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INITIATIVE
POUR LE CHANGEMENT EN HAÏTI (ICH)

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Plan Pour Le changement économique et social en Haïti

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CHAPITRE VII

CHAPITRE VIII

CHAPITRE VII: Développement Urbain

Programme de Correction Urbaine (PCU)

Ce programme vise à refaire complètement l’image de nos villes en éliminant graduellement nos bidonvilles pour faire place à des zones commerciales et industrielles modernes. En suivant le principe établi dans le cadre du Programme des Communautés Rurales Modernisées (PCRM), l’opportunité sera offerte aux habitants des bidonvilles d’échanger leurs taudis contre des habitats décents dans des cités modernisées. L’objectif du programme est d’abord d'arriver au déplacement volontaire des habitants des bidonvilles en leur offrant de vivre dans un environnement plus humain et plus décent; en suite d’ériger à la place des anciens bidonvilles des installations commerciales et industrielles. Pour ce faire, il faudra trouver des investisseurs intéressés à acheter des habitants des bidonvilles leurs taudis, ce qui permettra à ces derniers de jouer leur partition dans le partenariat qui aboutira à l’érection des nouvelles cités. Les bidonvilles du bord de mer de Port-au-Prince (Cité soleil, La Saline, etc.) auront la priorité dans le cadre de ce programme. Ces cités seront aussi construites en utilisant la technologie de construction "Recobond."

A. La responsabilité de l'Etat dans la construction des cités

Comme c’est le cas pour les Communautés Rurales Modernisées, l'Etat n’aura pas la charge de construire des cités pour les pauvres, mais plutôt leur facilitera la tâche dans la construction de leurs propres demeures. Dans ce partenariat entre des citoyens et l'Etat, la responsabilité de l'Etat sera répartie comme suit :

L’Etat s’évertuera à trouver des terrains à proximité des villes, où des cités peuvent être construites. Il en fera l’acquisition et confiera au Programme de Correction Urbaine le soin d’en préparer le plan d’urbanisme.

Ces terrains seront lotis par les ingénieurs du PCU, en aménageant des espaces pour des rues, des maisons privées, des édifices publiques, des parcs, et des marchés

Des registres seront ouverts dans les bidonvilles visés pour déplacement, aux fins de recevoir les inscriptions de ceux qui seront intéressés à recevoir un emplacement de l'Etat

L’Etat mènera des négociations en vue de trouver des intérêts privés pour acheter les propriétés de ceux-là qui seront intéressés au programme de déplacement

Comme le PCRM, le PCU sera un service autonome placé sous la tutelle des TPTC. Il emploiera des professionnels de la construction dont la tâche sera de construire les maisons privées et publiques des cités

Le PCU possédera des camions à bascule pour le transport des matériaux qui seront utilisés dans la construction des cités. Tous les matériaux qui seront utilisés dans la construction des cités seront transportés par les camions du PCU

Les maisons et les édifices publics des cités seront construits par des employés du PCU

Des Centres dénommés "Maison d'Accueil Juvénile" seront construits dans chaque cité, à la charge de l'Etat, afin d'accueillir les enfants des rues. Ces enfants seront accueillis, logés, nourris et éduqués à la charge du CAS (Caisse d'Assistance Sociale) du Ministère des Affaires Sociales. Il ne devra plus avoir des enfants dans les rues.

B. La responsabilité des bénéficiaires

L’élimination des frais de transport, de payement d’ouvriers, d’achat de terrain permettra aux bénéficiaires de se construire un habitat décent avec très peu d’argent. D’ailleurs, la vente des propriétés qu’ils possèdent dans les bidonvilles à des intérêts privés leur permettra de répondre à leur responsabilité qui se définit comme suit :

· L’achat des matériaux tels que : roches, sable, graviers, ciment, fer, produits "Recobond" (panneaux + produit mixé). L'Etat établira un système de crédit au bénéfice de ceux-là qui ne seront pas en mesure de payer pour ces matériaux. Le remboursement de ce financement sera échelonné sur une période ne dépassant pas vingt ans.

· Toute autre participation volontaire. Les Haïtiens d’outre-mer seront encouragés à aider leurs proches autant que faire se peut.

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CHAPITRE VIII : Réformes Politiques

On est souvent tenté de pointer l’index sur tel ou tel secteur comme responsable du bourbier dans lequel patauge Haïti. Force est de reconnaître que ce n’est nullement le moment de chercher des coupables, mais plutôt celui de trouver des solutions. Cependant, aucun problème ne peut être résolu sans une connaissance profonde de ses causes de base. Les causes à la base de la crise haïtienne doivent être identifiées si l’on veut en parvenir à une solution.

Pour comprendre la crise politique haïtienne, il faut remonter au premier gouvernement d'Haïti, celui de l’empereur Jean-Jacques Dessalines. Très tôt après l'indépendance, les dirigeants de la jeune république sont entrés en confrontation. Le bras de fer s’est soldé par l’assassinat du premier chef d'Etat haïtien seulement 34 mois après l’indépendance. Depuis ce temps là, une lutte sans merci est lancée en Haïti, non pour le développement socio-économique du pays, mais pour le pouvoir.

