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Archives d'Editoriaux #52 |
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aux Archives d'Editoriaux en Français La camarilla des intégristes ségrégationnistes d'Haïti est en train de faire de Dumas Mécène Siméus le Rosa Parks de la lutte pour l'égalité civique des citoyens haïtiens de la Diaspora. Quand La Cour de Cassation évoque une loi inconstitutionnelle Réponse à l'article de Jean Erich René :
D’Aristide
à Préval et au-delà...
Débat Par Marie Frantz Joachim [1] Soumis à AlterPresse le 17 février 2006 Après cinq reports de date des élections, les Haïtiens et Haïtiennes ont finalement réussi à se rendre massivement aux urnes le 7 février 2006 pour participer aux élections qui viennent de conduire René Garcia Préval à la tête du pouvoir exécutif. Cette participation à hauteur de 60 pour cent de la population aux urnes peut-elle être interprétée comme une rupture avec le passé lavalassien ? Ou encore faut-il inscrire ce geste dans un cadre plus complexe qui se situe entre une démarcation entre Lavalas et Préval ? Ou enfin une sanction des pratiques de la plupart des secteurs politiques haïtiens, et une réponse au mépris affiché par le gouvernement de transition Boniface-Latortue ? Sans vouloir dresser un bilan du régime lavalas, il nous semble salutaire de rappeler les traits caractéristiques de ce système qui a eu la gestion du pouvoir public au cours de cette dernière décennie si l’on met de coté les trois ans du coup d’état (1991-1994). Un trop grand appétit de pouvoir D’emblée, nous pouvons remarquer qu’en l’espace de douze ans, nous avons connu successivement 2 chefs d’état issus des urnes qui ont été tour à tour René Préval et Jean Bertrand Aristide, ce dernier, pour des raisons qu’on expliquera plus tard, ne réussissant jamais un mandat. Si en 1991, le coup d’état orchestré par le département d’état, l’oligarchie haïtienne et l’armée d’Haïti pouvait être considéré comme un acte qui a foulé au pied la volonté populaire exprimée le 11 décembre 1990, sa démission, en février 2005, a été perçue comme une bouffée d’oxygène. Depuis l’agitation par le régime Lavalas de la nécessité d’amender la Constitution du 29 mars 1987 pour prolonger à 10 ans la durée du mandat du chef d’État, des soupçons ne cessaient de planer sur la véritable intention de ce régime (R. Colbert, AlterPresse, mai 2003). Des actes posés par Aristide ne sont pas allés dans le sens de dissiper le doute. Bien au contraire ! Alors que le parti Fanmi Lavalas est favori aux élections de mai 2000, Aristide orchestre une fraude absolument incroyable lors des joutes parlementaires et locales : bourrage des urnes, modifications des procès-verbaux, etc. Le but de l’opération n’est pas seulement de remporter la victoire mais d’occuper tous les espaces de pouvoir politique en vue d’avoir plus de latitude pour exercer une mainmise absolue sur le pays. Animé par cet esprit d’insatiabilité et de contrôle du pouvoir, « tizè pouvwa » , en été 2002, Aristide s’attaque à l’autonomie de l’Université en nommant un conseil provisoire au rectorat de l’Université d’Haïti, présidé par Charles Tardieu, sous prétexte de la fin du mandat du Conseil élu. Et, comme tout autocrate, il s’en prend aussi à ses principaux adversaires, en l’occurrence des personnalités et partis politiques de l’opposition, qui voient leurs locaux, leurs archives et tout leur patrimoine politique transformer en flammes en décembre 2001. Les libertés d’association et de réunion sur la voie publique sont souvent suspendues par de simples communiqués de la PNH. Des responsables des mouvements sociaux et politiques se font fouetter par des partisans armés du pouvoir et font l’objet de menaces d’assassinat réitérées. Des protestataires sont passibles de toutes sortes de représailles, notamment des actes de kidnappings, de pillages, de viols collectifs sur les femmes et les filles. Les journalistes sont persécutés. Nombreux sont ceux qui se sentent contraints de se mettre à couvert ou qui se réfugient à l’étranger pour ne pas subir le sort réservé à Jean-Dominique ou à Brignol Lindor (respectivement assassiné en avril 2000 et en décembre 2001). La justice est totalement vassalisée. Les commissaires de gouvernement ignorent les décisions de justice, tandis que les accusés circulent librement en toute impunité. Tous les mois de l’année 2002 sont émaillés de cadavres d’innocents, enlevés puis découverts criblés de balles soit à la morgue de l’hôpital général soit sur des immondices à Titanyen (nord de Port-au-Prince). Les enlèvements, disparitions et exécutions sommaires sont devenus monnaie courante. Les arrestations arbitraires sont légions. Sous Aristide, le trafic de drogue dépasse de loin les records atteints sous la junte militaire (C. Wargny, Monde Diplomatique, 2003). La corruption et le narcotrafic pavent les allées du pouvoir de Port-au Prince. Les « OP » (organisations populaires), munies d’armes lourdes, occupent le terrain : au Nord sévit « l’Armée Saddam Hussein » aux Gonaïves, « l’Armée cannibale » ; à Saint—Marc, « l’Armée bale wouze » (« Nettoyage complet ») ; à Cité Soleil, « l’Armée rouge » ; à Petit-Goave, « l’ Armée Domi nan bwa » ( « les Sauvages ») ... Cette inquiétude du mouvement social haïtien va se transformer en une véritable colère suite au passage de la répression à un point culminant. En effet, le 5 décembre 2003 des partisans armés du président, les « chimères », prennent d’assaut, avec l’appui de la police, la Faculté des Sciences humaines. Ils attaquent sauvagement les universitaires présents, qui se préparent à manifester. Le recteur de l’Université d’État, qui essaye de négocier, a les jambes brisées à coups de barre de fer. Deux facultés sont saccagées, des locaux, du matériel, du mobilier, des bibliothèques et archives sont incendiés et détruits. Dans ce contexte, la Plate-forme démocratique de l’opposition, regroupant des partis politiques pour la plupart pas plus crédibles et fiables que le Parti Fanmi Lavalas d’Aristide, voit sa capacité de convocation et de mobilisation considérablement