|
Archives d'Editoriaux #42 |
|
Retour
aux Archives d'Editoriaux en Français Des prêtres fanatiques lavalas répandent leur venin sur la presse indépendante Et si Haïti se reconnaissait dans les propos de Régis Debray Société haïtienne, fermée à l'émancipation de la femme rurale HOPITAL GENERAL, SI ON DISAIT LA VERITE ! Le projet de commémoration du Bicentenaire est vieux de deux siècles !
Des prêtres fanatiques lavalas répandent leur venin sur la presse indépendante 26 octobre 2003 Communiqué du GRALIP le 24 octobre 2003 Le Groupe de Réflexion et d'Action pour la Liberté de la Presse (GRALIP) a été sidéré d'entendre le Curé de Dessalines, Léobert Dieudonné, accabler la Presse Indépendante d'invectives politiques, d'accusations extrêmement graves, le 17 octobre 2003, à l'occasion du 197e anniversaire de la mort du Fondateur de la Nation, Jean Jacques Dessalines. Le GRALIP dénonce sans réserve les flagorneries politiques de Monsieur Dieudonné, incompatibles avec son statut ecclésiastique, sa mission évangélique et condamne, sans détour, sa vicieuse tentative de remettre en question la crédibilité de la Presse Indépendante, en utilisant l'arme favorite du Régime Lavalas : La thèse selon laquelle tous les journalistes victimes de persécutions politiques seraient en quête d'avantages financiers ou de visas. Le GRALIP tient à souligner que le père Léobert Dieudonné - s'il mérite encore ce titre que devrait lui conférer sa propreté morale - a raté l'occasion d'exercer - pour une fois - son rôle de professionnel de la vérité, de la justice, de prêcheur d'amour, en maximisant ses qualités naturelles de « Chimè », pour jeter sa bave sur un corps de métier qui jouit dans tout système démocratique d'un immense respect et d'un prestige social sans faille. Il est bon que Monsieur Dieudonné et d'autres prêtres fanatiques lavalas de l'Eglise Catholique comme le Lwijanboje de Léogane, Fritz Sauvagère, apprennent et comprennent une fois pour toutes que même les esprits les plus monstrueux ne sont jamais parvenus à anéantir la Presse Indépendante, là où le désir d'émancipation collective pousse les hommes et les femmes à rêver constamment de progrès et de liberté. Le Groupe de Réflexion et d'Action pour la Liberté de la Presse (GRALIP) prie instamment la Conférence Episcopale de freiner la montée du banditisme au sein de l'Eglise Catholique Apostolique Romaine. Sinon, elle risque de connaître, à brève et à longue échéance, une nette dégradation de son image sociale et l'affaissement de son autorité morale dans la Communauté Chrétienne d'Haïti. Dans la foulée, le GRALIP élève la plus vive protestation contre le soutien pour le moins scandaleux du pouvoir lavalas au discours haineux, anti-social et vulgaire du curé tapageur de Dessalines. Le Secrétaire d'Etat à la Communication, Mario Dupuy, n'a pas non plus hésité à faire des insinuations très graves sur la vénalité des journalistes ; alors que dans le même temps, le Premier Ministre Yvon Neptune se livrait de manière intéressée à une « analyse évaluative » du travail de la Presse. Le GRALIP s'interroge sur la crédibilité de la démarche une fois de plus sélective de ces responsables, restés muets sur le fonctionnement anachronique de l'infernale machine de propagande composé du redoutable trident Télévision Nationale - Radio Nationale - l'Union. Les dernières interventions officielles se situent résolument dans la même logique que la manifestation organisée,le 30 septembre, à Port-au-Prince, par une bande de voyous contre la Liberté de la Presse ainsi que l'arrestation illégale par des agents du Palais National, de Fritz Aurélien, journaliste d'Horizon FM, une station de Desdunes. Le confrère a été interpellé, pour avoir ignoré la rituelle cérémonie de descente du drapeau national, au Champ-de-Mars. Une violation flagrante