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Retour vers  Camile Loty Malbranche' Editoriaux

 

L’éducation « humano - citoyenne », planche du salut haitien.

HAÏTI, IL FAUT REBÂTIR L’ESPRIT!

Pour la nouvelle humanité!

LE MYTHE DE LA POST-MODERNITÉ, UNE LOGIQUE DU VIDE.  

 

 L’éducation « humano - citoyenne », planche du salut haitien.

                                       par Camille Loty Malebranche

Proposer un certain nombre de repères au collectif et fonder des institutions qui leur servent de fer de lance doit être la nouvelle entreprise des nouveaux dirigeants politiques, économiques et intellectuels de la nouvelle société haïtienne. Créer une vision collective du soi citoyen en revalorisant ce qui - à l’origine de la création de l’État haïtien, signifiait au moins dans le discours et les mythes fondateurs, là où le logos rejoint et féconde le mythe - la fondation de la nation. Car au bout de l’élimination des chefs de bandes avec leurs luttes de chapelle et l’éviction de certains leaders par d’autres groupés autour de Dessalines pour mener l’assaut décisif et final des dernières grandes batailles  qui ont abouti à l’indépendance, Haïti avait quand même une promesse de départ, un grand mythe fondateur pluridimensionnel, celle d’une société ouverte, antiesclavagiste et d’égalité des chances qui n’a pas tenu face à la mentalité néotribaliste des groupes, des sensibilités politiques et l’action carrément colonialiste de classe de l’establishment économique. Deux siècles se sont écoulés, rien que des ressassements idéologiques, bavardages gratuits et trompeurs pour berner le peuple et niveler la société. Toutefois, dans ce maelström d’un social en dérive, toutes sortes de simulacres et de phraséologies ont été substitués en ersatz et succédanées à l’action fondatrice de la nation. Il n’y a en effet de nation que dans une condition collective permettant au-delà de l’individu, un sentiment de «propriété-appartenance» vis à vis du social et de ses institutions. Quand tous les rapports des élites sont verticaux et si évidemment discriminatoires jusque dans les institutions étatiques et juridiques, la relation de l’individu perdu devient négative, retournant le rejet subi contre ce qui représente l’autorité et les privilèges. Nous vivons en Haïti, une société où les puissants se contentent d’une sorte d’introversion bruyante, de claustration méprisante par rapport aux majorités. Du nègre riche gonflé et constipé dans son âme de supérieur, son intumescence de corrompu au mulâtre qui voudrait être pris pour aryen méprisant minablement tout ce qui n’est pas clair de peau, n’acceptant que des relations condescendantes et hypocrites avec les autres, sans oublier l’intellectuel ankylosé arrogant et féru de répétition occidentaliste, il faut que les secteurs dominants de la société (je ne dis pas classes) désapprennent car c’est de leur nouvel apprentissage que l’étiologie du mal et du mal-être haïtien pourra être fait et que sera appliquée la médication nécessaire. Car c’est des élites de toutes sortes, libérées du lumpen aristocratisme ambiant de l’Haïti traditionnelle, que montera la désabomination de la condition sociale par une projection de nouvelles valeurs éminemment humaines et citoyennes. Introspection désaliénante et nouvelle voie de définition positive de soi doivent être le prologue, l’incipit et le liminaire de cette œuvre de rééducation de la société. Une chrétomatie (sciences des méthodes de didactique pour une éducation optimale) usant de toutes formes de didactique pour la nouvelle pédagogie de la libération laquelle sera, comportera comme il convient la pédagogie proprement dite mais aussi une hébélogie, une andragogie, pour ce qu’il faut appeler une « sociotéléologie » c'est-à-dire une manière d’enseigner les différentes couches et catégories dans un ancrage civique selon le projet du nouveau souhaité, la projection du devenir poursuivi.

Cette construction des mentalités de la libération et du civisme se doit de s’octroyer toutes les ressources de l’éducation formelle et informelle des sciences humaines et sociales comme de la philosophie et du mythe. La pédagogie - souvent perçue en tant que générique des différents champs de l’enseignement - sans infantiliser l’homme, sans plonger le peuple dans un infantilisme grivois où il est grugé par des exploiteurs, en fera un enfant, un être nouveau, au sens du désapprentissage brisant les vieux programmes asservissants d’un État réifiant. La nouvelle pédagogie sera celle des opprimés en vue de la libération ou elle ne sera pas. (Car la société haïtienne est un grand opprimé). À l’instar des Freire et Illich, une valorisation des capacités personnelles en direction des communautés et catégories citadines et paysannes d’après une nouvelle conception du mérite social loin du snobisme qui, aujourd’hui encore, adopte simiesquement l’étranger à la réalité culturelle en supérieur selon le complexe d’infériorité des élites désignant l’extérieur comme schème de la grandeur et le rapprochement mimétique avec l’autre comme mode d’élévation. Cette valorisation doit commencer par le rejet des singeries occidentalistes pour utiliser les richesses scientifiques, techniques et technologiques occidentales et autres avec une décence dans la consommation et une productivité intégrée qui enrayera les manières contreproductives de la vie antisociale de nos scolarisés et de nos privilégiés de toutes sortes. Une horizontalisation des rapports humains réinventant le mérite doit s’en suivre.  

rAISON SUFFISANTE DU CHANGEMENT.