renforcer. On assiste à Port-au-Prince à plusieurs raz-de-marée. Des manifestations se déroulent dans plusieurs autres villes, qui n’avaient connu aucune mobilisation depuis un bon bout de temps. Ce qui fait penser que le mécontentement à travers le pays est profond et que la situation peut basculer. C’est en effet grâce à la pression des manifestations que les partis de l’opposition ne succombé aux injonctions de la « communauté internationale » en vue d’une cohabitation avec Aristide. Même s’il faut admettre par ailleurs, que la prise du commissariat de la ville des Gonaïves par d’anciens mercenaires du président, puis l’entrée en scène de quelques dizaines d’ex- militaires et d’anciens putschistes venus de la République Dominicaine favorisent le départ d’Aristide le 29 février 2004. Deux ans plus tard, cette population, appelée aux élections de février 2006, vote majoritairement René Préval, ex premier ministre d’Aristide (1991), son jumeau, son dauphin de 1995. En d’autres termes, un homme politique fabriqué par Lavalas, élevé a l’école de Lavalas et qui a gouverné selon les principes et les modes de fonctionnement de Lavalas. La parenthèse Préval En 1996, alors que Préval préconise la restauration de l’autorité de l’État, sa désinvolture, son « pourianisme » et sa gestion des relations avec d’autres secteurs politiques contribuent largement à la destruction des institutions, la généralisation de la corruption et les difficultés qui en découlent. Loin de se préoccuper de consolider la démocratie, il décide de dissoudre le Parlement, ce qui, paradoxalement, réduit ses marges d’actions, et par là même, entraîne une nette détérioration du niveau de vie quotidienne de la population. Une détérioration de la qualité de vie des Haïtiens et Haïtiennes qui va grandissant avec la mise en application du plan d’ajustement structurel. Si la résistance populaire et parlementaire à la privatisation est telle en septembre 1995, que le cabinet ministériel s’abstient de signer une lettre d’intention à la Banque Mondiale qui engage Haïti à mettre en vente plusieurs entreprises d’État, René Préval parvient à organisé la vente de la cimenterie et de la minoterie au coût de centaines d’emplois. Plusieurs milliers de fonctionnaires de l’administration publique sont également mis à pied dans le cadre des retraites anticipées (1998-1999). La création du Conseil de Modernisation des Entreprises Publiques (CMEP) qui prévoit un programme de privatisation couvrant 33 unités publiques tous types confondus témoigne admirablement bien de l’intention du modèle économique que veut instaurer le gouvernement de Rony Smarth, premier ministre de Préval (PNUD, Bilan commun de pays, 2003). Il ne semble pas inintéressant de rappeler par ailleurs que c’est sous l’administration de Préval et plus tard sous Aristide (deuxième mandat) que les gangs connus généralement comme une forme d’organisation de malfaiteurs, trouvent leur consécration auprès du régime Lavalas qui se lance dans plusieurs séances de négociations avec eux au palais présidentiel (Raoul Peck et Yanick Lahens, Un pays pris en otage). Ils seront intégrés pas la suite au sein de la Police. On se souvient encore de cette jeune policière, Christine Jeune, qui a été violée et par la suite assassinée pour avoir refusé de serrer la main d’un chef de gang notoire, lors d’une curieuse cérémonie de « réconciliation » organisée par le président Aristide au palais en présence de la presse. La liaison entre le narcro-trafic et le pouvoir Lavalas n’est plus un secret pour personne. En février 2005, lors de son procès tenu en Floride, Jacques Baudoin Kétant affirme qu’Aristide contrôlait 85 % du trafic de cocaïne transitant par Haïti et que lui-même lui aurait versé des dizaines de millions de dollars de commission. C’est donc à juste raison, qu’en novembre 2003, la Coordination Nationale de Plaidoyer en faveur des femmes (CONAP) qualifie ces pratiques lavalassiennes de terrorisme d’état et par la même décrète le régime Lavalas « hors la loi ». A bien analyser les faits, sous quelque soit l’angle qu’on aborde le pouvoir lavalassien, il est difficile de faire une nette démarcation entre Préval et Aristide. Tant du point de vue économique que du point de vue social, politique et sécuritaire, on tend plus vers une dynamique de continuité, de complémentarité que de rupture. N’empêche que pourtant, encore une fois, en février 2006, le verdict populaire se prononce en sa faveur. Alors quel sens peut on donner au vote du 7 février ? Pour comprendre le choix de la population en faveur de Préval, il faut dresser un portrait des deux autres principaux candidats dans la course à la présidence : Manigat et Baker. Manigat, « l’homme du moment » ? « Manigat, est l’homme du moment », se plait-on à dire durant la campagne électorale. Ayant une carrière de Professeur avéré, il préconise cinq mesures. Pour faire face au problème d’insécurité, il propose un élargissement des pouvoirs ordinaires de police. Pour combattre la corruption, il entend prendre des dispositions conservatoires sans préjuger de la culpabilité des uns ou des autres, alors que seule la justice est l’instance compétente pour déterminer les responsabilités. Il recommande comme troisième mesure, la négociation d’une suspension provisoire des déportations systématiques des délinquants coupables et condamnés par la justice américaine. La quatrième mesure est l’adoption d’une politique de casser les prix à la consommation pour combattre la vie chère en tenant compte de la complexité des intérêts acquis dans le commerce d’import-export et de détail. La cinquième mesure, concerne l’acceptation du recours à des « forces spéciales » combinées, d’origine étrangère mais en coordination avec les forces de l’ordre haïtiennes pour juguler l’insécurité urbaine et péri-urbaine. Ce résumé de l’essentiel du programme de Manigat semble rejoindre les préoccupations d’une bonne partie de l’intelligentsia haïtienne qui, pour la plupart, se réclament de la gauche, mais au jour d’aujourd’hui, mettent leurs convictions idéologiques en veilleuse pour sauver le pays