de la liberté de conscience et de circulation des citoyens. Le Groupe de Réflexion et d'Action pour la Liberté de la Presse (GRALIP) souhaite vivement que tout le monde - aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Corporation- prenne conscience des dangers qui guettent aujourd'hui la Liberté de la Presse exposée à l'imagination dévorante et aux procédés destructeurs d'un pouvoir qui se veut la synthèse de tous les modèles d'autoritarisme politique déjà expérimentés. Le GRALIP rappelle qu'aujourd'hui plus que jamais, les journalistes indépendants sont potentiellement des candidats au couloir de la mort et risquent de connaître une fin lente ou violente, silencieuse ou spectaculaire, selon le mode d'emploi des puissants du jour. Malgré cette atmosphère délétère, le GRALIP encourage encore une fois les membres de la Corporation à rester sereins, honnêtes, professionnels, vigilants et solidaires pour faire face aux dangers actuels et futurs, et continuer à informer le public. Vario Serant, Coordonnateur Principal Stephane Pierre-Paul, Assistant-Coordonnateur Ronald Colbert, Administrateur
Et si Haïti se reconnaissait dans les propos de Régis Debray ? Posté le vendredi 24 octobre 2003
P-au-P., 24 oct. 2003 [AlterPresse] --- L'intellectuel français, Régis Debray, qui préside le Comité français de réflexion et de proposition sur les relations franco-haïtiennes, créé au début de ce mois, a laissé Haïti ce 23 octobre après une visite de 5 jours dans le pays. Régis Debray, invité par l'Institut Français d'Haïti, n'a fait que des déclarations très sommaires en rapport à sa nouvelle fonction. Il a cependant donné une conférence à Port-au-Prince dans la soirée du 22 novembre sur « Laïcité et République », où il s'est attaché à marteler des principes qui ont porté plus d'un à s'interroger sur la vie politique en Haïti. Debray a aussi laissé entrevoir sa position sur la question de la restitution de la rançon versée par Haïti à la France au 19ème siècle pour la reconnaissance de son indépendance et levé le voile sur une partie de l'agenda du comité qu'il dirige. Plusieurs centaines de personnes ont fait le déplacement. Malgré la pluie. Il y avait dans la salle aussi bien des universitaires que des étudiants, des journalistes, des cadres de l'administration et quelques officiels. « Toute coïncidence est ici fortuite, mais également permise » En présentant Régis Debray (philosophe, écrivain, conseiller politique du révolutionnaire Che Guevara et de l'ancien président français François Mitterrand), le sociologue haïtien, Laennec Hurbon, a rappelé le passage en Haïti en 1946 du père du surréalisme, André Breton. Ce dernier eut une influence considérable sur la jeunesse haïtienne qu'il enflamma par ses conférences, produisant même un chambardement politique en Haïti. « Toute coïncidence est ici fortuite, mais également permise », a dit Laennec Hurbon. « Soyons modestes », a rétorqué Régis Debray. « Je ne suis pas André Breton... ». Cela n'a cependant pas tempéré les attentes, au vu des interrogations soulevées par la conférence, ou des réactions du public à une série de petites phrases. Régis Debray a beau précisé : « je me place dans le cas français, pas dans le cas haïtien », mais quand, dans sa démarche de caractérisation de la République, il a avancé que « la personne d'un président n'est pas sacré », on n'a pas pu s'empêcher de se rapporter au cas haïtien et s'interroger. Tout l'exposé était parsemé de ces genres d'énoncés susceptibles d'interpeller tout observateur de la réalité socio-politique haïtienne. « Aucun parti ... aucune famille ( !)