A l’instar de la raison suffisante de Schopenhauer, il y a une quadruple racine de la démarche éducationnelle. Cette tétralogie schématique pourrait se traduire comme suit :

1) Une prise de conscience des privilégiés (les différentes élites) se projetant dans un nouveau rapport au social, face à la consommation, face à l’approche des masses. Bref, un rejet du statu      quo pour le nouveau souhaité.

2)L’élaboration et la proposition des programmes nuancés d’éducation formelle, informelle, professionnelle et civique, lesquels doivent être nuancés et adaptés selon l’immersion spatiale, régionale et la composante humaine des catégories citoyennes concernées.

3) La délégation de moniteurs payés et /ou bénévoles, préposés à l’enseignement et la dynamisation desdits programmes. Tout cela appuyé par une campagne des médias, du multimédia, de la graphie, de l’art… eux-mêmes soutenus par les structures de l’état.

4) La mise en place de structures matérielles, juridico-légales actives et fortes pour garantir la réforme de l’imaginaire nihiliste, la pensée négative, létale et résignée du « plutôt la laideur que la mort » (car la société digne de ce nom comme l’homme digne doivent se dire que la mort est préférable à un certain seuil de laideur, un stade honteux et abominable de hideur). Les structures manifesteront la volonté des establishments dignes de proposer un dépassement des conditions de déréliction instigatrices du défaitisme quasi nécrologique de la société haïtienne. Le messianisme et le lumpen aristocratisme des pseudobourgeois doivent se pâmer pour une purification mentale de la société.

La condition d’évanescence des institutions restées uniquement répressives, l’infantilisme ou la démagogie des approches, la violence primaire d’un dogmatisme politique endémique font d’Haïti, une terre habitée sans véritable statut de pays. Le refus de la modernité rationnelle scientifique, technique et technologique, l’exploitation de l’ignorance et de la crédulité des masses réifiées qui déifient le premier démagogue messianisé viennent de l’absence de rationalisation des structures sociales de la gouvernance et de l’organisation.

Nous sommes devant la montagne abrupte qui n’est pourtant pas sisyphienne, l’alpinisme politico-patriotique des élites authentiques propulsera dans l’ascension au pinacle le changement des mentalités grâce aux sangles de l’éducation. Au lieu d’un imbécile narcissisme bourgeois ou pseudo bourgeois, contre les populismes, parapopulismes et fascismes perdurant dans le macabre historique et actuel, l’éducation sera à la fois la source le lit et l’estuaire du fleuve de la pensée et de l’action sociale. L’étiologie dans son diagnostic nous révèle nos abominations et nos laideurs d’élites, l’humilité d’en tirer conséquences et corrections nous sauvera de la souillure, de la honte et du vide  camouflé par les préjugés les plus excentriques et les consommations de luxe les plus bêtes. La vacuité, cet état du vide de tout, n’étant qu’un produit de l’imaginaire, le vide de pensée politique n’est donc que la substitution de la barbarie à la lumière de l’objectivation rationnelle et de la pensée authentique dans la gestion sociale.

Que viennent l’humilité et la bonne foi civile et politique qui sauveront Haïti des infamies actuelles généralisées!

Les minotaures de la dénaturation, les monstres de la déshumanisation ont la vie dure, le surcroît d’humanité des vrais hommes convaincus de la noblesse véritable qui vient des vrais mérites spirituels, altruistes et patriotiques changera le faciès d’infâme de l’Haïti actuelle.

Que contre les violences létales constamment en cours, une conjugaison des violences vitales, éducationnelles détermine le nouveau!  

                 Camille Loty Malebranche 

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HAÏTI, IL FAUT REBÂTIR L’ESPRIT!

 

(Vers une alternative culturelle pour combattre le grave déficit d’humanité de la société.)

