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Loty 10

Retour vers Camile Loty Malbranche

La Star, illusion du thanatos social

Au sujet d’une économie suprahumaine et inéluctable!

HAÏTI, UN DRAME HUMAIN ET SOCIAL AVANT D'ÊTRE POLITIQUE

Commentaires de Louis Naud Pierre sur L'article de Camille LOTY Malebranche

Reponse de Camille Loty Malebranche

DOUBLE NATIONALITÉ, SALMIGONDIS CONSTITUTIONNEL…

Correspondance Marbranche - Bissainthe

La Star, illusion du thanatos social…

Par Camille Loty Malebranche  

La star est sans doute le représentant le plus puissant de la société car elle reprend quoique par des formes populacières et plaisantes, le statut du héros des temps mythologiques. Qu’est-ce qu’une star? C’est essentiellement la vedette bénie de la presse, cette parturiente de mythes, peu importe la réalité ou l’absence de talent pour la facilité de sa consommabilité par le populo en l’assouvissant de défoulements et de phantasmes. Ce n’est ni l’artiste ni le génie qui accroche par son art supérieur ou son excellence surhumaine, loin s’en faut, et la plupart des vrais artistes sont gardés hors de ce tintamarre populacier, mais le personnage fictif, fantasmagorique et suprahumain au ciel des médias faiseurs de dieux qui exprime le vœu du marché et du rêve social fabriqué par l’establishment l’adoubant et l’enrichissant à satiété pour jouer son rôle grâce à la presse qui l’impose aux consommateurs. Une presse séculièrement théogonique  c'est-à-dire génératrice des dieux-idoles de la société dans une « mystique matérialiste » d’aliénation permanente des masses. La star est donc la vedette à laquelle la presse people associe comme une aura faisant d’individus souvent très ordinaires, parfois de vils histrions, des reflets inatteignables, des mânes vivantes, plus grandes que nature - dans l’univers virtuel psychédélique de l’assouvissement irrationnel et rageur - que le populo désemparé en mal de sensations fortes, adopte, consomme et idolâtre. 

Star ou putain, dieux-idoles du panthéon médiatique.

La posture de la star est en soi une ironie pour l’intelligence. Une fuite de la vérité, fut-elle celle de l’esthétique fascinant de l’art qu’invoque l’artiste authentique. La séduction du monde parallèle combien attractif, associée à la star par la société qui, à grands coups de messes médiatiques, la célèbre dans sa liturgie du loisir, est précisément faite pour éclipser les vrais charmes intelligents de la vie et de la culture par l’hyperprésence d’un opium, l’affluence surenchérie d’images émoustillantes des pulsions et débilitantes de l’entendement. La star est en soi une magie, une prestidigitation de la société ploutocratique pour assouvir les pires instincts des masses frustrées en mal d’un défoulement hédoniste que leur refuse la vie réelle. En ce sens, le star système est une vallée de rescapés de la folie de jouir, la démence d’un éros virtuel. Un défouloir qui tend de plus en plus, à force d’invasion, à monopoliser l’espace public, vu l’intervention de plus en plus directe de la star dans la sphère du sérieux en société à l’heure de la médiocrité politique contemporaine cyniquement instituée et entretenue par la ploutocratie… Une poubelle de l’éros virtuel et simulateur auquel s’adonne un social blême et en crise de sens et de valeur dans sa réalité. Masturbation des masses, vivant au jour le jour le thanatos d’une société d’exclusion, sur l’inaccessible plaisir. Voyeurisme par le trou de la serrure médiatique sur les ébats malsains excentriques des investis des maisons de production et d’imprésarios, ces démiurges des idoles, du populo qui, se masturbant sur le pays marginal des merveilles de ses stars, peut crier en taré manipulé qu’il jouit par procuration. Assouvissement malsain sur l’horreur masquée, enjolivée, jouissance par idole interposée constituent donc les piliers de la presse people voire de la grande presse en général dont la fonction semble de plus en plus, dans un monde désenchanté, celle d’opérer un réenchantement laïc par l’éveil des sens. Réenchantement pourtant pas séculier, vu le ton sacré de la présentation médiatique, de la représentation scénique au petit écran et l’adoption sacrale que lui voue le populo. Incroyable posture idolâtre d’une société qui proclame sa laïcité! Idolâtrie de l’argent et du sensationnalisme par le pauvre d’esprit et le rude travailleur fantasmant sur la vie totalement parasitaire d’une aristocratie jet set louée, sacralisée, théocratisée par la presse people au dédain de la sécularisation du monde occidental qui rejette la théocratie formelle de certaines cultures!

 La star contribue en fait à la mise à mort, par sa mascarade médiatique ubiquitaire, du ravissement esthétique authentique que procure l’infinie splendeur propre au grand art que la culture humaine a inventé pendant les  millénaires de notre histoire. Loin d’être une étoile, la star est une sorte de trou noir dont le disque d’accrétion engloutit la conscience des masses par les mass media en masquant les hideurs du système social.

  Altermédiatisme  ou nouvel espace public.

J’appelle altermédiatisme l’environnement nouveau que se forge la presse alternative. Environnement de réappropriation de l’information libérée et libératrice qui commence à se construire notamment sur internet. Je crois que cela constitue le possible du nouveau dans un monde sous la férule des cerbères des grands médias de désinformation publique. Il nous faut, en effet, réinventer l’espace public envahi des alluvions de la presse et la presse people en particulier. Sortir de ce guêpier de désinformation par le loisir, la publicité et la manipulation des bulletins d’information. Construire une communication altermédiatique affranchie de l’ornière des médias de marché pour promouvoir les valeurs humaines et néocitoyennes, voilà le pari des partisans de la liberté. Cet humanisme nouveau ne peut se faire que contre l’univers insane de l’héroïsme fallacieux de la star, cette prostituée exhibitionniste payée de manière déraisonnable par un système marchand inhumain et spectral auquel elle donne le masque de la sympathie. La star est la putain courtisane qui ensorcèle les choqués du désastre de l’information attristante sur un monde qui va mal. En ce sens, les émissions people instillent une information parallèle désinformante par manière de médication contre les horreurs des nouvelles. Information-diversion qui fait apparaître l’événement dans la nouvelle, mais la fait oublier dans ses causes en intronisant la bamboche délirante du people. L’une des tâches dévolues à la star, est bien de se pavaner avec les objets griffés depuis ses habits jusqu’à ses villas, ses voitures, ses bateaux et avions privés pour faire rêver à tous que le bonheur par la consommation existe et peut être accessible à tous! L’espace public nouveau doit donner la parole aux éducateurs informels, contribuer à la création de groupe de réflexion et d’action pour une alternative humaniste et citoyenne.

