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Archives d'Editoriaux #51

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LETTRE D'UNE FRANCAISE AUX HAITIENS

Archéologie des élites haïtiennes. Contre la pensée sclérosée d’une intelligentsia

La mission controversée de la communauté internationale en Haïti

202ème anniversaire de la création du Drapeau haïtien

Sur la reconstitution de l'Armée d'Haïti

Ingratitude, Amends and Amens

LETTRE D'UNE FRANCAISE AUX HAITIENS


Haïti ce joyau

Haïti ce joyau est devenu un diamant brûlant pour tous ceux qui voudraient s'en approprier. L'amour rend aveugle, au contraire des autres, je refuse de croire qu'il n'y a plus aucun espoir.

Ces jours-ci les clôtures se parent de robes de toutes les couleurs. Le couturier bougainvilliers en a fait toute une collection d'été et les parfumeurs Ilang Ilang et Frangipane et Jasmin nous inondent de senteurs délicates dès l'aurore.

Les montagnes nous renvoient des couleurs camaïeux du soleil levant, la mer elle, impassible  fait son mouvement de va et vient pour nous rappeler qu'on périt dans son antre ou sinon on reste sur le rivage ce qui est plus sûr et partage ainsi avec nous son goût de sel et sa berceuse incessante.

Dieu continue son travail d'artisan et les mécréants s'amusent à les occultés par leur insouciance et par l'appât de l'occidentalisme. Le tam tam lointain des montagnes est remplacé par les rumeurs de la ville.

Dans tout ce méli mélo, je suis la petite blanche, française de surcroit qui pense que tout est à faire pour qu'on retrouve cette belle fierté d'antan. Port-au-Prince n'est pas Haïti, la province elle, reste immuable et une visite à Saut D'Eau et Ti Mouillage me confirment que la tradition demeure et ne demande qu'à être remise en valeur.

Haïti prend un autre tournant et gare à ceux qui ratent le train pour lefutur. Il ne faut pas non plus se tromper, on dit que vieillir amène la raison et la sagesse, mais je me rends compte que ce n'est guère vrai car en vieillissant on voudrait garder ce que l'on a connu.

Tout se transforme et nous ne pouvons pas vouloir construire sur des ruines. Il y a une jeunesse qui a été puisée ailleurs et ce n'est juste de ne pas leur laisser essayer à leur tour. Nous serions sans doute surpris de voir les changements qui pourraient s'y opérer.

Je suis pleine d'allant et fais dans la mesure de mes moyens un peu tous les jours. J'invite tous ceux qui voudraient goûter l'ivresse de construire avec ce qu'ils possèdent un autre pays, une autre nation. Il est temps d'arrêter la machine infernale de destruction et en avant la musique, il faut se mettre au travail.

Ce n'est pas à l'extérieur que l'on peut faire quelque chose, la vraie révolution c'est ici, au sein du danger que l'on brave par amour; au sein de la misère que l'on vit avec passion et non comme tous ceux qui sont partis qui fonctionnent à la carte de crédit.

Revenez, apportez votre pierre dans cette grande construction du futur. Tout est utile, même le bayacou y a sa place car on oublie souvent que c'est du fumier qu'on obtient des roses parfumées et belles. Cessez de brasser des mots et venez mettre la main à la pâte. On ne verra sans doute pas le résultat mais nous aurons contribué pour voir fleurir à nouveau cette belle île que nous aimons tous à notre façon.

Ce matin le soleil est éclatant, la chaleur moîte et je ne pourrais rester insensible à cette douce torpeur qui m'envahit de si grand matin. Je me suis épanchée un peu car je sais que tu me comprendras.

A bientôt pour la reconstruction de notre univers haîtien. Plus de promesse mais des faits.

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Archéologie des élites haïtiennes. Contre la pensée sclérosée d’une intelligentsia



« Les intellectuels doivent étudier le passé, non pour s’y complaire, mais pour y puiser des leçons, ou s’en écarter en connaissance de cause. » Cheikh Anta Diop

Par
Guy-Robert Saint-Cyr



Les graves crises politiques et économiques qu’a connu la société haïtienne depuis bientôt vingt ans, les violences que subit le pays depuis déjà un an et les inévitables conséquences désastreuses qui en découlent, interpellent l’esprit de plusieurs observateurs avisés sur le rôle des élites en Haïti. Car il est inconcevable qu’un pays qui a généré autant de sommités et d’individualités dans maintes disciplines au niveau international puisse être rendu à un degré si bas et si pitoyable à l’échelle des nations, en tout cas selon la critériologie onusienne du sous-développement. Vue de l’extérieur, la République d’Haïti paraît toujours au bord de la faillite, toujours à l’article de la mort. Mais, appréhendée de l’intérieur, quel contraste ! On ne peut s’empêcher en toute objectivité d’être frappé par la sclérose de la pensée des élites haïtiennes, par leur refus d’une pensée cohérente et par l’absence d’un discours éclairé sur le progrès et le développement. Et, en cas de coup dur, comme lors des catastrophes naturelles ou des scènes de barbarie humaine, rien n’est prévu, hormis l’espoir d’une intervention étrangère, considérée du reste comme une fatalité historique.

