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Halte
à l'impunité et aux projets criminels contre la liberté de la presse en Haïti
Un
journaliste tué à la machette par des partisans présumés du pouvoir
POUR DEFENDRE
LA DEMOCRATIE

Halte
à l'impunité et aux projets criminels contre la liberté de la presse en Haïti
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Friday, December 7, 2001
Le Groupe de Réflexion et d'Action pour la Liberté de la Presse (GRALIP),
profondément outré du lynchage abominable du journaliste Brignol Lindor le 3 décembre
2001 à Petit-Goâve (à 68 kilomètres au sud de Port-au-Prince), appelle de
ses voeux à la mobilisation de l'ensemble de la corporation journalistique, en
vue de mettre fin au règne de l'impunité dont jouissent des prédateurs passéistes
déterminés à avoir, comme d'autres hier, la peau des travailleuses et
travailleurs de la presse.
Le GRALIP exige des autorités judiciaires de traduire, devant les tribunaux,
les auteurs, complices et commanditaires de l'assassinat, empreint de barbarie
et de primitivisme, du confrère Brignol Lindor, directeur de l'information de
Radio Echo 2000, à Petit-Goâve.
Tout en exprimant son indignation par rapport à ce nouvel épisode sanglant
dans l'histoire de la presse en Haïti, le GRALIP s'interroge sur les multiples
obstacles qui paralysent l'enquête judiciaire sur l'assassinat, le 3 avril
2000, du directeur de Radio Haïti Inter, Jean Léopold Dominique et du gardien
de la station, Jean-Claude Louissaint.
Le GRALIP rappelle qu'aucune disposition institutionnelle n'a été jusqu'ici
prise pour prévenir et punir les actes annoncés et perpétrés contre presse,
depuis le début de l'année 2001, par des membres tout-puissants
d'organisations populaires qui s'identifient sans équivoque au régime lavalas.
Il en résulte une longue période d'agitation politique marquée, aujourd'hui
encore, du sceau de l'intolérance, du fanatisme exacerbé, du personnalisme et
de la volonté, maintes fois exprimée, d'imposer la pensée unique.
Le GRALIP émet de sérieux doutes sur la neutralité, le désintéressement des
autorités judiciaires et policières dans le contexte actuel, caractérisé par
l'intimidation, la maltraitance depuis juin 2001 de plus d'une dizaine de
journalistes, la désignation de certains à la vindicte publique et aussi
l'instauration de la justice expéditive selon la formule " Zéro Tolérance
".
Le GRALIP se prononce aujourd'hui pour une solidarité agissante entre consoeurs
et confrères, ainsi qu'entre tous les médias engagés dans le processus de
construction démocratique, en vue de barrer la toute à la résurgence de ces
pratiques autoritaires et anachroniques qui méprisent souverainement les libertés
fondamentales et le droit à l'information du public.
Les journalistes et les médias s'efforceront toujours de contribuer au progrès
de la société, en rendant compte des faits réels de la vie nationale, avec
professionnalisme et honnêteté, dans le respect des normes démocratiques et
constitutionnelles, sans complaisance aucune. L'amnésie collective et la
capitulation, face à la montée des périls, nous feront toutes et tous devenir
coupables aux yeux de l'histoire.
Le Groupe de Réflexion et d'Action pour la Liberté de la Presse invite le
corps social à s'associer résolument à la lutte en faveur de la liberté de
la presse, corollaire indispensable de toutes les libertés citoyennes, termine
la note du GRALIP qui porte la signature de Vario Sérant, coordonnateur
principal ; Stéphane Pierre-Paul, Assistant-coordonnateur ; Ronald Colbert,
Administrateur.
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Un
journaliste tué à la machette par des partisans présumés du pouvoir
Dans une lettre adressée au président Jean-Bertrand Aristide,
Reporters sans frontières (RSF) a exprimé sa profonde indignation après la
mise à mort par une foule de manifestants de Brignol Lindor, de Radio Echo
2000. Le journaliste a été tué à la machette par des partisans présumés de
Fanmi Lavalas, le parti du Président. Au cours des dernières semaines, des
proches du pouvoir ont été mis en cause dans la multiplication des agressions
contre des journalistes. "Nous vous demandons de mettre fin aux violences
et au climat d'impunité qui règne en Haïti. Nos craintes de voir un nouveau
journaliste assassiné si la mort de Jean Dominique restait impunie se
confirment tragiquement", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général
de RSF.