Aux ignominies et émonctions de la manipulation médiatique et de l’irréalisme omniprésent de la presse people dont relève les grands médias où règne la star et son « journaliste » thuriféraire, opposons la force humaine du citoyen libéré et revendicateur d’une autre société. Force humaine qui réhabilitera, loin des camouflets de la richesse astronomique insensée allouée aux stars grâce à sa consommation par les masses abêties, l’opulence légitime de l’expression et la place de la beauté et de l’art dans leur force et leur manifestation du génie humain. Il faut commencer par réhabiliter la conscience sociale, bâtir le vrai citoyen sur la ruine de la conscience déviée, grabataire maintenue malade par la presse people qui transforme nos sociétés en des asiles de déments déchaînés par l’idolâtrie de la star et la passion compulsive de la consommation. 

Quand Hollywood et ses relayeurs donnent le ton de la vie réelle à la société dite branchée, l’on comprend que la citoyenneté grugée par la désinformation soit expropriée et que le sens soit égrugé dans le débat social. Construire la nouvelle citoyenneté, voilà le pari de l’Altermondialisme.

L’autre société, l’autre citoyen ne sera possible que par un altermédiatisme révolutionnaire, une implication politique altermondialiste plurielle et pertinente, car si la personne humaine ne s’accomplit que par la métaphysique et en Dieu, la société, l’autre société possible, elle, se réalise par la révolution altermédiatique et la politique prise en main par le nouveau citoyen. Nouveau citoyen qui par sa conscience politique et sociale mettra l’utopie en route dans le réel collectif et public.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Au sujet d’une économie suprahumaine et inéluctable!

L’économie politique, entre science et imposture idéologique…

Par Camille Loty Malebranche.

La « science macroéconomique », une ironie plouto-idéologique permanente de la démocratie et du citoyen!         

La plus ignoble et aussi la plus grave des impostures d’experts de notre temps est celle des économistes qui font de l’idéologie dans les médias et veulent nous faire croire qu’il s’agit de science. Car c’est là où achoppent bien des rêves de liberté, de suprématie, et de condition meilleure des peuples qui votent. Puisque le votant, dans l’usage qu’il suppose démocratique du bulletin de vote, n’élit des représentants que pour améliorer son sort matériel et social dans une société plus libre, pourtant partout ce sort, son destin dans la société, lui échappe dans le jeu économique où les dés sont pipés par les establishments ploutocrates. Malgré ses contributions civiles et politiques, les mécanismes de l’activité des puissants agents économiques font du votant un patient qui subit les décisions de ses élus. En effet, les représentants que les votants élisent à la tête de nos soi disant démocraties sont toujours, dès le départ, pris dans les structures ludiques de l’économie et de ses règles fixées par les barons supranationaux et, disons-le, supra-étatiques de l’industrie et du commerce au nom de qui procèdent les financiers spéculateurs des bourses.

Idéologie et science, une confusion à saper.

L’idéologie est, de la plus belle définition, l’entreprise de subvertir ce qui est strictement le fait d’un pouvoir profane en chose sacrée par l’appel à l’acte de foi des masses où les péremptions intéressées des puissants décideurs sont présentées comme transcendant la volonté des hommes et imposées de façon naturelle aux gouvernés. Pour dire bref, l’idéologie en tant que ce qui présente la manière de voir de l’establishment d’un type de société donnée, vision dominante parce qu’appliquée par l’État et fortement médiatisée (en l’occurrence, celle de la société de marché du libéralisme contemporain) tend, dans une société d’extrême illégalité, au mensonge et à la violence du contrôle des consciences pour se justifier. Alors que la science est en soi neutre au départ et se soucie strictement des lois permanentes et des raisonnements méthodiquement ancrés dans les démonstrations de ces lois sans jamais prétendre être naturellement transcendante se contentant, dans un contexte social, d’éclairer l’action des gouvernants sans jamais prétendre prédéterminer les choix politiques au point de se substituer à la politique d’État. Fort de cette courte distinction, il faut voir que l’économie n’est donc science que dans le champ des calculs relevant des différentes branches et lois mathématiques pérennes lui permettant d’évaluer le coût de production et d’échange des biens et services, et sa contribution méthodique à la gestion des ressources tant à l’échelle micro que macro. Hormis cela, dès que l’économie se mêle d’exiger un type de société à l’État, elle est une part de la weltanschauung des maîtres du social et donc, idéologie. Qu’on l’appelle économie politique ou macroéconomie, et quel que soient les postulats ou les prédicats (dirigée, libre, libérale, démocratique, collectiviste) qui lui sont associés dans les jargons courants y référant selon la lubie des spécialistes généralement superbement stipendiés, l’économie, lorsqu’elle concerne et implique la politique des états, est strictement idéologie dans ses choix. Et par là, parce que les puissantes chaînes de médias sont part du système libéral et hypercapitaliste actuel, l’économie est la grande mystificatrice moderne du pouvoir de la ploutocratie matoise qui feint de l’associer constamment et artificiellement aux droits démocratiques des peuples au moment où elle est de fait, une kunée qui dissimule les pires politiques paupérisatrices des masses et les plus vils crimes contre l’humanité. Car l’économie politique n’est pas qu’une affaire d’économistes mais le plan social tracé à l’instigation des ploutocrates, selon lequel est dessiné le sort des peuples par l’État contemporain totalement subordonné à la poignée des Pdg de sociétés privées, pour la plupart multinationales, dont le seul but est en fait microéconomique, c'est-à-dire: le profit des actionnaires.  

Le monde de la surinformation contemporaine - cette information ploutocratique des grands médias, qui, telle une mer déchaînée, nous noie par ses vagues - est donc celui du mensonge désinformant permanent pour la sujétion des majorités exploitées, expropriées, paupérisées de la planète et des pays qui se font dire qu’elles sont coupables de leur misère. C’est aussi un monde de camouflet d’une poignée du nord aux états de la périphérie, détruits par les politiques impérialistes des pays riches qui, après le colonialisme formel, ne cessent de financer des partis politiques factices et de propulser leurs politiciens larbins partout au monde à grands coups d’argent pour garder le contrôle des leviers du pouvoir dans le Sud. 

