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Lettre ouverte de Philippe Malval au Président de la République

Au sujet d’une économie suprahumaine et inéluctable

Archives d'Editoriaux en Français

Archives of Editorials in English

Camille Loty Mallebranche

National Coalition for Haitian Rights

Haitipolicy.org/articles

Amnesty International - Haiti Abuse of human rights political violenc

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Link to State Department on Dual Nationality

Link to State Department on Advice to US Citizens Seeking Office in a Foreign Country

Haiti-universite.org

Fordi9.com
(Site sur Fort Dimanche)

Editorial Pages
 of
Selected Newspapers

Miami Herald

New York Times

Washington Post

Le Monde (France)

Liberation (France)

Carl Fombrun Editorials

 

 

Lettre ouverte de Philippe Malval au Président de la République



Port-au-Prince, le 18 avril 2008

C'est le droit et le devoir du citoyen que je suis de vous écrire, parce que je ne peux plus continuer à me plaindre, à participer à des discussions stériles sur la situation du pays, et à ruminer les mêmes propos. J'ai honte de mon silence, qui pourrait être jugé approbateur, alors qu'il n'en est rien.

Je dirai d'entrée de jeu que cette lettre ne revêt aucun caractère personnel, et que je l'aurais écrite à quiconque serait le Président à ce moment si critique de notre histoire. Mon but n'est pas de vous critiquer négativement, comme beaucoup le font, quoi qu'il ait mille et une raisons de le faire. Il est encore moins de vous insulter, comme certains le font, car mon éducation, le respect de l'autre et des règles de la bienséance, mon tempérament et mes principes me l'interdisent absolument. Mon but n'est certainement pas de vous flatter. Ce n'est pas du tout mon genre, et il y a déjà autour de vous, je l'imagine, assez de gens à le faire.

Je ne suis qu'un chimiste. Je ne suis pas, n'ai jamais été et ne serai JAMAIS un politicien. Cependant, je suis un citoyen qui aime passionnément son pays, et qui est désespéré de le voir au fond du gouffre. Rester passivement les bras croisés n'est plus une option.

Le seul et unique but de cette lettre est de vous poser quelques questions, et de vous faire humblement quelques suggestions.

(1) Pourquoi dites-vous qu'on vous demande de faire des miracles, « fe san sòt nan wòch » ? Monsieur le Président, personne ne vous le demande. Tous savent que la situation est extrêmement difficile, et que quiconque à la tête de ce pays serait confronté à des problèmes effarants. Sincèrement, je ne souhaiterais pas être à votre place.

Cependant, ce que le peuple Haïtien dans sa grande majorité vous demande, c'est de l'écouter, de lui parler, de faire ce que vous pouvez pour soulager, ne serait-ce qu'un tout petit peu, sa misère abjecte. Votre gouvernement avait choisi les termes « apaisement social », tout à fait appropriés, et que tout le monde avait applaudis, espérant qu'il ne s'agirait pas de vains mots.

Apaisement social, Monsieur le Président, ne signifie pas seulement distribuer de l'argent et de la nourriture à ceux qui en ont désespérément besoin, créer des emplois. Cela veut dire aussi écouter les citoyens, leur montrer que vous êtes à leur service. Il ne suffit pas de leur répéter que vous n'aviez rien promis, et que par conséquent ils ne doivent attendre quoi que ce soit.

(2) Pourquoi ne vous adressez-vous pas régulièrement au peuple Haïtien, comme l'avait fait l'ex-Président Manigat (on se rappelle « Ti koze anba tonèl »). Rendons justice à Monsieur Manigat, et disons que, pendant quelques mois, avec lui, on a quand même volé plus haut.
Parlez à la population, confiez-lui vos états d'âme, dites-lui à quelles difficultés vous êtes confronté. Elle saura vous écouter, et être un peu plus patiente. Mais attention, cette patience à des limites.
Ne vous contentez pas de lui jeter quelques mots au micro d'un journaliste, à l'occasion d'un voyage à l'étranger, ou quand les choses tournent au pire.
C'est ce qui a valu l'appellation de « gouvernement pompier ».
Le peuple haïtien est fondamentalement bon et peu exigeant. Il ne faut pas beaucoup pour le contenter; par contre, il ne peut pas se contenter de rien.

