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INITIATIVE
POUR LE CHANGEMENT EN HAÏTI (ICH)

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Plan Pour Le changement économique et social en Haïti

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CHAPITRE V : Développement Agricole

I. INTRODUGTION

a) Justification

La régression économique qu'a connu le pays au cours de ces dix (10) dernières années entraîne des conséquences notables sur les conditions de vie du peuple haïtien au point que tout un chacun s'interroge maintenant sur les chances de redressement de la barque nationale. Tous les secteurs de la vie nationale en sont gravement frappés : l'inflation économique, le chômage, l'insécurité, la paupérisation, l'exode et le désespoir forment l'essence du quotidien haïtien.

En vue d'arriver à un changement radical de cette situation macabre qui se développe davantage de jour en jour, nous avons conçu ce plan de développement agricole dont l'application va garantir des jours meilleurs à tout un chacun.

b) Stratégie générale

Les dépenses publiques seront maintenues à un niveau compatible avec la croissance et la stabilité économiques.

Elle porte sur les points suivants :

1) améliorer les conditions socio-économiques de la population rurale afin de diminuer l'immigration vers les villes ; et augmenter le volume de production agricole à l'échelle nationale

2) accorder une plus grande importance aux investissements et actions ayant pour objet d'augmenter la productivité physique (rendement unitaire) et en utilisant au mieux les ressources en eaux et forets ;

3) promouvoir la croissance économique en milieu rural et réduire la disparité des revenus ;

4) développer les ressources humaines et créer des emplois, stimuler la participation du secteur privé au développement agricole.

OBJECTIF A ATTEINDRE

a) Construction, restauration et/ou entretien de systèmes d'irrigation en vue d'augmenter le volume de production agricole dans le pays

b) Réalisation de programmes de petits investissements en milieu rural comme : construction de canaux, de digues, de voies de pénétration, réalisation de projets de développement communautaire de manière à créer des opportunités d'emplois.

c) Amélioration des services d'éducation et d'animation.

d) Création au niveau régional de centres de croissance, qui permettront d'absorber le surplus de main-d'œuvre agricole.

e) Etablissement agro-industriel en milieu rural.

PRIORITE DES PROGRAMMES ET PROJETS POLITIQUES

Les ressources du secteur agricole national sont limitées comparativement aux besoins croissants de la population. Aussi tenant compte des limitations existantes devient-il indispensable d'établir un système de priorités qui, en précisant les nécessités, assure une plus grande efficacité dans l'allocation des ressources respectives.

Dans cette optique, les programmes et projets suivants seront prioritaires :

IRRIGATION

Dans le développement agricole l'irrigation est de la plus haute importance. Malheureusement, elle ne reçoit pas l'importance qu'elle mérite. Toutefois nous allons tâcher de la considérer comme une activité hautement prioritaire.

Promotion de la production des denrées alimentaires et d'exportation.

Puisque le pays confronte actuellement un problème de sous-production qui entraîne forcément une aggravation de celui de la balance des paiements, les mesures immédiates envisagées concernent l'augmentation de la production pour satisfaire la demande interne, les exportations et réduire l'importation des produits agricoles.

Recherche de la production agricole.

Les actions les plus importantes en la matière visent l'augmentation du rendement au moyen de semences améliorées, d'engrais, de pesticides et la vulgarisation en appui aux programmes intensifs de production de denrées. D'autre part, des considérations seront faites sur les possibilités pour le fermier, d'utiliser les résultats de recherche et sur la demande réelle du marché.

Vulgarisation agricole

La politique sera orientée vers l'expansion des activités de vulgarisation et le renforcement des services responsables afin de leur conférer plus d'efficacité.

L'accent sera porté sur la solution de plusieurs problèmes agricoles et sur la promotion de plusieurs denrées économiques à haute priorité. Des zones d'extension pour les denrées les plus importantes seront définies. D'autres activités notamment seconde récolte, création d'institutions, entraînement de vulgarisateurs agricoles à divers niveaux et coordination des travaux de vulgarisation avec la recherche, le crédit et la commercialisation seront aussi encouragées.

ELEVAGE

La politique envisage d'augmenter la production du gros et menu bétail pour satisfaire d'abord la consommation locale et ensuite, l'exportation. L'alimentation du bétail recevra une très grande attention. Les travaux sur la prévention des maladies et leur éradication seront renforcés. Des fermes d'extension seront établies, le système actuel de commercialisation amélioré.

ENVIRONNEMENT

Se basant sur le principe que l'environnement est le patrimoine commun de l'humanité et est nécessaire à la survivance et au développement socio-économique des peuples le plan conçoit une politique clairement définie se basant sur les points suivants :

- La protection et la restauration du milieu ambiant, la conservation, l'augmentation et l'utilisation rationnelle des ressources naturelles renouvelables. Cette action sera menée en tenant compte des critères d'équité qui garantissent le développement harmonieux de l'homme et des ressources, ainsi que leur pérennité en vue d'une contribution sociale maximum au bénéfice de la santé et du bien-être des actuels et futurs habitants du pays.

- La préservation et le contrôle des effets nocifs de l'exploitation des ressources naturelles non renouvelables sur les autres ressources.

- La réglementation de la conduite de l'homme tant au niveau de l'individu qu'à celui de l'activité et de l'action gouvernementale en ce qui a trait au milieu ambiant et aux ressources naturelles renouvelables et aux relations qui naissent de leur usage et de leur conservation.

UTILISATION DES TERRES

Des travaux intensifs de reconnaissance et de classification des sols seront menés de façon à établir leur vocation pour diverses cultures. Ces travaux seront orientés de façon à faciliter l'incorporation des terres jusque là inutilisables dans les aires productives. De même, dans le domaine des tenures de terres, la politique sera orientée vers l'encouragement des exploitants à posséder leurs propres terres, à les protéger contre la dépossession et à assurer justice et sécurité, particulièrement aux exploitants à bas revenus.

PECHE

Haïti, malgré ses 1500 km de côtes doit être considérée comme un pays très en retard dans ce domaine. Malgré un grand besoin en protéines d'une population croissante, la pêche n'est pas même au stade expérimentale voire celui d'exploitation économique. Afin de promouvoir la pêche de façon à répondre à la demande interne, un effort sera fait pour engager l'étape expérimentale avant de passer au stade d'exploitation économique. La promotion de l'élevage en bassin sera également prioritaire surtout en milieu rural où l'amélioration de la diète alimentaire est impérieuse. Des centres orientés vers la recherche sur l'alimentation des poissons, leur saison de ponte, l'identification des espèces etc. seront établis au cours de cette période.

