en bonne partie déterminée par des politiques financières des bourses et des tendances de marché priorisées par les géants magnats industriels et commerçants, devrait s’ériger en une prédication morale voire en prescription transcendante aux majorités qui, déjà, les subissent? Cette homilétique affairiste de spécialistes à posture hiératique, n’est pas de la science mais un déni du droit à la vérité et au respect dû aux peuples. Connivence et complot d’un monde des affaires - de plus en plus luxuriant grâce à la manne de l’économie virtuelle via la spéculation boursière - et de l’État contre la société globale bafouée pour les sociétés privées. L’heure doit être à la reprise en main de leur sort par les peuples, reprise en main qui ne peut se faire qu’après avoir rejeté, exorcisé l’obscénité de cette sorte d’immense lupanar public et maudit que constitue la grande presse prostituée qui séduit le populo par l’expertise mensongère et les ragots d’une surinformation dénaturée, taillée sur mesure pour plaire à leurs patrons ploutocrates. En faisant accroire qu’ils sont les seuls à pouvoir comprendre ce qui est essentiel dans la vie quotidienne de tous, je cite l’économie, l’économiste officiel et prêcheur des médias, est le pire des imposteurs mystificateurs, le justificateur des maffieux autorisés des grandes sociétés privées menant la planète comme une nébuleuse terroriste, infernale pour les majorités, dans le dos de L’État manipulé, dénaturé aux commandes des états. État moloch tourné férocement contre les citoyens, pourtant seule fin logique et naturelle de l’État dont ils sont la raison d’être. Économie des experts médiatisés, imposture idéologique. L’économie politique prêchée comme une liturgie aux médias avec toutes les raisons transcendantes artificielles de maintien du statu quo, d’exclusion des secteurs populaires gardés volontairement misérables, n’est qu’un stratagème cynique, une sadique argutie pour confner les pauvres et les travailleurs précaires au stade d’armée de réserve du capitalisme, prêts à accepter n’importe quoi pour se sortir des pires dettes et embarras pécuniaires! Le tout selon une imposture gigantesque qui ne répond à aucun principe épistémologique de la science mais qu’habilement les fabulations médiatiques alliées aux experts économistes vedettes, stars prostituées de l’oligarchie ploutocratique, imposent à l’opinion publique. L’on comprend, dans ce contexte d’économie politique néolibérale, que les riches compagnies qui pressent l’État à abandonner toute aide aux masses et tout programme social sous prétexte de créer des emplois - mendient des subventions et de fait, se font aider grassement avec l’argent des contribuables par la prodigalité gouvernementale tout en menaçant de délocaliser si elles n’en reçoivent pas, et qui délocalisent malgré tout un ou deux ans après pour s’installer ailleurs dans des paradis fiscaux et à main d’œuvre quasi gratuite au sud, sans avoir de compte à rendre - ne soient jamais critiquées mais absoutes, justifiées par nos économistes moralistes. Pas plus qu’elles (ces compagnies) ne sont poursuivies par les gouvernements subventionnant. L’exemple du géant informatique Dell - qui s’est fait financer 5000 dollars par le gouvernement comme condition d’ouverture d’un centre d’appel à Ottawa pour chaque individu employé en février 2006, et qui vient de fermer ledit centre d’appel en avril 2008 sans aucune autre explication sinon que leur communiqué stipulant qu’«Ottawa n’est pas une ville rentable pour des centres d’appel» - est probant. Pour revenir à la macroéconomie, dès qu’elle impose un mode de gestion et de vie comme étant la Voie Naturelle inexorable et inévitable de la société globale, selon une économie politique suprahumaine et transcendante vis-à-vis du citoyen considérée immanente à la nature des choses où elle incarne le Bien, la Nécessité inéluctable des hommes; elle délaisse grossièrement la sphère contingente du profane qui caractérise les sciences