Aux yeux de plusieurs amis étrangers non avisés des réalités du pays, Haïti n’a produit que des tontons macoutes, des cannibales, des boat people et, aujourd’hui, des chimères. Évidemment face à ces constats peu élogieux et dégradants, les intellectuels et les élites haïtiens crient au racisme, à la xénophobie et au mépris. Mais qu’ont-ils fait concrètement pour renverser ces images dégradantes ? Comme toutes excuses, ils sortent les même rengaines : séquelles de l’esclavage, la dette de l’indépendance, l’impérialisme européen, l’impérialisme américain, le néolibéralisme, etc. Mais ils semblent ignorer cette leçon, pour répéter avec Axelle Kabou, que « tout peuple est, en première et en dernière analyse, responsable de l’intégralité de son histoire, sans exclusive. »

En ce début du XXIième siècle, l’heure n’est plus aux prétextes et à la bouc-émissairisation, mais à l’action. Comme toute action découle indubitablement de la pensée, il nous faut des penseurs et des intellectuels pour façonner l’avenir de ce pays qui ne cesse d’être la risée du monde. Dans le début des années 1990, Claude Moïse et Émile Ollivier ont co-signé un ouvrage intitulé « Repenser Haïti ». À part quelques éclaircissements sur certains événements qui ont marqué la dictature de François Duvalier, l’ouvrage en question n’a apporté rien de neuf dans l’histoire des idées en Haïti. D’ailleurs, auraient-ils pu faire autrement ? On ne peut pas repenser quelque chose qui n’a jamais été pensé. On n’a jamais rien pensé, ni même d’ailleurs planifié pour ce pays. En tout cas, pas par les élites haïtiennes. En ce sens, les Haïtiens sont probablement parmi les seuls individus au monde à croire que leur développement et leur bien-être peuvent être pris en charge par d’autres personnes que par eux-mêmes. Ils devraient se réveiller et se rendre à l’évidence que le monde ne fonctionne pas de cette manière. Loin de là. C’est l’ère du vide. On serait tenté d’affirmer, pour pasticher Alain Finkielkraut, que c’est réellement la défaite de la pensée en Haïti.

Traditionnellement, les intellectuels haïtiens se contentent souvent d’appuyer politiquement les régimes corrompus et sanguinaires, les auréolant ainsi de leur prestige académique et professionnel. Ils ne se rendent pas toujours compte qu’ils se font utiliser par des politiciens allergiques à toute forme de pensée critique et constructive. Ainsi, on a vu des intellectuels de premier plan appuyer la dictature des Duvalier et le régime fasciste d’Aristide. Dans ce cas, on ne peut nullement s’étonner de leurs analyses erronées et souvent tendancieuses des réalités du pays. Ces derniers temps, on a même entendu certains d’entre eux (parmi ceux vivant au Canada) cautionner politiquement cette vague de violence qui déferle sur Port-au-Prince en affirmant sans vergogne qu’il s’agit d’une révolte de classes entre une majorité de pauvres contre une minorité de nantis. Sans vouloir polémiquer, il n’est peut-être pas superflu de rappeler que ces messieurs ont été des idéologues et même des ministres d’Aristide, qu’ils sont, de ce fait, partie intégrante de la débâcle du pays et, donc, voués, comme leur chef, aux poubelles de l’Histoire. De toute façon, on sait depuis Alexis de Tocqueville, « qu’une idée simple mais fausse est plus facile à répandre qu’une idée vraie mais complexe. »

L’aile libérale de ce qu’on pourrait considérer (faute de mieux) comme étant la bourgeoisie haïtienne a introduit depuis quelque temps dans le paysage du pays l’idée d’un nouveau contrat social. Là encore, il s’agit d’un concept vide, d’un fourre-tout. Ce n’est pas que l’idée soit mauvaise en soi. C’est qu’elle n’est pas explorée. On ne retrouve pas dans cette idée de nouveau contrat social des réflexions approfondies sur les institutions politiques, sur les organismes de contrôle, sur l’aménagement du territoire, sur les grands problèmes de santé publique, sur les graves problèmes environnementaux qui menacent le pays, sur la place d’Haïti dans la mondialisation et, bien entendu, rien sur la problématique des bidonvilles. Bref, on n'y retrouve aucun projet de société fiable et viable pour l’avenir de la nation.