CREDIT AGRICOLE

Il est d'une grande importance dans l'amélioration du revenu des exploitants et dans le développement agricole. Cependant, sa faiblesse a constitué l'une des contraintes au développement du secteur. La politique sera orientée vers le renversement de cette situation en fournissant un crédit adapté par le biais des institutions les plus appropriées du secteur.

COMMERCIALISATION

Actuellement la commercialisation des produits agricoles confronte un problème de marché tant interne qu'externe. Les producteurs n'arrivent souvent pas à vendre leurs produits à des prix satisfaisants et ces derniers varient énormément. Les intermédiaires profitent bien souvent beaucoup plus des hauts prix que les producteurs.

On mettra l'accent sur les voies et moyens nécessaires pour étendre le marché et améliorer la production agricole. Cet effort se fera dans le cadre d'une coopération des institutions agricoles, la construction de silos et autres formes d'emmagasinage et la diffusion des informations aux exploitants agricoles.

INTRANTS AGRICOLES

L'engrais, l'un des plus importants intrants agricoles, est à un prix exorbitant, Et, les exploitants qui en font usage, ne peuvent pas les employer dans la proportion voulue. La politique visera à encourager les agriculteurs à en employer davantage et à meilleur compte.

L'emploi d'équipements de labour à bon marché, de pesticides et d'herbicides etc. sera stimulé.

II. DIAGNOSTIC

2.1- LE SECTEUR AGRICULTURE EN HAITI

2.1.1- ASPECTS GENERAUX

Haïti est un pays avec de grandes capacités agricoles. Si l'on utilise au maximum ses possibilités d'irrigation le pays serait capable de fournir non seulement tous les aliments nécessaires à sa population qui augmente au taux annuel de 1.7 % mais aussi de compter sur un excédent exportable, qui consoliderait le mieux ses marchés de matières premières et de produits agricoles industrialisés.

En dépit d'une baisse de production notable, l'agriculture continue à tenir une place importante dans le revenu national comme le montrent les caractéristiques suivantes :

a) Elle représente plus que 30 % du produit interne brut.

b) Elle apporte environ 20% des devises générées par l'exportation.

c) Elle constitue la source principale de travail et de revenus de 80 % de la population totale estimée à 7 300 000 habitants. On admet que plus que 5 000 000 sont des ruraux.

L'absence de continuité dans les actions entreprises depuis une quinzaine d'années, la faiblesse des moyens financiers et humains mis à la disposition du secteur agricole affectent négativement la politique agricole haïtienne. Celle-ci est notamment handicapée par le véritable détournement des profits monétisés du secteur agricole vers les secteurs non agricoles (industries agricoles, intermédiaires, exportateurs). Ce détournement non seulement limite de manière évidente les possibilités d'autofinancement de l'agriculture haïtienne, mais n'incite guère les agriculteurs à améliorer leur productivité.

Parallèlement aux problèmes susmentionnés, on peut observer les contraintes au développement agricole suivantes :

- Contraintes économiques : Insuffisance d'investissement, inorganisation de la commercialisation, coût du transport et des intrants agricoles, faiblesse des revenus des agriculteurs et aussi celle du crédit agricole.

- Contraintes technologiques : Techniques culturales désuètes, recherche agronomique négligée et faiblesse d'encadrement technique.

- Contraintes institutionnelles : Ressources humaines limitées, carence de ressources financières, inarticulation des relations inter-étatiques.

- Contraintes physiques : Sols érodés, mauvaises répartitions des pluies, insuffisance de réseaux d'irrigation, réseaux d'irrigation non fonctionnels.

- Contraintes organisationnelles : Faiblesse de l'organisation des paysans, inadéquation entre dimension projets exécutés et capacité d'absorption du paysan.

2.1.2- ORGANISATION INSTITUTIONNELLE

La caractéristique principale de l'organisation des Institutions du secteur agricole est la multiplicité des structures. Outre le MARNDR qui s'occupe de l'organisation à l'échelle nationale, on retrouve des institutions régionales telles que l'ODPG, des organisations non gouvernementales ayant des aires d'actions limitées à l'intérieur d'une région, évoluant en vase clos et échappant à toute mesure de contrôle ou de coordination. De plus les rapports entre ces différentes structures vont dans le sens de concurrence, voire même d'affrontement parfois.

2.2- DEVELOPPEMENT DU SECTEUR AGRICOLE

Certaines caractéristiques de la période coloniale demeurent encore dans la structure économique d'Haïti. La culture des denrées d'exportation : le café et la canne à sucre, en dépit d'une baisse de production notable, continue d'occuper un pourcentage élevé de la superficie cultivable. Les données du nouvel ordre économique mondial laissent présager un regain d'importance de ces cultures à coté d'autres qui seront intensifiées en vue de garantir à Haïti sa petite place sur le marché international. De même les données nouvelles de notre population imposent la promotion des cultures vivrières car aujourd'hui, il s'agit de nourrir et de donner de l'emploi à une population sans cesse croissante : 7 400 000 âmes pour tout le pays et 2 300 000 pour Port-au-Prince.

Une grande partie de la population est sous-alimentée. La consommation calorifique moyenne varie de 1 200 à 2 500 cal/jour/personne on peut estimer à 1 700 l'apport calorifique moyen par habitant ce qui est très loin des normes recommandées par la F.A.O pour Haïti. On enregistre alors un déficit de plus de 500 calories.

Les Haïtiens consomment en général les céréales, les racines, les tubercules, les fruits, les légumineuses, les noix, les graines oléagineuses ainsi que la canne à sucre et ses dérivés. Ce qui fait un total de près de 94%. Les produits d'origine animale incluant le lait représentent environ 5%.

2.2.1. CONTRIBUTION DE L'AGRICULTURE AU PIB

La participation du secteur à la formation du PIB ne fait que décroître depuis plus d'une décade. Alors que le PIB connaît un accroissement moyen de 3% la production du secteur ne dépasse pas 1.43%. Les progrès enregistrés restent toujours en deçà de l'accroissement de la population qui est de 1.7% l'an.