Ainsi, l’économiste vedette sentencieux, au plus fort de sa superbe de placeur de mots et de moralisateur proférateur d’apophtegmes visant à nous protéger de récession que nos comportements de peuple peuvent engendrer, n’est en fait qu’une putain maniérée et menteuse qui vient séduire idéologiquement par le prétexte de la science, la masse des victimes de l’économie triomphante ploutocratique. Économistes ogres qui psalmodient toujours par leur apologétique d’experts, les compagnies et leurs financiers responsables de nombreuses récessions et souffrances planifiées par soit leur gestion de maximisation extrême du profit soit les spéculations boursières qu’elles commanditent pour influencer le marché soit leur pression sur les gouvernements pour que l’État se désengage de sa mission sociale au profit des sociétés privées. Car antidémocratiques et franchement tyranniques, les cossus maîtres des compagnies sont les premiers ennemis publics des peuples par leur guerre despotique livrée aux programmes sociaux d’État, je cite le droit démocratique des peuples de profiter de l’immense richesse mondiale appartenant à tous parce que produite par tous mais crapuleusement et vampiristement monopolisée par quelques riches surhommes des compagnies et leurs associés du système bancaire et financier. Il faut le dire et se le redire: en dehors des calculs et prospectives strictement techniques que tous - une fois dotés des prérequis scolaires,  peuvent étudier à des écoles supérieures spécialisées les dispensant sous forme de cours - les suggestions politiques bonimenteuses des économistes sur les médias où ces économistes se permettent de nous réclamer sans cesse des sacrifices, de nous accuser de ne pas assez travailler, d’être responsables de nos sous-emplois ou du chômage, ne sont qu’impostures idéologiques. Imposture idéologique aussi que leur déblatération contre les pays du Sud mal gérés, toujours présentés sociocentristement par la presse du Nord comme des alterhumanités plus ou moins inférieures, en disculpant la bestiale responsabilité du Nord dans cette gabegie évidente par son interventionnisme altérant la politique contre les vœux et choix des peuples du Sud! Impostures qui détournent le regard des victimes de l’idéologie économique en faisant diversion pseudo-éthique par la culpabilisation des exploités, le blâme des agressés ruinés de l’ordre social institué par les prédateurs d’une ploutocratie anonyme derrière les  ignominies politiques des États du Nord qui empêchent autant leur peuple que ceux du Sud de choisir leur destin économique. Pure sociodicée abjecte et criminelle contre l’humanité. Aucun mot non plus de nos Charon économistes contre la mafia financière autorisée qui influe souvent sur les bourses et plonge le monde dans des crises factices tout en bombardant l’opinion publique de bobards pour se justifier en jouissant du marché noir qui accompagne lesdites crises. Alors la question qui se pose: de quel droit l’interprétation spécialisée idéologique de l’activité économique en bonne partie déterminée par des politiques financières des bourses et des tendances de marché priorisées par les géants magnats industriels et commerçants, devrait s’ériger en une prédication morale voire en prescription transcendante aux majorités qui, déjà, les subissent? Cette homilétique affairiste de spécialistes à posture hiératique, n’est pas de la science mais un déni du droit à la vérité et au respect dû aux peuples. Connivence et complot d’un monde des affaires - de plus en plus luxuriant grâce à la manne de l’économie virtuelle via la spéculation boursière - et de l’État contre la société globale bafouée pour les sociétés privées.   

L’heure doit être à la reprise en main de leur sort par les peuples, reprise en  main qui ne peut se faire qu’après avoir rejeté, exorcisé l’obscénité de cette sorte d’immense lupanar public et maudit que constitue la grande presse prostituée qui séduit le populo par l’expertise mensongère et les ragots d’une surinformation dénaturée, taillée sur mesure pour plaire à leurs patrons ploutocrates.

En faisant accroire qu’ils sont les seuls à pouvoir comprendre ce qui est essentiel dans la vie quotidienne de tous, je cite l’économie, l’économiste officiel et prêcheur des médias, est le pire des imposteurs mystificateurs, le justificateur des maffieux autorisés des grandes sociétés privées menant la planète comme une nébuleuse terroriste, infernale pour les majorités, dans le dos de L’État manipulé, dénaturé aux commandes des états. État moloch tourné férocement contre les citoyens, pourtant seule fin logique et naturelle de l’État dont ils sont la raison d’être.

Économie des experts médiatisés, imposture idéologique.

L’économie politique prêchée comme une liturgie aux médias avec toutes les raisons transcendantes artificielles de maintien du statu quo, d’exclusion des secteurs populaires gardés volontairement misérables, n’est qu’un stratagème cynique, une sadique argutie pour confner les pauvres et les travailleurs précaires au stade d’armée de réserve du capitalisme, prêts à accepter n’importe quoi pour se sortir des pires dettes et embarras pécuniaires! Le tout selon une imposture gigantesque qui ne répond à aucun principe épistémologique de la science mais qu’habilement les fabulations médiatiques alliées aux experts économistes vedettes, stars prostituées de l’oligarchie ploutocratique, imposent à l’opinion publique. L’on comprend, dans ce contexte d’économie politique néolibérale, que les riches compagnies qui pressent l’État à abandonner toute aide aux masses et tout programme social sous prétexte de créer des emplois - mendient des subventions et de fait, se font aider grassement avec l’argent des contribuables par la prodigalité gouvernementale tout en menaçant de délocaliser si elles n’en reçoivent pas, et qui délocalisent malgré tout un ou deux ans après pour s’installer ailleurs dans des paradis fiscaux et à main d’œuvre quasi gratuite au sud, sans avoir de compte à rendre - ne soient jamais critiquées mais absoutes, justifiées par nos économistes moralistes. Pas plus qu’elles (ces compagnies) ne sont poursuivies par les gouvernements subventionnant. L’exemple du géant informatique Dell - qui s’est fait financer 5000 dollars par le gouvernement comme condition d’ouverture d’un centre d’appel à Ottawa pour chaque individu employé en février 2006, et qui vient de fermer ledit centre d’appel en avril 2008 sans aucune autre explication sinon que leur communiqué stipulant qu’«Ottawa n’est pas une ville rentable pour des centres d’appel» - est probant. Pour revenir à la macroéconomie, dès qu’elle impose un mode de gestion et de vie comme étant la Voie Naturelle inexorable et inévitable de la société globale, selon une économie politique suprahumaine et transcendante vis-à-vis du citoyen considérée immanente à la nature des choses où elle incarne le Bien, la Nécessité inéluctable des hommes; elle délaisse grossièrement la sphère contingente du profane qui caractérise  les sciences sociales et humaines pour s’ériger en métaphysique séculière agressive. En loi cosmique! Cela est d’ailleurs toujours la méthode inhérente à toute idéologie d’exploitation de l’homme par l’homme de se constituer naturalisme incontournable et inviolable comme une sorte de théologie sans Dieu afin de régner en indubitable non questionnable aux dépens des exploités. Imposture cultuelle donc d’un «sacré» sociopolitique, d’un rite laïc grotesque de manipulation des consciences. L’économie politique, parce qu’elle détermine la condition sociale concrète des individus, est l’un des plus lugubres instruments de moulage des vies; la plus terrible et la pire entreprise d’expropriation du destin individuel et collectif de l’homme par l’institution sociale réifiante et phagocytante entre les mains des ploutocrates. L’économie politique capitaliste néolibérale est un behaviourisme structurel infernal de l’ordre systémique ploutocratique dans sa prégnance systématique au quotidien des individus. Comme toute idéologie est pouvoir, l’économie politique capitaliste néolibérale est un pouvoir mangeur d’homme qui se fonde sur la structure financière d’une mafia internationale richissime percevant les peuples uniquement comme instruments de production, de consommation et donc d’enrichissement de l’establishment qui constitue l’oligarchie ploutocratique mondial au dédain des états.