L’avenir ?
L’avenir de ce pays dépend d’un changement radical de paradigme. Il incombe à la jeunesse de penser et de façonner la société dans laquelle elle souhaite évoluer. Ces hommes et ces femmes qui ont entre 20 et 45 ans aujourd’hui et qui sont étudiants, qui sont dans l’enseignement (secondaire et universitaire), qui sont dans le journalisme, dans l’édition et dans les centres de recherche doivent prendre leur destinée en main en disant haut, fort et de manière cohérente ce qu’ils veulent. Cette jeunesse doit aussi dire non avec conviction à certains maux qui rongent la société. En ce sens, la lutte contre l’impunité doit être un de leurs principaux chevaux de bataille. Ceux et celles qui ont commis des crimes de sang et économiques sous les Duvalier et Aristide qui courent en toute quiétude nos rues ou, encore, qui vivent paisiblement en Europe et en Amérique du Nord doivent savoir, contrairement à ce qu’ils pourraient penser, que leur passé les poursuivra toujours. Ils doivent savoir que le crime (quelle que soit sa catégorie) ne paie pas et que les décisions judiciaires peuvent être rétroactives. Car, il serait trop facile de tuer et de dilapider des fonds publics et penser s’en sortir aussi facilement. En regard de l’économie et du social, les jeunes doivent avoir une approche progressiste du développement. Il faut qu’ils soient tout simplement des patriotes du développement, ce qui nécessiterait une vision à long terme de la société. De la façon dont la situation se présente actuellement, il serait maladroit et même suicidaire d’espérer quoique ce soit de la part de nos aînés ou de nos intellectuels. Ces derniers sont manifestement fatigués, déphasés et même dépassés par leur mission historique. L’avenir d’Haïti dépend aussi d’une véritable bourgeoisie nationale, dans le sens, bien entendu, où l’entendait l’économiste marxiste haïtien, Alix Lamaute. Autrement dit, une bourgeoisie qui saurait que sa sécurité, sa survie et son prestige dépendent du bien-être généralisé de la population.

S’il y a quelque chose de positif qui peut sortir de ce chaos que l’on connaît actuellement, c’est qu’il y a dorénavant urgence de réfléchir et de penser sérieusement à l’avenir du pays. La misère et la violence ne sont pas des fatalités pour nous. Après deux cents ans d’indépendance, après des décennies de dictature et de violence politiques, l’heure a sonné de finalement penser ce pays et de dénoncer sans équivoque l’insoutenable légèreté historique de nos intellectuels et de nos élites.


© Guy-Robert Saint-Cyr,
Août 2005.

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La mission controversée de la communauté internationale en Haïti


« Ceux qui n’ont fait qu’à moitié la Révolution n’ont fait que creuser leur propre tombe. » Saint-Just

Par Guy-Robert Saint-Cyr

Depuis bientôt huit mois, il ne se passe pas une journée sans que ne soient répertoriés dans les médias haïtiens et étrangers des cas de violence allant de l’enlèvement avec séquestration grave aux assassinats de policiers ou de simples civils vaquant à leurs occupations.  Il ne se passe pas non plus malheureusement une semaine sans que le pays ne soit secoué par des manifestations au relent social de toutes sortes.  Tout se passe, en Haïti, comme si le départ de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide en exil et l’arrivée des forces onusiennes dans le pays n’étaient que de la poudre aux yeux, tant le malaise social et l’insécurité grandissante découragent même les plus optimistes.  Alors, devant la complexité de ce qu’il est convenu d’appeler la « question haïtienne », une analyse sur le mandat et le contexte dans lequel la communauté internationale est arrivée en Haïti s’avère nécessaire.  Car il nous est impossible, sinon difficile de comprendre ce qui se passe dans ce! pays sans une quelconque lecture rétrospective.

À propos de la présence de la MINUSTAH en Haïti. La présence remarquée de la communauté internationale, particulièrement des forces onusiennes en Haïti est le résultat direct des derniers bouleversements qui ont mené à la chute du régime précédent.  En effet, tout a commencé, pour ainsi dire, à l’issue des élections présidentielles et parlementairesde 2000 lorsque le Président Aristide et son parti Fanmi Lavalas se sont déclarés vainqueurs alors que le taux de participation n’avait guère dépassé 5 %.  L’opposition ainsi que les membres de la communauté internationale ont contesté les résultats et accusé le Gouvernement de manipulation.  Le dialogue qui s’en est suivi ultérieurement entre le gouvernement et l’opposition n’a pas abouti.  L’opposition était de plus en plus réprimée par les éléments politisés de la Police nationale d’Haïti (PNH) et surtout par des groupes armés irréguliers partisans du régime.  À la fin de 2003, un nouveau mouvement d’opposition uni comprenant les partis politiques, les acteurs de la société!  civile ainsi que le secteur privé appelait ouvertement à la démission du président.  La CARICOM a offert sa médiation et, le 31 janvier 2004, a présenté un plan d’action préliminaire, suivi en février d’un plan d’application élaboré par le Groupe des Six, à savoir les Bahamas pour la CARICOM, le Canada, l’Union européenne, la France, l’OEA et les États-Unis.  Ces deux plans ont été acceptés par le Président Aristide.  Le plan d’action préliminaire appelait à des réformes profondes, y compris la formation d’un nouveau gouvernement, tout en permettant au Président Aristide de terminer son mandat.  Cependant, l’opposition a refusé d’appuyer le plan arguant le manque de crédibilité de Jean-Bertrand Aristide.  Plusieurs initiatives diplomatiques, conduites par la CARICOM et l’OEA, ont été menées par la suite en vue de sortir de l’impasse politique et d’éviter une aggravation de la crise politique.