De nos jours la contribution n'excède pas 38%

2.2.2. EMPLOI ET REVENU

La population économiquement active du secteur représente plus de 73% de celle du pays et sa productivité peut être estimée à 30% de la moyenne nationale. Elle est constituée en majorité de groupes familiaux. De plus on estime à l00 jours à l'année la durée d'occupation des travailleurs ruraux. Pourtant, il y a des zones où la main d'œuvre n'est pas abondante telles que Cap-Haitien et Plaine du Cul de Sac. Ce chômage explique aussi le problème de migration avec des conséquences incalculables.

Le revenu moyen annuel enregistré pour tout le pays ne dépasse pas $ 130 haïtiens. Le revenu est encore plus bas lorsqu'on considère le cas des agriculteurs qui évoluent en zones sèches.

2.2.3. PRODUCTION

La production totale nationale est formée par la production de subsistance et la production commercialisée. La production de subsistance est celle qui est consommée par la famille de l'exploitant et la production commercialisée est celle qui est vendue pour la consommation intérieure et pour l'exportation.

Selon que le produit est consommé totalement ou partiellement par le producteur on peut avoir :

a) produit dont le plus fort pourcentage est consommé par les paysans.

Il faut citer : le petit mil, les racines et les tubercules, l'arbre véritable, les légumes, les pois.

b) Produits principalement consommés par les citadins de diverses classes sociales.

Ce sont le haricot et le riz. Selon des enquêtes réalisées, 25% des haricots et 10% du riz sont consommés directement par les producteurs.

c) Produits également consommés par les paysans et citadins.

On peut citer le mais, les fruits et la banane plantain.

d) Produits principalement consommés par les familles aisées de villes.

Ce sont les légumes, la viande, le lait et les œufs.

e) Produits destinés à l'industrie

Ce sont : la canne à sucre, le coton, le tabac, le vétiver, le citron.

2.2.4. LE COMMERCE EXTERIEUR D'HAITI

Le commerce extérieur d'Haïti connaît une balance commerciale nettement déficitaire. L'exportation a chuté grandement au point qu'elle est actuellement réduite à des produits de manufactures.

Nos denrées d'exportation d'origine agricole, le café, le coton, le tabac, le sucre, le vétiver etc. ont régressé de façon spectaculaire et nous retrouvons aujourd'hui dans le chapitre de l'importation à côté des produits laitiers des huiles et graisses, coton et vêtements, tabac brut et manufacturé.

Un effort considérable est à faire en vue de renverser la tendance.

2.3. CONSIDERATIONS FINALES

2.3.1- RESUME DES PROBLEMES

Le secteur agriculture révèle une certaine stagnation. La participation à la formation du PIB varie de 35% à 40%. La contribution à la valeur totale des exportations ne dépasse pas 20% actuellement.

Le produit du secteur a cru de 1.5% l'an nettement, inférieur à l'accroissement de la population qui est de 1.7% l'an.

La principale cause est le morcellement exagéré des terres, qui a pour effet d'engendrer une faiblesse structurelle incompatible avec le développement économique du pays. En outre le niveau technologique est très bas ; dans la majeure partie du pays sous agriculture de subsistance les méthodes et les pratiques traditionnelles prédominent. Il résulte de cette situation la création d'une certaine dépendance croissante du pays manifestée par les importations élevées d'aliments de l'étranger pour la consommation locale.

Cette situation a engendré un déséquilibre dans la balance des paiements et l'absence d'un changement significatif dans le niveau de revenu du paysan. Si l'on ajoute la distribution inégale du revenu, l'on comprendra la raison pour laquelle le secteur n'a pas contribué plus efficacement au développement économique et social du pays.

2.3.2- PRONOSTIC

La faiblesse du secteur est évidente et son panorama n'est pas encourageant. L'analyse des facteurs limitant son développement montre une complexité extraordinaire et si la tendance est maintenue on va se trouver dans une impasse. L'équilibre entre les besoins accrus de la population et l'offre d'aliments n'est établi que grâce à des importations.

S'il est vrai que tous les facteurs limitatifs du développement sont d'éradication difficile cela ne veut pas dire que leur solution est impossible. Il est encore temps pour Haïti de reconstruire la capacité de son secteur agricole à accroître sa production en termes physiques, à accroître parallèlement les revenus des agriculteurs en termes réels.

L'ampleur et la diversité des problèmes présentés requièrent une gamme très large de solutions aussi bien que de moyens à utiliser en fonction des régions considérées selon un ordre de priorités bien établi.

III.- POLITIQUES SECTORIELLES

3.1. STRATEGIE

La mise en œuvre des solutions choisies réclame l'utilisation des stratégies diverses qui considèrent les possibilités réelles de développement sectoriel. La stratégie adoptée dans le présent plan est basée sur la matérialisation le plus rapidement possible du marché potentiel que constitue la population rurale active, mais sous-employée. Il faut viser l'incorporation de la population rurale à l'économie nationale.

Cependant il faut reconnaître que l'utilisation de la main-d'œuvre rurale ne peut pas être une responsabilité du seul secteur agricole. Les autres secteurs doivent aussi jouer leurs rôles en participant dans l'exécution d'un programme commun ayant pour objectif la valorisation et l'emploi de cette main-d'œuvre dans les activités franchement de développement rural qui s'impose comme une résultante. Ceci implique une priorité à l'agriculture et une meilleure assignation de ressources économiques ou du moins un conditionnement de l'économie en fonction du développement du secteur. Dans cette optique, des activités telles que : construction d'usines pour la préparation d'engrais et d'aliments pour hommes et bétail auront toute l'attention désirable vu leur incidence dans le secteur agricole. De même, les investissements dans le transport et la communication devront être déterminés en fonction des programmes d'extension agricole. Enfin, sera considéré comme prioritaire un certain type de développement agricole basé sur un processus d'industrialisation intensive, un processus ultime qui utilise les matières premières agricoles et dote le secteur des intrants nécessaires ainsi que des biens et services que l'augmentation des revenus de la population rurale pourra réclamer.

On cherchera aussi à stimuler une prise de conscience paysanne en montrant au paysan son intérêt à bien remplir son rôle et à s'acquitter de sa tâche dans le développement de son milieu et la nécessité de s'organiser pour participer à son propre progrès.

3.2 POLITIQUE

3.2.1- ORGANISATION INSTITUTIONNELLE

Dans le cadre institutionnel les lois doivent être harmonisées avec les tâches imposées par le processus du changement structurel qui s'opère dans le secteur. Le secteur agricole jouera un rôle important dans le processus d'aménagement du territoire et de changement de structure, en contribuant de manière significative à la redistribution rationnelle de la population et des activités de développement.