Dans un pays qui a hérité dans les traits culturels du maître contempteur et de l’esclave inapte à assumer la liberté au-delà des chaînes physiques et de l’esclavage formel, il faut épurer la culture et promouvoir de nouvelles valeurs et de nouveaux repères. L’homme haïtien doit être reconstruit à la dimension d’une nouvelle culture qui libère loin de la violence primaire acquise des structures répressives et  exclusives des deux siècles écoulés!  Toutes les institutions d’éducation, de conversion ou de répression de l’homme et de la société ont été monopolisées par les classes de l’asservissement et l’éducation, l’école, l’église, la force publique convergent toutes dans une vision de terrassement des intérêts collectifs au profit de ceux d’une certaine oligarchie et d’intérêts privés. Parler de transformation du tissu social infect d’Haïti c’est d’abord penser à révolutionner cette information de mépris de l’homme qui prévaut à travers la structure sociale et la corrompt jusques en ses racines. L’homme haïtien ne verra pas le jour sans avoir au préalable vu une humanisation des structures de la pensée et des institutions de la société haïtienne. Du goût macabre du lugubre « nou tout ap mouri » de l’haïtien, il faut le faire évoluer vers une vision vitale et constructive car tous les actuels meurtres crapuleux des gangs narcocriminels ou narcopolitiques sans revendication sérieuse ni autre motivation que la haine, relèvent aussi de cette vision nihiliste passant de la mort passive à la mort active!

Sur ce couple de concepts : Structure et Culture, je veux souligner  pour nos amis lecteurs, que lorsque j’évoque les structures, je n'abstrais guère le rôle de l'homme! Personnaliste et humaniste convaincu, quoique loin du catholicisme mouniérien, je suis fulminant contre la philosophie sociale structuraliste. Le structuralisme en littérature vaut son pesant d'or mais dans l'interprétation exclusive qu'il applique à la société et à l'histoire où il a été à juste titre appelé la philosophie de la mort de l'homme, a effectivement commis l'énormité d'évacuer l'intervention des hommes dans l'interstice de ces sortes de mutations qui font évoluer chaque société à travers les âges et conjonctures. Par exemple, si nous prenons une révolution, après le chambardement du statu quo qui en constitue le premier moment, l'autre moment de sa réalisation, l’ordre de substitution qui est le nouveau système à établir, n'est guère donné par la structure pourrie qui appelait à son propre effondrement, cet ordre nouveau proprement révolutionnaire vient de l'homme qui, entre divers possibles, choisit, définit et applique le nouveau système. L'accomplissement révolutionnaire est un démenti à cette pensée anonyme qui, selon Foucault, précéderait toute pensée libre d'un homme!

 SUR LA STRUCTURE SOCIALE, DÉFINITION SÉMANTICO-CONCEPTUELLE!

Dans ce discours fortement sémantico-conceptuel, je tiens à préciser, que la culture étant tout ce qui n'est pas naturel, il va de soi que les structures institutionnelles de la société et de l’État, sont culturelles. C'est même, sans doute, un truisme de le rappeler! Toutefois, la structure telle que je l'entends et qu’elle se présente à nous, est duelle sur le plan de ses rapports avec les hommes. Les structures viennent de l'homme. C’est pourquoi, précisément quand nous parlons de structure de société quelle qu'elle soit: structure étatique, structure religieuse, structure éducative..., il est fondamental d'y voir une matrice, un moule de reproduction de la société et donc de conditionnement et de reproduction des mentalités, des réflexes voire des esprits (entendez ici esprit dans le sens d’entendement, de modes de pensée et de vision du monde "weltanschauung"). L'Homme crée la structure et la structure le recrée, en ce sens, la structure lui rend toujours bien son oeuvre de créateur. Dans ce retour inévitable de l'effet sur la cause, il faut constater avec moi que la structure, une fois établie, prime l'homme qu'elle conditionne de par en part. Seuls des esprits émergents, des distanciateurs avisés et révolutionnaires arrivent à se séparer mentalement et intellectuellement de la structure où ils sont immergés, pour en envisager la réforme voire le rejet pur et simple en vue de son remplacement par d'autres. L'homme crée les structures mais la structure le recrée, je le redis. Il sort de la structure pour y rentrer mais dans l'intervalle, il doit avoir la claire vision nécessaire pour fonder des structures qui servent et desservent son humanité en évitant celles qui l'asservissent! L'homme doit primer les structures mais hélas! partout il est dans les chaînes des structures qui l'aliènent! Prenons par exemple les structures de la société industrielle, l'homme y est minuté et programmé pour le fonctionnement structurel. C’est que la conception structurale des establishments, une fois corsée dans les institutions, ces structures matérielles et idéelles de la rection sociale, finit par être la maîtresse des hommes ou tout au moins des majorités ainsi assujetties par quelques individus surhommes, démiurges qui façonnent entretiennent et maintiennent les structures le plus souvent opprimantes et aliénantes des masses. Et le comble de l'inhumanité dans tout cela, est cette illusion démocratique qui laisse croire à l'esclave heureux et nourri qu'il est maître du système structurel qui le conditionne, le réifie et l'utilise à ses propres fins fonctionnelles et ludiques au profit des oligarchies ploutocrates.