... ne peuvent confisquer la souveraineté » Dans un parallèle entre monarchie et république, Régis Debray a souligné que l'absence de « rois avec les armoiries et les couronnes » ne veut pas nécessairement dire qu'on est en République. « On peut trouver, à la limite, plus de dictateurs parmi les présidents élus que parmi des souverains constitutionnels ». Selon Regis Debray, la démocratie est un élément essentiel de la république. « La démocratie c'est quand la minorité garde tous ses droits d'expression et d'organisation ». C'est quand « aucun parti, aucun clan, aucune famille ( !), aucune ethnie ne peuvent confisquer la souveraineté ». En république, a poursuivi Régis Debray, la division du pouvoir (Exécutif, Législatif, Judiciaire) est nécessaire et doit être « réel », car « tout pouvoir tente à l'excès ». Le pouvoir absolu rend absolument fou... « souvent paranoïaque, mégalomane, etc. » « Un républicain ne se prend ni pour dieu, ni pour le prophète... » Retraçant la succession de Républiques en France, Regis Debray s'est arrêté à l'époque du Maréchal Pétain (1940-1944) où les fonctionnaires devaient faire allégeance non à des principes mais au Chef de l'État. « Quand il y a allégeance à une personne, on sait qu'on n'est pas en République ». Autre élément fondamental d'une République, « les droits de l'homme ». Au nom de ces droits, « chaque citoyen peut se retourner contre son administration ». Sur l'État et le gouvernement, en République, « l'administration est subordonnée au pouvoir politique, mais en échange, le pouvoir politique du moment doit respecter les opinions privées des membres de l'administration ». Sur le gouvernement et le peuple : « le gouvernement est par nature précaire et révocable. Il n'y a que le peuple qui soit irrévocable ». Attention : « le peuple, ce n'est pas la population, mais ce n'est pas non plus la populace ». Cette dernière, précise Debray, « ne connaît que la loi de lynch, qui consiste à traquer le bouc émissaire pour le pendre haut et court, alors que le peuple, c'est celui qui délibère... ». En ce qui concerne la laïcité, Régis Debray l'a cernée dans la séparation Église / État, privé / public. C'est un principe qui traverse toutes les sphères de la société républicaine, de l'école à l'administration de l'État, ce qui fait que « la liberté de conscience ne peut pas dépendre d'un homme, d'un tout-puissant, d'un parti, ni même d'une cour de justice ». Plus loin et en conclusion : « Un républicain ne se prend ni pour dieu, ni pour le prophète... » Empêcher des contre-manifestants de « heurter l'expression de ma libre opinion... » A la fin de l'exposé, un bref échange s'est installé entre Régis Debray et Laennec Hurbon, qui, entre autre, a posé la question à savoir : qu'est-ce qui se passe quand l'État viole ses propres lois ? Et l'exemple pris par Debray pour répondre à cette interrogation a quelque peu cassé la sérénité d'une salle qui paraissait sage. « Je comprends mal votre question, parce qu'en République, l'Etat est garant de l'exercice des libertés individuelles, par exemple la liberté de manifester ». Suspens. « Moi, je veux manifester dans la rue, pour l'avortement, contre l'avortement... je vais voir le commissaire de police, on organise un plan de la manifestation, et lui, il va empêcher qu'il y ait des contre-manifestants qui viennent heurter l'expression de ma libre opinion... » Applaudissements. Se rendant compte du sens que prennent ses paroles, Régis Debray a mis en garde : « Je ne veux pas du tout entrer dans des débats politiques qui m'échappent ». Rires. Comment ne pas se rappeler cette manifestation prévue le même jour par une frange de l'opposition haïtienne et qui a été violemment étouffée dans l'oeuf par des partisans du pouvoir, sous les yeux de la police. Plus tard, viendront d'autres questions, du public cette fois, à propos des sujets brûlants de la restitution et de l'héritage colonial. Restitution : « un problème sérieux » Un intervenant est revenu sur un élément avancé plus tôt par le conférencier qui