Le découpage du territoire en régions et sous-régions de caractéristiques homogènes, écologiques, climatologiques et hydrologiques qui serviront de cadres aux projets intégraux d'aménagement, facilitera la planification et la localisation des aires d'action prioritaires dans les programmes d'augmentation de la production.

Le renforcement de la planification tant au niveau sectoriel qu'au niveau régional doit être systématisé. L'unité de programmation doit jouer un rôle déterminant dans la programmation, le suivi, l'évaluation, la préparation des plans et du budget.

L'amélioration constante de la capacité technique et administrative du personnel doit être systématisée de manière à atteindre les objectifs de promotion agricole.

3.2.2- Au chapitre de la production, il est prévu de :

a) Renforcer la prestation des services de l'Etat en les orientant de manière à satisfaire spécialement les besoins des communautés des groupes organisés en coopératives et associations

b) Accorder une plus grande importance aux investissements et actions ayant pour objet la production en augmentant la productivité physique (rendement unitaire) et en utilisant au mieux les ressources en eaux, terres, forêts.

c) Intensifier la recherche agricole et les programmes d'études basiques tendant vers la recherche de solutions techniques et économiques pour les cultures et régions prioritaires.

Les actions de recherche seront orientées vers les points suivants :

- L'étude de la substitution des cultures pour diversifier les exportations et diminuer les importations aux fins de réduire la dépendance et les désavantages résultant de la fluctuation du marché international.

- La promotion, le développement et l'application d'une nouvelle technologie en industrie alimentaire qui utilise des intrants locaux.

- L'étude du meilleur usage de l'eau, facteur limitant dans l'agriculture de plaine, de manière à obtenir un meilleur rendement par unité d'eau.

- La promotion des recherches agro-industrielles de façon à résoudre les problèmes posés par les produits déficitaires comme les huiles, les graisses, la viande, le lait et ses dérivés.

IV.- PROGRAMMES ET PROJETS

L'objectif fondamental poursuivi par ce plan est l'amélioration du niveau de vie de la population rurale. Celle-ci dépend de l'accroissement de la production et de la productivité agricoles, de l'amélioration au niveau de l'emploi et des revenus et de la distribution équitable des ressources et des biens du secteur.

Dans cette perspective se situe la nécessité impérieuse pour le pays d'augmenter systématiquement ses rendements unitaires afin de satisfaire dans les prochaines années la demande potentielle dynamique. Ainsi prévoit-on deux (2) groupes de programmes :

- Programmes indicateurs de production agricole. Ils embrassent l'ensemble des propositions et des actions à caractère national tendant à l'amélioration des termes quantitatifs et qualitatifs de la production agricole en mettant l'accent d'abord sur les besoins domestiques de la population et ensuite sur les besoins de l'exportation.

- Programmes de Services et Aménagements Institutionnels. Ils se rapportent en premier lieu aux actions spécifiques que les différentes entités de l'Etat sont tenues d'exécuter pour appuyer ou orienter les agriculteurs du pays, et spécialement ceux qui possèdent de faibles ressources productrices. En deuxième lieu, viennent les actions se rapportant à l'administration de certaines ressources naturelles renouvelables dont l'utilisation et la conservation sont du ressort exclusif de l'Etat.

4.1. - EAUX ET IRRIGATION

JUSTIFICATION

Les ressources en eaux constituent une richesse naturelle très importante. Aucun projet ne peut être valablement mis en œuvre s'il n'existe un inventaire complet des facteurs hydrologiques et hydrométéorologiques en vue de l'exploitation rationnelle des ressources naturelles.

OBJECTIFS

- Collecter, compiler, analyser les données hydrologiques de base et les données hydrométéologiques des bassins Versants en vue d'établir leur bilan hydrique, d'étudier les crues d'irrigation de protection de sol d'hydroélectricité, de contrôle de l'érosion.

- La remise en état du réseau des stations météorologiques, hydrométéorologiques et hydrologiques, tout en l’amplifiant.

- L'érection d'un laboratoire atelier de réparation, garantissant la durabilité et la précision des instruments scientifiques du service.

OPERATIONS ET PROJETS

1- Etudes de bases

- Bilan hydrique des bassins

- Agro-climatologie

- Prévision du temps

- Débits solides des rivières

- Etude laminaire de l'érosion

2- Aménagement et exploitation des réseaux

- Réseau hydrologique

- Réseau climatologique

- Réseau synoptique

3- Fermes Communautaires

Philosophie du programme - Afin de parvenir à l'augmentation de la production agricole nationale, l'autosuffisance alimentaire et la réduction considérable de la pauvreté dans le milieu rural, nous proposons la mise sur pied du programme des Fermes Communautaires (FC). L'objectif de ce programme est de produire, dans le cadre des FC des plaines, volume pour volume et type pour type, autant que possible, dans des conditions optimales de productivité, tous les produits alimentaires qui forment le panier de la ménagère.

Description physique du projet - Il y aura deux types de FC à travers tout le pays: les FC des plaines et celles des mornes.

FC des plaines - Chaque FC des plaines sera composée de plusieurs centaines de carreaux de terre, situées sur une surface plane, pouvant être labourées à l'aide de machinerie agricole. Elles fonctionneront normalement comme des entreprises commerciales, avec une personnalité civile. Il y aura trois types d'investisseurs : les propriétaires terriens, qui investiront leurs terres, l'Etat et autres investisseurs privés, qui investiront en matériel, en infrastructure, et en intrants agricoles et industriels. La production, vivrière comme animale, au niveau des FC inclura les commodités les plus consommées par les Haïtiens. On y trouvera aussi des usines de transformation agro-industrielle. Une attention particulière sera accordée à la production de poulets et d'œufs.

FC des mornes - Chaque FC des mornes sera aussi composée de plusieurs centaines de carreaux de terre, mais ne sera pas considérée comme une entreprise commerciale ayant la personnalité civile. Ce sera plutôt un ensemble de fermes privées qui seront gérées par leurs propriétaires. L'apport de l'Etat consistera seulement en supervision et infrastructure d'irrigation. La culture privilégiée des FC des mornes sera celle des fruits tropicaux.