Néanmoins, malgré cette prééminence de l'homme jamais mise en doute dans mes textes où je parle souvent de nouvelle humanité haïtienne et malgré la brève démonstration que je viens de faire des limites de la structures, je tiens donc à rappeler que la structure - en tant qu’une "gestalt" c'est à dire une forme composée de plusieurs parties imbriquées qui font jeu et fonction, la structure étant un système en soi - en société, c'est donc plusieurs structures institutionnelles donc systémiques qui vont composer le grand système ou la mégastructure sociale dont le fonctionnement est systématique, c'est-à-dire régulé et ordonné d’après des principes réguliers permanents! La structure, parce que forme, opère comme moule qui régit et donne forme à ce (hommes et action) qu'elle  détermine. Lorsque la structure est expropriée parce que posée par les contempteurs, les ennemis de la société et que les dirigeants sont précisément des complices de ces contempteurs, il y a péril en la demeure! Le cas haïtien est un cas plus unique que d'autres, l’on s’y trompe si l’on pense que d'autres peuples d'Amérique voire du monde aient connu les mêmes turpitudes car c'est le seul pays à avoir eu son indépendance par des esclaves révoltés et non par des colons séparatistes. Dès lors, l'étrangeté des haïtiens étant totale aux puissances de l'époque, nous savons que les pays qui auraient pu commercer avec Haïti comme les États-unis et l'Angleterre ont refusé de traiter formellement avec le nouvel État, Les États-Unis ont imposé un embargo à Haïti, la France a infligé la fameuse subvention aux colons dite dette l'indépendance, ce qui a détruit littéralement l'économie haïtienne. Haïti n'a pas été invité à la conférence de Panama malgré ses aides aux libertadores Miranda et Bolivar. Sans être paranoïaques, nous ne devons pas être naïfs à ce compte, un pays nègre en Amérique et, de surcroît, qui a osé, imposé l'antiesclavagisme enclenchant les abolitions ultérieures de l’esclavage partout sur le continent - alors que l'esclave était la principale machine productrice du capitalisme de l'époque - était considéré et isolé par l'occident blanc comme un pestiféré. Rappelons-nous les propos de Jefferson évoquant Haïti "la peste vient de ce pays" disait-il! Par la suite, l'éducation haïtienne remise entre les mains de l'Église catholique française raciste, inculquant à côté des données académiques toutes sortes d'ordures mentales pour favoriser les pires préjugés et clivages, sans oublier les horreurs particulièrement violentes de l'esclavage restées présentes et douloureuses dans la mémoire collective, (traumatisme de l’histoire et du souvenir) a altéré l'esprit et le comportement haïtiens! Car les majorités haïtiennes - dont le mode d’exclusion du système étatique et aliéné d’Haïti avec des dirigeants non moins aliénés s'est fait l’ennemi parce qu'au service de quelques familles, sans se soucier de jeter les moindres miettes ni de poser les plus minimes structures de partage - ont fini par basculer dans un sentiment  de rejet et d’abandon  au sein de leur propre pays où elles ont toujours vécu et vivent encore une misère restée proche de celle des esclaves d'avant l'indépendance. La « résilience », c'est à dire la cicatrisation des béances du passé et la réhabilitation humaine des majorités opprimées et traumatisées, n'ayant jamais été entreprise ou favorisée par l'État Moloch haïtien, la société haïtienne est restée celle de la faille et de toutes chimères et dissensions liées aux vices de construction et d'orientation de départ jamais corrigés!

La culture évoquée est importante, mais rappelons-nous que la culture, c'est ce qui fait émerger l'esprit, l'homme proprement dit, alors que la nature enfantait l'animal humain préculturel. La culture parce qu'elle prend forme dans le rapport de l'animal humain à soi, à autrui et à l'univers et s'enrichissant sans cesse en cumulant les conquêtes ininterrompues de ce triple rapport, lorsqu'elle répète dans le cas d’une société, les merdes du colon, ne laisse nullement la place à la santé d'esprit pour forger la libération et l'élévation! Au lieu d'un Big Bang, une explosion originaire qui produit un univers qui s'épand, la société haïtienne donne le triste et morne visage d'un Big Crunch où l'espace de vie se restreint et semble fatalement programmé pour la destruction, l’implosion! Voilà donc pourquoi je parle de nouvelle humanité mais aussi de transformation des structures surtout celles du mental, celles de la culture et du comportement, si fortes et si infectes que je les compare souvent à des ferments tératogènes, des germes générateurs de monstres!