Au commencement du mois de février 2004, un conflit armé a éclaté dans la ville des Gonaïves et les combats ont touché quelques jours plus tard d’autres villes.  Les insurgés ont progressivement pris le contrôle d’une grande partie du Nord du pays.  Malgré les efforts diplomatiques, l’opposition armée a menacé de marcher sur Port-au-Prince.  Tôt le matin du 29 février  M. Aristide s’est résigné à quitter le pays.  Le Premier Ministre, Yvon Neptune, a donné lecture de sa lettre de démission.  Quelques heures plus tard, Me. Boniface Alexandre, Président de la Cour de Cassation, la plus haute cour du pays, a prêté serment comme président intérimaire, conformément aux dispositions constitutionnelles régissant la succession.  Le 29 février au soir, le Représentant permanent d’Haïti auprès de l’Organisation des Nations Unies a présenté la demande d’assistance intérimaire, par laquelle l’autorisation était donnée aux contingents internationaux d’entrer en Haïti.  Et comme suite à 
cette demande, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté la résolution 1529 autorisant le déploiement d’une force multinationale intérimaire sur le territoire haïtien.

Comme le prévoyait entre autres la résolution 1529 (2004) du Conseil de Sécurité et compte tenu des conclusions de l’Équipe d’évaluation multidisciplinaire envoyée dans le pays en mars 2004, le Secrétaire général a recommandé la création d’une opération multidimensionnelle de stabilisation en Haïti (MINUSTAH).  Répondant favorablement aux recommandations du Secrétaire général, le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 1542 du 30 avril 2004, établissant la MINUSTAH pour une durée initiale de 6 mois et a demandé que la passation de pouvoir de la force multinationale intérimaire s’effectue le 1er juin 2004.  Près d’un an après ce déploiement des forces onusiennes en Haïti à grands renforts de trompettes et de tambours, force est de constater, comme on dit, que la montagne a accouché d’une souris.

Les dures réalités du terrain
Concernant Haïti, l’objectif principal de la communauté internationale est l’organisation des élections libres, honnêtes et transparentes dans de bonnes conditions afin que le pays soit doté des autorités légitimes le 7 février 2006.  Pour atteindre cet objectif, on ne plaisante pas avec les moyens, sinon avec les promesses.  Ainsi La MINUSTAH s’est déployée et un Cadre de coopération intérimaire (CCI) comme support financier et politique a été négocié avec les bailleurs de fonds internationaux.  Sur papier, toutes ces bonnes intentions sont formidables.  Mais, dans les faits, la réalité est tout autre.  L’insécurité n’a jamais été aussi généralisée.  Des zones de non droit font leur apparition.  Le quartier populaire de Bel-Air et le vaste bidonville de Cité Soleil constituent de véritables défis pour les autorités établies.  Dans ces quartiers, le viol, la violence, les enlèvements et les tirs nourris à armes de guerre sont monnaie courante.  La PNH, le seul corps armé lé! gal du pays, semble manifestement dépassée par les atrocités commises par les bandits.  Et pour cause.  Car l’embargo sur les armes qu’on avait mis sous le régime précédent est encore maintenu.  De plus, la PNH a du se défaire d’une grande partie de ses effectifs pour cause de suspicion grave aux atteintes des droits humains.  La MINUSTAH, malgré le déploiement complet de ses effectifs, s’est jusqu’ici montrée timide à accompagner les policiers haïtiens dans leurs différentes tentatives de désarmement des gangs armés proches de l’ex président qui sèment la terreur à visière levée à Port-au-Prince.