sociales et humaines pour s’ériger en métaphysique séculière agressive. En loi cosmique! Cela est d’ailleurs toujours la méthode inhérente à toute idéologie d’exploitation de l’homme par l’homme de se constituer naturalisme incontournable et inviolable comme une sorte de théologie sans Dieu afin de régner en indubitable non questionnable aux dépens des exploités. Imposture cultuelle donc d’un «sacré» sociopolitique, d’un rite laïc grotesque de manipulation des consciences. L’économie politique, parce qu’elle détermine la condition sociale concrète des individus, est l’un des plus lugubres instruments de moulage des vies; la plus terrible et la pire entreprise d’expropriation du destin individuel et collectif de l’homme par l’institution sociale réifiante et phagocytante entre les mains des ploutocrates. L’économie politique capitaliste néolibérale est un behaviourisme structurel infernal de l’ordre systémique ploutocratique dans sa prégnance systématique au quotidien des individus. Comme toute idéologie est pouvoir, l’économie politique capitaliste néolibérale est un pouvoir mangeur d’homme qui se fonde sur la structure financière d’une mafia internationale richissime percevant les peuples uniquement comme instruments de production, de consommation et donc d’enrichissement de l’establishment qui constitue l’oligarchie ploutocratique mondial au dédain des états. Parce qu’elle passe par la désinformation, la seule force d’atténuation de cette imposture idéologique est l’information totale que la presse alternative peut et doit dispenser contre le mensonge, les demi-vérités et les contrevérités des grands médias courants. L’économie politique, la macroéconomie appliquée, est chose trop socialement impliquée et trop humainement concernée pour être abandonnée aux économistes, aux experts et aux politiciens. CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
Par Camille Loty Malebranche La sérénité de la froideur intellectuelle et phénoménologique, devrait nous inviter à l'humilité devant le phénomène du triste devenir haïtien. Ce n'est certainement pas un individu quelque diabolique soit-il qui a contribué à tous les malheurs d'Haïti, Le complexe du bouc émissaire qui - selon Henry Baruch - est responsable des complexes de haine, devrait être ostracisé du débat. La véritable interrogation eidétique du phénomène haïtien doit être: Pourquoi la société haïtienne n'a de cesse d'engendrer des monstres haineux de leur pays, aigris jusqu'à l'autodestruction collective? Pourquoi, comme je l'ai dit dans de nombreux articles publiés, le moi hypertrophié et la mégalomanie narcissique voire hiératique du chef haïtien couve-t-il toujours la mise à mort du pays sacrifié pour les glorioles et les bas instincts de telle clique au pouvoir? Où sont en notre nature sociale les ferments tératogènes, les germes de la monstruosité? La politique monstrueuse du pays change, hélas, de masques pour ne pas changer de visage! Pourquoi des Hommes-Structures qui phagocytent l'État? Pourquoi l'incapacité de la plupart d'entre les haïtiens à changer et à grandir loin des tares d'une pensée de démesure et d’esbroufe qui n'est en fait que de la surcompensation d'un passé d'esclavage?
En
vérité, aucun individu seul ou groupuscule ne peut dénaturer une société
si cette société n’est pas déjà pourrie, n'est pas déjà encline à la
dénaturation avec tous les codes de la monstruosité politique. Quand je
regarde l'individu canadien, je ne vois nullement en quoi, il dépasse
l'individu haïtien, sauf que quelque chose leur permet de gérer un État
responsable et de se mettre ensemble comme citoyens alors que nous, nous
sommes murés dans une mentalité mesquine d'Hommes-Structure et de Moi-État
suicidaire, inaptes aux principes d’une vie nationale et citoyenne. Duvalier,
Aristide, je regrette, ne sont pas si loin du reste, ce ne sont que les
doubles grimaciers de la laideur caractérielle haïtienne que nous devons
travailler humblement et avec acharnement à enrayer.