Il faut en finir avec la "tératogénie" culturelle, c'est à dire cette production sociale et politique de monstres qui se reproduisent aux dépens de notre droit de peuple au bonheur!

COMBATTRE LES TROIS MOMENTS DE LA CORRUPTION

(Corruptible, corrompu, corrupteur)

En finir avec la corruption de l’esprit haïtien en promouvant des valeurs constructives et d’apaisement, voilà la  mission de l’élite actuelle. La corruption est avant tout l’altération d’un corps qui pourrit et est détruit. Quand on parle de la société, c’est donc de la pourriture des mentalités et comportements et du pourrissement des institutions rendues dysfonctionnelles parce qu’altérées par les errements et malversations des administrants et administrés. Mais bâtir des valeurs constructives comme repères, ne signifie guère qu’il faille démissionner comme ceux qui actuellement dirigent, devant toutes les actions sans merci et la force publique à mettre en branle contre les assassins qui se permettent d’agir en plein jour dans l’impunité. Mais au-delà de la juste répression sans pitié du crime, voici quelques-unes des tâches à entreprendre.

1)      Nous devons prévenir la corruption d’abord du corruptible c'est-à-dire celle de ces jeunes haïtiens plongés dans cette déchéance, ce désespoir qui le rend, à force d’exclusion ou de vide d’estime de soi, disponible pour toutes sortes de crimes et de prostitution.  Nous devons éradiquer les racines politiques de la corruption et créer un environnement pédagogique appuyé par un climat social et politique favorable pour une nouvelle éducation humano-citoyenne de l’haïtien!

2)      Aux corrompus irrécupérables, aux criminels invétérés, pour éviter tout risque à la société, il faut les mettre hors d’état de nuire de quelque façon que ce soit. Dans ces cas il faut être sans complaisance et sans mollesse! Quant aux autres, ils seront après examen sérieux et observation pertinente, rééduqués pour leur réinsertion sociale.

3)      Dans le monde de la corruption , l’infernale chaîne de la pourriture, le premier maillon, le pire qu’il faut détruire est le corrupteur, celui à qui profite la salissure. Les parrains de la drogue qui arment leurs trafiquants subalternes, les proxénètes et/ou pédophiles qui financent les orgies et la prostitution hétéro comme homo des jeunes voire des enfants, les politiciens élus qui achètent des oisifs et les arment pour se maintenir en poste ou pour dissuader toute opposition, les commerçants immoraux qui font kidnapper et tuer tous ceux qui veulent protéger les consommateurs, tous ceux qui d’une manière ou d’une autre profitent et encouragent la malpropreté sociale, la marginalisation et les méfaits.

Rebâtir l’esprit par la communication d’autres valeurs comme repères est une urgence sociale pour Haïti et une exigence pour les élites responsables qui ne peuvent ni ne doivent l’éluder. Le prérequis de tout changement donc est l’établissement de ces valeurs d’intégration et d’éducation en tant que choix social de la politique d’État, puis la systématisation institutionnelle pour donner force opératoire à la nouvelle société projetée!

Vrais Partisans du changement et de la libération, Protagonistes de l’alternative culturelle pour la transformation positive, militants d’un nouveau mode d’existence sociale haïtienne, humanistes promoteurs d’une nouvelle humanité haïtienne: l’action doit être vôtre, pardon, nôtre!

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Pour la nouvelle humanité!

Mesdames et Messieurs,

 

Je n'ai d'autres souhaits plus vrais et plus profonds que celui de la Renaissance à la véritable Humanité! Que chacun d'entre nous portés vers les grands idéals ruinent à jamais les dysfonctionnements du vieil homme! Que par la fixation du regard sur la splendeur de l'ailleurs, l'autre face où sont cachées nos grandeurs nous fassions échec aux petitesses et aux mesquineries de l’ici! Que reconnaissant la vocation intemporelle de l’homme à la déité, celle à laquelle nous appelle notre condition de créatures faites à l'image de Dieu, nous parvenions à un surcroît d'être pour vaincre les forces de la mort et les spectres de l'effacement. Que par une juste hargne, nous nous emparions des armes de la victoire intérieure, gage de l’accomplissement de l'Humanité en nous que notre intuition, notre dignité revendique! Que les défroques de l'angoisse, les oripeaux de l'inaction soient à jamais extirpées de nos consciences manipulées pour la servitude du mal! Que la méchanceté, la diffamation, l’intolérance, l’égoïsme disparaissent par la foudre de l’esprit en nous, qui nous éclairera, enrayant à jamais les lumignons fumants qui intoxiquent, incinèrent nos vies! Que la ténèbre chérie en nous pour voiler nos bévues, nos actes inavouables comme des tartuffe à deux visages bernant nos semblables, soit sapée par le soleil divin, celui du Verbe Incarné, Lumière sans ombre que tout  croyant doit laisser en lui s’incarner et agir! Que l’Histoire de turpitudes et d’échecs qui est la nôtre devienne le champ ensemencé de nos nouvelles idées de vie et de bien car ce sont nos choix négatifs notre haine de nous-mêmes projetés sur nos semblables qui nous annihilent depuis toujours! Refaire l’Histoire et surtout la changer ayant rebâti l’humanité haïtienne, ne voilà-t-il pas l’œuvre nouvelle de la Libération!