Parce qu’elle passe par la désinformation, la seule force d’atténuation de cette imposture idéologique est l’information totale que la presse alternative peut et doit dispenser contre le mensonge, les demi-vérités et les contrevérités des grands médias courants.

L’économie politique, la macroéconomie appliquée, est chose trop socialement impliquée et trop humainement concernée pour être abandonnée aux économistes, aux experts et aux politiciens.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE 

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HAÏTI, UN DRAME HUMAIN ET SOCIAL AVANT D'ÊTRE POLITIQUE.

Par Camille Loty Malebranche


La sérénité de la froideur intellectuelle et phénoménologique, devrait nous inviter à l'humilité devant le phénomène du triste devenir haïtien. Ce n'est certainement pas un individu quelque diabolique soit-il qui a contribué à tous les malheurs d'Haïti, Le complexe du bouc émissaire qui - selon Henry Baruch - est responsable des complexes de haine, devrait être ostracisé du débat. La véritable interrogation eidétique du phénomène haïtien doit être: Pourquoi la société haïtienne n'a de cesse d'engendrer des monstres haineux de leur pays, aigris jusqu'à l'autodestruction collective? Pourquoi, comme je l'ai dit dans de nombreux articles publiés, le moi hypertrophié et la mégalomanie narcissique voire hiératique du chef haïtien couve-t-il toujours la mise à mort du pays sacrifié pour les glorioles et les bas instincts de telle clique au pouvoir? Où sont en notre nature sociale les ferments tératogènes, les germes de la monstruosité? La politique monstrueuse du pays change, hélas, de masques pour ne pas changer de visage! Pourquoi des Hommes-Structures qui phagocytent l'État? Pourquoi l'incapacité de la plupart d'entre les haïtiens à changer et à grandir loin des tares d'une pensée de démesure et d’esbroufe qui n'est en fait que de la surcompensation d'un passé d'esclavage?
En vérité, aucun individu seul ou groupuscule ne peut dénaturer une société si cette société n’est pas déjà pourrie, n'est pas déjà encline à la dénaturation avec tous les codes de la monstruosité politique. Quand je regarde l'individu canadien, je ne vois nullement en quoi, il dépasse l'individu haïtien, sauf que quelque chose leur permet de gérer un État responsable et de se mettre ensemble comme citoyens alors que nous, nous sommes murés dans une mentalité mesquine d'Hommes-Structure et de Moi-État suicidaire, inaptes aux principes d’une vie nationale et citoyenne. Duvalier, Aristide, je regrette, ne sont pas si loin du reste, ce ne sont que les doubles grimaciers de la laideur caractérielle haïtienne que nous devons travailler humblement et avec acharnement à enrayer.
Quand j’évoque les possibles d’une vraie démocratie haïtienne, ma pensée achoppe comme sur une sorte d’aporie imparable : le support sourd et aveugle, parce que culturel voire parfois inconscient de la société haïtienne aux mécanismes de l’irrespect tant interindividuel qu’entre les hommes et les institutions. Le refus de rationalité organisatrice, la préférence de l’informel aux structures souvent tellement disloquées tellement corrompues que les citoyens y perdent toute confiance, tout cela couronné par une sauvagerie agressive de l’État répressif et amorphe face à ses obligations, État particulièrement monté contre le citoyen et qui, ainsi, favorise l’arbitraire des comportements individuels. Oui, tout ce chaos finit par donner l’impression que le désordre et la tyrannie sont ancrés dans l’âme haïtienne. Ajouté à cela, l’impossible communication entre haïtiens, vu justement le besoin de se faire voir surhomme aux dépens de l’interlocuteur. Comme ces balourds experts si idiots qu’ils passent leur temps à claironner qu’ils sont des experts, mais sont si minables si médiocres qu’ils ne peuvent nullement le prouver par des propositions originales dans leur domaine. « Sots savants pires que les sots ignorants» dirait Molière (1). Car la vraie connaissance se prouve par la création, l’invention, la découverte. Ce n’est pas quand un ignare crie qu’il a étudié 10 ans (parfois faussement) pour apprendre à détruire, en fonctionnaire bien payé du FMI, les petits pays de la planète. Un fonctionnaire n’est pas un intellectuel mais juste un exécutant remplissant machinalement sa fonction. Et cela, nous venons de le voir, souvent pour des institutions peu recommandables de l’impérialisme affameur du Sud! Pour retourner à Haïti, je dis qu’un monde apparemment ingérable semble prendre le dessus et devenir le butoir de tout changement souhaité. La création de vraies structures faisant défaut, les seules souverainetés acceptables, celles des lois et des institutions manquant à la culture socio-étatique haïtienne, c’est la débandade de l’organisation sociale quotidienne qui prévaut. Cet irrespect, cette sorte de barbarie mentale se manifestant dans la vie sociale au niveau des relations humaines, est le ferment tératogène, ce germe cancérigène de la déshumanisation qui putréfie la réalité collective et dont la métastase tout au long de l’histoire de turpitudes répétées, tue le corps social. Tout montre qu’en Haïti, les seules choses, véritables antivaleurs substantialisées et respectées, sont : l’argent, la couleur claire, la force brutale répressive et tout ce que le Nord propose comme apparat. Dans l’imaginaire et les réflexes haïtiens, ces éléments constituent de véritables essences, de vrais facteurs invariants, de réels mérites qui hissent n’importe quel gredin au rang des dieux. Au-delà de ces colifichets idéologiques de l’apparat social, il y a dans la société haïtienne, une indolente et morbide tendance à tout mystifier. Nous sommes encore un peuple superstitieux à l’excès, les dieux, les saints, les morts plus présents dans les esprits que la vie elle-même, font que nous essentialisions tout privilège et mythifiions tout privilégié. Une minable culture du vertige de « classe » et du délire de puissance caractérise nos deux siècles d’existence nationale. Nous sommes pour la plupart des rois tribaux nègres, gonflés, et nous avons besoin de régner et de tyranniser pour que notre règne soit perçu. L’haïtien « arrivé » règne par la publication de son salaire, sa fréquentation des institutions blanches qu’il brandit pour faire peur, pour ne pas être pris à défaut dans ses conneries, pur mécanisme de défense des sots savants. La baudruche de la plupart est si gonflée et si prête à éclater au moment même où ils parlent d’humilité! Ils se produisent en amulettes vivantes, en totems régnants contre toute vraie structuration éthico-sociale du pays! Tout, pour la majorité, est un sujet de mystification du semblable, de mythification de sa propre personne, par des sagas de faubourg et de poussière à brandir. Le don quichottisme social haïtien est cette espèce de délire du moi « héroïque et royal » de l’individu médiocre et sans créativité, moi hypertrophié, placé au-dessus de tout principe surtout du respect des lois, de l’estime d’autrui voire du rejet de l’humanité parce que venant d’individus sans estime d’eux-mêmes. Inutile de dire que le premier terreau de germination de la déchéance et de la corruption est dans la culture haïtienne à refonder selon une autre axiologie. Sinon, inutile de parler sans cesse de changement.
1 Molière in les femmes savantes
 
