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Archives d'Editoriaux #17

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Mane, Thecel, Pharès ! Bal la fini!

L'INSTAURATION DE LA DÉMOCRATIE: LES GAFFES DE L'OEA!

Haïti 2 années d'une crise qui n'en finit pas

Mane, Thecel, Pharès ! Bal la fini!

Par Jean Érich René


Le peuple haïtien vit actuellement une triste page de son histoire. Point n’est besoin de mentir ni d’essayer de cacher la vérité. L’égoïsme de certains hommes politiques a fait échouer le projet de société le plus prometteur de l'histoire d'Haiti. Face au déluge qui s’annonce partisans et sympathisants commencent déjà à cracher leurs déceptions.

 

Les cris de douleur ne partent pas seulement de l’opposition haïtienne. Non! Le constat d’échec est général. Le scandale est national et international. Point n’est besoin d’invectiver qui que ce soit pour ses réflexions défavorables au régime lavalasse. Le refrain est sur toutes les lèvres partout en Haiti et dans le dixième.


Le peuple haïtien le 16 décembre 1991, personne ne peut le nier, avait déposé ses bulletins de vote en faveur de Jean Bertrand Aristide, pour dire non à l’insécurité, non aux abus de pouvoir, non au clientélisme politique, non au vol, non au gaspillage des deniers publics, non au culte de la personne, non à la dictature. Aujourd’hui, nous pouvons crier haut et fort: diem perdidit. Nous avons perdu notre journée, nous avons été roulés comme des nonos. Nous avons introduit un loup dans la bergerie.

Mane , Thecel, Pharès! Cette phrase prophétique fut écrite par une main invisible en guise de menace sur les murs du Palais royal au moment où Cyrus pénétrait dans Babylone.


Mane , Thecel, Pharès! Compté, pesé, divisé, la machine politique haïtienne a broyé Jean Dominique, Antoine Izméry, Jean Marie Vincent, Brignol Lyndor etc. Avec le temps et les manœuvres de blocage de l’appareil judiciaire, l’origine de ces crimes devient claire pour tout le monde, même pour les analphabètes qui ne sont pas aussi bêtes qu'on le pense.   Eux aussi, ils commencent à rechigner.

Mane , Thecel, Pharès! Compté, pesé, divisé, l’administration haïtienne sous le régime Lavalasse devient une véritable caverne d’Alibaba. Partout dans les bureaux en Haiti, il y a un chat qui miaule. Le Gros Mimi ne peut pas se prononcer, au contraire il fait le dos rond et se pourlèche les pattes. Jusqu’à présent on n’arrive pas à retracer les 20 millions de dollars donnés par Taiwan pour la réfection de la route de Carrefour. Le Parlement haïtien devient une succursale du marché de la Croix des bossales où nos mandataires partagent le riz la paix et des feuilles de tôle. Quelle déchéance! Quelle honte!

Mane, Thecel, Pharès! Compté, pesé, divisé, les familles haïtiennes n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Le prix du loyer augmente de jour en jour. Parfois il faut payer en dollars américains. Le panier de la ménagère se rétrécit. Pour acheter un coq-poule au marché il faut 35$. Le chômage devient endémique. Il n’y a pas d’électricité même au voisinage du Palais national.

Mane , Thecel, Pharès! Compté, pesé, divisé, la vie des leaders politiques et des journalistes est en danger. On a détruit le local de leurs partis, aussi bien que leurs maisons. Il suffit de cliquer du doigt pour provoquer et exécuter un coup d’état afin de se défaire de ses ennemis. Les hommes d’affaires sont aux abois. Ils ne peuvent pas dormir en paix, ni jouir du fruit de leurs efforts. Ils doivent verser des rançons au grand patron pour garantir leur sécurité. Sans quoi, ils seront kidnappés.

Mane, Thecel, Pharès! Compté, pesé, divisé, Aristide demeure l’homme le plus populaire d’Haiti se plaisent à répéter les thuriféraires du régime! Ok, mais pourquoi il n’y avait personne dans les rues, lors des élections du 26 novembre? Pourquoi doit-il payer les membres des organisations populaires pour faire brûler les pneus et incendier les maisons des opposants? Aristide est plus populaire que jamais! D’accord. pourquoi il ne circule qu’en hélicoptère pour faire le court trajet Tabarre-Palais national chaque matin et chaque après midi? Aristide est le chouchou du peuple haïtien ! Vrai ou faux ? En tout cas il a augmenté le nombre de ces agents de sécurité et il a dépensé, selon le Miami Herald, jusqu’à 9 millions de dollars pour sa sécurité personnelle. Jean Claude Duvalier lui aussi, à la veille du 7 février croyait qu’il était populaire, parce que ses Ministres d’État l’abreuvaient de mensonges.