 

D’une Histoire qui n’a été qu’erreur et errance des ombres ne parvenant point à être Âme,

l’Humanité tout entière doit reconnaître en Christ, sa vocation spirituelle transcendante ou patauger à jamais dans l’animalité humiliante. Quant à nous, haïtiens, victimes de solitude historique, marginalisés par les puissants de la civilisation, nés au cœur de l’adversité d’une civilisation occidentale qui a programmé notre débâcle, car la débâcle haïtienne est froidement programmée de l’extérieur et bêtement abreuvée à l’intérieur, il n’est guère permis de nous murer dans la triste et sempiternelle position de victimes consenties et plaintives! Il nous faut, comme le dit le Christ, naître de nouveau!

 

 Que comme la lionne enfantant deux fois le lionceau par la naissance et par l’enseignement de la chasse qui rend le jeune lion roi et terrible, nous enfantions une nouvelle fois l’Humain!

 

Noël étant une convention et non le temps réel de la naissance de Jésus, l’Enfant de Bethléem ayant plus vraisemblablement pris naissance au mois de Nisan, de toute façon le mois ou le quantième étant sans importance mais le fait; au nom donc de ce Fils de Dieu envoyé qui propulse l’homme au rang de la divinité originaire vocationnelle d’Adam en apportant la rédemption, je n’ai qu’à vous souhaiter l’intemporelle conscience de la Renaissance permanente de l’Esprit! L’Esprit qui doit être toujours discerné en tant  qu’hypostase divine (dimension de Dieu en nous) et non confondu avec l’intelligence comme si souvent le font certains philosophes, doit primer l’entendement, l’intelligence qui n’est que cette partie  de l’Esprit où trône la raison, laquelle, trop souvent, par cette aliénation métaphysique appelée le péché, rejette la spiritualité et les autres modes de connaissance non rationnelles. Que donc, la Renaissance d’abord spirituelle parce que devant atteindre l’être profond que nous sommes, Renaissance plurielle, sentimentale, idéelle, patriotique et nouvelle Vie contre les néants tellement envahissants, tellement faciles de l’abandon au statu quo, soit notre assise!  

Que votre être soit Vie et non plus fantôme du mensonge et ombre reproduite des monstruosités d’un monde grossièrement matérialiste! Car l’homme qui voit la mort est déjà mort alors que l’Esprit célèbre au-delà du temps l’Éternité de la Vie.

 

Sortez donc du tombeau, pauvres Lazare qui avez jusque là résisté à l’appel de la Vie!

 

Foi et Amour à tous ceux d’entre nous qui en sont dignes!

 

Je vous aime,

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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LE MYTHE DE LA POST-MODERNITÉ, UNE LOGIQUE DU VIDE.