Quand
j’évoque les possibles d’une vraie démocratie haïtienne, ma pensée
achoppe comme sur une sorte d’aporie imparable : le support sourd et
aveugle, parce que culturel voire parfois inconscient de la société
haïtienne aux mécanismes de l’irrespect tant interindividuel qu’entre
les hommes et les institutions. Le refus de rationalité organisatrice, la
préférence de l’informel aux structures souvent tellement disloquées
tellement corrompues que les citoyens y perdent toute confiance, tout cela
couronné par une sauvagerie agressive de l’État répressif et amorphe face
à ses obligations, État particulièrement monté contre le citoyen et qui,
ainsi, favorise l’arbitraire des comportements individuels. Oui, tout ce
chaos finit par donner l’impression que le désordre et la tyrannie sont
ancrés dans l’âme haïtienne. Ajouté à cela, l’impossible
communication entre haïtiens, vu justement le besoin de se faire voir
surhomme aux dépens de l’interlocuteur. Comme ces balourds experts si
idiots qu’ils passent leur temps à claironner qu’ils sont des experts,
mais sont si minables si médiocres qu’ils ne peuvent nullement le prouver
par des propositions originales dans leur domaine. « Sots
savants pires que les sots ignorants» dirait Molière (1). Car la
vraie connaissance se prouve par la création, l’invention, la découverte.
Ce n’est pas quand un ignare crie qu’il a étudié 10 ans (parfois
faussement) pour apprendre à détruire, en fonctionnaire bien payé du FMI,
les petits pays de la planète. Un fonctionnaire n’est pas un intellectuel
mais juste un exécutant remplissant machinalement sa fonction. Et cela, nous
venons de le voir, souvent pour des institutions peu recommandables de l’impérialisme
affameur du Sud! Pour retourner à Haïti, je dis qu’un monde apparemment
ingérable semble prendre le dessus et devenir le butoir de tout changement
souhaité. La création de vraies structures faisant défaut, les seules
souverainetés acceptables, celles des lois et des institutions manquant à la
culture socio-étatique haïtienne, c’est la débandade de l’organisation
sociale quotidienne qui prévaut. Cet irrespect, cette sorte de barbarie
mentale se manifestant dans la vie sociale au niveau des relations humaines,
est le ferment tératogène, ce germe cancérigène de la déshumanisation qui
putréfie la réalité collective et dont la métastase tout au long de l’histoire
de turpitudes répétées, tue le corps social. Tout montre qu’en Haïti,
les seules choses, véritables antivaleurs substantialisées et respectées,
sont : l’argent,
la couleur claire, la force brutale répressive et tout ce que le Nord propose
comme apparat.
Dans l’imaginaire et les réflexes haïtiens, ces éléments constituent de
véritables essences, de vrais facteurs invariants, de réels mérites qui
hissent n’importe quel gredin au rang des dieux. Au-delà de ces colifichets
idéologiques de l’apparat social, il y a dans la société haïtienne, une
indolente et morbide tendance à tout mystifier. Nous sommes encore un peuple
superstitieux à l’excès, les dieux, les saints, les morts plus présents
dans les esprits que la vie elle-même, font que nous essentialisions tout
privilège et mythifiions tout privilégié. Une minable culture du vertige de
« classe » et du délire de puissance caractérise nos deux
siècles d’existence nationale. Nous sommes pour la plupart des rois tribaux
nègres, gonflés, et nous avons besoin de régner et de tyranniser pour que
notre règne soit perçu. L’haïtien « arrivé » règne par la
publication de son salaire, sa fréquentation des institutions blanches qu’il
brandit pour faire peur, pour ne pas être pris à défaut dans ses conneries,
pur mécanisme de défense des sots savants. La baudruche de la plupart est si
gonflée et si prête à éclater au moment même où ils parlent d’humilité!