avait exprimé ses réserves sur la continuité de l'État (et donc de la responsabilité de l'État) d'une monarchie à une république. La question de la restitution renvoie justement à la rançon exigée à Haïti par Charles X en 1825. « Si nous devions aujourd'hui en 2003 être comptables de tout ce qui peut s'être passé depuis la naissance d'un État français (6ème siècle) ça nous mènerait loin ». Cependant Régis Debray a ajouté que « la question de la restitution est un problème sérieux, qui doit être examiné juridiquement, historiquement ». A propos d'une évocation de l'héritage colonial, l'intellectuel français a déclaré : « si les autorités de la République ont décidé qu'il était nécessaire de confier à une commission le soin de réparer une certaine dette morale que nous avons envers Haïti, c'est la preuve que la République est consciente de ce passé colonial ». Régis Debray a terminé en précisant que le Comité français de réflexion et de proposition sur les relations franco-haïtiennes se rassemblera en Haïti, en décembre et janvier prochains, avec tous les secteurs d'opinion haïtiens. [gp apr 24/10/2003 01:40] _____________________ Gotson Pierre [AlterPresse - Haiti]
Société
haïtienne, fermée à l'émancipation de la femme rurale
P-au-P., 15 oct. 03, [AlterPresse] --- La situation des femmes en milieu rural d'Haïti est particulièrement difficile, alors que leur apport dans l'économie nationale est fondamental, a déclaré à AlterPresse le Coordonnateur exécutif de l'Association des Paysans de Value (APV), Yvon Faustin, à l'occasion du 15 octobre, journée internationale des femmes rurales. Le Coordonnateur de l'APV, association basée dans la 12ème section de la commune de Petit-Goave (Ouest), a fait savoir que le milieu rural haïtien a toujours été négligé par les autorités. Pourtant, l'économie haïtienne est essentiellement agricole, a-t-il fait remarquer. « Dans les milieux ruraux, les femmes travaillent dans les jardins et ce sont elles qui transportent au marché les produits des récoltes », a-t-il souligné. Selon des données officielles, 49 % de la population active haïtienne sont des femmes qui entreprennent des activités agricoles. Elles sont chefs de famille dans 26% des cas de familles mono parentales en milieu rural. La société haïtienne ne se montre pas encore prête à accepter l'émancipation des femmes. Toutefois, la lutte menée par les femmes, a indiqué Yvon Faustin, a permis leur participation à divers niveaux de la vie socio-politique. « Dans les milieux ruraux, à Value en particulier, les femmes sont membres d'organisations et participent aux élections », a-t-il poursuivi. L'analphabétisme et la situation économique du pays, selon le coordonnateur de l'APV, sont les principaux problèmes des femmes rurales. Il a rappelé qu'autrefois, dans les familles haïtiennes la tendance a toujours été d'envoyer les garçons à l'école alors que les filles restaient à la maison pour s'occuper des travaux domestiques. L'organisation Solidarité des Femmes Haïtiennes (SOFA), dont les membres sont en majorité des femmes rurales, croit que la pauvreté est en adéquation avec la fragilisation des femmes. La SOFA entreprend des activités de plaidoyer visant à interpeller les responsables de l'État sur leur obligations envers la société, notamment les femmes qui sont les plus touchées par la pauvreté, a déclaré Carole Pierre-Paul Jacob, responsable du bureau executif de la SOFA. « Nous avons un état complètement démissionnaire, les services à la population n'existent pas, ce qui entraîne la féminisation de la pauvreté », a-t-elle souligné. La journée de la femme rurale a été adopté au cours de la Conférence des Nations Unies sur les femmes, à Beijing, en Septembre 1995. Cette initiative a été lancée par trois organisations non gouvernementales internationales : la Fondation Sommet Mondial des Femmes (FSMF), la Fédération Internationale des Producteurs Agricoles (FIPA) et l'Association mondiale des femmes rurales (ACWW). [rv gp apr 15/10/2003 14:20]