Irrigation - L'eau de pluie sera collectée et conservée aux fins d'irriguer les FC. L'Etat construira en amont des zones ciblées de larges réservoirs pour conserver l’eau de pluie. Ces réservoirs seront alimentés par de larges surfaces bétonnées qui faciliteront la collecte des eaux pluviales. Autant que possible, la technique de l'irrigation par égouttement sera utilisée dans les FC des plaines. Des lacs seront aménagés au sein de chaque ferme afin de recevoir les inondations instantanées en période de pluie. Ces lacs seront utilisés comme réserves pour réapprovisionner, par pompage, les réservoirs en période de sécheresse.

Administration - Les investisseurs comme ceux qui travaillent pour les FC à personnalité civile seront rémunérés en nature (à l'exception de la période précédant les premières récoltes), à l'aide de Coupons Agricoles. Ces Coupons Agricoles seront émis par la banque centrale et seront établis sur la base de la monnaie nationale. Ils pourront être utilisés de deux manières :

- Le porteur pourra les utiliser pour acheter directement aux magasins des FC.

- Le porteur pourra les changer en liquidité chez les grossistes qui seront autorisés à acheter des magasins des FC.

Durant la période précédant les premières récoltes, l'Etat accordera des prêts aux FC pour leur permettre de satisfaire leurs redevances salariales.

Dans le but de maintenir l'équilibre des prix sur le marché, le conseil d'administration de chaque ferme aura le pouvoir discrétionnaire pour fixer la quantité de produits échangés contre les Coupons Agricoles.

L'Etat utilisera la part qui lui reviendra des produits des FC pour monter des Magasins Alimentaires (MA). Un MA sera établi dans chaque CRM (Voir chapitre sur le développement rural) situé, au moins, à une distance de 15 kilomètres d'un chef-lieu de commune et 50 kilomètres d'un chef-lieu de département (Ceci, c'est pour décourager la réintroduction abusive des produits des MA sur ces marchés, ce qui pourrait entraver la vente des produits achetés par les grossistes dans les magasins des FC). L'Etat, par le biais de la Banque Centrale, émettra des Coupons Alimentaires qu'il distribuera aux démunis (vieillards, handicapés, et autres personnes jugées démunies) qui habitent dans les CRM où il y a un MA. Ces Coupons Alimentaires qui seront établis sur la base de la monnaie nationale seront utilisés par le porteur pour acquérir les produits offerts par les MA.

L'Etat construira dans chaque CRM où il y a un Magasin Alimentaire un Centre d'Accueil Social destiné à recevoir les démunis.

Chaque FC des plaines sera gérée par un conseil d'administration sous la supervision duquel travailleront les employés de la FC. Les producteurs dont les terres ne feront pas partie des FC des plaines pourront malgré tout apporter leurs produits aux magasins des FC et les échanger contre des coupons agricoles. Des commerçants grossistes seront accrédités pour distribuer les produits des FC des plaines. Seulement les Coupons Agricoles seront acceptés dans les magasins des FC.

Après chaque récolte, au moment de la distribution des dividendes, le conseil d'administration s'assurera qu'il y a suffisamment de réserves en capitaux pour renouveler les moyens de production.

Outre que nourrir la population, l'établissement des Fermes Communautaires contribuera à résoudre :

Le problème du reboisement ;

Le problème des boat-people ;

Le problème de l’exode rural.

4.2. - DENREES ALIMENTAIRES DE BASE

JUSTIFICATION

La production de biens agricoles de consommation n'a pas augmenté au même rythme que la population. D'une année à l'autre, le déficit en produits alimentaires de première nécessité devient de plus en plus notoire, puisqu'il doit être comblé par des importations qui rendent critique la situation économique du pays. La productivité des différents facteurs de production est très basse, mais il existe de possibilité d'amélioration grâce à une action conjuguée et coordonnée des secteurs public et privé. Cette démarche constitue l'essence même de ce plan agricole.

OBJECTIFS

a) Augmentation de la production agricole de manière à améliorer la consommation par habitant de 5% annuellement. En partant de 475 kg/hab./année, on arrivera à près de 600 à l'expiration des cinq années.

b) Augmentation de la production et des rendements par unité de superficie à un taux moyen annuel de 10%.

c) Augmentation du bétail existant de 12% annuellement.

OPERATION ET PROJETS

La production agricole étant du ressort des exploitants du secteur privé, les opérations ne se prêtent pas toujours à une identification commode. Cependant eu égard aux stimulants envisagés par le secteur public, la concrétisation des objectifs de production peut être considérée comme acquise. Le secteur public dans son rôle de catalyseur aura également une participation directe si faible soit-elle dans le domaine de la production, laquelle s'établira dans les activités qui ont du mal à être prise complètement en charge par le secteur privé à savoir :

a) Production de semences améliorées

b) Production à des fins démonstratives et commerciales dans les fermes de l'Etat.

c) Agro industrie

- Création de trois (3) centres semenciers

- Création de trois (3) centres de préparation d'aliments pour bétail

- Reprise de la laiterie des Cayes et celle de Damien

- Création de trois (3) centres de préparation d'engrais organique

- Création de deux (2) centres de préparation d'engrais minéraux

- Centre de mise en boite de fruits et de légumes

- Etablissement d'une usine d'huiles essentielles à base d'orange sûre à Bombardopolis

- Centres de préparation et conservation de fruits de mer (Nord'Ouest, Cap, Cayes)

4.3- MATIERES PREMIERES INDUSTRIELLES ET DENREES D'EXPORTATION

JUSTIFICATION

Durant ces dernières années, la production nationale de matières premières industrielles et de denrées d'exportation a connu une certaine stagnation. Entre-temps, les besoins d'industrialisation du pays et par conséquent de devises, ne cesse d'augmenter. Le développement harmonieux du pays est conditionné par une meilleure contribution de ce sous-secteur à l'économie.

OBJECTIFS

a) Satisfaire les besoins en matières premières et en produits agricoles d'exportation.

b) Augmenter la production de ces biens à un rythme annuel de 8% et les rendements par unité de superficie à 10%.

4.4. - RECHERCHE

JUSTIFICATION

Pour satisfaire les besoins de la population qui croit à un taux de 1.7% et en même temps l'accroissement annuel de 8% dans la consommation per capita d'aliments la productivité agricole devra augmenter dans une proportion supérieure à 10% l'an. Ce rythme de croissance supérieure à celui de beaucoup de pays ne pourra être obtenu que grâce à l'utilisation d'une technologie perfectionnée au moyen de la recherche et application par une grande partie des agriculteurs.