(3) Pourquoi, quand les gens se plaignent à vous, vous sentez-vous obligé de vous plaindre à votre tour ? Ce qui selon vous devrait être pris pour de la commisération est plutôt perçu comme de l'indifférence, voire même de la faiblesse.

(4) Le pouvoir de par sa nature même tend à isoler ceux qui l'exercent. C'est tout à fait compréhensible. Mais n'oubliez pas que, dans tous les pays, une partie de l'entourage des dirigeants s'emploie à ériger des barrières entre eux et le peuple, pour leur cacher la vérité, et ainsi obtenir qu'ils vivent dans une bulle ou « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Monsieur le Président, il vous suffit de lire les journaux et de suivre la radio et la télé, pour vous rendre compte que la vérité est tout autre. Il y a dans ce pays d'excellents journalistes, qui, avec professionnalisme et objectivité, chaque jour s'attellent à leur tâche ardue et ingrate, très souvent au péril de leur vie. Lisez-les, écoutez-les. Vous serez édifié.

(5) Quand vous dites au peuple de passer vous chercher quand il va manifester contre le chômage, la misère, l'insécurité, vous donnez l'impression de vous moquer de lui, et d'ajouter l'insulte à l'injure. Ceux que la faim tenaille, Monsieur le Président, n'ont pas le sens de l'humour. C'est un luxe qu'ils ne peuvent pas se payer.

(6) Nous commettons tous des erreurs, qui que nous soyons. Les reconnaître, s'en excuser, et les corriger, c'est être Grand. C'est aussi apaiser.

(7) Certains leaders politiques patriotes et courageux (malheureusement, ils ne sont pas légion) vous adressent régulièrement des critiques constructives, et des suggestions. Ne permettez pas qu'ils soient écartés. Ecoutez-les, ils n'ont rien de personnel contre vous. Ce ne sont pas des « ennemis de la patrie ». Ils veulent tout simplement que les choses changent. 

(8) Je travaille depuis plus de trente ans avec les jeunes universitaires de ce pays. Je peux témoigner que la plupart sont sérieux, honnêtes, qu'ils ont une soif de savoir, qu'ils étudient dans des conditions socio-économiques désastreuses. Ils veulent des lendemains meilleurs. Ils y ont tout à fait droit. Ils sont à la recherche de modèles. Il n'y a pas exactement pléthore parmi nos dirigeants. Récemment, nous avons eu droit à un spectacle pénible et honteux offert par certains de nos parlementaires. Monsieur le Président, il vous revient d'apporter les redressements qui s'imposent par des sanctions sévères. Lors de votre premier mandat, vous aviez promis de rétablir l'autorité de l'Etat. La nation entière vous convie à faire en sorte que ces mots deviennent réalité.

(9) Pourquoi a-t-on l'impression que certaines manifestations dégénèrent seulement quand il y a quelque part une volonté qu'il en soit ainsi? Il est assez clair que, pendant ces derniers jours, la PNH avait plutôt placé des journalistes dans les rues, qui se contentaient de rapporter les faits, pas des policiers qui devaient prendre les mesures appropriées. Pourquoi? Les citoyens ont droit à des réponses. Vous, la PNH et la MINUSTAH, êtes tenus de les leur fournir.

(10) Construire des ponts, des routes, avoir des projets d'infrastructure sur un an, trois ans, dix ans et plus, tout cela est absolument nécessaire, souhaitable et louable. Mais il y a un présent, un quotidien qui vous interpellent. A quoi tout cela aura-t-il servi si une bonne partie de la population aura succombé à la faim et que notre environnement se sera dégradé de manière irréversible? ASSEZ DE COMMISSIONS ET DE COLLOQUES! ASSEZ DE BEAUX DISCOURS, OU TOUS LES MOTS EN ISME ET IQUE SONT EPUISES, ET OU DES TAS DE SUBJONCTIFS PLUS-QUE-PARFAITS Y LAISSENT LEUR PEAU. LES GENS EN ONT RAZ-LE-BOL!!! Ayez une équipe qui travaille sur L'AUJOURD'HUI. Exemple: dans le domaine touristique, avec seulement la sécurité et la propreté, il est possible, avec le marketing approprié, d'attirer une clientèle bien spécifique, qui recherche la différence, l'aventure, et qui pourra remplir les chambres d'hôtel dont le pays dispose, en attendant que les belles autoroutes, les Hilton et les Sheraton soient construits, ce qui amènera les touristes traditionnels. CESSEZ DE CHERCHER MIDI A QUATORZE HEURES!