L’immobilisme, l’inaction et l’inefficacité des forces onusiennes sont tels que des citoyens de différentes composantes de la société commencent à se questionner ouvertement sur l’utilité de leur présence sur le sol national.  Car ils ne comprennent pas que la MINUSTAH, avec tous ses moyens en armes et en logistiques, ne puisse faire échec à ces groupuscules armées et localisées.  En tout cas, pour le directeur général de la Police nationale, monsieur Léon Charles, il s’agit d’un manque de volonté politique.  Il va même plus loin en affirmant qu’avec un tiers seulement des moyens dont disposent les forces onusiennes, il rétablirait la paix sur tout le territoire de la République.  Ce même manque de volonté est aussi palpable auprès des bailleurs internationaux.  En effet, comment comprendre que seulement 15 % du 1,4 milliard de dollars promis à la Conférence de Washington du 20 juillet 2004 a été versé au gouvernement intérimaire pour renforcer les infrastructures et aussi !
 pour investir entre autres dans la santé et l’éducation.

Dans l’état actuel des choses, Haïti a essentiellement un problème de développement.  Des élections dans cet état de délabrement total et d’insécurité généralisée ne peuvent que déboucher sur une autre crise beaucoup plus aiguë.  Si la communauté internationale veut effectivement aider Haïti, elle ne doit surtout pas le faire à moitié.  Le problème du pays est trop grave pour qu’on pense le régler à la surface.  Car s’il y a quelque chose que l’on doit constamment avoir en tête, c’est qu’une Haïti déstabilisée peut avoir des conséquences jusqu’ici insoupçonnables sur tout l’Hémisphère nord.  En d’autres termes, il y va aussi de l’intérêt de la communauté internationale qu’Haïti soit stabilisée politiquement, socialement et économiquement.

Guy-Robert Saint-Cyr,
Juin 2005.

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202ème anniversaire de la création du Drapeau haïtien
18 Mai 1803 – 18 Mai 2005


Le 18 Mai 1803, à l’occasion du grand congrès de l’Arcahaie, Jean-Jacques DESSALINNES, par un acte de bravoure, a créé le drapeau  haïtien, symbole de l’unité et de la souveraineté nationale. Par ce geste patriotique, il voulait annoncer l’Haïtien, le nègre nouveau dans le nouveau monde, le premier exemplaire de nègre libre par sa volonté de puissance. Il faut rappeler qu’à ce moment-là, les luttes de libération dans le monde, un monde esclavagiste à l’époque, que ce soit en Afrique, en Asie et aux Antilles, étaient en plein essor.

Aujourd’hui, deux siècles après, cet exemplaire de peuple noir libre, né des prouesses de nos héros de la crête à Pierrot, de la butte charrier et de  vertières, connaît de sérieux problèmes liés à des facteurs différents. Le peuple haïtien, par contre, connaît sa voie, mais a encore des illusions sur des véreux politiciens, des faux amis. C’est à cause de cette situation qui l’empêche de faire face à ses difficultés qu’il nage dans le désespoir, le chagrin, la peur du lendemain. Pour nous, cette situation ne devait que fouetter la conscience de classe du peuple haïtien face à ses ennemis de classes pour qu’il s’engage dans la lutte contre la mauvaise gouvernance, la corruption, l’égoïsme et l’ingérence étrangère, qui ont toujours conditionné la misère et la souffrance de ce peuple dont les pères n’ont connu que l’esclavage, l’humiliation et le mépris. Pourtant, malgré cette situation combien préoccupante, il devient de plus en plus difficile de trouver des gens capables de !
 prouver qu’ils ont par dessous leur épiderme le même sang pur qui jaillissait sur nos collines et dans nos plaines au tout début du 19ème siècle,  pour mettre un terme à la plus grande barbarie que l’humanité ait connue. Alors que, la situation du pays ne cesse de se dégrader et le peuple en a vraiment assez de la misère et de la privation de toutes sortes. Faut-il se résigner lorsqu’on voit une grande partie de la population passer des jours sans pain, des nuits sans sommeil, mourir de faim et par manque de soin ? Faut-il rester les bras croisés devant cette machine infernale qui sème la mort partout dans le pays au nom de la démocratie impérialiste, sous prétexte de vouloir rétablir la paix ? Doit-on se taire à cause de l’omniprésence des conzés, des vendeurs de patrie, de peur de se faire assassiner comme Charlemagne Péralte et autres ? Enfin, est-il raisonnable de laisser le pays à la merci des compradores et des politiciens traditionalistes et corrompus qui ne voient q!
 ue leurs poches ?
La réponse est « NON ». Il faut s’organiser pour tenir en échec tous les rapaces qui considèrent Haïti comme leur propre proie. Mais l’organisation demande du travail, car on ne peut pas prétendre pouvoir changer les choses du jour au lendemain sans travailler avec les masses populaires, les prolétaires, la jeunesse, les forces vives de la nation. A l’heure d’aujourd’hui, il convient de s’engager dans le dialogue, qui est un lien social mieux partagé, afin de pouvoir analyser les faits avec prudence et intelligence, pour enfin se réunir autour d’un idéal commun. Dans cette perspective, il importe d’agir, mais vite et surtout avec prudence. C’est à peine compréhensible que de voir un peuple qui a su, maintes fois, braver le danger en vainqueur, pour briser les chaînes de l’esclavage, à un moment où les peuples opprimés du monde et en particulier les noirs n’étaient pas reconnus en tant qu’humains mais plutôt comme bêtes de somme, traverser, deux siècles après, ce désert ténéb!
 reux.