Ce dernier a demandé à Jean-Bertrand Aristide "de mettre tous les moyens
à la disposition des enquêteurs pour que les auteurs de l'assassinat de
Brignol Lindor soient identifiés et punis". "Nous nous adressons également
à vous en tant que chef du parti Fanmi Lavalas", a ajouté M. Ménard,
"pour que vous adressiez un message très clair à vos partisans afin que
ceux-ci cessent de s'en prendre aux journalistes. Pour que l'impunité recule,
ce message doit également s'adresser aux membres de Fanmi Lavalas concernés
par l'enquête sur la mort du directeur de Radio Haïti Inter, Jean Dominique,
afin qu'ils collaborent avec la justice". L'organisation a par ailleurs
demandé l'ouverture d'une enquête pour identifier et punir les auteurs des
agressions survenues la semaine dernière contre les journalistes Jean-Marie
Mayard, Ernst Océan et Evrard Saint-Armand. Enfin, RSF a demandé au Président
de revenir sur la politique de "zéro tolérance" qu'il avait décrétée
le 28 juin 2001 et qui légitime les lynchages de délinquants ou assimilés
comme tels.
Contexte
Depuis le 1er janvier 2001, une quinzaine de journalistes ont été menacés ou
agressés par des forces de l'ordre ou des partisans de Fanmi Lavalas. Le 9
novembre, l'un des meurtriers présumés de Jean Dominique avait été tué par
une foule de manifestants à coups de pierres et de machette. Jean Dominique, le
journaliste et analyste politique haïtien le plus connu du pays, était mort le
3 avril 2000, abattu dans la cour de Radio Haïti Inter dont il était le
directeur. Dans son éditorial du 19 octobre 1999, il avait vivement mis en
cause Dany Toussaint, membre de Fanmi Lavalas qui a depuis été élu sénateur.
En août 2001, le juge d'instruction en charge du dossier a demandé au Sénat
de lever l'immunité parlementaire de M. Toussaint pour son implication présumée
dans l'assassinat du journaliste. Le Sénat ne s'est toujours pas prononcé.
Brignol Lindor : victime de la politique "zéro tolérance"?
Selon les informations recueillies par RSF, Brignol Lindor, responsable de
l'information de Radio Echo 2000, une station privée de la ville de Petit-Goâve
(68km au sud-ouest de Port-au-Prince), a été tué à coups de pierres et de
machette le 3 décembre 2001 par des partisans présumés de Fanmi Lavalas. Le
journaliste a été tué alors qu'il se rendait à son travail en voiture.
Ardouin Alézi, le directeur de la radio, rapporte que Brignol Lindor s'était réfugié
chez un élu local de Fanmi Lavalas qui l'aurait livré à ses assaillants. Un
ami de la victime qui conduisait le véhicule a eu le temps de prendre la fuite
au moment de l'attaque. L'assassinat a été enregistré à onze heures et le
corps de la victime a été évacué quatre heures plus tard, sans constat légal
et sans présence policière sur la scène du crime. La police n'aurait procédé
à aucune arrestation.
Brignol Lindor avait reçu de nombreuses menaces de mort de la part d'autorités
locales membres du parti au pouvoir après avoir invité des personnalités de
l'opposition à intervenir dans son émission "Dialogue". "Nous
ne savons pas si ce meurtre a des motivations politiques", a déclaré à
la presse Alix Alexandre, le commissaire de police de Petit-Goâve. Pour Junol
Casimir, un collègue de Brignol Lindor de Radio Echo 2000, ce dernier a bien été
tué par des partisans du président Jean-Bertrand Aristide. Quelques jours plus
tôt, des responsables locaux de Fanmi Lavalas avaient menacé d'appliquer à
l'opposition la formule "zéro tolérance". Depuis le lancement de
cette dernière en juin 2001, plusieurs dizaines de criminels présumés ont été
lynchés par la population avec la complicité présumée de policiers, selon
des organisations de défense des droits de l'homme.
Brignol Lindor, trente-deux ans, ancien correspondant local de Radio Signal FM
et ancien secrétaire général adjoint de l'Association des journalistes de
Petit-Goâve, était aussi directeur d'école et inspecteur de la douane de la
ville.