(11) Il y a en Haïti deux groupements sociaux aux antipodes l'un de l'autre, et qui sont littéralement à couteaux tirés. En grande partie, ils se connaissent peu, se parlent très peu, ne s'écoutent pas les rares fois où ils se parlent. Cette méconnaissance engendre la méfiance, qui à son tour amène la haine. Il faut créer des occasions pour que ces deux groupes se rencontrent, (ex: activités sportives, culturelles, etc.), en dehors du carnaval. Ils apprendront à se connaître, à mieux appréhender leurs problèmes respectifs. Cela est incontournable, et contribuera à amener aussi l'apaisement social. Vous conviendrez que les récents événements, ainsi que celui du genre Hôtel Montana, ne sont pas faits pour arranger les choses.

(12) Passez des instructions pour que cessent les tracasseries administratives dont sont victimes les commerçants, industriels, professionnels, etc... quand ils veulent tout simplement obtenir d'un bureau de l'Etat un service auquel ils ont droit. Faites tout pour que dirigeants et dirigés soient des partenaires, pas des ennemis.

(13) Haïti se trouve à un carrefour de son histoire où l'opportunité vous est offerte de redresser la barque. Donnez le ton, Monsieur le Président, le bon ton, et la réaction des gens vous étonnera. Des milliers sont prêts à apporter leur concours BENEVOLE. Il suffit que des signaux clairs soient donnés, indiquant une volonté irréductible de changement. Le choix est clair pour vous: devenir un grand homme que tout le pays applaudira, ou échouer piteusement, en vous contentant tout simplement de boucler un second mandat, sans trop de casse; gravir une montagne jugée inaccessible, ou rester tristement au fond de la vallée, avec le remords de n'avoir pas su vous élever. Des millions d'Haïtiens vous exhortent à faire le bon choix.

(14) Tous les dirigeants de tous les pays sont censés être des SERVITEURS DE L'ETAT. La conception tribale du CHEF n'est plus de mise en 2008, hormis dans les pays où sévissent encore des dictatures féroces. Les dirigeants sont rémunérés indirectement par les contribuables, et c'est à eux qu'ils doivent avant tout rendre des comptes. Aucun dirigeant ne doit jamais l'oublier.

(15) Imaginez quelqu'un qui demande: "fè m jwen yon ti mayi moulen, mwen grangou", et qu'on lui réponde qu' il ne peut avoir du maïs aujourd'hui, mais qu'on lui permettra de manger régulièrement homard et filet dans trois mois. Tout cela est très joli. Cependant, dans trois mois, il ne sera plus vivant. Gérer le présent est incontournable. Les derniers événements l'ont prouvé éloquemment.

(16) Il n'est pas anormal dans tout pays qu'un parti politique veuille garder le pouvoir le plus longtemps possible. Cependant, la manière d'atteindre cet objectif est parfois complètement inorthordoxe. Monsieur le Président, j'ignore si vous aimez le pouvoir et si vous vous y accrochez à n'importe quel prix. Cependant, si vous montrez à vos concitoyens que vous prenez leur cas en considération, que vous résolvez quelques-uns de leur myriade de problèmes, je vous assure qu'ils vous en seront reconnaissants, et que vous et votre parti garderez le pouvoir.... J'AI FAILLI DIRE.... A VIE!!!

J'aurais encore beaucoup à dire, mais je ne voudrais assommer ni vous ni les lecteurs. J'aurais vivement souhaité que d'autres, restés silencieux jusqu'à présent, fassent eux aussi entendre leur voix. Le silence n'est plus de mise, la peur non plus.

Monsieur le Président, je vous remercie d'avoir pris le temps de lire cette lettre. Elle est d'un citoyen qui tout simplement désire ardemment un changement, et qui ne saurait souhaiter le naufrage d'un navire à bord duquel il se trouve lui aussi.

Monsieur le Président, il est très tard, mais il n'est pas encore trop tard. Donnez le ton, le bon ton. Un pays tout entier vous attend. Une nation tout entière demande qu'à vous être reconnaissante de lui redonner sa fierté, son goût de vivre. Il est encore possible pour vous de rentrer dans l'Histoire par la grande porte. CARPE DIEM !

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes meilleurs sentiments.