par Axel Gyldén L'Express du 16/10/2003 Réfugié en France, l'ex-policier haïtien Jean-Panel Charles dévoile la terreur qui règne dans les commissariats de son pays Au milieu des années 1990, poussé par un noble idéal, Jean-Panel Charles, aujourd'hui âgé de 36 ans, s'engage dans la police haïtienne: «Je rêvais de servir la démocratie que le président Jean-Bertrand Aristide, rétabli dans ses fonctions par les Etats-Unis, promettait d'instaurer.» Mais le rêve a tourné au cauchemar. Témoin de la dérive autoritaire du pouvoir, ce policier du commissariat Delmas 33, a, le 8 août, pris le chemin de l'exil. Une défection fracassante: avant de quitter Haïti pour la France, où il a demandé l'asile politique, le policier a, sur les ondes de plusieurs radios locales, détaillé avec un grand luxe de précisions le quotidien brutal, fait de tortures et de meurtres, de son commissariat d'un faubourg de Port-au-Prince. Attablé dans un bistrot parisien, l'air perdu, il persiste et signe: «Depuis deux ans, la force publique se spécialise dans les viols, les vols, les bastonnades, les exécutions sommaires, les arrestations suivies de disparitions.» Il précise: «La situation s'est nettement dégradée avec le lancement de l'opération «Zéro tolérance», fin juin 2001. Depuis, les ''attachés'', exécuteurs des basses œuvres du mouvement Lavalas, le parti dévoué au président Aristide, ont pris leurs quartiers dans les commissariats avec la bénédiction du chef de l'Etat.» Civils armés, sans formation ni salaire, avec jeans et tee-shirts noirs en guise d'uniforme, ces nouveaux tontons macoutes persécutent les militants de l'opposition, mais aussi les commerçants, les propriétaires de véhicules neufs ou quiconque possède le moindre pécule. «Ils sont cruels et analphabètes, et rien ne les arrête dans leur brutalité: j'ai vu des femmes enceintes giflées ou battues avec des cocomaques [grands bâtons], raconte l'ex-flic. Organisés en petits gangs, certains ont baptisé leur unité «armée cercueil» ou «armée cannibale».» Des séances de torture dans une cellule secrète Bastion des «attachés» - on en dénombre 200, pour 50 policiers - le commissariat Delmas 33 est le sinistre théâtre de séances de torture. «Elles se déroulent dans une cellule secrète. Ensuite, les victimes sont souvent exécutées dans des terrains vagues, la nuit, sous le couvert de prétendus transferts à hôpital.» Jean-Panel Charles estime à «au moins une centaine» le nombre des assassinats imputables à son commissariat depuis un an. Indigné par ces pratiques, ce policier assure avoir sauvé d'une mort certaine des personnes en garde à vue. Voilà quelques semaines, il entend, par un vasistas, la voix terrorisée de trois voleurs à la tire qui le supplient: «Chef-là, sovèm! [sauve-nous]. Ils vont nous tuer ce soir!» Aussitôt, Jean-Panel Charles consigne leurs noms sur le registre des entrées. Une formalité dont se dispensent les «attachés» afin de ne laisser aucune trace des prévenus qu'ils veulent liquider. Puis Jean-Panel Charles alerte la très active ONG Coalition nationale pour les droits des Haïtiens (NCHR), qui visite régulièrement les commissariats de police pour y constater les irrégularités de procédure et les dénoncer aux médias locaux. «J'ai compris que mes jours étaient comptés» Mais, fin juillet, le policier trop zélé est
convoqué par son supérieur, le commissaire Emmanuel Monpremier. «Il m'a
demandé de quoi je me mêlais. Puis il m'a menacé. J'ai compris que mes jours
étaient comptés. Après avoir enregistré mon témoignage sur cassette et
avoir confié cette bande de quarante-cinq minutes à Radio Métropole et à
Radio Kiskeya, j'ai pris le maquis.»