Ils se produisent en amulettes vivantes, en totems régnants contre toute
vraie structuration éthico-sociale du pays! Tout, pour la majorité, est un
sujet de mystification du semblable, de mythification de sa propre personne,
par des sagas de faubourg et de poussière à brandir. Le don quichottisme
social haïtien est cette espèce de délire du moi « héroïque et
royal » de l’individu médiocre et sans créativité, moi
hypertrophié, placé au-dessus de tout principe surtout du respect des lois,
de l’estime d’autrui voire du rejet de l’humanité parce que venant d’individus
sans estime d’eux-mêmes. Inutile de dire que le premier terreau de
germination de la déchéance et de la corruption est dans la culture
haïtienne à refonder selon une autre axiologie. Sinon, inutile de parler
sans cesse de changement.
1
Molière in les femmes savantes
CAMILLE
LOTY MALEBRANCHE
19
mars 2008
J’ai
pris connaissance du texte de Camille Loty
Malebranche. Toutefois, certaines de ses affirmations méritent d’être
approfondies.
L’Haïtien
n’est pas un monstre comme il est décrit dans le texte, une idée fausse
très répandue.
L’Haïtien
demeure un être humain comme les autres, avec cette seule différence qu’il
n’a pas toujours conscience de sa fusion dans un tout collectif : la
société ou la nation, transcendant ses intérêts personnels et qui
implique de poursuive des fins qui ne sont pas ses fins propres.
Ce
manque de conscience est peut-être la clé de qu’on appelle le
« le drame haïtien ». Un drame qui renvoie non pas à un je ne
sais quel être particulier haïtien, mais, bien, à la défaillance des
institutions (l’école, la religion, l’État, etc.) chargées d’imposer
la société ou la nation aux consciences individuelles d’une part, et de
garantir leur engagement envers les valeurs essentielles afférentes d’autre
part. Parmi ces valeurs, il convient de citer la solidarité, l’altruisme,
le patriotisme, le civisme, etc.
Autrement
dit, « le drame haïtien » est fonction de l’inefficacité de
l’ensemble des organes de socialisation de la société ou de la nation
haïtienne et de leurs agents : leaders politiques, fonctionnaires,
dirigeants associatifs, éducateurs, prédicateurs, et autres.
La
formation massive de nos élites à l’étranger n’est pas fait pour
arranger les choses. Comme Rabelais le dit si bien : « science
sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et la conscience n’est
pas autre chose qu’un produit du processus de socialisation par lequel l’individu
apprend à considérer les autres comme des semblables à l’égard
desquels il est tenu. Notre socialisation primaire reflète malheureusement
le vide social, ou moral, au-delà des agrégats familiaux, d’amis d’enfance
et autres.
En
effet, quel que soit son niveau d’instruction (de l’Analphabète au
Docteur ou PH.D)), le sujet haïtien reste attaché à son agrégat familial
d’origine, d’amis d’enfance, et autres, pour lesquels il est prêt à
faire des sacrifices incroyables. Que d’Haïtiens occupent plusieurs
emplois pour entretenir toute la famille et assimilée au pays.
Le
sens de solidarité de l’Haïtien prouve qu’il n’est pas le monstre qu’on
dépeint, ni un individualiste invétéré.
L’explication
de son comportement asocial, acivique ou amoral, dès lors qu’il
occupe une fonction publique n’est pas à rechercher dans une quelconque
particularité ontologique de sa mentalité.
Ce
comportement indique chez lui l’anéantissement du sens de solidarité
et de responsabilité lorsqu’on change d’échelle sociale (le groupe
primaire) pour se situer dans une plus vaste : la société ou la
nation globale.
À
ce niveau, son comportement devient le même que celui de n’importe quel
aventurier ou flibustier étranger dont l’activité est uniquement
orientée dans le sens du pillage du peuple asservi. Comme en témoigne l’attitude
des conquérants espagnols (appartenant pourtant au monde dit civilisé) à
l’égard des indiens qu’ils ont exterminés totalement dans la partie
où situe notre pays. Aujourd’hui encore, la même attitude est attestée
chez les ressortissants des pays dits civilisés à l’égard des peuples
détenteurs de ressources naturelles.