En ce moment historique, il ne s’agit plus d’énoncer les faits qui expliquent ces revers, car, ils sont connus de presque tous. En même temps, il importe de les comprendre afin d’arriver à développer des stratégies opérationnelles pouvant nous permettre de reconstruire, tous ensemble, notre patrie commune. Le temps n’est plus au déchirement. Souvenez-vous en, il a fallu l’unité des classes  opprimées ( noirs et mulâtres) pour vaincre l’ennemi commun, en 1804, malgré certaines divergences. Aujourd’hui encore, en dépit de la division qui règne, non sans raison, au sein de notre société, on peut arriver à l’unité ; mais pour ce faire, nécessité s’impose que l’on s’engage dans le dialogue. Car il s’agit, en réalité, de lutter pour la gestation, quoi que douloureuse, on le sait, d’un pays nouveau, pour l’avènement d’un nouvel ordre humain en Haïti. Si nous parvenons à promouvoir le dialogue entre tous les enfants d’Haïti, il y a de l’espoir qu’Haïti renaisse de ses cendres. Mais !
 si nous continuons à être des observateurs, refusant notre rôle d’acteur, il reste évident que notre pays continuera à s’enfoncer davantage dans la misère, le désespoir et l’anarchie. Le temps n’est plus aux beaux discours, nous en avons trop entendus qui n’ont été que des bruits de tambour. Il faut des actions concrètes, il faut travailler avec le peuple, l’encadrer, le galvaniser et l’accompagner.
Nous pensons et nous croyons que nous pouvons retrouver notre souveraineté, mais pour ce faire il faut d’abord que nous nous organisions comme un peuple, car la souveraineté, c’est le peuple. Elle est l’exercice de la volonté générale dont le but est le bien commun ; d’où la nécessité que la volonté générale prime sur la volonté particulière. Cette souveraineté est inaliénable et de la même manière qu’elle est inaliénable, elle est indivisible. Voilà pourquoi nécessité s’impose à nous de  travailler à l’union et à l’organisation du peuple haïtien ; parce que non organisé, on n’est rien. Notre postulat est que le pays est une bougie dont la mèche est le peuple organisé ; la bougie ne peut pas allumer plus longtemps que la mèche. Le peuple organisé est le centre du pays tout comme la mèche est le centre de la bougie. Il découle de ce principe que la volonté générale peut seule diriger les forces de l'État selon la fin de son institution, qui est le bien commun; car, si l'oppos!
 ition des intérêts particuliers a rendu nécessaire l'établissement des sociétés, c'est l'accord de ces mêmes intérêts qui l'a rendu possible. C'est ce qu'il y a de commun dans ces différents intérêts qui forme le lien social et c'est uniquement sur cet intérêt commun que la société doit être gouvernée. Jean-Jacques ROUSSEAU dit que la souveraineté, n'étant que l'exercice de la volonté générale, ne peut jamais s'aliéner, et que le souverain, qui n'est qu'un être collectif, ne peut être représenté que par lui-même: le pouvoir peut bien se transmettre, mais non pas la volonté. Aux problèmes actuels d’Haïti, il n’y a pas trente six solutions ; tout changement doit passer par l’organisation, car c’est le seul chemin qui nous amène à la construction de la volonté générale ; et, nous ne pourrons pas y arriver sans un vrai mouvement socialiste scientifique pur, qui prône l’égalité et la justice sociale.
Nous savons, par contre, que la tâche est difficile, voire pénible ; car les rapaces de toutes sortes qui nous ont toujours volé notre souveraineté et alimenté la division au sein de notre société, sont de plus en plus présents. Cependant, il y a une chose dont nous sommes très sûrs, c’est qu’il n’existe pas de citadelles imprenables, mais des forteresses mal attaquées. Si  nous conjuguons nos efforts, nous pourrons faire des exploits et étonner le monde comme en 1804. Ensemble, tous ensemble nous triompherons.
                                                                                                  Aurès SUD
                                                                                                         18 mai 2005

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Sur la reconstitution de l'Armée d'Haïti

"Un ordre pèse toujours à l'individu. Un désordre lui fait désirer la police ou la mort. Ce sont deux circonstances extrêmes où la nature humaine n'est pas à l'aise." Paul Valéry

Par

Guy-Robert Saint-Cyr

Depuis la chute du dictateur Jean-Bertrand Aristide la question de la reconstitution des Forces armées d'Haïti est sur toutes les lèvres. Chacun y va de son argument favorable ou défavorable. Tantôt on évoque la nécessité de restructurer la sécurité nationale pour réclamer cette reconstitution, tantôt on met en avant le faible budget national pour balayer d'un revers de la main toute idée de retour de cette institution qui n'a pas toujours laissé de bons souvenirs dans la mémoire des Haïtiens. Une chose semble certaine, c'est qu'il y a matière à débat. Mais on ne peut parler en toute objectivité du retour de l'Armée sans faire un diagnostic sur son passé afin de se questionner sur quel type d'Armée que l'on veut.