Cette mentalité de lutte pour le pouvoir crée une série de réactions en chaîne dont le résultat est la situation qui prévaut aujourd'hui en Haïti. Dans la lutte pour le pouvoir, quelqu'un finit par l'emporter et prendre le pouvoir. Le vainqueur qui prend le pouvoir n'est préoccupé que par son maintien au pouvoir. Pour conserver son pouvoir, il est obligé d'utiliser toutes les ressources de l'Etat à sa disposition. Puisque les ressources de l'Etat ne sont pas utilisées pour le bien-être de tous, la minorité au pouvoir devient automatiquement l'ennemi du reste de la population. Cela crée l'occasion pour les opposants du régime en place de fomenter des révoltes et le renverser. Aussitôt que le nouveau vainqueur arrive au pouvoir, le même processus recommence: consolidation du pouvoir autocratique, aliénation de la majorité de la population, fomentation de révolte, renversement, et le cycle continue.

C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre toute l'histoire politique haïtienne de Dessalines à nos jours. Haïti peut être comparée à une manufacture qui fonctionne le soir mais sans lumière et dans une atmosphère de lutte continue entre les ouvriers. Le résultat logique est qu'aucun travail ne peut être réalisé. C'est dans une situation pareille que nous nous trouvons depuis environ deux cents ans. Le peuple, dont la majorité est oubliée dans les mornes, grogne, gémit, sans aucun espoir d’être un jour soulagé de sa misère.

Après le retour du président Aristide en 1994, une occasion en or fut offerte à Haïti pour démarrer pour de bon sur la voie démocratique et du développement. Malheureusement, cette occasion fut jetée dans la poubelle. S’il y en avait la volonté, la présence des 20,000 troupes américaines aiderait à organiser des élections libres, honnêtes, et démocratiques dans le pays. Le résultat serait un parlement et un président élus et respectés par le peuple. Avec l’appui de la communauté internationale, élus comme perdants se mettraient ensemble pour faire avancer la démocratie. Mais, hélas ! En lieu et place d’élections libres, honnêtes et démocratiques on a assisté à une série d'élections frauduleuses de 1995 à 2000. Comme résultat nous avons une crise politique qui menace de compromettre toutes les chances de développement socio-économique du pays.

Une analyse objective des événements politiques survenus en Haïti depuis la dernière intervention américaine en Haïti, incluant les activités électorales de 1995, 1997 et 2000, prouvera irréfutablement les précédentes allégations. Quand on organise des élections frauduleuses, d'une façon ou d'une autre, des droits sont piétinés. Quand les droits des citoyens sont lésés, cela engendre la frustration. Arrivée à maturité, la frustration éclate et entraîne l’instabilité sociale. Dans ce cas, toutes les conditions qui devaient permettre le développement économique sont compromises.

Dans l'un de ses rapports, la Banque Mondiale a illustré cette vérité de la manière suivante :

" La stagnation économique et la pauvreté largement répandue en Haïti ne peuvent pas disparaître du jour au lendemain. Toutefois, les conditions de vie pourraient s’améliorer considérablement et la pauvreté pourrait être réduite-dans un laps de temps relativement court-s’il y avait une stabilité politique et un environnement propice aux investissements privés dans un développement physique, capital et humain".

Tous ceux qui sont soucieux de voir du progrès social, politique, et économique en Haïti doivent admettre que la seule façon de réussir ce pari est de jouer selon les règles. Malgré toutes ses imperfections, la constitution de 1987 nous indique clairement la voie vers la démocratie. Il faut commencer par des élections libres, honnêtes et démocratiques. Cela sous-entend, comme le veut l’esprit de la Constitution, un Conseil Electoral au-dessus de tout soupçon partisan. Tant qu’un secteur continuera à contrôler l’appareil électoral au détriment des autres, on n’aura jamais le climat politique stable indispensable au développement économique du pays.

Des haïtiens se plaignent souvent de la présence de trop de partis sur la scène politique haïtienne. A tort ou à raison beaucoup d'haïtiens pensent que le nombre élevé de partis politiques joue un rôle important dans la prolongation de la crise politique déclenchée en Haïti depuis la chute de Duvalier. Peut-être il y a une part de vérité dans cette façon de penser, mais dans le cadre du pluralisme politique, on ne saurait légalement limiter le nombre de partis à participer dans le jeu politique. Par contre, si on ne peut pas limiter légalement le nombre de partis, il y a un moyen de le limiter pratiquement. A cette fin, nous proposons que l'Etat s'engage à entreprendre les actions suivantes à l'endroit des partis politiques:

1) Tous les partis ou groupements politiques qui avaient présenté des candidats dans au moins 30% de la totalité des postes électifs à pourvoir au cours des élections du 21 mai 2000 recevront un financement égal de l'Etat au cours des plus prochaines élections libres, honnêtes et démocratiques dans le pays. Ce financement doit pouvoir couvrir raisonnablement les frais de ces élections.

2) Les cinq partis ou groupements politiques qui auront reçu le plus de votes au cours des prochaines élections sus-mentionnées recevront un financement budgétisé au cours des dix années qui suivront ces élections.

Ces dispositions devront permettre à Haïti d'arriver à un multipartisme dominé par un nombre de grands partis politiques ne dépassant pas cinq. Cela aura pour effet d'implanter des bases solides à la démocratie haïtienne.

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