HOPITAL GENERAL, SI ON DISAIT LA VERITE ! En lisant un article sur l'Hôpital général, je fus peiné de voir que les sempiternels clichés étaient ressassés et que jamais la plaie ne fut montrée. Ainsi, c'est toujours le problème du matériel qui est mis à l'index. En fait de compte, une petite enquête faite à tous les secteurs de cette institutin m'a révélé que personne ne se sent concerné par sa débâcle! Mais tous sont près à en rejeter la responsabilité sur un autre secteur. Pourtant, à la lumière de ce qui suit, vous vous ferez une autre idée de cette prestigieuse institution. Tout d'abord, voici mon train-train quotidien. Un matin, j'arrive à huit heures car je dois opérer cinq patients. Impossible de commencer à cette heure car, si les infirmières sont bien à leur poste, aucun médecin n'est encore présent. Ils viendront plus tard. Le plus dramatique est que les principaux concernés, parce que en formation (les résidents), sont ceux qui enregistrent le plus de retard. En fin de compte, on ne commencera que vers les dix heures. A une heure de l'après-midi, tous les médecins prennent la poudre d'escampette et c'est avec rage que je constate que sur les cinq malheureux qui attendaient la délivrance, je n'ai pu opérer que deux. Et cela se fait tous les jours! J'insiste sur ce fait: les opérations n'ont pu se faire pas par manque de matériel, mais par parce que les médecins ont, avec un touchant ensemble, abandonné leurs postes après un travail effectif de moins de trois heures par jour! Autre anecdote: transféré à l'HUEH pendant la fameuse grève initiée par les résidents en orthopédie, je ne pus travailler non pas par manque de matériel mais bien parce que ces médecins, quand ils font la grève, le mettent sous clef et refusent de le livrer, tout au temps que leurs revendications ne sont pas satisfaites. Vous devez bien comprendre qu'ils se servent de la vie des autres pour faire passer leur point de vue. Toujours est-il qu'une fois la grève finie, j'eus accès au dépôt. Je fus surpris de voir la quantité de matériel disponible et non utilisé. Cette institution est révoltante et c'est parce que toutes mes tentatives pour y rémédier se sont soldées par des échecs que je me décide de rompre le silence et de laver ce linge sale en public: Le problème de l'HUEH est avant tout une question de conscience puis de compétence et en dernier de matériel. Sans conscience, même avec une bonne compétence, on ne vient pas au travail et on laisse les pauvres hères venus chercher réconfort, mourir. Ainsi une partie du personnel vient en retard et s'en va avant l'heure. Tout est prétexte à un arrêt de travail. Sans conscience, même avec du matériel à profusion, rien ne va. J'ai dû subir le saccage des instruments par des médecins résidents insouciants, d'ailleurs certains profitent de la situation chaotique pour asseoir un petit négoce révulsant. Devant ce triste état de chose, c'est à se demander comment cette institution fait-elle pour toujours tenir debout! Tout simplement parce qu'au milieu de cette fange qui la pourrit, vous trouverez un petit groupe de médecins, d'infirmières, de personnel de soutien, de personnel administratif qui étaient, sont et seront toujours à leur poste. Ils travaillent à la place des autres, et leur dévouement est sans borne. Malheureusement, leur nombre est trop restreint pour faire marcher l'HUEH de façon optimale. C'est au nom de ces braves que je parle et je les remercie de leur sacrifice. J'en appelle à la conscience des autres non point pour qu'ils changent. L'expérience à maintes fois démontrée que c'était impossible, mais qu'ils abandonnent, qu'ils sortent de cet univers qui n'est pas fait pour les politiciens véreux, les raquetteurs, les tire-au-flanc, mais pour les âmes sensibles dont le seul idéal est d'oeuvrer pour le bien-être des masses souffrantes. Dr. Philippe DESMANGLES
Le
projet de commémoration du Bicentenaire est vieux de deux siècles !
|
|
Copyright © 2000-2001 Lecontact.com, Inc
|