L’inachèvement
de la construction de notre société ou de notre nation signifie que chacun
des groupes constitués sur la base de la consanguinité et/ou d’autres
facteurs intimes garde sa consistance, et considère tous les autres comme
des corps étrangers qu’il tend à « diaboliser ». De ce point
de vue, les observations d’André Corten, Misère, religion et
politique en Haïti, (2001, Paris, Karthala) sont particulièrement
pertinentes.
Cela
explique la brutalité avec laquelle le groupe s’emparant du Pouvoir
central (l’État) traite les membres des autres groupes, et l’acharnement
avec lequel ces derniers cherchent à le mettre en échec. Cela explique
également, le penchant au népotisme aux dépens des intérêts de tous.
En d’autres
termes, on n’est pas dans un rapport de contrat social, où les individus
et groupes - se sentant responsables les uns des autres - confient à
certains d’entre eux la gestion de leurs affaires communes.
Dans
une société à construction inachevée comme la nôtre, le véritable
rapport entre le gouvernant et le gouverné, le dirigeant (chef politique, d’entreprise,
éducateur, prédicateur, etc.) et le dirigé (citoyen, salarié, apprenant,
fidèle, etc.) est celui qui peut exister entre les conquérant et le
conquis, le maître et l’esclave, bref, le dominant et le dominé. Cela
n'indique nullement la prégnance de l'esclavagisme comme certains le
soutiennent. Mais simplement une certaine modalité de la rencontre entre
des individus et groupes demeurant étrangers les uns des autres.
Là
encore, il n’y a pas de fatalité.
Il
est possible de canaliser la générosité « naturelle » du
sujet haïtien vers la société ou la nation, de la mettre au service du
pays.
Une
telle entreprise implique de repenser le fonctionnement de tous nos organes
de socialisation : l’école, l’université, l’église, la famille,
l’entreprise, l’État, et surtout la préparation rigoureuse de leurs
agents à la fonction qu’ils doivent y remplir. Il s’agit d’amener ces
derniers à accéder à la conscience de leur mission sociale.
Il
faudra se pencher sérieusement sur la formation des élites en fonction des
impératifs liés à la construction de la société ou de la nation
haïtienne. Un pays qui n’arrive pas à former ses élites, ce pays n’est
pas viable ; surtout lorsque celles-ci ne croient pas ni en son
présent ni en son avenir. Or c'est le cas aujourd'hui en ce qui concerne
notre cher pays.
Pour
une Haïti forte et prospère que nous partageons tous.
Louis
Naud Pierre
19
mars 2008
Reponse de Camille Loty Malebranche J'aime bien la réaction de Louis qui nous rappelle l'humanité haïtienne et la "normalité" de cette humanité non particulière. Mais c'est précisément au nom de cette humanité à laquelle je crois, que je parle. Car être humain c’est pouvoir être personne au-delà de l’individualité, c’est pouvoir manifester certaines valeurs essentielles et existentielles par lesquelles l’humanité d’un être vivant et conscient se reconnaît. Je suis furibond que des êtres humains normaux puissent se vautrer dans une telle aliénation suicidaire. Que des êtres humains normaux ne puissent prendre conscience et perpétuent cette sorte de tribalisme primitif que Louis Naud Pierre nous dit par ses mots habiles et pleins d’euphémisme: "il (l’haïtien) n’a pas toujours conscience de sa fusion dans un tout collectif : la société ou la nation".