de l’abîme. En effet, l’urgence du moment étant de construire la nation, de projeter une image positive du pays, la formule « d’un gouvernement sérieux qui va prendre le peuple au sérieux pour qu’enfin nous ayons un pays sérieux » correspond tout à fait à leurs préoccupations. Dans un pays dominé par le clivage politique, la médiocrité, l’exclusion, l’immoralité, les concepts tels unité, inclusion, compétence, honnêteté, font sens mais n’atteignent pas pour autant la grande majorité de la population, ce qui explique entre autres l’échec de Manigat aux élections. Il faut néanmoins reconnaître que, depuis vingt ans, c’est la première fois le parti de Manigat, Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), a un score aussi intéressant (11.83%) et devient la deuxième force politique aux dernières élections. La percée de Baker L’apparition de Baker, homme d’affaire, comme candidat à la présidence est un phénomène nouveau (durant les 20 dernières années), compte tenu de son origine sociale et de la couleur de sa peau. Depuis Lescot, le pays n’a jamais connu un mulâtre voire un blanc à la tête du pouvoir. Sa candidature vient rompre avec cette tradition qui veut qu’en Haïti, le pouvoir soit l’apanage de gens au teint foncé. Cet aspect n’a pas été abordé ouvertement lors de la campagne, mais il n’en demeure pas moins vrai que d’aucuns s’inquiétaient d’une résurgence des problèmes de couleur en Haïti qui se trouvent à l’état latent. En effet, comme par hasard, en Haïti, il est rare qu’une personne de teint foncé intègre une famille de teint très clair ou une famille mulâtre. La séparation est nette, les mulâtres fonctionnent entre eux, se marient entre eux, se font des enfants entre eux, montent des projets entre eux, s’amusent entre eux....Mais la question de couleur semble ne pas être un handicap en soi. Indépendamment des paysans qui suivent la consigne de vote de leur leader, plusieurs petitEs marchandEs, des ouvrières, des servantes et des gardiens qui ont eu des rapports de travail d’exploitation avec un représentant de la classe bourgeoise haïtienne, peuvent avoir eu une propension à voter Baker. Ils invoquent plusieurs raisons pratiques : Ils veulent un sang neuf, des gens expérimentés dans la création d’emploi, des gens riches (ce qui représente pour certains une garantie contre la corruption). Par ailleurs, le slogan de Baker, « lòd, disiplin, travay » agencé ainsi, quoique rappelant Mussolini, trouve sa résonance parmi des jeunes qui se refusent d’avoir comme seules perspectives d’avenir l’intégration à un gang, le basculement dans la drogue, la reproduction du système de corruption. Ils veulent un pays libre de violence où règnent l’ordre et la discipline, un président capable de faire face à ses responsabilités. Il faut noter cependant que la classe bourgeoise, n’étant pas monolithique, n’a pas constitué un bloc derrière un seul homme. Le danger qu’il représente pour un secteur de la bourgeoisie haïtienne est plus d’ordre économique. Certains pensent en effet qu’avec une aile de la bourgeoisie au pouvoir, cela risque de provoquer du favoritisme pour l’une au détriment de l’autre voire une concurrence déloyale. Son manque de maturité politique n’a pas joué non plus en sa faveur. Avec un homme comme Baker, on part à l’aventure comme on était parti à l’aventure avec Aristide en 1990. Certaines personnes n’étaient pas prêtes à répéter cette expérience douloureuse et catastrophique pour le pays. Choisir Préval quand même Si en dépit du bilan de chaos, de détérioration de la vie quotidienne de la population sous le régime lavalas, Préval a remporté la victoire, il faut se dire que la population haïtienne a établi une nette différence entre l’administration de Préval et celle d’Aristide. Le premier est le seul président depuis le départ des Duvalier en 1986 à accomplir entièrement son mandat, et donc a contribué à une pseudo stabilité. Quoiqu’on puisse reprocher à Préval, il a, entre autres, construit des routes, des écoles et promu un programme de « réforme agraire ». Les classes moyennes ont su aussi profiter de la plage publique de Montrouis (Cote des Arcadins, nord de Port-au-Prince), et des activités culturelles périodiques sur la place d’Italie, au Champ-de-Mars... Pour un gouvernement, ce n’est pas un bilan glorieux, mais à défaut de mieux, surtout après l’échec patent des deux ans de transition ayant suivi le départ d’Aristide, la population n’a éprouvé aucune réticence à opter pour le candidat de la plate-forme Espoir. (Le vote obtenu par Bazin, candidat de « Bò Tab La » fanmi lavalas, qui avait promis dans sa campagne d’oeuvrer au retour d’Aristide une fois élu, est à ce titre assez significatif). Ce renouvellement de la confiance de la population à Preval dénote aussi la faiblesse des partis politiques qui se doivent d’assumer avec dignité leur échec. Ce verdict populaire doit servir de leçon à chacun des dirigeants politiques qui dans leur pratique, n’ont jamais fait preuve d’esprit de tolérance et de respect du principe fondamental de l’alternance démocratique à l’intérieur de leur parti. En ce sens, ils ne proposent aucun modèle différent de ce qu’ils critiquent. La population n’a aucune garantie, qu’ils ne reproduiront pas les mêmes pratiques qu’ils reprochent au pouvoir lavalas. Manigat, même si les intellectuels qui l’ont appuyé, ont fait l’économie de rappeler la manière dont il était arrivé au pouvoir en 1988, la population n’est pas complètement amnésique. De plus, il reste un homme très peu ouvert aux suggestions des autres, confiné dans le cadre de son petit monde intellectuel, et qui a du mal à faire atterrir ses théories. Il n’est pas un homme pragmatique. Les temps sont révolus, la population exige des partis innovants. Il est grand temps pour les leaders politiques, de prendre du temps de construire de véritables partis, de promouvoir leur pensée politique pour que la population puisse dégager les grandes tendances de chacun d’eux et ce qui fait la différence de l’un par rapport à l’autre. Ils doivent développer une pensée sur les grandes questions qui traversent la