                        PAR CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Aborder la période innommée d'aujourd'hui désignée post moderne (car cette appellation n’est pas un nom) exige une préhension multiple et pluridisciplinaire de ce qui n’est pas un objet mais une configuration d’éléments humains, structurels et politiques dans un fait social quasi planétaire vu la domination mondiale d’une poignée d’États dits du centre. Le morphème « Post » apposé dans des néologismes de notre temps comme « post industriel, post idéologique, post soviétique, post historique » renvoie au rien, à une crise de sens et de signifiance, à une sorte de référent de la vacuité et nous amène à la logique du vide d'une vision d’époque d’une socio-factualité sans idéal que la platitude du savoir-faire, la prise de posssssion de la matière organique et vivante que permet la manipulation génétique ou technologique, la compulsivité de la consommation dans un monde unipolaire. C'est l'heure du paradoxe d'un occidentalisme triomphaliste se proclamant le meilleur mais où pourtant lesdites sociétés occidentales vivent pour éviter le pire. Idéologie du manque, idéologie du paradoxe où l'abondance consommationnelle ne compense guère les pénuries pécuniaires rendant inaccessibles l’accès au strict nécessaire en plein cœur de New York, creusant d’inimaginables fossés entre classes, aggravant l’inégalité tout en enfonçant les riches consommateurs dans leur propre vide intérieur et lestant toutes les formes de privation qui balaient la société et plongent les individus dans l'égarement, loin de tous repères. Les lourds tributs à payer par les individus de ce temps sont là : vide de sens existentiel, vide de transcendance, vide de temps propre, vide d’espace librement choisi, vide de sentiment autonome! Le mythe du « Deus Otiossus » c'est-à-dire du Dieu qui crée le monde et s'en retire pour régner au-dessus de lui, rappelle pourtant au croyant que Dieu est transcendant jusque dans l'immanence cosmique et matérielle; et l'homme, son image, doit viser la transcendance même dans les fonctions animales les plus banales. Mais le deus ex machina du mercantilisme néolibéral, ce nouveau démon de la religion matérialiste planétaire fait de l’homme le sous-produit du marché seul but suprême, cause causante et fin dernière d’une humanité réduite en chose, incapable même de sains réflexes animaux. Grossier et grotesque, burlesque et bouffon; l'essor occidental fait primer à côté des plus grandes réalisations de la science et de l'art, un univers de créations pseudo artistiques très dénaturé avec ses nouveaux riches et demi dieux oints par la télé pour circonvenir et assouvir aujourd'hui par des goûts populaciers, un populisme culturel voué à alimenter un marché facile à gaver et à exploiter! L'impermanence héraclitéenne (Panta rei) semble céder le pas à une forme livide de pérennité du médiocre cautionné jusque par les institutions officielles tendant le piège de la pseudoculture volontairement maintenue médiocre pour favoriser le règne de l'idéologie vulgaire et triomphante du marché. Avatars du capitalisme, atavismes de ces représentants héritiers, le travailleur esclave, la réduction de tout en marchandise, la réification paroxystique de l’homme sont les programmes actuels du néolibéralisme! Notre époque est celle de l’ovation de l’utile, de l’idolâtrie de l’usuel! Utilitarisme mangeur d’homme, pragmatisme antropophage. Synergie du délire de domination et de la violence dans une cinglante convoitise de la déprédation, voudraient être en symbiose avec les voeux profonds de l'homme défini par le capitalisme néolibéral.  Marx décrivait le capitalisme comme étant en crise mais devons-nous le dire ici, la crise laisse deux alternatives : étant le produit d'un dérèglement grave ou un système n'arrive plus à gérer sa condition, la crise engendre soit un effondrement, soit des fuites et des subterfuges. Et le capitalisme, système de tous les masquages par excellence, ne vit que de subterfuges pour fuir et masquer ses dysfonctionnements. Le réajustement financier actuel par le bourgeoisisme mondial appelé Mondialisation, le renforcement de la ploutocratie à travers l'indécence de la nouvelle économie et surtout, l'impéritie dominante des bourses financières marquent, une bonne fois pour toutes, l'époque actuelle de leurs sceaux d'infamie et d'immoralité des élites du nord et des États qui les représentent. Je ne dis pas période car je suis apériodiste en Histoire vu que le concept de période suppose des coupures dans les temps historiques alors que tout se succède logiquement selon la multitude des possibles enchaînements progressifs et successifs des choix et décisions politico-économiques qui sont faites pour la société. En passant, comme je l’avais soutenu il y a au  moins dix ans déjà, la Mondialisation est une appellation conceptuelle manipulatrice en tant que « l’ordre politico-économique et culturel », depuis l’avènement de l’Occident au sommet de la civilisation a toujours tendu à la planétarisation vu la propension colonialiste dudit occident. Le colonialisme a été planétarisé hormis des pays comme la Chine et le Japon que les occidentaux n’ont pu soumettre, le « christianisme » institutionnel catholique a voulu être universel, d’ailleurs le mot catholique signifie universel, après la seconde guerre mondiale, le dollar a été planétarisé comme valeur d’échange… La Mondialisation n’est que le nouvel âge d’un capitalisme triomphant après l’effondrement soviétique, capitalisme qui se réajuste au pire stade d’exclusion de l’État pour les compagnies et multinationales libres de faire la loi et de déterminer le sort des majorités paupérisées et abandonnées en même temps que les pays du sud ou en plein essor sont réduits au stade de filiales des industries délocalisées du Nord cherchant paradis fiscal et main d’œuvre à vil prix.

Pour revenir à notre indexation  du vide, nous dirions que la référence à l'extériorité socioculturelle de l'individu est à la fois le contraste le plus extrême rencontré dans l'individualisme contemporain, mais aussi le signe le plus patent de la vacuité existentielle masquée par les niaiseries débitées où se mêlent une pseudoscience phylogénétique et l'imbécillité des masses scolarisées, véritables échos ignares du dogme soi-disant scientifique.