Trois journalistes agressés
Par ailleurs, Jean-Marie Mayard, correspondant de Radio Métropole à Saint-Marc
(Ouest), a été menacé de mort, le 29 novembre 2001, par des membres
d'organisations populaires (OP) proches du pouvoir, lors d'une manifestation de
l'opposition. Ces derniers ont menacé de mort le journaliste, coupable, selon
eux, de ne pas diffuser d'informations favorables au pouvoir. Par la suite,
Jean-Marie Mayard a été interpellé sans raison apparente par des policiers de
la CIMO (Compagnie d'intervention et de maintien de l'ordre), avant d'être
relâché.
Le même jour, Ernst Océan, de Radio Vision 2000, était également agressé et
menacé de mort par des membres d'une OP proche du pouvoir, qui lui ont tiré
dessus et ont crevé les pneus de sa voiture. Ils accusent le journaliste de
travailler pour la Convergence démocratique (opposition).
Le 25 novembre, Evrard Saint-Armand a été agressé puis conduit par un
policier en civil dans un commissariat de Port-au-Prince, sous la menace d'une
arme. Le journaliste de Radio Kiskeya venait d'être témoin d'une altercation
qui s'était soldée par la mort d'un jeune homme. Accusé d'être responsable
de cette dernière, le journaliste a été frappé à plusieurs reprises lors de
l'interrogatoire. D'après l'Association des journalistes haïtiens (AJH), les
policiers "savaient pertinemment que le confrère était sur place en tant
que journaliste". Cette association estime que les policiers auraient agi
en vue de "discréditer la presse". Evrard Saint-Armand a été relâché
après plusieurs heures, grâce à l'intervention des dirigeants de sa radio et
de hauts gradés de la police. Son matériel a été détruit, l'empêchant de
diffuser l'enregistrement de son interpellation.
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Episcopal
Conference of Haiti press release
November 30, 2001
The Lord said: “I
have indeed seen the misery of my people. I have heard them crying out, and I am
concerned about their suffering.” (EX 3:7)
Towards us too,
Bishops, the anguish and the cry of the Haitian people are rising. This is why
convened in Episcopal Conference, we want today and in this place, to echo their
lamentations. The country and the people are exhausted. Their lamentations are
tearing our hearts: Cries of despair and cries of anguish reflecting their
distress. However from many citizens we are hearing, the roar of the revolt
protesting the lack of concern for their suffering, the lack of respect for
their human dignity, the indecency of the scandalous lies to deceive them. With
the people, we denounce all these humiliating deceptions.
The year 2000
elections were spoiled by grave irregularities, which constitute one of the
principal elements of the crisis. We recognize however, that the protagonists
went through many stages, which seem to yield, few positive results. One could
then believe in good faith, that they were motivated by good will, in the search
of an agreement. But when one analyzes thoroughly the actual situation,
searching deep into the facts; one finds himself facing ambivalent positioning
condemned energetically by the whole country.
Today, in concert
with the people and in their name, we demand unequivocal gestures. It is time
that the given word to be respected and kept as a word of honor. All solutions,
certainly in this circumstance, require sacrifices and abnegation from all
sides. It is not for us Bishops; to dictate the clauses of the indispensable
understanding that one is searching for, an agreement in good faith that must be
respected scrupulously. It is nevertheless, in our responsibility, to emphasize
that with the agreement, it is also necessary to have a profound structural
reform, respecting the principles of separation of power.
It is our
responsibility as well and above all, to call upon the conscience of the
political leaders, men and women of all tendencies and all sensibilities, for at
last they listen to the outcry of impatience rising dangerously to their hears,
for them to intervene and act upon the atrocious suffering of the people, for
them to accept, if it is necessary, to lose, to let the people win. From both
sides, they should be ready even to “lose face” to save their brothers and
sisters, for which they clam, that they are defending their causes. For “The
greatest among you should be like the youngest, and the one who rules like the
one who serves.” (LK 22:26.) Jesus himself became a servant, even a slave. (PHP
2:6-8.)
The Episcopal
Conference, by a supplication coming from the heart, invites, exhorts and
implores Lafanmi Lavalas, la Convergence Démocratique, all sectors of the
national life, to transcend the partisan contingencies, raising themselves at
the level to place the entire nation’s interest before theirs. They must
accept, in a spirit of self-sacrifice, to surrender even their legitimate
interests to the interest of social peace. They must give proof of their civism,
of their patriotism and of their unselfishness. The whole nation will owe them a
debt of gratitude.