OBJECTIFS

a) Introduction des technologies améliorées au niveau de l'exploitation en vue de résoudre les problèmes immédiats et à long terme de la production agricole.

b) Doter les particuliers d'intrants et d'informations mieux appropriés à l'amélioration progressive de leurs conditions sociales et économiques.

c) Dégager les différentes contraintes qui font obstacle à la mise en valeur de la technologie recherchée.

OPERATIONS ET PROJETS

a) Recherche appliquée

- Nouvelle technique de fumure

- Semences améliorées

- Amélioration génétique et culturale des pois et haricots

- Cultures associées et monocultures

- Luttes aintiparasitaires du cocotier

- Désherbage chimique des cultures

- Variétés de mais

- Variétés de riz

b) Recherche agricole technique

- Conditionnement et stockage

- Fabrication des engrais

c) Recherche animale appliquée

- Croisement d'espèces

- Production

- Centre d'essais agrostologique

- Exportation de pâturage

- Utilisation de résidus industriels

d) Recherche sur les ressources naturelles

- Prospection hydrogéologique

- Recherche sur l'alimentation des poissons

- Calendrier de pêche

- Saison de ponte chez les poissons.

4.5. - VULGARISATION AGRICOLE

JUSTIFICATION

Le service de vulgarisation, tel qu'il existe actuellement ne répond pas aux besoins des régions rurales. Les procédures et systèmes d'assistance aux producteurs sont dépassés. Les structures sociales ont évolué et les aspirations croissantes des communautés rurales augmentent leurs pressions. La vulgarisation se doit alors d'adopter l'organisation de ses services afin qu'ils soient d'une portée plus large et plus rapide.

OBJECTIFS

- On envisage de fournir un encadrement technique à plus de 500.000 agriculteurs afin d'améliorer le niveau technologique et partant leurs conditions d'existence

- Organiser 250 groupes régionaux par année et former les leaders et les jeunes des deux sexes.

- Tenir les producteurs informés des progrès relatifs à leurs activités en usant de tous les canaux de communication disponibles.

- Stimuler une meilleure interaction entre les groupes et les régions par l'organisation de certaines activités telles que : excursions, journées de résultats, foires, expositions etc.

4.6. - ELEVAGE

JUSTIFICATION

La promotion de l'élevage est très importante pour améliorer le régime alimentaire de la population. De type familial l'élevage est d'abord vu sous l'angle d'épargne que sous celui d'investissement productif. Par conséquent, le volume de production est faible, la quantité moyenne et les conditions sanitaires médiocres. A l'exception de quelques rares échantillons, il revient d'améliorer ces conditions grâce aux renforcements de leurs services pour pouvoir apporter aux éleveurs des techniques plus adéquates.

OBJECTIFS

- Encourager les producteurs nationaux de viande, de lait et d'œufs à augmenter leurs rendements respectifs à des taux non inférieurs à 10% l'an.

- Offrir le plus grand nombre de Services à partir des stations techniques

- Contrôler et prévenir le plus grand nombre de maladies qui frappent les animaux.

OPERATIONS ET PROJETS

1- Amélioration génétique et alimentation

2- Santé animale

4.7. COOPERATION RURALE

JUSTIFICATION

Les organisations paysannes constituent l'un des moyens efficaces employés pour promouvoir le développement rural du pays. Dans de nombreux pays développés le secteur "coopérative" prend de plus en plus d'importance dans l'économie de ces régions. Son implantation quoique lente jusqu'à nos jours finira par s'imposer comme un impératif avec l'augmentation de la population et le morcellement des terres.

- Conduire les communautés agricoles vers l'établissement de véritables coopératives de production agricole, en particulier de denrées vivrières, maraîchères et d'exportation.

- Apprendre à la population rurale à résoudre ses problèmes économiques, sociaux et culturels grâce à un apprentissage en groupe et obtenir ainsi les changements de mentalité nécessaires au développement de la communauté.

OPERATION ET PROJETS

1- Création des coopératives agricoles

2- Création des sociétés pré-coopératives

3- Organisations paysannes

4.8. - LE CREDIT AGRICOLE

Ce facteur capital est le plus déficient dans le secteur agricole national. Vu la structure de production et de commercialisation des principaux biens agricoles, beaucoup de producteurs doivent recourir à des prêts à taux d'intérêts élevés, qui augmentent les coûts de production et enlèvent aux agriculteurs le goût du travail. Aussi, est-il nécessaire d'augmenter la quantité de crédits accordés par les institutions et d'organiser leurs systèmes.

OBJECTIFS

Suppléer à la faiblesse de l'épargne en milieu rural, en mettant des ressources monétaires à la disposition des agriculteurs, des coopératives et des sociétés pré-coopératives. Le nombre de bénéficiaire augmentera à raison de 10% l'an.

- Intensifier les crédits agricoles accordés aux petits et moyens producteurs en augmentant les disponibilités totales en fonction des besoins.

- Favoriser l'épargne en milieu rural en vue de libérer le paysan de toute tutelle financière. Les balances annuelles devront atteindre une augmentation de 10%.

OPERATIONS ET PROJETS

1- Crédit aux petits producteurs

2- Crédit aux moyens et grands producteurs

4.9- COMMERCIALISATION

JUSTIFICATION

La commercialisation des produits agricoles demeure l'un des termes les plus importants touchant l'économie nationale. Les mouvements des produits agricoles touchent un nombre considérable d'agents économiques à un moment quelconque : producteurs, marchands et intermédiaires. L'analyse fait apparaître l'insuffisance de la structure actuelle de distribution des produits agricoles.

OBJECTIFS

- Former les agriculteurs sur la meilleure façon de manipuler, conserver leurs produits ainsi que sur les conditions du marché.

- Assurer une meilleure participation des producteurs au processus de commercialisation des denrées d'exportation

- Créer une structure qui assure l'assistance technique en la matière et qui effectue de plus en plus les études de base.

OPERATIONS ET PROJETS

1- Etude de base

- Législation

- Marché national de denrées vivrières

- Prix et information

- Parachèvement des études basiques

2- Amélioration institutionnelle

- Etablissement de centres d'approvisionnement

- Etablissement de centres de stockage de grains

4.10. - LES SOLS

JUSTIFICATION

Le sol, en tant que "Support de vie", est très mal connu en Haïti. Il en résulte une mauvaise utilisation avec de fâcheuses implications. L'utilisation optimale de cette ressource dans un processus de développement socio-économique appuyé sur l'agriculture réclame une meilleure connaissance laquelle doit permettre de définir sa vocation afin de la défendre et de la restaurer.