L’heure de vérité est enfin arrivée. Le compte à rebours vient de commencer. Les prochains jours seront riches en rebondissements politiques.

 

Mane : le peuple a mesuré l’étendue de ton royaume Balthazar et jugé que Haiti ne connaîtra aucun progrès avec toi.

 

Thecel: tu as été pesé et jugé trop léger pour continuer à conduire la barque nationale.

 

Pharès: tout le monde t’abandonne maintenant, ton royaume est divisé, il sera donné à Darius le Mède. Tu tomberas prochainement de ton trône Balthazar parce que ton cœur s’est endurci.

 

Tu as trompé tout le monde: le pape,  le peuple, tes partisans. Tu as déjà reçu tous les sacrements de l'église: le baptême,  la confirmation, l'eucharistie à la fois l'ordre et le mariage. Tu exagères! Il ne te reste maintenant que les derniers sacrements: la pénitence et l'extrême onction.

 

Tu n'es plus le petit père  des pauvres de St Jean Bosco au verbe pompeux et succulent que tout le monde adorait. Au contraire tu as augmenté le nombre des millionnaires aussi bien que le nombre des poitrinaires.

 

Tu n’écoutes plus ceux et celles qui ont fait de toi ce que tu es devenu. Tu t’es enivré du vin de l’ingratitude au point de faire alliance avec tes ennemis, tandis que tes partisans, tu les méprises. Tes louanges maintenant, tu ne les rends qu’aux dieux d’or et d’argent. Voilà pourquoi une main invisible a tracé sur les murs de ton palais cette phrase prophétique : Mane, Thecel, Pharès : bal la fini!

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L'INSTAURATION DE LA DÉMOCRATIE: LES GAFFES DE L'OEA!

Lettre ouverte à César Gaviria et Luigi Einaudi.

Chers Messieurs:
Doit-on crier: Haro sur les baudets! Car, après tant d'efforts plus ou moins louables, après tant de voyages stériles,tant de discussions oiseuses, l'on s'attendait quand même à une heureuse finalité. Une finalité qui eut redressé une situation illégale! Une finalité qui eut enfin amené des élections crédibles et honnêtes!   Et enfin, un soulagement, un peu d'espoir au peuple qui souffre depuis si longtemps! La fin tant souhaitée, tant attendue d'une ère combien désastreuse! Le début d'une marche vers la démocratie en Haïti! Une envolée majestueuse vers un avenir meilleur à l'aurore des deux cents ans d'indépendance de la nation haïtienne! Comment, se demande-t-on, pouvez-vous laisser Jean-Bertrand Aristide à un pouvoir qu'il a usurpé? Vous ne pouvez pas, vous ne devez pas ignorer que les élections présidentielles comme les élections législatives furent une farce grotesque, une fraude monumentale, une injustice flagrante que la communauté internationale n'a pas pu accepter. Mais alors, dites-nous, qu'avez-vous appris dans ces nombreux voyages, ces va-et-vient perpétuels et intempestifs en Haïti?    "Une mission spéciale de l'OEA pour le renforcement de la démocratie?" Pour qui nous prenez-vous? Les Haïtiens ne sont pas aussi sots que vous le pensez. De quelle démocratie parlez-vous?
Quelle démocratie voulez-vous renforcer? Etes-vous si hypocrites, si salauds ou si corrompus pour prétendre qu'il y a une démocratie de nos jours en Haïti? Vous avez bien l'air de vous pincer le nez pour avaler l'eau sale de lavalas. Une eau bien puante que vous avez du sentir après vos 18 ou 19 visites dans ce pays.
Mais, dites-nous, avec qui avez-vous conclu et signé cet accord?
Pouvez-vous croire et prétendre que cet accord est valide? Signe-t-on un accord avec un usurpateur, un hors-la-loi, un voleur, un assassin que vous auriez du chasser? Il est bien triste et ridicule que vous ayez sali votre réputation, votre honneur en légitimant un pouvoir usurpé. On vous croyait assez intelligent et honnête pour savoir que "le despotisme soumet une nation à un seul tyran, la démocratie à plusieurs." Et que la démocratie, c'est le gouvernement de tous, pour tous et par tous.
En somme, la seule mission que l'on vous demande, messieurs, c'est de débarrasser la nation haïtienne, de ces hors-la-loi, d'établir un gouvernement provisoire que vous aiderez à organiser des élections honnêtes et crédibles. Un gouvernement démocratique qui s'acharnera à soulager la misère du peuple, pourvoir à sa sécurité, son éducation et son bien-être.
Un gouvernement qui pourra considérer les intérêts de la nation avant et
pardessus tout, et qui, en définitive, respectera loyalement et farouchement la Constitution du pays.
Est-ce donc trop vous demander si vraiment vous voulez aider Haïti à sortir de cette tyrannie que vous voulez perpétuer sous prétexte de "renforcer la démocratie." Quelle horreur et quelle gaffe de votre part, messieurs de l'OEA!