Philippe Malval

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Au sujet d’une économie suprahumaine et inéluctable!

L’économie politique, entre science et imposture idéologique…

Par Camille Loty Malebranche.

La « science macroéconomique », une ironie plouto-idéologique permanente de la démocratie et du citoyen!         

La plus ignoble et aussi la plus grave des impostures d’experts de notre temps est celle des économistes qui font de l’idéologie dans les médias et veulent nous faire croire qu’il s’agit de science. Car c’est là où achoppent bien des rêves de liberté, de suprématie, et de condition meilleure des peuples qui votent. Puisque le votant, dans l’usage qu’il suppose démocratique du bulletin de vote, n’élit des représentants que pour améliorer son sort matériel et social dans une société plus libre, pourtant partout ce sort, son destin dans la société, lui échappe dans le jeu économique où les dés sont pipés par les establishments ploutocrates. Malgré ses contributions civiles et politiques, les mécanismes de l’activité des puissants agents économiques font du votant un patient qui subit les décisions de ses élus. En effet, les représentants que les votants élisent à la tête de nos soi disant démocraties sont toujours, dès le départ, pris dans les structures ludiques de l’économie et de ses règles fixées par les barons supranationaux et, disons-le, supra-étatiques de l’industrie et du commerce au nom de qui procèdent les financiers spéculateurs des bourses.

Idéologie et science, une confusion à saper.

L’idéologie est, de la plus belle définition, l’entreprise de subvertir ce qui est strictement le fait d’un pouvoir profane en chose sacrée par l’appel à l’acte de foi des masses où les péremptions intéressées des puissants décideurs sont présentées comme transcendant la volonté des hommes et imposées de façon naturelle aux gouvernés. Pour dire bref, l’idéologie en tant que ce qui présente la manière de voir de l’establishment d’un type de société donnée, vision dominante parce qu’appliquée par l’État et fortement médiatisée (en l’occurrence, celle de la société de marché du libéralisme contemporain) tend, dans une société d’extrême illégalité, au mensonge et à la violence du contrôle des consciences pour se justifier. Alors que la science est en soi neutre au départ et se soucie strictement des lois permanentes et des raisonnements méthodiquement ancrés dans les démonstrations de ces lois sans jamais prétendre être naturellement transcendante se contentant, dans un contexte social, d’éclairer l’action des gouvernants sans jamais prétendre prédéterminer les choix politiques au point de se substituer à la politique d’État. Fort de cette courte distinction, il faut voir que l’économie n’est donc science que dans le champ des calculs relevant des différentes branches et lois mathématiques pérennes lui permettant d’évaluer le coût de production et d’échange des biens et services, et sa contribution méthodique à la gestion des ressources tant à l’échelle micro que macro. Hormis cela, dès que l’économie se mêle d’exiger un type de société à l’État, elle est une part de la weltanschauung des maîtres du social et donc, idéologie. Qu’on l’appelle économie politique ou macroéconomie, et quel que soient les postulats ou les prédicats (dirigée, libre, libérale, démocratique, collectiviste) qui lui sont associés dans les jargons courants y référant selon la lubie des spécialistes généralement superbement stipendiés, l’économie, lorsqu’elle concerne et implique la politique des états, est strictement idéologie dans ses choix. Et par là, parce que les puissantes chaînes de médias sont part du système libéral et hypercapitaliste actuel, l’économie est la grande mystificatrice moderne du pouvoir de la ploutocratie matoise qui feint de l’associer constamment et artificiellement aux droits démocratiques des peuples au moment où elle est de fait, une kunée qui dissimule les pires politiques paupérisatrices des masses et les plus vils crimes contre l’humanité. Car l’économie politique n’est pas qu’une affaire d’économistes mais le plan social tracé à l’instigation des ploutocrates, selon lequel est dessiné le sort des peuples par l’État contemporain totalement subordonné à la poignée des Pdg de sociétés privées, pour la plupart multinationales, dont le seul but est en fait microéconomique, c'est-à-dire: le profit des actionnaires.  