vie haïtienne notamment la question migratoire, l’aménagement du territoire, la question de la terre, la scolarisation universelle, le chômage, la pauvreté, l’alimentation de la population, la sécurité sociale, l’insécurité, le logement, l’accès à la propriété, les religions, la problématique de l’esclavage et ses conséquences, la question de la famille et ses corollaires, les violences conjugales. Ils doivent savoir mettre de l’avant l’intérêt du pays. Ils doivent penser la politique autrement en cultivant le sens de la construction au détriment de la destruction. Bien entendu, des partis encrés dans une dynamique de changement véritable, devront prendre en compte les revendications populaires, rester à l’écoute des masses populaires et les accompagner dans la quête d’une société égalitaire, équitable, solidaire et juste. La victoire de Préval repose sans aucun doute sur l’incapacité de la classe politique à dresser un bilan scientifique de son passage au pouvoir pour éclairer la population. Qui pourrait tenter de le faire ? On ne pouvait surtout pas s’attendre à voir l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) entreprendre une telle démarche compte tenu du fait de la proximité de ce parti avec Préval en 1996. Rosny Smart, dirigeant de l’OLP, n’était-il pas le premier ministre de Preval ? De ce fait, une critique de l’administration de Préval par l’OPL impliquerait automatiquement une autocritique de celle-ci, démarches, qu’elle ne semble pas prête à faire. Préval a bien exploité la situation en menant sa campagne sur la base de ses acquis quoique pauvres. Donc, la population a voté le Préval de la réforme agraire, de la production nationale, de la pseudo sécurité, des infrastructures, de la stabilité... La population a voté l’ « Espoir » de pouvoir échapper à un certain mal-vivre quotidien, dans lequel il est plus que jamais enfoncé depuis 2 ans. Elle suppose que les kidnappings cesseront, que les gangsters seront derrière les barreaux... que Jean Dominique et Jean-Claude Louissaint trouveront justice ! Elle voudrait aussi que la légèreté, l’arrogance et l’exclusion soient rangées parmi les souvenirs. Préval se montrera-t-il à la hauteur des attentes de son électorat ? Saura-t-il garder le profil sage et humble, dont il a fait montre tout au cours de sa campagne ? Pourra-t-il admettre la désinvolture, le manque de responsabilité, que lui reprochent certaines tranches de la population, et de travailler à les rectifier ? Sera-t-il en mesure de travailler à la restauration de l’autorité de l’État (un État participatif dans l’intérêt public) en œuvrant à renforcer les institutions, conditions sine qua non pour l’instauration de la démocratie en Haïti ? Sera-t-il prêt à lancer des débats autour de grands dossiers qui engagent l’avenir de la nation ? Mais, d’abord, a-t-il vaincu sa peur d’Aristide et des acolytes de ce dernier au point d’être disposé à traiter leur dossier de justice conformément à la loi ? « Il est grand temps de rallumer les étoiles » (Gary Klang) Quant à la gauche, s’il en existe encore une en Haïti, il est grand temps qu’il se manifeste. Il est vrai que les régimes lavalas semblent avoir tué l’espoir, que des branches du grand mouvement Lavalas prétendent vouloir réanimer. Mais rien ne justifie la léthargie actuelle qui ne favorise pas la restitution de tout un ensemble de concepts scientifiques galvaudés par les administrations passées. La gauche doit faire son bilan et tirer les leçons appropriées. Elle doit pouvoir procéder à une analyse en profondeur de la formation sociale haïtienne, élaborer une proposition de refondation. Naturellement, cette réflexion tiendra compte de toutes les nouvelles formes de lutte qui sont en train d’être expérimentées depuis la chute du mur de Berlin et l’amplification du phénomène de la mondialisation. La génération de 1986 est essoufflée, et pour cause, nous avons connu au cours de ces deux dernières décennies beaucoup de déception. Les frustrations et les désillusions sont telles que d’aucuns se demandent ce qu’ils ont fait de leur jeunesse. Rien n’est perdu. Il y a une population qui se cherche, qui a besoin d’être accompagnée, d’être outillée et organisée. La lutte à mener en est une de longue haleine. Changer Haiti, est un processus qui prendra, évidement, le temps qu’il faudra. L’important est d’avoir un idéal de changement, la capacité de réflexion et d’action ainsi que des ressources d’éducation politique permettant d’assurer une citoyenneté de qualité. Vive l’utopie d’une Haiti nouvelle ! P.S.
[1]
Linguiste et militante féministe
Nous n'irons pas à la plage mardi 7 février (2006)
Yves Gardère écrit à M. Valdès
La
vraie bataille est économique PORT-AU-PRINCE, 2 Janvier - La diaspora n'est pas venue pour les fêtes de fin d'année. La monnaie locale va chuter davantage par rapport au dollar américain, suite à ce manque à gagner en devises étrangères. Pendant plusieurs mois, le taux s'est maintenu à environ 40 gourdes pour 1 dollar vert. L'actualité électorale occupe tous les grands titres. Pourtant la vraie bataille n'est pas politique, elle est en réalité économique. Les élections sont presqu'un leurre. Celui qui sera élu n'y coupera pas. Le plan est déjà dessiné. C'est le CCI ou de Cadre de Coopération Intérimaire. Mais pas si intérimaire ou temporaire que cela... On considère ordinairement le CCI comme un ensemble de projets dans tous les domaines (infrastructures, santé, éducation, développement etc). Une enveloppe de US$1,3 milliard a été mise à disposition, mais financée soigneusement par tranches, comme un jeu du chat et de la souris. Or la véritable signification du CCI n'est pas dans les promesses qu'il renferme, mais dans les conditions fixées à l'obtention de cette aide. Ce sont celles imposées au nom du nouvel ordre économique mondial, à commencer par un strict contrôle des dépenses publiques. Il en résulte dans un pays où le premier employeur est le gouvernement, une descente en chute libre dans la paupérisation absolue, y compris pour les classes dites moyennes (enseignants, étudiants, professionnels, artisans etc).