We are taking this
opportunity to transmit to our collaborators in the pastoral field, to the
congregation, the call of the Holly Father, to observe on the December 14, a day
of prayer, of fast, and of sharing, to obtain from the Lord, peace in the world.
The Pope is addressing the Catholics. Here
we would like to associate all our Christian brothers, all men of good will, for
with one heart we beg the Lord to have mercy on us.
This Press release
has the signature of:
Bshp. Hubert
Constant, Bishop of Fort Liberté, ECH president
Bshp. Louis Kébreau, Bishop of Hinche, ECH sec. General
Bshp. Francois Gayot, Bishop of Cap Haitian
Bshp. Frantz Colimon, Bishop of Port-de-Paix
Bshp. Joseph Serge Miot, Archbishop coadjutor of Port-au-Prince
Bshp. Pierre Antoine Paulo, Bishop coadjutor of Port-de-Paix
Bshp. Guire Poulard, Bishop of
Jacmel, ECH vice-president
Bshp Francois W. Ligondé, Archbishop of Port-au-Prince
Bshp. Emmanuel Constant, Bishop of
Gonaives
Bshp. Willy Romélus, Bishop of Jérémie
Bshp. Joseph Lafontant, Bishop auxiliary of
Port-au-Prince
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POUR DEFENDRE
LA DEMOCRATIE
CONVERGENCE DEMOCRATIQUE
105, Bois Verna, Port-au-Prince, Haïti, téléphone 245-4534.
Encore une fois, en cette date historique du 29 novembre, à St. Marc, un
pouvoir dictatorial a fait couler le sang du peuple: 1 mort et 5 blessés par
balles. Parmi les victimes FRANCK RENE, 70 ans, ex-candidat à la députation et
lutteur de vielle date pour la démocratie. La répression a été déclenchée
par les tueurs, Paul Polux, Jean Ray Eugene, maires Lavalas et le groupe Bale
Rouze, contre une manifestation pacifique organisée par la Convergence Démocratique
pour signifier le rejet du peuple au pouvoir Lavalas. Les dirigeants de la
Convergence, en particulier, Nérestan Stainphon, Jean Hughes Mayas,
Jean-Marie Narcisse et Nixon François sont poursuivis et leur vie est en
danger. La population est terrorisée par les hommes de la Swat Team, qui,
à la recherche des militants de la Convergence, et en violation de toutes
libertés citoyennes, fouillent systématiquement les voitures et les maisons
dans la ville de St Marc.
Dans tout le pays, face à la résistance citoyenne qui grandit la répression
se généralise. A St Marc, à Petit Goâve, au Plateau Central, aux
Gônaives,
à Jacmel, à Marigot, au Cap, à Jérémie, aux Cayes, en violation de la
Constitution, le pouvoir interdit les réunions, agresse les manifestations
pacifiques. Il utilise pour dominer la population, les soi-disant organisations
populaires, les chimères, les élus locaux, le corps spécial de Swat
team amené en hélicoptère à partir du palais national. Munis des armes de
guerre, ces massacreurs tirent à vue et exercent la plus grande brutalité,
contre des citoyens désarmés. De là la politique de répression systématique
contre les journalistes.
En fait, la Constitution a été mise en veilleuse. La nation est livrée à
l'arbitraire et aux violences d'un Etat totalitaire. Jean Bertrand Aristide a
retiré le masque et révèle clairement sa condition de dictateur. La
Convergence Démocratique appelle le peuple à se dresser contre ce régime
criminel et corrompu qui a trahi la cause de la démocratie et a instauré un
pouvoir totalitaire anti populaire et anti national
C'est par la mobilisation que nous forcerons Jean Bertrand Aristide à la négociation
véritable ou à la démission. L'heure est décisive. Préparons nous à gagner
les rues en masse contre le pouvoir illégitime. Manifestation, grève,
dénonciation,
désobéissance civile. Ne payons pas de taxe, pas d'impôts pour nourrir les
grands mangeurs de la DGI et du palais national. Etudiants, travailleurs,
commerçants, chômeurs, femmes, jeunes, patriotes de toutes tendances debout ! Unissons-nous
dans le grand front pour la démocratie
Comme les populations de St Marc, de Petit Goâve, levons- nous de façon
pacifique et résolue contre les assassins, contre la misère, contre le
chômage pour la conquête de la démocratie et du changement.
LA CONVERGENCE DEMOCRATIQUE
30 novembre 2001
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