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
 

Commentaires de Louis Naud Pierre sur L'article de Camille LOTY Malebranche

19 mars 2008

 

J’ai pris connaissance du texte de Camille Loty Malebranche. Toutefois, certaines de ses affirmations méritent d’être approfondies.
L’Haïtien n’est pas un monstre comme il est décrit dans le texte, une idée fausse très répandue.
L’Haïtien demeure un être humain comme les autres, avec cette seule différence qu’il n’a pas toujours conscience de sa fusion dans un tout collectif : la société ou la nation, transcendant ses intérêts personnels et qui implique de poursuive des fins qui ne sont pas ses fins propres.
Ce manque de conscience est peut-être la clé de qu’on appelle  le « le drame haïtien ». Un drame qui renvoie non pas à un je ne sais quel être particulier haïtien, mais, bien, à la défaillance des institutions (l’école, la religion, l’État, etc.) chargées d’imposer la société ou la nation aux consciences individuelles d’une part, et de garantir leur engagement envers les valeurs essentielles afférentes d’autre part. Parmi ces valeurs, il convient de citer la solidarité, l’altruisme, le patriotisme, le civisme, etc.
Autrement dit, « le drame haïtien » est fonction de l’inefficacité de l’ensemble des organes de socialisation de la société ou de la nation haïtienne et de leurs agents : leaders politiques, fonctionnaires, dirigeants associatifs, éducateurs, prédicateurs, et autres.
La formation massive de nos élites à l’étranger n’est pas fait pour arranger les choses. Comme Rabelais le dit si bien : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et la conscience n’est pas autre chose qu’un produit du processus de socialisation par lequel l’individu apprend à considérer les autres comme des semblables à l’égard desquels il est tenu. Notre socialisation primaire reflète malheureusement le vide social, ou moral, au-delà des agrégats familiaux, d’amis d’enfance et autres.
En effet, quel que soit son niveau d’instruction (de l’Analphabète au Docteur ou PH.D)), le sujet haïtien reste attaché à son agrégat familial d’origine, d’amis d’enfance, et autres, pour lesquels il est prêt à faire des sacrifices incroyables. Que d’Haïtiens occupent plusieurs emplois pour entretenir toute la famille et assimilée au pays.
Le sens de solidarité de l’Haïtien prouve qu’il n’est pas le monstre qu’on dépeint, ni un individualiste invétéré.
L’explication de son comportement asocial, acivique ou amoral, dès lors qu’il occupe une fonction publique n’est pas à rechercher dans une quelconque particularité ontologique de sa mentalité.
Ce comportement indique chez lui l’anéantissement du sens de solidarité et de responsabilité lorsqu’on change d’échelle sociale (le groupe primaire) pour se situer dans une plus vaste : la société ou la nation globale.
À ce niveau, son comportement devient le même que celui de n’importe quel aventurier ou flibustier étranger dont l’activité est uniquement orientée dans le sens du pillage du peuple asservi. Comme en témoigne l’attitude des conquérants espagnols (appartenant pourtant au monde dit civilisé) à l’égard des indiens qu’ils ont exterminés totalement dans la partie où situe notre pays. Aujourd’hui encore, la même attitude est attestée chez les ressortissants des pays dits civilisés à l’égard des peuples détenteurs de ressources naturelles.
L’inachèvement de la construction de notre société ou de notre nation signifie que chacun des groupes constitués sur la base de la consanguinité et/ou d’autres facteurs intimes garde sa consistance, et considère tous les autres comme des corps étrangers qu’il tend à « diaboliser ». De ce point de vue, les observations d’André Corten, Misère, religion et politique en Haïti, (2001, Paris, Karthala) sont particulièrement pertinentes.
Cela explique la brutalité avec laquelle le groupe s’emparant du Pouvoir central (l’État) traite les membres des autres groupes, et l’acharnement avec lequel ces derniers cherchent à le mettre en échec. Cela explique également, le penchant au népotisme aux dépens des intérêts de tous.
En d’autres termes, on n’est pas dans un rapport de contrat social, où les individus et groupes - se sentant responsables les uns des autres - confient à certains d’entre eux la gestion de leurs affaires communes.
Dans une société à construction inachevée comme la nôtre, le véritable rapport entre le gouvernant et le gouverné, le dirigeant (chef politique, d’entreprise, éducateur, prédicateur, etc.) et le dirigé (citoyen, salarié, apprenant, fidèle, etc.) est celui qui peut exister entre les conquérant et le conquis, le maître et l’esclave, bref, le dominant et le dominé. Cela n'indique nullement la prégnance de l'esclavagisme comme certains le soutiennent. Mais simplement une certaine modalité de la rencontre entre des individus et groupes demeurant étrangers les uns des autres.
Là encore, il n’y a pas de fatalité.
Il est possible de canaliser la générosité « naturelle » du sujet haïtien vers la société ou la nation, de la mettre au service du pays.
Une telle entreprise implique de repenser le fonctionnement de tous nos organes de socialisation : l’école, l’université, l’église, la famille, l’entreprise, l’État, et surtout la préparation rigoureuse de leurs agents à la fonction qu’ils doivent y remplir. Il s’agit d’amener ces derniers à accéder à la conscience de leur mission sociale.
Il faudra se pencher sérieusement sur la formation des élites en fonction des impératifs liés à la construction de la société ou de la nation haïtienne. Un pays qui n’arrive pas à former ses élites, ce pays n’est pas viable ; surtout lorsque celles-ci ne croient pas ni en son présent ni en son avenir. Or c'est le cas aujourd'hui en ce qui concerne notre cher pays.
Pour une Haïti forte et prospère que nous partageons tous.
Louis Naud Pierre
19 mars 2008
 

Reponse de Camille Loty Malebranche

J'aime bien la réaction de Louis qui nous rappelle l'humanité haïtienne et la "normalité" de cette humanité non particulière. Mais c'est précisément au nom de cette humanité à laquelle je crois, que je parle. Car être humain c’est pouvoir être personne au-delà de l’individualité, c’est pouvoir manifester certaines valeurs essentielles et existentielles par lesquelles l’humanité d’un être vivant et conscient se reconnaît.