Eléments de réflexion... Pour remplacer les emplois perdus et donner espoir aux dizaines ou centaines de milliers qui viennent gonfler chaque année l'armée des chômeurs, qu'avons-nous?
22 décembre 2005 Moins de deux ans après le départ du prêtre-président
Jean-Bertrand Aristide, la perle des Caraïbes, qui reste la proie des gangs et
des milices malgré la présence de 7 000 casques bleus, survit sous perfusion
de la communauté internationale
La
diaspora haïtienne : Entre admiration et suspicion C’est souvent avec beaucoup de fierté et d’émotion que les
Haïtiens parlent et constatent la réussite sociale, économique et culturelle
de leurs frères et sœurs en terre étrangère. Et pour cause. Car dans un
pays, comme Haïti, où les mauvaises nouvelles (gabegie de toutes sortes,
corruption, cataclysme, barbarie) sont la norme et où les bonnes nouvelles sont
des exceptions, on comprend aisément l’ego des Haïtiens lorsqu’un des
leurs arrive à se faire un nom sur la scène internationale.
est en train de faire de Dumas
Mécène Siméus
le Rosa Parks
de la lutte pour l'égalité civique
des citoyens haïtiens de la
Diaspora.
Allons-nous voir l'apparition
de la désobéissance civique en Haïti?
par Gérard Bissainthe
a. Il faut avouer que probablement Siméus n'en demandait ou n'en espérait pas tant. Le voilà héros malgré lui. La camarilla des intégristes ségrégationnistes d'Haïti est en train de faire de lui le Rosa Parks de la lutte pour l'égalité civique des citoyens haïtiens de la Diaspora Depuis 1989 j'avais réagi sur l'article 15 de la Constitution qui stipule que "la double nationalité haïtienne et étrangère n'est admise en aucun cas ". J'avais fait remarquer que cette clause d'une constitution élaborée à la hâte, un peu à l'improvisade, dans le dessein précis d'EXCLURE des citoyens dont la présence et l'influence semblaient aux yeux des législateurs de l'époque dangereuse pour l'avenir du pays, mettait la nation haïtienne dans une véritable impasse juridique et politique. Cette constitution "expulsait" hors du circuit de la République une catégorie de personnes (j'évite délibérément de les appeler "citoyen(ne)s", parce qu'on en faisait des "non- citoyen(ne)s" ou des citoyen(ne)s de seconde zone) qui constituaient un vaste secteur de la nation haïtienne. Au moins un(e) Haïtien(ne) sur cinq ou même sur quatre se voyait privé(e) de la plénitude de ses civiques et politiques. Ils devenaient des handicapés, incapables de fonctionner à plein régime dans une nation qui est et demeure la leur. En particulier, ils ne pouvaient pas briguer la magistrature suprême du pays. Du coup la situation de toutes ces masses d'hommes et de femmes devenait analogue à celle de collectivités diverses qui au cours de l'histoire avait été victimes de graves, injustes, odieuses discriminations. Leur sort, malgré les apparences, n'était pas meilleur dans leur pays que celui des Juifs pendant la dernière guerre mondiale en Allemagne et dans la France occupée par les Nazis, pas meilleur que celles des Noirs pendant les époques les plus sombres de la discrimination raciale aux Etats-Unis ou même en Afrique du Sud. Ces comparaisons peuvent sembler exagérées, car l'ostracisme se pratique chez nous avec une certaine élégance, voire une certaine douceur, un peu comme cela s'est fait pour les femmes aux époques où elles ont été considérées comme "mineures" et où les hommes "déposaient leurs hommages aux pieds de ces dames", tout en les confinant dans les travaux du ménage et de la cuisine. La condescendance de Leslie Manigat à l'égard de Siméus, dans un texte récent paru sur Internet est caractéristique: il le couvre de son admiration, mais lui fait bien remarquer qu'en dehors d'un rôle de conseiller ou même de manager pour "la promotion des investissements étrangers chez nous, conformément à son domaine de spécialité et à son expérience", il ne peut pas ou plus servir à grand-chose. C'est tout juste si Leslie qui connaît ses classiques, n'ajoute pas, grand seigneur: "Et je vous fais encore en cela, cher ami, beaucoup d'honneur." Leslie veut faire remarquer à Siméus que lui, Leslie qui se proclame mono-national, il fait partie de la Noblesse des Haïtiens à part entière, alors que Simeus qui s'affiche bi-national, n'est qu'un roturier, riche peut-être, mais un roturier quand même; les hautes fonctions réservées à la crème de la crème, au Gotha d'Haïti, lui sont interdites. L'argumentation des segrégationnistes haïtiens est curieusement la même que celle de tous les ségrégationnistes de l'histoire: "Il faut obéir à la loi. Dura lex, sed lex. Pourquoi n'attendez-vous pas tranquillement, patiemment que la loi change, au lieu d'essayer de faire sauter les fondements de la nation?" Ils laissent quasiment tous entrevoir qu'un prochain Parlement modifiera (on ne dit pas comment) l'article 15 de la Constitution. Mais arrive un jour où les victimes en ont marre et Abraham dit: "C'est assez!" Ce jour est arrivé dans l'Alabama lorsqu'on a voulu interdire à Rosa Parks de rester assise dans le bus pendant qu'un Blanc était debout, en lui disant: "That's the law!" C'est la Loi! Cette loi était injuste. Elle est restée assise. Et depuis ce jour-là tous les Nègres d'Alabama ont crié: "Freedom NOW!" Je n'ai pas seulement assisté à ces luttes, j'y ai participé plus tard dans la ville de New York. Lorsque le président de notre campus de la City University of New York a invité à venir donner une