Le monde de la surinformation contemporaine - cette information ploutocratique des grands médias, qui, telle une mer déchaînée, nous noie par ses vagues - est donc celui du mensonge désinformant permanent pour la sujétion des majorités exploitées, expropriées, paupérisées de la planète et des pays qui se font dire qu’elles sont coupables de leur misère. C’est aussi un monde de camouflet d’une poignée du nord aux états de la périphérie, détruits par les politiques impérialistes des pays riches qui, après le colonialisme formel, ne cessent de financer des partis politiques factices et de propulser leurs politiciens larbins partout au monde à grands coups d’argent pour garder le contrôle des leviers du pouvoir dans le Sud. 

Ainsi, l’économiste vedette sentencieux, au plus fort de sa superbe de placeur de mots et de moralisateur proférateur d’apophtegmes visant à nous protéger de récession que nos comportements de peuple peuvent engendrer, n’est en fait qu’une putain maniérée et menteuse qui vient séduire idéologiquement par le prétexte de la science, la masse des victimes de l’économie triomphante ploutocratique. Économistes ogres qui psalmodient toujours par leur apologétique d’experts, les compagnies et leurs financiers responsables de nombreuses récessions et souffrances planifiées par soit leur gestion de maximisation extrême du profit soit les spéculations boursières qu’elles commanditent pour influencer le marché soit leur pression sur les gouvernements pour que l’État se désengage de sa mission sociale au profit des sociétés privées. Car antidémocratiques et franchement tyranniques, les cossus maîtres des compagnies sont les premiers ennemis publics des peuples par leur guerre despotique livrée aux programmes sociaux d’État, je cite le droit démocratique des peuples de profiter de l’immense richesse mondiale appartenant à tous parce que produite par tous mais crapuleusement et vampiristement monopolisée par quelques riches surhommes des compagnies et leurs associés du système bancaire et financier. Il faut le dire et se le redire: en dehors des calculs et prospectives strictement techniques que tous - une fois dotés des prérequis scolaires,  peuvent étudier à des écoles supérieures spécialisées les dispensant sous forme de cours - les suggestions politiques bonimenteuses des économistes sur les médias où ces économistes se permettent de nous réclamer sans cesse des sacrifices, de nous accuser de ne pas assez travailler, d’être responsables de nos sous-emplois ou du chômage, ne sont qu’impostures idéologiques. Imposture idéologique aussi que leur déblatération contre les pays du Sud mal gérés, toujours présentés sociocentristement par la presse du Nord comme des alterhumanités plus ou moins inférieures, en disculpant la bestiale responsabilité du Nord dans cette gabegie évidente par son interventionnisme altérant la politique contre les vœux et choix des peuples du Sud! Impostures qui détournent le regard des victimes de l’idéologie économique en faisant diversion pseudo-éthique par la culpabilisation des exploités, le blâme des agressés ruinés de l’ordre social institué par les prédateurs d’une ploutocratie anonyme derrière les  ignominies politiques des États du Nord qui empêchent autant leur peuple que ceux du Sud de choisir leur destin économique. Pure sociodicée abjecte et criminelle contre l’humanité. Aucun mot non plus de nos Charon économistes contre la mafia financière autorisée qui influe souvent sur les bourses et plonge le monde dans des crises factices tout en bombardant l’opinion publique de bobards pour se justifier en jouissant du marché noir qui accompagne lesdites crises. Alors la question qui se pose: de quel droit l’interprétation spécialisée idéologique de l’activité économique en bonne partie déterminée par des politiques financières des bourses et des tendances de marché priorisées par les géants magnats industriels et commerçants, devrait s’ériger en une prédication morale voire en prescription transcendante aux majorités qui, déjà, les subissent? Cette homilétique affairiste de spécialistes à posture hiératique, n’est pas de la science mais un déni du droit à la vérité et au respect dû aux peuples. Connivence et complot d’un monde des affaires - de plus en plus luxuriant grâce à la manne de l’économie virtuelle via la spéculation boursière - et de l’État contre la société globale bafouée pour les sociétés privées.   

L’heure doit être à la reprise en main de leur sort par les peuples, reprise en  main qui ne peut se faire qu’après avoir rejeté, exorcisé l’obscénité de cette sorte d’immense lupanar public et maudit que constitue la grande presse prostituée qui séduit le populo par l’expertise mensongère et les ragots d’une surinformation dénaturée, taillée sur mesure pour plaire à leurs patrons ploutocrates.