Je suis furibond que des êtres humains normaux puissent se vautrer dans une telle aliénation suicidaire.

Que des êtres humains normaux ne puissent prendre conscience et perpétuent

cette sorte de tribalisme primitif que Louis Naud Pierre nous dit par ses mots habiles et pleins d’euphémisme:

"il (l’haïtien) n’a pas toujours conscience de sa fusion dans un tout collectif : la société ou la nation".

 

Cela signifie que Haïti n’est pas un  pays car un pays précisément par la capacité d’une conscience de vouloir-vivre collectif, d’un mitsein (être avec) administré et géré pour le rendre viable. Hélas! avec une appétence rarissime, les haïtiens savent comment bloquer ceux qui veulent et peuvent faire le bien collectif (l’effort dans le mal dirait Firmin)! Ils savent comment exclure, comment haïr, comment humilier, comment dénigrer l’humain, le communautaire et le salutaire avec  toutes sortes de discriminations bâtées remontant à des stades infrahumains de l’histoire   esclavagiste mais onques ne fait un retour sur soi pour se dire « tiens, le mal est en nous, faisons quelque chose puisque nous nous détruisons à petit et à moyen feu, notre état piteux et abject en est la preuve ». Quand je vois le dominicain traiter l’haïtien en paria, je dis : la faute est à nous. Qu’avons-nous fait de bon après 1804? Nous fûmes leur colon après l’Espagne, quelle ignominie haitienne a-t-elle provoqué cette chute dans l’abysse? Pourquoi n’importe quel caribéen peut-il retourner chez lui dans des pays normaux alors que le nôtre est devenu un charnier, une déchetterie de barbares et charognards prêts à vous dévorer, vous kidnapper sans que personne crie gare! Je l’affirme et persiste, il y a une monstruosité haïtienne de type tribaliste non dépassée, responsable de ces anomalies. Les vraies élites existent mais Haïti leur fait clairement comprendre qu’elle n’a pas besoin d’eux. Et de fait, on les traîne dans la boue dès qu’elles se manifestent et cette éducation que j’appelle Humano-Citoyenne à la fois formelle et informelle à mener, est reléguée au diable Vauvert des priorités sociales et étatiques.

 

À très bientôt chers amis, je compte toujours sur vos lumières pour bien voir. 

 

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DOUBLE NATIONALITÉ, SALMIGONDIS CONSTITUTIONNEL…

 

                            Par Camille Loty Malebranche

 

L’actuel séisme verbal au sujet de la double nationalité dans la constitution de 1987 ranimé et exacerbé par le cas Boulos, sénateur haïtien né aux États-Unis, est une fois encore entrain de souligner l’incapacité traditionnelle de notre classe politique à dépasser la mentalité extrêmement clivée et procédurière qui caractérise depuis toujours l’idéologie antinationale de ladite classe. Car de fait, en deçà et au-delà de toutes ces joutes oratoires, cette logomachie gratuite, il y va du fonctionnement même de la démocratie haïtienne, il y va du bon fonctionnement de l’État et de la Nation. Et surtout il y va de la nature d’inclusion ou d’ostracisme que l’on veut imprimer à la nouvelle société haïtienne à construire. Une charte constitutionnelle est faite pour faciliter et simplifier la saisie des principes qui déterminent l’institution étatico-sociale. Si j’évoque ainsi ce que je perçois du sens et du destin de toute constitution, c’est pour relever l’impropriété même du concept de nationalité haïtienne - mise illogiquement en conflit avec la reconnaissance d’une double nationalité de facto pour les fils d’haïtien nés à l’étranger dans des pays dont la nationalité est régie par le jus soli - que la Constitution haïtienne de 1987 institue dans son libellé lorsque nos constituants de 87 déclarent plus tard dans le même texte, que la double nationalité n’est reconnue en aucun cas! Car lorsque le jus soli est de mise dans un pays, seuls les enfants de diplomates nés sur le sol de ce pays gardent la nationalité de leurs parents. Si les constituants de 1987 voulaient éviter la confusion et proposer une charte sensée, ils n’auraient dû en aucun cas créer ce conflit logique auquel donnent lieu les articles 11 et 15 du Titre 2 de la Constitution lorsqu’ils sont mis en rapport.

On ne peut d’un côté dire ceci :

Article 11:

Possède la Nationalité Haïtienne d'origine, tout individu né d'un père haïtien ou d'une mère haïtienne qui eux-mêmes sont nés Haïtiens et n'avaient jamais renoncé à leur nationalité au moment de la naissance.

 Et de l’autre côté, cela :

Article 15: 

La double nationalité haïtienne et étrangère n'est admise dans aucun cas.

Ces deux articles susmentionnés sont facilement repérables dans la Constitution de 1987 dont ils sont le Titre 2 intitulé DE LA NATIONALITÉ HATÏENNE selon l’appellation et la répartition du texte décidées par les constituants qui les ont consignés dans la troisième séquence du document après le Préambule et le Titre 1 de la Charte-mère traitant de la nationalité haïtienne.