Cela signifie que Haïti n’est pas un pays car un pays précisément par la capacité d’une conscience de vouloir-vivre collectif, d’un mitsein (être avec) administré et géré pour le rendre viable. Hélas! avec une appétence rarissime, les haïtiens savent comment bloquer ceux qui veulent et peuvent faire le bien collectif (l’effort dans le mal dirait Firmin)! Ils savent comment exclure, comment haïr, comment humilier, comment dénigrer l’humain, le communautaire et le salutaire avec toutes sortes de discriminations bâtées remontant à des stades infrahumains de l’histoire esclavagiste mais onques ne fait un retour sur soi pour se dire « tiens, le mal est en nous, faisons quelque chose puisque nous nous détruisons à petit et à moyen feu, notre état piteux et abject en est la preuve ». Quand je vois le dominicain traiter l’haïtien en paria, je dis : la faute est à nous. Qu’avons-nous fait de bon après 1804? Nous fûmes leur colon après l’Espagne, quelle ignominie haitienne a-t-elle provoqué cette chute dans l’abysse? Pourquoi n’importe quel caribéen peut-il retourner chez lui dans des pays normaux alors que le nôtre est devenu un charnier, une déchetterie de barbares et charognards prêts à vous dévorer, vous kidnapper sans que personne crie gare! Je l’affirme et persiste, il y a une monstruosité haïtienne de type tribaliste non dépassée, responsable de ces anomalies. Les vraies élites existent mais Haïti leur fait clairement comprendre qu’elle n’a pas besoin d’eux. Et de fait, on les traîne dans la boue dès qu’elles se manifestent et cette éducation que j’appelle Humano-Citoyenne à la fois formelle et informelle à mener, est reléguée au diable Vauvert des priorités sociales et étatiques.
À très bientôt chers amis, je compte toujours sur vos lumières pour bien voir.
DOUBLE NATIONALITÉ, SALMIGONDIS CONSTITUTIONNEL… Par Camille Loty Malebranche L’actuel séisme verbal au sujet de la double nationalité dans la constitution de 1987 ranimé et exacerbé par le cas Boulos, sénateur haïtien né aux États-Unis, est une fois encore entrain de souligner l’incapacité traditionnelle de notre classe politique à dépasser la mentalité extrêmement clivée et procédurière qui caractérise depuis toujours l’idéologie antinationale de ladite classe. Car de fait, en deçà et au-delà de toutes ces joutes oratoires, cette logomachie gratuite, il y va du fonctionnement même de la démocratie haïtienne, il y va du bon fonctionnement de l’État et de la Nation. Et surtout il y va de la nature d’inclusion ou d’ostracisme que l’on veut imprimer à la nouvelle société haïtienne à construire. Une charte constitutionnelle est faite pour faciliter et simplifier la saisie des principes qui déterminent l’institution étatico-sociale. Si j’évoque ainsi ce que je perçois du sens et du destin de toute constitution, c’est pour relever l’impropriété même du concept de nationalité haïtienne - mise illogiquement en conflit avec la reconnaissance d’une double nationalité de facto pour les fils d’haïtien nés à l’étranger dans des pays dont la nationalité est régie par le jus soli - que la Constitution haïtienne de 1987 institue dans son libellé lorsque nos constituants de 87 déclarent plus tard dans le même texte, que la double nationalité n’est reconnue en aucun cas! Car lorsque le jus soli est de mise dans un pays, seuls les enfants de diplomates nés sur le sol de ce pays gardent la nationalité de leurs parents. Si les constituants de 1987 voulaient éviter la confusion et proposer une charte sensée, ils n’auraient dû en aucun cas créer ce conflit logique auquel donnent lieu les articles 11 et 15 du Titre 2 de la Constitution lorsqu’ils sont mis en rapport. On ne peut d’un côté dire ceci : Article 11: Possède la Nationalité Haïtienne d'origine, tout individu né d'un père
haïtien ou d'une mère haïtienne qui eux-mêmes sont nés Haïtiens et
n'avaient jamais renoncé à leur nationalité au moment de la naissance. Et
de l’autre côté, cela : Article 15: La double nationalité haïtienne et étrangère n'est admise dans aucun