Jacques-Louis Montas

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Haïti 2 années d'une crise qui n'en finit pas

 Le 21 mai prochain marquera le deuxième anniversaire de la crise politique provoquée par les élections contestées de mai 2000. Deux ans après l’éclatement de ce conflit électoral, les forces politiques en présence n’ont toujours pas pu trouver un accord

Au contraire, la situation s'est dégradée depuis que des évènements violents sont venus secouer le pays, le 17 décembre 2001. La Fanmi Lavalas au pouvoir a dénoncé une tentative de coup d'état pour renverser le Président Jean Bertrand Aristide. En représailles, les partisans du chef de l’Etat se sont attaqués aux partis de l’opposition, laissant un lourd bilan à la démocratie : permanences de partis incendiées, résidences de dirigeants brûlées ou pillées.

Les maigres avancées réalisées par l’Organisation des Etats Américains dans le long processus de dialogue entre Lavalas et la Convergence ont été immédiatement écartées au profit d’un durcissement de ton et de position dans les deux camps. Les pourparlers encouragés par la société civile haïtienne ont été également suspendus.

Cependant, depuis l'arrivée dans le pays des missions dépêchées par l’OEA pour enquêter sur les événements du 17 décembre et travailler avec le gouvernement sur la justice, la gouvernance et la sécurité, un calme apparent règne dans le pays. Loin des yeux de la presse, les juristes de l’OEA et de la CARICOM interrogent témoins et victimes à travers le pays. La première partie de l’enquête est bouclée, un rapport doit être fait au gouvernement.

Mais ce calme politique n’est peut-être qu’éphémère. La Convergence (opposition), qui n'a pas donné signe de vie depuis sa manifestation du 22 mars dernier, projette de rebondir. " Nous travaillons au niveau des provinces pour l’organisation de manifestations anti-lavalas dans les localités ", a déclaré Micha Gaillard, porte-parole de l’opposition. Mais dans l'intervalle, la Convergence a perdu un allié de taille : le parti de l’ex-président Leslie Manigat s’est désolidarisé du groupe. Le RDNP reproche à ses anciens alliés la double stratégie mobilisation négociation.

De son côté, Lavalas prêche l'apaisement. En marge de sa première rencontre avec le chef de la mission de l’OEA en Haïti, M. David Lee, Jean Bertrand Aristide a souhaité le maintien d’un climat de paix dans le pays. " Nous avons tout fait déjà pour ce climat de paix, pour la reprise des négociations, pour un accord politique ", a renchéri Jonas Petit, le tout nouveau chef par intérim du parti Lavalas. M. Petit a de plus fait remarquer que la Fanmi Lavalas avait remis en question l'ensemble des élections du 21 mai 2000, principale pierre d'achoppement entre Lavalas et la Convergence. Mais il se pose toujours et encore un problème de calendrier de départ des élus contestés. " Car il n'est pas question de créer un vide institutionnel ", soutient Jonas Petit

Voilà entre autres ce qui a fait basculer les négociations en juillet 2001, au moment où les deux parties s'étaient entendues sur une formule de constitution du nouveau conseil électoral provisoire et sur la date de la reprise des élections. Mais Haïti est aujourd'hui revenue à la case départ de cette crise, ou a même reculé. C'est le temps en effet des enquêtes de l'OEA sur les violences du 17 décembre. Les membres de la commission indépendante doivent retourner en Haïti au cours de ce mois de mai qui marque la 2e année de cette crise qui n'en finit pas.

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