Il va de soi, que l’article 11 Titre 2, Titre sans chapitre, d’ailleurs, infère de manière explicite que la nationalité haïtienne est strictement conçue selon le jus sanguini laissant supposer implicitement mais implicitement seulement qu’il interdit toute référence au jus soli. Quant à l’article 15 Titre 2, il stipule explicitement que la double nationalité n’est admise en aucun cas. Ce qui, en référence à l’article 11, provoque textuellement une incohérence logique, une quasi aporie interprétative. Car comment ne pas accepter « en aucun cas » la double nationalité sans clairement et formellement préciser le statut de qui naît de sang haïtien mais en sol étranger? Une grave et dangereuse menace de stabilité « juridico-légale » du pays advient donc  de cet impardonnable vice de logique qu’est l’omission du rejet explicite de tout Jus Soli c'est-à-dire du refus de la nationalité haïtienne à des enfants nés au moins d’un parent dûment haïtien au moment de venir au monde mais reconnus comme ressortissants du pays étranger de leur naissance par le droit constitutionnel de ce pays étranger. La claire et formelle inacceptation du Jus Soli par le droit constitutionnel haïtien devait être édictée dans la charte pour éviter des malentendus et des dilatoires. Cette faille logique laisse ainsi donc la place à toutes sortes de tempêtes verbales et de houles byzantines dans l’interprétation du statut d’êtres humains nés au moins d’un parent haïtien n’ayant changé de nationalité mais dans des pays où c’est justement le jus soli qui détermine la nationalité. Nos constituants n’étaient pas sans savoir que les Etats-Unis, principal pays de migration haïtienne et le Canada, autre pays de migration haïtienne importante, ont adopté la nationalité par le sol et non par le sang. La Constitution de 1987 a été donc irresponsable à ce niveau, dans son obsession d’exclure des haïtiens. Il faut cesser de pratiquer l’autruche analytique et de déblatérer contre ceux qui profitent de cette faille laissée par des constituants peu visionnaires qui, par hypernationalisme ou par pur ostracisme politicailleur, ont voulu rejeter plusieurs membres de cette catégorie d’haïtiens, j’évoque la diaspora, sans quoi la société haïtienne n’existerait guère. Qu’on cesse ici de se voiler la face - ce ne sont pas nos nullards politiciens, pour la plupart, dont plusieurs sont de simples profiteurs médiocres qui ne servent en rien à la société haïtienne sinon qu’ils nuisent à son fonctionnement et ternissent son image ni des constituants mus par je ne sais quels intérêts - qui font vivre Haïti. C’est nous, de la diaspora, qui, par nos envois d’argent et de denrées, faisons fonctionner presque exclusivement la vie économique en Haïti à tous les échelons. Seul l’État vit de l’aide étrangère dont il dépend, pas la société. Le refus de la double nationalité est donc bêtement injuste venant du Parlement et ingrat venant de la société qui l’accepte sans réagir. Haïti doit cesser ses amours-haines et arrêter de mordre la main qui la nourrit. Le verbiage « constitutionnaliste » contreproductif de politiciens ne sert que des intérêts platement particuliers au mépris des intérêts généraux.

Il faut ici se rappeler qu’Haïti peut aisément se passer de la grande majorité des représentants de la minable et superfétatoire classe politique actuelle. Toutefois, si la diaspora haïtienne se mettait à bouder son pays comme le pays la boude, je ne donne pas trois mois pour que survienne un chambardement de tous les ordres institués au pays! Mais heureusement que non, onc, nous ne laisserons tomber notre pays, nos parents, nos amis. Alors, que diable cessent la canaille pseudo-intello ou politicailleuse qui nous exclut!

Que cesse enfin la friction artificielle entretenue par des constituants et politiciens insensés entre haïtiens de l’intérieur et haïtiens de l’extérieur!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Correspondance Marbranche - Bissainthe


In
grandsdebats@yahoogroups.com

 At 14/01/2008 , C. L.M. wrote:

Au sujet de Sartre Georges Bissainthe

Georges,

Je veux commenter ici, une de tes phrases où tu dis que "Sartre était du mauvais Nietzsche". J'écris pour mettre certains points sur les "i" dans cette comparaison.  Disons-le au départ, Nietzsche qui s'était proclamé - s'il faut en croire Albert Camus dans l'Homme révolté, citant l'une des correspondances qu'il a lues de l'auteur d'Ainsi parlait Zarathoustra - "le nihiliste le plus accompli d'Europe".

Toutefois, force est ici de constater que le nihilisme nietzschéen, est éthique et non ontologique. Cela, la proclamation de la mort de Dieu par Nietzsche nous le montre clairement, il cible dans sa pensée perverse et antichrétienne, le Dieu chrétien qui selon lui, est garant de la morale et qui, par ses interdits, empêcherait la possibilité du surhomme auquel tous devraient tendre. Mais ailleurs, Nietzsche, sur un plan strictement ontologique n'a rien d'un nihiliste, lui qui croit à l'éternel retour et qui, par le fait même, se dénie vis à vis de sa définition du nihiliste qui selon lui "n'est pas celui qui ne croit à rien mais celui qui ne croit pas à ce qui est. "

 Voila pourquoi j'ai toujours craché sur Nietzsche comme incohérent et poussé seulement par sa haine de la morale chrétienne. Quant à Sartre, lui, il se veut un nihiliste total sans foi en aucune transcendance de la mort. Sartre est sans doute du mauvais Heidegger mais surtout pas du mauvais Nietzsche. Sans prononcer le concept de l'être pour la mort heideggérien, Sartre parle de désespoir à assumer lucidement quand il évoque le sort scellé de l'homme. Sartre a néanmoins été le  père intellectuel de Simone de Beauvoir, ne t'en déplaise cher ami, car la phrase phare de Simone "on ne naît pas femme on le devient" est directement inscrite dans la perspective sartrienne de l'existence précède l'essence et cette insistance de l'auteur de l'être et le néant à nous affirmer qu' « un existant n'a pas de nature » et qu'il est plus exact de dire « je deviens professeur, je deviens écrivain plutôt que je suis professeur ou je suis écrivain. »

Je m'arrête ici, à bientôt, si jamais tu veux continuer ce débat sur cet auteur bruyant, philosophe controversé parce que trop copieur de Heidegger, mais excellent et prolifique écrivain que fut Sartre.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

 

Bonjour CLM,

Je ne vois pas pourquoi tu tiens à m'appeler  Georges alors que mon prénom est Gérard. J'espère  que tu ne me confonds pas avec Georges Anglade, un Lavalassien de haute volée, qui s'est rendu célèbre avec cette petite phrase: "le problème de  la double nationalité n'existe pas". Sans doute voulait-il dire par là que ce problème n'existe pas plus que celui de l'Armée, puisque Lavalas avait utilisé dans ces deux cas sa thérapeutique favorite que j'avais ainsi décrite:
Si elle n'emporte point le mal Elle emporte au moins le malade.

Les motivations de Georges Anglade pour rejoindre Lavalas avaient été à l'époque, si on se rappelle, qu'en tant que géographe il savait mieux que personne qu'Haïti est une "terre glissée" et Lavalas avait pour lui, mieux que tout autre mouvement, l'avantage d'être une glissade perpétuelle.

 Je ne partage pas du tout ta lecture de Nietzsche, peut-être d'ailleurs l'auteur qui a le plus influencé Sartre. J'ai commencé à lire Nietzsche après être tombé sur cette phrase de lui: "Il faudrait qu'ils me chantent des chants plus beaux pour que je croie en leur Sauveur. Il faudrait que les disciples du Sauveur ait un air plus sauvé." La désillusion de Nietzsche c'est qu'il attendait des chrétiens "qu'ils lui chantent des chants plus beaux" et pour lui ils ne les ont pas chantés. Il exprime une sorte d'amour déçu. Mais dans amour déçu il y a amour.