cas. Ces deux articles susmentionnés sont
facilement repérables dans la Constitution de 1987 dont ils sont le Titre 2
intitulé DE LA NATIONALITÉ HATÏENNE selon l’appellation et la répartition du
texte décidées par les constituants qui les ont consignés dans la troisième
séquence du document après le Préambule et le Titre 1 de la Charte-mère
traitant de la nationalité haïtienne. Il va de soi, que l’article 11 Titre 2, Titre
sans chapitre, d’ailleurs, infère de manière explicite que la nationalité
haïtienne est strictement conçue selon le jus sanguini laissant supposer
implicitement mais implicitement seulement qu’il interdit toute référence au
jus soli. Quant à l’article 15 Titre 2, il stipule explicitement que la
double nationalité n’est admise en aucun cas. Ce qui, en référence à l’article
11, provoque textuellement une incohérence logique, une quasi aporie
interprétative. Car comment ne pas accepter « en aucun cas » la double nationalité sans clairement et
formellement préciser le statut de qui naît de sang haïtien mais en sol
étranger? Une grave et dangereuse menace de stabilité « juridico-légale »
du pays advient donc de cet
impardonnable vice de logique qu’est l’omission du rejet explicite de tout
Jus Soli c'est-à-dire du refus de la nationalité haïtienne à des enfants
nés au moins d’un parent dûment haïtien au moment de venir au monde mais
reconnus comme ressortissants du pays étranger de leur naissance par le droit
constitutionnel de ce pays étranger. La claire et formelle inacceptation du Jus
Soli par le droit constitutionnel haïtien devait être édictée dans la charte
pour éviter des malentendus et des dilatoires. Cette faille logique laisse
ainsi donc la place à toutes sortes de tempêtes verbales et de houles
byzantines dans l’interprétation du statut d’êtres humains nés au moins d’un
parent haïtien n’ayant changé de nationalité mais dans des pays où c’est
justement le jus soli qui détermine la nationalité. Nos constituants n’étaient
pas sans savoir que les Etats-Unis, principal pays de migration haïtienne et le
Canada, autre pays de migration haïtienne importante, ont adopté la
nationalité par le sol et non par le sang. La Constitution de 1987 a été donc
irresponsable à ce niveau, dans son obsession d’exclure des haïtiens. Il
faut cesser de pratiquer l’autruche analytique et de déblatérer contre ceux
qui profitent de cette faille laissée par des constituants peu visionnaires
qui, par hypernationalisme ou par pur ostracisme politicailleur, ont voulu
rejeter plusieurs membres de cette catégorie d’haïtiens, j’évoque la
diaspora, sans quoi la société haïtienne n’existerait guère. Qu’on cesse
ici de se voiler la face - ce ne sont pas nos nullards politiciens, pour la
plupart, dont plusieurs sont de simples profiteurs médiocres qui ne servent en
rien à la société haïtienne sinon qu’ils nuisent à son fonctionnement et
ternissent son image ni des constituants mus par je ne sais quels intérêts -
qui font vivre Haïti. C’est nous, de la diaspora, qui, par nos envois d’argent
et de denrées, faisons fonctionner presque exclusivement la vie économique en
Haïti à tous les échelons. Seul l’État vit de l’aide étrangère dont il
dépend, pas la société. Le refus de la double nationalité est donc bêtement
injuste venant du Parlement et ingrat venant de la société qui l’accepte
sans réagir. Haïti doit cesser ses amours-haines et arrêter de mordre la main
qui la nourrit. Le verbiage « constitutionnaliste » contreproductif
de politiciens ne sert que des intérêts platement particuliers au mépris des
intérêts généraux. Il faut ici se rappeler qu’Haïti peut
aisément se passer de la grande majorité des représentants de la minable et
superfétatoire classe politique actuelle. Toutefois, si la diaspora haïtienne
se mettait à bouder son pays comme le pays la boude, je ne donne pas trois mois
pour que survienne un chambardement de tous les ordres institués au pays! Mais