Un passé glorieux et gênant

De la même façon que les anciens historiens grecs parlaient de l'Égypte comme un cadeau du Nil, on peut considérer la nation haïtienne comme étant un cadeau de l'institution militaire. L'Acte de l'Indépendance proclamé le 1er janvier 1804 sur la Place d'Armes des Gonaïves fût signé par trente cinq généraux et un civil, Boisrond Tonnerre, comme secrétaire. C'est dire l'importance de l'institution militaire dans la création même de l'État haïtien. D'ailleurs la quasi-totalité des Chefs d'État qui ont dirigé le pays durant tout le 19ième siècle furent tous des officiers supérieurs de l'Armée d'Haïti. Grosso modo, on peut avancer l'idée que c'est à partir de l'occupation militaire américaine de 1915 que l'institution militaire s'est systématiquement transformée en bourreau pour la population haïtienne. C'est à partir de ce moment que tout jeune officier arrivé au grade de major se croit destiné à être président de la République. Donc, de so! n rôle fondamental de protection territoriale l'Armée d'Haïti s'est peu à peu métamorphosée en une véritable machine à tuer et à prendre le pouvoir par la force. Était-ce une raison suffisante pour la démanteler comme on l'a fait en 1995 de manière unilatérale et si abusive ? A-t-on démantelé la présidence pour avoir eu à son sommet des présidents corrompus et sanguinaires ? Ce qu'il fallait, c'était une réforme en profondeur de l'institution militaire en lui donnant entre autres des orientations nouvelles et spécifiques. À la veille du démantèlement, les exactions perpétrées par les militaires étaient telles que personne n'avait osé exiger un débat sur sa dissolution. De fait, ça a passé comme une lettre à la poste.

Quelle était la situation réelle à l'époque ? D'abord on estimait entre 7 000 à 14 000 hommes l'effectif des Forces armées d'Haïti (FADH). La différence, bien entendu, provenait de la prise en compte, ou non, des assistants ruraux et autres attachés non officiels. L'engagement de l'État haïtien dans l'organisation de ses forces armées rivalisait avec celui de nombre de ses voisins latino-américains qui, pour la plupart, s'étaient engagés dans des guerres civiles fort coûteuses. Quel paradoxe ! Haïti, l'un des pays les plus pauvres du continent, allouaient approximativement 35 % de son budget national à ses militaires, soit 42 millions de dollars l'an. Les violations des droits humains étaient légion. Les officiers n'enseignaient pas à leurs hommes comment devait s'exercer, par exemple, le contrôle d'une manifestation publique, comment mener des arrestations - nécessaire - dans la légalité, interroger les personnes dans le respect de la Constitution, ou condu! ire des enquêtes criminelles avec le souci d'apporter des pièces à conviction ou de pièces utiles en vue d'un jugement. En clair, pour employer un euphémisme, les FADH négligeaient totalement les droits humains. Ce qui était franchement inacceptable. Aucun individu sérieux, aucune société se voulant démocratique ne pouvait  accepter cet état de fait.

Après dix ans d'inactivité et surtout après une lutte héroïque contre la dictature aristidienne certains éléments démobilisés de cette défunte Armée d'Haïti veulent reconstituer leur corps d'armes. Il est vrai, selon la morale kantienne, que le bien fait aujourd'hui n'efface jamais le mal commis hier, mais la question est sérieuse et elle est posée avec beaucoup d'acuité ces derniers temps au point que le gouvernement intérimaire a du constituer de toute urgence une commission devant se pencher sur un éventuel retour des Forces Armées D'Haïti (FADH). Toute la question est de savoir quel type d'Armée l'on souhaite.

Quelle armée pour Haïti ?

N'allons pas par quatre chemins : le pays a absolument besoin d'une armée. Les raisons sont multiples. Tout d'abord la violence engendre toujours la violence. Pour être banale et simpliste cette formule n'en est pas moins vraie. Une fin de non recevoir aux revendications des militaires démobilisés sera inévitablement ressentie comme une humiliation par eux et par de nombreuses personnes de la population qui soutiennent leur cause. Or l'humiliation, subie ou imaginée, est mère du fanatisme; et rien ne nourrit mieux l'insécurité que la convergence et de l'aptitude à se sacrifier avec des armes de guerre devenues accessibles à tous. Depuis la fin des mouvements de mobilisation contre Aristide, les cas de kidnapping on repris; l'insécurité se porte bien.