Conférence un Prix Nobel du nom de William Shockley qui avançait la théorie qu'il fallait stériliser les Noirs, j'ai demandé et obtenu qu'on publie sur toute la première page du journal du campus mon article qui portait en grandes manchettes et en français ce titre: "J'ACCUSE!" Je n'étais pas encore "tenured" (titularisé). On craignait pour moi. Pas moi. Ma titularisation (tenure) fut avancée d'une année. Les batailles pour la liberté et l'égalité ne sont jamais simples. Elles impliquent bien souvent de franchir un Rubicon. Mais quand on tient bon, on gagne. Siméus a tenu bon. "Non, Gérard Latortue, je ne descendrai pas du bus! Freedom NOW!" Dura lex, sed lex!" lui hurle Gérard Latortue, escorté maintenant d'un Leslie Manigat venu lui prêter main forte. Leslie passe même la main dans le dos de Siméus et lui susurre: "Attendez donc quelques jours, cher ami. Lorsque les choses s'arrangeront [ il ne dit pas comment], je vous trouverai bien un petit strapontin. Pour le moment vous êtes atteint de xénotite aiguë; on doit vous mettre en quarantaine. Restez-y. Je vous apporterai de temps en temps des "oranges. Ne désespérez pas. Après 200 ans d'indépendance presque, le pays a bien fini par avoir un Président femme. Dans moins de deux cents encore, je vous le promets, il finira bien par avoir un président diasporien bi-national. On vit longtemps aujourd'hui, Siméus, soyez patient." Siméus en lui-même se dit: "Si celui-là qui est un des meilleurs me tient ce langage, que vont dire les autres?" Vieux paysan, Siméus est têtu. Les promesses pour l'an 2200 coulent sur la toile cirée de son indifférence. Homme d'affaires, il ne prend que du cash. La foule s'attroupe. Un Siméus qui reste scotché à son siège du bus et un Gérard Latortue escorté de Leslie Manigat qui veulent le forcer à se lever et même à quitter le bus, ce n'est pas un spectacle banal. Les Blancs ou assimilés Blancs prennent tous partie pour Latortue et Manigat et scandent: "SI-ME-US DES-CEN-DEZ!" "SI-ME-US DES-CEN-DEZ!" On fait venir le juge. Le juge tranche en faveur de Siméus. Latortue et Manigat et la foule des Blancs et assimilés Blancs sont scandalisés: "Depuis quand a-t-on vu un juge trancher en faveur des Nègres? C'est triste! La ségrégation n'est plus ce qu'elle était. On ne peut plus compter sur personne." Et ils se mettent à pleurer sur le scandale de la décadence de la morale et du droit Au fond de quoi s'agit? Comme toujours dans ces cas: il s'agit d'une loi qui discrimine contre des dizaines, des centaines de milliers de citoyens pour en faire des parias juridiques et politiques . Car l'article 15 n'est que le sommet de l'iceberg. Il y a tous les règlements tracassiers contre les Haïtiens qui vivent à l'extérieur. Il y a ce regard oblique jeté sur les Diasporiens comme s'ils avaient tous le sida. L'interdiction faite aux Diasporiens binationaux de briguer la présidence n'est que l'épicentre d'un problème qui a aujourd'hui envahi toute la vie nationale. Notre nation est cassée en deux: d'une part des exilés qui vont trimer pour survivre eux-mêmes et pour faire survivre le pays (5 sur 6 dollars du pays viennent de la Diaspora) et d'autre part des citoyens restés dans le pays, et parmi eux une petite mafia qui tient ce pays en otage; ils disent aux exilés: "Ce pays est un pays de Purs. Vous êtes des Impurs. Votre argent passera, mais le bonhomme ne passera pas!" Siméus a décidé de passer. Et il est passé. Et il l'air de dire: "J'y suis, j'y reste!" Siméus est en train de devenir le Rosa Parks de la lutte des Diasporiens contre la discrimination juridique et politique. Dura lex sed lex. La loi est dure, mais c'est la loi. Le "Code Noir" était aussi une "loi" et combien "dure". Les règlements racistes de l'Alabama étaient aussi une "loi" et combien "dure". En 1989 j'avais conseillé la mesure sage de ne pas appliquer cette "loi" injuste, parce que profondément discriminatoire, de ne plus en parler. Le CEP en commençant ses travaux avait choisi de ne pas en parler. La petite mafia des segrégationnistes a réveillé la question par peur des "compétences" de la Diaspora. Cela a mis le feu aux poudres. Le Tribunal de Cassation, notre Cour Suprême, a interdit d'interdire Siméus. Latortue ne s'avoue pas vaincu; plus constitutionnel que lui tu meurs. Il se rappelle Christophe dont il connaît mal le texte: «Je ne rendrai la Constitution que lorsqu'elle sera réduite en cendres...» Curieux! Si on n'avait pas cherché injustement des puces à Siméus, je serais probablement resté sur la colère dans laquelle il m'avait mis en faisant appel aux Marines. Maintenant qu'on veut qu'il quitte son siège dans le bus, je le défendrai du bec et des ongles. Et si cela doit aboutir à une désobéissance civique, je le dis tout de suite: je serai dans le camp des Rebelles. Gérard Bissainthe 17 octobre 2000
Quand
La Cour de Cassation évoque une loi inconstitutionnelle Cependant,
dans l’un et l’autre cas, l’haïtien d’origine cesse d’être
haïtien
le jour même où il acquiert une autre nationalité. La Constitution est très
claire sur cette question en son Article
13: La
Nationalité haïtienne se perd par : a)
La
Naturalisation acquise en Pays étranger D’une
part, dans cet article cité plus haut, il est dit : «...sauf
dans les
cas expressément
interdits par la Constitution... » Probablement, l’interdit
porterait surtout sur les postes d’importance tels : Président, Premier
Ministre, Sénateurs. Etc...