                                      

                 PLATON ET LE MYTHE D’ER

 

Nous savons que le soldat Er de la République de Platon a reçu selon celui-ci, le pouvoir des dieux de voir les enfers de près en visitant leurs lieux et qu'exceptionnellement admis à en remonter, il raconte la renaissance des ombres sous forme d'âmes réincarnées, lesquelles âmes, après avoir choisi leur sort futur, boivent au Léthée, fleuve de l’oubli, pour ne point se souvenir de leurs propres choix. Tous les prophétismes et les doctrines mystico-religieux sont évoqués dans cette quête de la place de l'homme dans le sens et l'être. L'homme actuel n'est même pas que désespérant mais nihiliste comme par exemple un athéologien aussi extrême qu'Heidegger avec la thèse existentiale qui renvoie à l'existential (le il y a) et non à l'existentiel qui implique en plus du simple « il y a déployé dans le temps», les attributs et le sens de l’être plongé dans son existence. Car l’existentiel, étant le fait de l'étant, de sa substance et de ses attributs, il permet le combat et l’espoir d’amélioration du sort selon une perception transcendante de l’essence humaine! Les hommes, dans leur grande majorité, sont aujourd’hui englués dans l’extraversion sociale qui gèle les rapports de la personne humaine à elle-même et celle-ci ne médite plus le fait d'être et elle n'assume guère son étant « d'être au monde » mais se contente de fonctionner selon les structures sociales. Tout est monstration sans démonstration à l'échelle des institutions, tout y est forme d’une nouvelle superstition branchée au rituel du système socio-économico-consommationnel, la seule essence qui soit! Essence vide, grimace de vacuité, essence sans substance. L'étant partagé entre attributs et contingences existentielles, lorsqu'il s'agit de l'homme, est une immense gageure pour la liberté parce qu'éclipsé par les diversions sociales.

 

     Er ou la Révélation Sotériologique plurielle

 

Pour revenir au mythe d’Er. Platon nous présente Er dans sa République comme le génie d’une métempsychose révélatrice de la liberté choisissante des âmes qui, après, boivent au Léthée pour oublier leur libre choix avant de s’incarner. Er pourrait bien être assimilé à la philosophie sacrée et spirituelle qui dévoile les grandes vérités de la vocation et de la destinée humaine. Er serait donc le révélateur du véritable qui brise l’amnésie des âmes qui ont bu au Léthée. La vocation comme appel de l’essence à l’accomplissement par la pensée et l’action, la destinée comme aboutissement heureux du réalisé spirituel. La philosophie, la pensée en général, lorsqu'elle gardent leur rôle perdu qui, malheureusement, constate avec dépit, la triste inanité contemporaine des philosophistes de la sécheresse d’aujourd’hui, ces savants du concept qui n’étayent pour la plupart, qu’un amas ridicule de commentaires spécialisés, si vides et incapables d’élaborer une pensée en propre où comme les grands qu’ils évoquent, ils auraient une proposition sur l'homme et l’essentiel, philosophistes réduisant la voie la plus autorisée de la sagesse en logorrhées pédantesques. Puisque toutes les doctrines sotériologiques et les sagesses doivent être exploitées dans ce qu'elles ont de plus élevé, de plus transcendant pour proposer dans les limites du possible, les parcelles d’une certaine assumation du sens à l’homme. Car l’homme est une intuition du sens, une quête de signifiance.

    

     La sagesse, au-delà de ses contributions temporelles et sociales où elle doit permettre l’amélioration de la condition plurielle des individus, se veut, à son pinacle, spirituelle, c’est à dire tendant à la transformation ontologique de l'homme, où dans son rapport à l'être, l'individu retrouve une somme morale et finalitaire qui lui définit son destin et sa vocation comme espèce et personne. Là, se forme la conscience supérieure de la vérité, celle qui, par une téléologie métaphysique, au-dessus des spéculations, affirment des certitudes par l’expérience intérieure cosmique de la situation de l’homme! Et le verbe authentique, philosophique ou autre, déclenche et déploie la tempête humaine des idées et des mots de la libération contre la violence voilée systémique et le calme abusif des modes de vie soi disant démocratiques pour le plein devenir transcendant de la personne humaine. Là, le chronologue n'a point accès ni utilité, car seul le temps sans époque de l’esprit illuminé scelle la liberté et la destinée de l'homme et constitue la terre dont les grains, la poussière des pierres et montagnes qui pétrifient le vil, sont tremplin vers l’infini gage d’affermissent et d’ascension de l’Homme Réalisé.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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