En faisant accroire qu’ils sont les seuls à pouvoir comprendre ce qui est essentiel dans la vie quotidienne de tous, je cite l’économie, l’économiste officiel et prêcheur des médias, est le pire des imposteurs mystificateurs, le justificateur des maffieux autorisés des grandes sociétés privées menant la planète comme une nébuleuse terroriste, infernale pour les majorités, dans le dos de L’État manipulé, dénaturé aux commandes des états. État moloch tourné férocement contre les citoyens, pourtant seule fin logique et naturelle de l’État dont ils sont la raison d’être.

Économie des experts médiatisés, imposture idéologique.

L’économie politique prêchée comme une liturgie aux médias avec toutes les raisons transcendantes artificielles de maintien du statu quo, d’exclusion des secteurs populaires gardés volontairement misérables, n’est qu’un stratagème cynique, une sadique argutie pour confner les pauvres et les travailleurs précaires au stade d’armée de réserve du capitalisme, prêts à accepter n’importe quoi pour se sortir des pires dettes et embarras pécuniaires! Le tout selon une imposture gigantesque qui ne répond à aucun principe épistémologique de la science mais qu’habilement les fabulations médiatiques alliées aux experts économistes vedettes, stars prostituées de l’oligarchie ploutocratique, imposent à l’opinion publique. L’on comprend, dans ce contexte d’économie politique néolibérale, que les riches compagnies qui pressent l’État à abandonner toute aide aux masses et tout programme social sous prétexte de créer des emplois - mendient des subventions et de fait, se font aider grassement avec l’argent des contribuables par la prodigalité gouvernementale tout en menaçant de délocaliser si elles n’en reçoivent pas, et qui délocalisent malgré tout un ou deux ans après pour s’installer ailleurs dans des paradis fiscaux et à main d’œuvre quasi gratuite au sud, sans avoir de compte à rendre - ne soient jamais critiquées mais absoutes, justifiées par nos économistes moralistes. Pas plus qu’elles (ces compagnies) ne sont poursuivies par les gouvernements subventionnant. L’exemple du géant informatique Dell - qui s’est fait financer 5000 dollars par le gouvernement comme condition d’ouverture d’un centre d’appel à Ottawa pour chaque individu employé en février 2006, et qui vient de fermer ledit centre d’appel en avril 2008 sans aucune autre explication sinon que leur communiqué stipulant qu’«Ottawa n’est pas une ville rentable pour des centres d’appel» - est probant. Pour revenir à la macroéconomie, dès qu’elle impose un mode de gestion et de vie comme étant la Voie Naturelle inexorable et inévitable de la société globale, selon une économie politique suprahumaine et transcendante vis-à-vis du citoyen considérée immanente à la nature des choses où elle incarne le Bien, la Nécessité inéluctable des hommes; elle délaisse grossièrement la sphère contingente du profane qui caractérise  les sciences sociales et humaines pour s’ériger en métaphysique séculière agressive. En loi cosmique! Cela est d’ailleurs toujours la méthode inhérente à toute idéologie d’exploitation de l’homme par l’homme de se constituer naturalisme incontournable et inviolable comme une sorte de théologie sans Dieu afin de régner en indubitable non questionnable aux dépens des exploités. Imposture cultuelle donc d’un «sacré» sociopolitique, d’un rite laïc grotesque de manipulation des consciences. L’économie politique, parce qu’elle détermine la condition sociale concrète des individus, est l’un des plus lugubres instruments de moulage des vies; la plus terrible et la pire entreprise d’expropriation du destin individuel et collectif de l’homme par l’institution sociale réifiante et phagocytante entre les mains des ploutocrates. L’économie politique capitaliste néolibérale est un behaviourisme structurel infernal de l’ordre systémique ploutocratique dans sa prégnance systématique au quotidien des individus. Comme toute idéologie est pouvoir, l’économie politique capitaliste néolibérale est un pouvoir mangeur d’homme qui se fonde sur la structure financière d’une mafia internationale richissime percevant les peuples uniquement comme instruments de production, de consommation et donc d’enrichissement de l’establishment qui constitue l’oligarchie ploutocratique mondial au dédain des états.

Parce qu’elle passe par la désinformation, la seule force d’atténuation de cette imposture idéologique est l’information totale que la presse alternative peut et doit dispenser contre le mensonge, les demi-vérités et les contrevérités des grands médias courants.

L’économie politique, la macroéconomie appliquée, est chose trop socialement impliquée et trop humainement concernée pour être abandonnée aux économistes, aux experts et aux politiciens.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE 

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