D’autre
part, c’est une loi inconstitutionnelle puisque étant en désaccord
flagrant
avec la lettre de la Constitution. Il est de toute évidence que même
si cette loi serait déjà en application, elle devrait être déclarée
inconstitutionnelle
par décision de la Cour de Cassation. Car, l’une des attributions
de cette Cour est de se prononcer sur l’inconstitutionnalité des
lois. « La
Cour de Cassation à l'occasion d'un litige et
sur le renvoi qui lui en est fait, se prononce en
Sections réunies sur l'inconstitutionnalité des
lois.» DE
LA HAUTE COUR DE JUSTICE Le
Sénat peut s'ériger en Haute Cour de Justice. Les travaux de cette Cour sont
dirigés par le Président du Sénat assisté du Président et du Vice-Président
de la Cour de Cassation comme Vice-Président et Secrétaire, respectivement,
sauf si des juges de la Cour de Cassation ou des
Officiers du Ministère Public près cette Cour sont impliqués dans
l'accusation, auquel cas, le Président du Sénat se fera assister de deux (2) Sénateurs
dont l'un sera désigné par l'inculpé et les Sénateurs sus-visés n'ont voix
délibérative. La
Chambre des Députés, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres
prononce la mise en accusation: a)
du Président de la République pour crime de haute trahison ou tout autre crime
ou délit commis dans l'exercice de ses fonctions; b)
du Premieur Ministre, des Ministres et des Secrétaires d'Etat pour crimesde
haute trahison et de malversations, ou d'excès de Pouvoir ou tousautres crimes
ou délits commis dans l'exercice de leurs fonctions; c)
des membres du Conseil Electoral Permanent et ceux de la Cour Supérieure des
Comptes et du Contentieux Administratif pour fautes graves commises dans
l'exercice de leurs fonctions; d)
des juges et officiers du Ministère Public près de la Cour de Cassation pour
forfaiture; e)
du Protecteur du citoyen. L’enjeu
est important. Les partis politiques et la société civile doivent se mobiliser
pour
empêcher la violation de la Constitution. Et, peut être qu’on
forcera les Juges
de la Cour à revenir sur leur décision inconstitutionnelle. Bernard
Miot
13 octobre 2005
Lorsqu'on
s'appelle Baker !Par Jean Erich René La mondialisation de l'économie a provoqué une grande mutation sociale et politique. Avec la création du TPI ou Tribunal Pénal International, théoriquement un Chef d'Etat peut être accusé de crime et de corruption. Ainsi il devient plus qu'évident pour tout Candidat à la présidence d'être bien imbu des dossiers nationaux et de la nouvelle donne de la politique internationale. Le monde est réduit de nos jours à un village planétaire. L'Internet en un temps éclair diffuse les informations sur toute la surface du globe. Le téléphone cellulaire est omniprésent et transmet l'actualité sur le vif. Le peuple haïtien est à l'écoute des moindres vagissements du monde et veut à tout prix jouir de ses progrès techniques. Il n'y a plus de place pour l'émotion ni les phraséologies creuses. Donner à manger à 8 millions d'habitants, les loger et les vêtir de manière décente tels sont les voeux de la majorité nationale. Formuler des objectifs dans programme de gouvernement ne suffit pas. Il faut aussi indiquer de manière rationnelle et lucide les voies et moyens à mettre en oeuvre pour leurs réalisations. Vu l'état d'avancement de la science actuellement, personne ne peut nous donner la lune comme fromage. Il existe des outils performants permettant d'articuler concrètement toutes les structures nécessaires à l'exécution des projets. La méthode PERT-CPM nous permet de contrecarrer les mensonges éhontés des bâtisseurs de château de sable. Dans un passé récent, la Caravane de l'Espoir s'est lancée à travers les départements géographiques d'Haïti dans e but de proposer un nouveau Contrat Social. Leur but n'était pas du tout politique ni électoraliste s'entendait-on dire! Et maintenant ? Nous avions évidemment avalé avec un grain de sel le Contrat Social des 184 dont le profil rappelle en tout point le Cheval de Troie. Tout changement social véritable a comme corollaire obligé le changement économique ou pour mieux dire une meilleure distribution de la richesse nationale. Depuis 1804 jusqu'à 2005, les Noirs dont les Pères sont en
Afrique n'ont rien eu. Des fils de corsaires, des anciens colons et des colons
des temps modernes qui occupent le Bord de Mer, par leur appétit glouton, ont
tout raflé. A aucun moment de notre histoire ils n'ont jamais manifesté la
moindre velléité de concevoir un projet à caractère national. Des réussites
personnelles, il en existe certes. Quant aux masses de l'arrière pays ils sont
des laissé-pour-compte. Les nantis économiques d'Haïti qui par surcroît font
partie de la minorité visible forment un pays dans un autre pays et un état
dans un autre état. Combien d'hôpitaux ont-ils construit? Ils préfèrent affréter un avion ambulance pour se rendre à Miami en cas d'urgence. Combien d'écoles et d'Universités ont-ils bâti? Combien de projets de logements sociaux ont-ils entrepris pour éviter la prolifération des bidonvilles. Au Canada les Juifs ont lancé l'industrie de la construction et ont instauré le principe de location-vente. Ainsi chaque année les villes s'agrandissent pour répondre aux besoins de la population en pleine croissance. La bourgeoisie haïtienne détentrice des richesses nationales n'investissent pas dans ces domaines et préfèrent transférer ses profits dans des banques étrangères et se contentent du statu quo. Toutes ces initiatives diriez-vous devraient être entreprises par l'Etat. Avec quoi ? Les Commerçants et les Industriels haïtiens de la Sous-traitance versent un salaire de poitrinaire à leurs employés et à leurs ouvriers. Qui pis est, ils refusent de payer leurs impôts et ont pu obtenir un congé fiscal de 3 ans du Gouvernement Intérimaire. C'est sur la base de ce passé honteux qu'un représentant de la bourgeoisie Charles Henry Baker vient de déclarer sa candidature aux prochaines élections présidentielles, malgré une forte opposition de son organisation "Groupe 184". Déjà Mr Barbier nous prévient: il sera un dictateur féroce. La question qu'on doit se poser pourquoi un homme qui n'a jamais travaillé dans l'administration publique veut faire ses premières armes comme Président de la République. Il pourrait s'initier comme maire, député ou sénateur? Deuxième observation le fait de se présenter comme indépendant confirme les déclarations de monsieur Barbier son ex-collègue: c'est un monsieur qui ne peut pas travailler en équipe. Baker n'a aucun lien avec la paysannerie haïtienne. D'origine américaine a-t-il déjà visité la ville de Jérémie ? Sa façon cavalière d'assauter la scène politique prouve qu'il n'a aucun respect pour les masses haïtiennes ni pour les intellectuels de ce pays. Quelle est son expérience dans les affaires de l'Etat? Quelle est sa formation académique ? Connaissez-vous des Baker dans nos communautés rurales ? Une telle candidature est une brèche ouverte en faveur des diplomates du béton pour justifier leurs contestations contre la Bourgeoisie peser sucer. Lorsqu'on s'appelle Baker on ne devient pas Chef d'Etat mais Chef d'entreprise privée.