 Beaucoup, je le sais, ne sont pas pour cette lecture "chrétienne" de Nietzsche; en tout cas c'est la mienne, un peu basée sur cet aphorisme de Nietzsche: "Il n'y a jamais eu qu'un seul chrétien et il est mort sur la croix".

 Nietzsche refusait le dolorisme souvent affiché du christianisme. A cause de ces critiques beaucoup de chrétiens, en particulier dans les années 50, voulurent donner au christianisme un visage nouveau reflétant plus la joie du jour de Pâques, que la tristesse du Vendredi Saint. Ce fut l'époque du renouveau biblique, intensément vécu dans les universités catholiques (j'étais dans celle de Lille) et dans les pèlerinages étudiants en particulier celui de Chartres sur les traces de Charles Péguy. Nietzsche a été une sorte d'acide décapant qui a aidé à purifier le christianisme.

Lorsque Nietzsche écrit: "Dieu est mort", paradoxalement mais implicitement cela veut dire que pour lui à un moment Dieu a existé. Comme le concept même de Dieu implique l'éternité, s'il a existé à un moment, comment peut-il mourir?

Ce qui est frappant c'est que Nietzsche ne joue pas. Sartre joue et fait tout pour capter l'attention des médias. Il y a chez Sartre un côté "people"; et ce côté "people" aurait indigné Nietzsche qui détestait ceux dont il disait: "Je vois leur chienne d'esprit tout le temps en train de reluquer des morceaux de chair." Il y a chez  Nietzsche une authenticité que n'aura jamais Sartre.

CLM, je n'ai pas voulu entrer dans un débat avec toi. Je n'ai pas voulu réfuter ta thèse. Tu m'as provoqué et j'ai réagi, en en disant un peu plus que je n'avais dit dans mon dernier message sur Sartre et Simone de Beauvoir. Mais je n'irai pas plus loin.
Amicalement
Gérard Bissainthe
15 janvier 2008

In grandsdebats@yahoogroups.com, Gerard Bissainthe <gerarbis@...> wrote:


Comme les accents français sont parfois mal  transcrits selon le pays de la réception, j'envoie aussi en général tous mes textes en annexe ("attached document").
GB


Re: Au Sujet De Sartre, à G . Bissainthe

 Salut Gérard, je regrette ma confusion onomastique à ton sujet. Ton nom m'est bien connu, mais pour une raison ou pour une autre je n'ai cessé de commettre ce lapsus calami. Bref, pour retourner à notre vrai débat, disons que « le « christianisme » déçu de Nietzsche, est dénaturé au départ, en ce sens que le solitaire de Sils Maria, a commis l'impardonnable erreur de jeter l'enfant avec le bain, de confondre christianisme et chrétienté. Nietzsche n'a pas su s'élever à la sagesse d'un Soeren Kierkegaard qui, conspuant toutes les églises officielles ou institutionnelles, a brandi la foi comme étendard de sa vie et socle de sa philosophie au point de s'appeler le poète du religieux. Comme je l'ai écrit moi-même dans mon livre inédit L'EXTASE EXPÉCIELLE : Il faut aimer l'Église anonyme au point de haïr toutes les églises! Le drame du nietzschéisme est de s'être perdu en route, dans sa prétendue ou exigence quête de vérité. Quand Nietzsche nous met en scène le christianisme comme une pensée débilitante et apathique, il bascule dans une théologie du dépit, une homilétique de la malédiction. Rappelle-toi cette phrase du Zarathoustra, où Nietzsche met en scène le prêcheur du mazdéisme face au dernier pape. Lorsque le pape dit à Zoroastre que « Dieu était dans le passé, un jeune prince d'orient qui déchirait ses ennemis, mais avec le temps, il est devenu un vieillard débile qui supporte tout et prêche le pardon des péchés »  et que Zoroastre lui réponde « qu'avons-nous besoin d'un tel Dieu, n'est-ce pas miséricorde que de le tuer »! Je tiens à te dire que le mépris du Christ est ici patent et que le prétendu christianisme de Nietzsche, est abject dès le départ dès le projet doctrinal inaugural de cet esprit diabolique qui voulait substituer à la morale chrétienne jugée amollissante, une philosophie de la volonté et de la puissance, un volontarisme impie inspiré de Schopenhauer. L'alliance du dionysiaque Nietzschéen à l'apollinien, c'est-à-dire de l'ivresse libertaire que procure la lumière de l'art, n'est pas compatible avec la morale chrétienne, puisque le surhomme de liberté auquel cette dite alliance doit donner lieu, se doit d'amener l'homme à l'enfance (j'évoque ici la troisième métamorphose de l'homme que Nietzsche prêche dans le Zarathoustra), ce qui signifie la virginité de l'esprit pour lui permettre de réengendrer un être surhumain qui n'a d'autres lois que soi. Comme je l'ai écrit dans mon livre L'EXÉCUTION DU PROMÉTHÉE, le surhomme de Nietzsche voudrait naître de l'impossible enfance de l'esprit humain, impossibilité marquée par tous les conditionnements psychiques fœtaux utérins et extra-utérins de l'enfant et ensuite par l'indélébile gramme dont la culture nous imprègne. Il suffit ici de se rappeler le traumatisme de la naissance d'Otto Rank! Tout cela, c'est pour te dire que le courant qui ait vraiment mis en pratique le nietzschéisme, est le surréalisme avec sa doctrine de l'automatisme mental. Quant à Sartre, là où Nietzsche se fait théologien négatif, lui, il est athéologien négatif. Pour Sartre, l'existence ou non de Dieu ne change rien à la condition absurde de l'homme c'est-à-dire finie et astreinte à la mort. Sur la lancée de Heidegger, Sartre a élaboré plutôt une négativité absolue et de désespérance, alors que Nietzsche prêche l'espoir et même la certitude de l'éternité où il voit un retour cyclique naturel de chaque vie qui ne saurait disparaître définitivement.

Je m'arrête ici, et j'espère que tu reviendras de ta décision de clore un si intéressant débat, qui je suis certain, doit emballer plusieurs lecteurs silencieux de ce site.

Dois-je aussi dévoiler pour finir, que là où la montagne dans la mythologie grecque, nous met en présence de la damnation et de l'absurde, je cite : le Caucase du Prométhée, la montagne de Sisyphe; Le judéo-christianisme nous présente l'orographie comme source d'élévation! Au Sinaï Dieu rencontre l'homme à travers Moïse; à Tabor, Jésus est Transfiguré en préfiguration de notre propre transfiguration; et à la colline de Galilée Jésus prend son envol vers le ciel. Ascension donc de l'homme! Le Calvaire comme je le dis à tous ceux qui me connaissent, n'est qu'un passé, l'ascension et le règne sont le présent éternel du chrétien.  

 

À bientôt Gérard.     

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE      

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