OBJECTIFS

- Offrir un service plus complet et plus adéquat aux agriculteurs du pays en ce qui concerne l'étude des sols et leur meilleur usage.

- Etude annuelle de 150.000 ha dans les neuf (9) départements jusqu'à déterminer une monographie agricole comprenant la carte des sols qui indique les aspects de leur conservation et de leur restauration.

4.11. - LA FAUNE

JUSTIFICATION

La faune sylvestre a une grande importance scientifique. Pour cette raison, il importe de prendre des mesures en vue de sa conservation. Il faut réglementer la chasse.

OBJECTIF

- Préservation d'espèces animales importantes pour le pays qui se trouvent aujourd'hui en voie d'extinction.

- Préparation d'une législation spéciale qui permettra à la faune sylvestre de se renouveler et de remplir les conditions d'une exploitation adéquate.

OPERATIONS ET PROJETS

- Protection

- Législation

4.12. - PECHE

JUSTIFICATION

Il importe de faire sortir cette activité de son archaïsme et l'organiser sur des bases rationnelles de façon à satisfaire les besoins en protéines de la population et garantir des revenus décents aux gens qui s'y adonnent.

OBJECTIFS

- Augmenter la production locale de poissons et fruits de mer. L'augmentation devra suivre un rythme annuel qui ne soit pas inférieur à 10%, afin d'améliorer la consommation locale et diminuer l'importation.

- Améliorer les services de stations expérimentales pour pouvoir produire et distribuer annuellement une quantité voisine de 2 millions de petits poissons.

- Faire des études de base pour identifier les espèces de poissons, établir un calendrier de pêche, déterminer la saison de leur ponte et recueillir des données indispensables à tout investissement.

OPERATIONS ET PROJETS

1- Pisciculture

- Restauration et entretien de la station piscicole de Damien

- Etablissement de bassins piscicole dans les autres départements

- Production et distribution d'alevins

- Construction de viviers d'élevage.

2- Pêche maritime

- Pêche côtière et artisanale

- Pêche expérimentale

- Législation

- Ports de pêche

- Equipement et matériel

4.13. - EDUCATION

JUSTIFICATION

Le succès de tout programme de Développement axé sur l'agriculture repose d'abord sur la vulgarisation du progrès technique. Il est indispensable d'entreprendre cette mise en valeur d'une façon systématique et intensive.

OBJECTIFS

Le programme vise l'intégration du paysan aux efforts de développement économique et social du pays.

OPERATIONS ET PROJETS

1- Système et matériel de communication

- Renforcement du service de production de matériel éducatif et de radio éducative.

- Formation d'auxiliaires immédiats

2- Education informelle

- Education de sociétaires

- Nutrition appliquée

3- Animation rurale

- Action communautaire

- Formation de leaders

4.14. - FORMATION DE FONCTIONNAIRES DU SECTEUR

JUSTIFICATION

Pour obtenir un meilleur impact des services d'appui, le personnel doit pouvoir faire montre d'une certaine qualification. Il convient d'organiser périodiquement des séances de recyclage de connaissance mais aussi l'acquisition de nouvelles connaissances utiles au développement social et économique du pays.

OBJECTIFS

- Améliorer la qualité technico-professionnelle du plus grand nombre de fonctionnaires publics possibles au service du secteur agricole.

- Garantir des services publics plus opportuns et adéquats aux agriculteurs nationaux.

- Activer et moderniser les cadres administratifs du secteur.

OPERATION ET PROJETS

- Bourses d'études à l'étranger

- Cours nationaux

- Formation en service, Séminaire, recyclage

4.15. - PROGRAMMATION AGRICOLE

La planification s'impose comme l'instrument le plus efficace pour atteindre le développement économique et social. Outre qu'elle doit pouvoir répondre à cette attente l'unité de programmation agricole doit aussi fournir aux responsables, les informations nécessaires à toutes prises de décisions.

OBJECTIFS

- Générer le plus grand nombre possible d'études à caractère social et économique pour la formulation de politique et la prise de décision appropriée.

- Contrôler les activités publiques, évaluer leurs résultats et suggérer les moyens de les corriger

OPERATIONS ET PROJETS

1- Formulation de plans, programme et projets.

- Statistiques agricoles

- Etudes agro-socio-économiques

- Fichier des informations agricoles

- Budget par programme

- Publication des documents

2- Contrôle et évaluation semestriellement

- Réajustement des objectifs

4.16. - ADEQUATION INSTITUTIONNELLE

JUSTIFICATION

Une adaptation fonctionnelle des institutions et une organisation modernisée des services sont nécessaires pour conduire le plan vers ses objectifs. On fait face alors à la nécessité immédiate d'une analyse systématique de chaque INSTITUTION qui permette une vue globale des aspects fondamentaux de l'organisation du secteur et la mise en place des stratégies pour le développement institutionnel.

OPERATIONS ET PROJETS

1- Etude de base

- Collecte et mise en ordre de l'information

- Etudes des Interrelations

2- Réorganisation

- Restructuration

4.17. - COORDINATION SECTORIELLE

JUSTIFICATION

L'exécution du plan sera à la charge des agriculteurs eux-mêmes. L'action des organismes publics de l'Etat, des entités internationales et/ou bilatérales de développement se manifestera à travers les services qui portent ces agriculteurs à réaliser la partie qui leur correspond dans le processus d'exécution. Afin de profiter au maximum des efforts accomplis et mettre un terme à la dispersion d'initiatives existantes il faut, un programme au niveau le plus élevé qui coordonne et oriente toutes les activités en fonction des actions et buts retenus.

OPERATIONS ET PROJETS

- Coordination de programme

- Coordination de l'assistance technique externe

- Coordination du développement régional

.18.- Reboisement et Production de fruits tropicaux

JUSTIFIGATION

La forêt joue dans l'équilibre économique social et physique du pays un rôle essentiel. Rationnellement conservée et exploitée, elle constitue une source indéfiniment renouvelable de produits. On est conscient que la forêt joue sur le sol, l'eau, le climat une action protectrice d'une importance vitale et dont dépendent l'agriculture, l'industrie et le bien-être des populations. Aussi est-il indispensable que le secteur public se charge de la direction et des autres aspects relatifs à son développement et exploitation rationnels.