Réponse à l'article de Jean Erich René : Lorsqu'on s'appelle Baker ! daté du 13 août 2005, par Bernard
Miot Cette idéologie nous a valu le désastre duvaliériste. Les noiristes tenants du pouvoir n'ont pas délivré. Au lieu de travailler, comme promis, a relevé l'homme de l'arrière-pays (les masses de paysans et d'ouvriers), ils ont préféré l'abêtir, flattant ses bas instincts et l'initiant à nouveau, comme durant la période d'histoire précédant l'occupation américaine,aux crimes de toutes sortes réitérant mini-génocide contre les mulâtres, tuant et exilant des hommes qui étaient parmi les mieux instruits, les plus patriotes et les plus honnêtes .Déjà, auparavant dans l'histoire d'Haïti, d'autres régimes noiristes ou populistes avaient déjà commis des mini-génocides contre les mulâtres, tels les gouvernements de Soulouque, de Salnave, de Salomon, de Nord Alexis, de Domingue et de Villebrun Guilaume Sam et j'en passe. Après avoir fait le tour et le contour de l'histoire d'Haïti, les vils propos de Jean Erich René n'arriveront pas ébranler les gens à peau clair qu'il ose appeler « fils de corsaires et d'anciens colons ». Ingrat! Mille fois ingrat! Il veut nous faire oublier que les 3/4 ( 17 sur 23 ) des Généraux, fondateurs de la nation haïtienne, furent mulâtres et donc, fils de colons. Et puis, qu'on ne vienne pas me dire qu'après avoir eu le pouvoir presqu'absolu pendant au moins 100 ans sur 200 ans d'histoire, incluant tout le demi-siècle passé, que les noiristes au pouvoir ne se soient pas suffisamment enrichis pour former aux côtes « des fils de colons » une classe de riches encore plus nombreuse. Sauf qu'après avoir procédé à la prédation des deniers publics, ils entassent leur fortune en banque étrangère. De ce procédé, il en découle que la majorité des grandes maisons d'affaires, magasins, industries, hôtels, banques sont des investissements imputés à la bourgeoisie mulâtre. Ils constituent donc la minorité visible pour deux raisons: de part leur couleur et aussi de part leur succès dans les affaires économiques. Tandis que les autres qui auraient du être plus cossus, puisque ayant dilapidé les deniers publiques avec plus d'appétit, n'investissent pas autant. Ce qui a fini par créer une disparité qui, en réalité, n'aurait pas du exister. Il semble d'après Jean Erich René qu'il faille punir les fils de colons parce qu'ils ont au moins donner du travail à leurs frères haïtiens. De plus,avant le passage de lavalas au pouvoir, il aurait pu
nous parler des pauvres nègres dont les pères sont en Afrique il n'auront donc
rien. Mais, après lavalas, il ne peut pas nous croire avoir si courte mémoire.
On a assisté à un pillage et une corruption pires que sous n'importe quel
gouvernement où la bourgeoisie mulâtre ou noire fut au pouvoir. Tout haïtien
ayant un minimum de probité devrait reconnaître que les noiristes ont échoué.
Durant le demi-siècle écoulé, puisqu'ils ne sont pas partis de la vérité et
n'ont utilisé qu'une idéologie démagogique, ils ont desservi le peuple
haïtien.
Si l'on ne reconnaît pas les erreurs du passé, on ne saurait faire mieux à
l'avenir. Alors, pourquoi toujours vouloir rejeter la responsabilité de
l'état d'Haïti sur les « fils de colons » qui donnent au moins du travail
et, qui en auraient donné davantage s'ils n'étaient pas entravés par des
politiques négatives et destructrices. Nos écoles, universités et hôpitaux
auraient aujourd'hui été mieux équipés si cette politique démagogique n'eut
pas existée. Réveillez-vous peuple haïtien? Ne vous laissez pas abêtir par
les malins qui vous induisent en erreur pour pouvoir s'enrichir à vos dépens.
Aussi, je souhaite, qu'en ce 21ème siècle de lumière, chaque haïtien se
comportera en citoyen intègre quelque soit sa nuance de couleur de peau et,
qu'au lieu Les attaques de M. René contre M. Charles Baker ne sont que du
vent. Il s'est désormais avili et, on reconnaît le haineux en lui. Nous avons
eu tellement de haineux à diriger Haïti qu'ils ont créé plus de distances
entre haïtiens que nécessaire. Si la haine était la voix à suivre, Haïti
aurait déjà progressé à grands pas. Bernard Miot 30 août 2005
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