heureusement que non, onc, nous ne laisserons tomber notre pays, nos parents,
nos amis. Alors, que diable cessent la canaille pseudo-intello ou
politicailleuse qui nous exclut! Que cesse enfin la friction artificielle
entretenue par des constituants et politiciens insensés entre haïtiens de l’intérieur
et haïtiens de l’extérieur! CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
Correspondance Marbranche - Bissainthe
At Au sujet de
Sartre Georges Bissainthe Je veux commenter ici, une de tes phrases où tu dis que "Sartre était du mauvais Nietzsche". J'écris pour mettre certains points sur les "i" dans cette comparaison. Disons-le au départ, Nietzsche qui s'était proclamé - s'il faut en croire Albert Camus dans l'Homme révolté, citant l'une des correspondances qu'il a lues de l'auteur d'Ainsi parlait Zarathoustra - "le nihiliste le plus accompli d'Europe". Toutefois, force est ici de constater que le nihilisme nietzschéen, est éthique et non ontologique. Cela, la proclamation de la mort de Dieu par Nietzsche nous le montre clairement, il cible dans sa pensée perverse et antichrétienne, le Dieu chrétien qui selon lui, est garant de la morale et qui, par ses interdits, empêcherait la possibilité du surhomme auquel tous devraient tendre. Mais ailleurs, Nietzsche, sur un plan strictement ontologique n'a rien d'un nihiliste, lui qui croit à l'éternel retour et qui, par le fait même, se dénie vis à vis de sa définition du nihiliste qui selon lui "n'est pas celui qui ne croit à rien mais celui qui ne croit pas à ce qui est. " Voila
pourquoi j'ai toujours craché sur Nietzsche comme incohérent et poussé
seulement par sa haine de la morale chrétienne. Quant à Sartre, lui, il se
veut un nihiliste total sans foi en aucune transcendance de la mort. Sartre est
sans doute du mauvais Heidegger mais surtout pas du mauvais Nietzsche. Sans
prononcer le concept de l'être pour la mort heideggérien, Sartre parle de
désespoir à assumer lucidement quand il évoque le sort scellé de l'homme.
Sartre a néanmoins été le père intellectuel de Simone de Beauvoir, ne
t'en déplaise cher ami, car la phrase phare de Simone "on ne naît pas
femme on le devient" est directement inscrite dans la perspective
sartrienne de l'existence précède l'essence et cette insistance de l'auteur de
l'être et le néant à nous affirmer qu' « un existant n'a pas de nature » et
qu'il est plus exact de dire « je deviens professeur, je deviens écrivain
plutôt que je suis professeur ou je suis écrivain. » Bonjour
CLM, Les
motivations de Georges Anglade pour rejoindre Lavalas avaient été à l'époque,
si on se rappelle, qu'en tant que géographe il savait mieux que personne
qu'Haïti est une "terre glissée" et Lavalas avait pour lui, mieux
que tout autre mouvement, l'avantage d'être une glissade perpétuelle. Beaucoup,
je le sais, ne sont pas pour cette lecture "chrétienne" de Nietzsche;
en tout cas c'est la mienne, un peu basée sur cet aphorisme de Nietzsche:
"Il n'y a jamais eu qu'un seul chrétien et il est mort sur la croix". In grandsdebats@yahoogroups.com, Gerard Bissainthe <gerarbis@...> wrote:
Je
m'arrête ici, et j'espère que tu reviendras de ta décision de clore un si
intéressant débat, qui je suis certain, doit emballer plusieurs lecteurs
silencieux de ce site. Dois-je
aussi dévoiler pour finir, que là où la montagne dans la mythologie grecque,
nous met en présence de la damnation et de l'absurde, je cite : le Caucase
du Prométhée, la montagne de Sisyphe; Le judéo-christianisme nous présente
l'orographie comme source d'élévation! Au Sinaï Dieu rencontre l'homme à
travers Moïse; à Tabor, Jésus est Transfiguré en préfiguration de notre
propre transfiguration; et à la colline de Galilée Jésus prend son envol vers
le ciel. Ascension donc de l'homme! Le Calvaire comme je le dis à tous ceux qui
me connaissent, n'est qu'un passé, l'ascension et le règne sont le présent
éternel du chrétien. À
bientôt Gérard. CAMILLE
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