Le désastre écologique qui menace Haïti est évident. Il ne nous reste qu’environ 1% de couverture forestière. Plusieurs millions de dollars ont été dépensés dans des projets de reboisement. L’échec cuisant de ces projets a donné lieu à des sentiments fatalistes et pessimistes quant à l’avenir d'Haïti. Il y en a qui pensent qu'Haïti est irrémédiablement un cas perdu, et d’autres qui gardent encore la foi, mais sans en connaître la substance. Entre-temps, le processus de déboisement a déjà atteint sa vitesse de croisière. Il nous faut une solution et il nous la faut rapidement. Le temps est contre nous dans cette bataille pour le sauvetage d'Haïti. Un récent rapport de la Banque Mondiale décrit cette situation de la manière suivante :

"Les pressions démographiques ont contribué au déboisement, qui a actuellement atteint un niveau alarmant. Les arbres sont abattus pour dégager des espaces de cultures vivrières ou pour servir de bois de feu ou charbon de bois, et le couvert forestier a diminué à un taux de 15 millions à 20 millions d’arbres par an. Le déboisement s’est encore davantage accéléré au cours de l’embargo, lorsque les défavorisés ruraux et urbains ont recherché désespérément toutes les sources possibles de revenus et que l’approvisionnement en combustibles importés a été interrompu. On estime que les forêts abondantes à une époque sont actuellement épuisées à raison de 97 pour cent, et 25 des 30 principaux bassins versants n’ont pratiquement plus aucun couvert. Les forêts sont réduites à de petites taches isolées, avec des ravins escarpés, de hauts sommets montagneux et des zones côtières de palétuviers. En conséquence de la dégradation écologique, la production agricole par habitant a baissé régulièrement depuis les années 70. Avec la croissance démographique qui se poursuit, les pressions exercées sur la terre ne feront que s’accroître." (Rapport Banque Mondiale 1997)

Le phénomène de déboisement dont Haïti est victime au cours des 40 dernières années doit être compris à la lumière des faits suivants. L’augmentation de la population rurale a aussi augmenté la demande pour de la terre arable. Afin de satisfaire cette demande les paysans se sont lancés innocemment dans une pratique qui se révèle aujourd’hui très dangereuse pour le pays ; celle de la création de “Bois-Neufs.” C’est une pratique qui consiste à détruire des forêts dans le but de créer de l’espace pour la culture. Cela a entraîné notre paysannat dans un cercle vicieux qui, s’il n’est pas arrêté, entraînera certainement la destruction de toutes nos ressources écologiques. Plus il n’y a pas d’arbres, plus la pluie est rare. Plus il n’y a pas de pluie, plus il y a de disette. Plus il y a de sécheresse, plus le paysan est forcé de trouver une alternative à l’Agriculture pour survivre. A partir des années 70, l’alternative s’est portée sur le charbon de bois. L’arbre fut subitement devenu une récolte. Ce qui restait de la couverture forestière du pays n’a pas pris du temps pour être décimé. Entre-temps, la population augmente, parallèlement à la demande pour plus de terres arables. C’est cette situation qui a conduit au processus de désertification systématique du pays. Dans certaines régions, même les arbres fruitiers ne sont pas épargnés. Une pratique courante à travers le pays actuellement consiste à fouiller les souches et les racines d’anciens arbres pour trouver du bois pour la fabrication du charbon. Vu qu’il n’y a pas d’autres sources d’énergie, le charbon de bois répond à plus de 70% des besoins énergétiques du pays.

Nos bassins versants qui devraient garantir le coulement permanent des cours d’eau sont ravagés. Dans certaines régions du pays beaucoup de cours d’eau ont déjà disparu. La faune et la flore sont toutes deux menacées d’extinction. L'Etat a élaboré des lois relatives à la protection de l'environnement, mais elles ne peuvent pas être appliquées. Comment peut-on demander au paysan de ne pas utiliser SON ARBRE pour nourrir SA FAMILLE, si on ne lui offre pas une solution alternative ?

OPERATIONS ET PROJETS

Dans le cadre du présent programme, nous pouvons faire d'une pierre deux coups :

- Nous pouvons reboiser nos bassins versants avec rien que des arbres fruitiers, particulièrement des manguiers.

- Nous pouvons accaparer une bonne partie du marché international de fruits tropicaux, dont la valeur est estimée à plus de deux milliards de US dollars.

"En 1997, la production mondiale des quatre fruits tropicaux vedettes - ananas, mangues, avocats et papayes - a atteint, selon les estimations, la barre des 55 millions de tonnes. Quoique la plupart de ces fruits soient consommés dans les pays qui les cultivent - moins de 5 pour cent font l'objet d'échanges internationaux - en 1996, les importations mondiales de fruits tropicaux se sont montées à 2,2 milliards de dollars US et l'Asie, première région productrice, a récolté sur une superficie de 4 millions d'hectares. Les gros importateurs sont l'Union européenne, qui a consommé 50 pour cent des fruits frais tropicaux commercialisés en 1997, l'Amérique du Nord et le Japon, qui ont consommé respectivement 26 et 10 pour cent.

Les importations mondiales de mangues et d'avocats devraient au moins doubler de 1993-1995 à 2005, avec des augmentations prévues de 53 et 55 pour cent respectivement. Les papayes et les ananas suivent de près, les importations mondiales devant croître respectivement de 46 et 35 pour cent durant la même période.

Dans les pays développés, l'augmentation devrait être soutenue par des réductions des droits de douane et d'autres restrictions à l'importation, la tendance à mieux se nourrir, une prise de conscience accrue des consommateurs et l'amélioration du pouvoir d'achat des immigrés qui connaissent déjà ces fruits". (Internet)

Dans le cadre de l'exécution du programme, l'Etat encouragera la plantation d'arbres fruitiers dans toutes les régions montagneuses du pays. Il faudra éventuellement transformer toutes les zones montagneuses d'Haïti en des forêts d'arbres fruitiers. Comme indiqué tantôt en ce qui concerne les FC, l'eau de pluie sera collectée et conservée aux fins d'irriguer les plantules. L'Etat construira en amont des zones ciblées de larges réservoirs pour conserver l’eau de pluie. Ces réservoirs seront alimentés par de larges surfaces bétonnées qui faciliteront la collecte des eaux pluviales.

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