Dans une certaine mesure la reconstitution de l'Armée pourrait être également perçue comme un élément de réponse aux différents problèmes économiques que confrontent les jeunes, surtout les jeunes chômeurs diplômés. De cette façon ils auraient l'impression d'effectuer un travail noble tout en servant patriotiquement leur pays. De toutes les manières à l'heure où le terrorisme n'épargne aucun pays (quel qu'il soit), il serait absurde de laisser la sécurité nationale aux seules mains des policiers. En effet, la nouvelle armée haïtienne devra se cantonner dans ses rôles spécifiques de sécurité nationale, c'est-à-dire combattre le trafic humain de toutes sortes, lutter contre le terrorisme national et international, lutter contre le trafic illicite des stupéfiants et intervenir rapidement et efficacement lors des catastrophes naturelles. Cette armée devra également s'équiper pour être en mesure de surveiller les postes frontaliers, de surveiller des eaux territo! riales et de protéger l'espace aérien du pays. Une expérience n'est utile, a précisé Heidegger, qu'à condition d'en tirer une leçon. Autrement dit, on doit tirer des leçons de nos erreurs du passé pour ne pas créer un nouveau monstre pour la société haïtienne. Ce qu'il nous faut, c'est une armée moderne, disciplinée et professionnelle pouvant nous aider dans nos différentes tâches de développement.

 

Guy-Robert Saint-Cyr,

Saintcyr24@yahoo.fr

Texte paru dans le quotidien Le Nouvelliste (Port-au-Prince) du mercredi 15 septembre 2004.

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"Ingratitude, Amends and Amens"


An observer of Haitian political life can only qualify as ingratitude, the attitude of the Haitian state towards its Diaspora.

The paradox between the legendary gratitude of the Haitian people on one hand, for the very little they do have, and towards those who help contribute to their causes, and this ingratitude of the state towards its best and brightest, is nothing short of mind boggling and quite simply "A National Disgrace". How can we receive so much and give back so little. How can we lethargically brush aside such a fundamental issue of such importance. How long do we expect the Diaspora to live under a regime of
"Taxation without Representation". One only hopes the Diaspora's patience on this issue produces the requisite results, before, like the Americans at the Boston Tea Party, they too, break out in open revolt.

Why is double nationality and equal economic, social, and yes, political rights such a problem for the Haitian state. And why has it yet to happen, when the vast majority of people asked believe that, as Steven Covey so aptly classifies life's issues, it is both essential and urgent.

We could list the excuses as falling into a certain number of broad categories:

1) "No one cares enough to make it happen, we have enough problems."
Double-Nationality and Equal Rights for Haitians Overseas is not a problem, it is a Grade Triple AAA solution with unimagined benefits for Haiti and the Haitian people.

2) "The Constitution."
I love this argument most especially when it is brandished by those who violate it with glee when it suits their personal agendas. If a referendum were to take place in two months time, with a thorough national discussion in the media and on the street preceding the vote, I think we all know 90% at least would be in favor of granting Double-Nationality and Equal Rights status to Haitians overseas immediately and without further "Pale Anpil".

3) "We have to wait."
I have rarely seen a state so predisposed to waiting, and waiting, and waiting. Who benefits from waiting, and waiting, and waiting, certainly not the people. A few thousand ladies and gentlemen in suits and nice cars. You be the judge. Many other people don't want to wait. To those governing our
Haitian state, we know you are swamped, facing the most incredible challenges, yet we plead for you to do the right thing now, to take this opportunity granted to you with your time at the helm to give Haiti a new beginning. By accomplishing just this you will have made a major far-reaching contribution to Haiti's future. If you do nothing else, do this one thing for your countrymen and women. You know in your heart it is the right thing to do. If you disagree, then let's vote on it. Isn't that what democracy is about. If you believe the Haitian people do not want that now, put it to the test, referendum time, and if ever it was worthwhile to have a referendum now on an issue, this is the issue, this is the time. Not in 5 years, 10 years, 15 years.

We can beat around the bush forever and ever amen, or we can get it done now, and simply say "amen".

The Dixie Chicks sing a song of familial love whose lyrics should express our heartfelt sentiments to the Haitian Diaspora, Our Family Overseas:

"Oh my love will fly to you each night on angels wings"

When will we as a nation, through action, demonstrate to Haitians Overseas our profound gratitude.

The same song says

"God hears "Amen" wherever we are"

Let us make peaceful, but forceful, noise now, to let the Haitian state hear it is time for "Just Amends" and just "Amens"

RepresentAction
Port-au-Prince, Haiti
May 6, 2005
 
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RepresentAction
Haitians United for Progress
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111 Rue Faubert, Suite 3
Pétionville, Haïti
Telephone: (509) 256-5777
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