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Archives d'Editoriaux #16

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Douze immigrants haïtiens sont morts ...

Lettre ouverte de Monsieur Yvon Bonhomme

Subject: Haiti: Dossiers Justice

Douze immigrants haïtiens sont morts ...

Vendredi 10 Mai 2002
Agence France-Presse
Miami

Douze immigrants haïtiens sont morts et 15 étaient portés disparus après le naufrage vendredi au large des Bahamas d'une embarcation de fortune sur laquelle avait pris place une centaine de personnes, ont annoncé les garde-côtes américains.

Soixante-treize passagers haïtiens ont pu être sauvés, a précisé une porte-parole des garde-côtes à Miami (Floride), Anastasia Burns.

Le naufrage a eu lieu alors qu'un bâtiment des garde-côtes tentait d'accoster le petit bateau surchargé. La mer était mauvaise, avec des vagues de trois mètres de haut.

Des navires et hélicoptères américains ont été dépêchés sur les lieux du naufrage, à quelques milles de l'île d'Inagua, troisième plus grande île des Bahamas, à l'extrême sud de l'archipel situé au sud-est des côtes de Floride.

Ils poursuivaient vendredi leurs recherches en vue de localiser d'éventuels survivants, a précisé la porte-parole.  «L'embarcation était de mauvaise qualité et surchargée» de passagers, a indiqué un autre porte-parole, Ron LaBrec.

Des milliers d'Haïtiens tentent chaque année de gagner les États-Unis à bord d'embarcations de fortune, fuyant leur pays très pauvre et en proie à une crise politique depuis mai 2000 qui a encore aggravé la situation économique, en raison de la suspension d'une partie de l'aide internationale.

La traversée s'effectue souvent dans ces conditions précaires, sur une mer infestée de requins, et sujette à de nombreuses tempêtes, et des dizaines voire des centaines d'Haïtiens y trouvent la mort chaque année.

À la différence des émigrants cubains, les Haïtiens appréhendés à leur arrivée sur les côtes de Floride sont renvoyés chez eux. Les Cubains sont eux autorisés à rester dès le moment où ils atteignent la terre ferme.

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Lettre ouverte de Monsieur Yvon Bonhomme


Révolté et Exilé Politique du Pouvoir Anarchique Lavalas au président Bush
Monsieur Georges W. BUSH
 Président des Etats-Unis d'Amérique
 En ses bureaux
 Washington DC.


 Monsieur le Président,

J'ai suivi avec un intérêt croissant les grandes lignes de la politique que  vous entendez appliquer envers les pays de la Caraïbe, dont le mien, Haïti.  Ayant sollicité l'asile politique aux Etats-Unis voilà déjà plus de neuf mois, je crois opportun de vous exprimer publiquement mon appui à toutes les démarches de votre administration en vue de ramener ne serait-ce qu'une lueur de démocratie dans ma patrie traumatisée.

Pour avoir lancé moi-même, le 2 septembre 1999, au Théâtre National de Port-au-Prince, la campagne électorale de Monsieur Aristide, je considère  aujourd'hui comme un impératif moral d'attirer votre attention sur le grave  danger que représentent les actuelles dérives du pouvoir lavalassien.

Agé de trente ans, j'appartiens à cette jeunesse désemparée qui, en 1990,  avait placé toute sa confiance dans le patriotisme du curé de Saint Jean Bosco,. A un moment où, de l'avis de maints politologues, grimaçait le spectre de la réaction en la personne de feu Roger Lafontant, le révérend Jean-Bertrand Aristide semblait le leader le plus apte à concrétiser les  aspirations du plus grand nombre. A l'instar de millions  d'Haïtiens de tous  âges et de toutes couches sociales, j'avais foi dans son message d'amour et d'espoir, d'autant qu'aucune perspective sérieuse ne s'offrait à nos  regards.

C'est cette foi qui nous a permis de résister victorieusement aux trois années du coup d'Etat militaire contre le président élu. Tout en pansant nos blessures et en enterrant nos compagnons de lutte, tombés au champ d'honneur, nous avions la certitude que l'opération retour, décidée par  l'administration Clinton et appuyée par les Nations Unies, nous apporterait enfin une chance, quelque minime fût-elle!

Malheureusement, une fois retourné au pays, le prêtre-président s'est empressé d'oublier ses promesses et de retourner casaque. Sans doute devrions-nous être alertés par sa tentative maladroite de récupérer ce
qu'il appelait ses trois années perdues? Mais son charisme, joint à notre  inexpérience, nous berça d'illusions, au point que nous mîmes longtemps à 
comprendre son double jeu.

Car le prêtre président préparait sa revanche sur ses adversaires politiques  comme sur ses amis et collaborateurs. Ainsi René Préval, président de circonstance, doublure et marche-pied d'Aristide, n'a pu contrecarrer le machiavélisme de cet homme dont les ambitions ne connaissent plus aucune limite!

La crise née des élections du 6 avril 1997 illustre parfaitement la détermination d'Aristide de brouiller les cartes à son seul profit. Sous  prétexte de mésentente autour du décompte des bulletins de vote, le second tour de ces élections n'aura jamais lieu. Mais Aristide, par Préval  interposé, aura trouvé le moyen de se débarrasser de ses anciens alliés de l'OPL.

Ici se place le curieux épisode des premiers ministres désignés par le  président, mais jamais ratifiés par le Parlement. Nos législateurs étaient-ils conscients de jouer le jeu de Tabarre? Il fallait combler la vacance créée par la départ du premier ministre Rosny Smarth. Et avec sa nonchalance habituelle, René Préval prit tout son temps pour proposer successivement trois premiers ministres, tous rejetés par ce qui restait de la quarante-sixième législature.

La vérité, c'est que toutes ces tergiversations servaient la cause d'Aristide qui rêvait d'élections uniques en l'an 2000. Sentant baisserdangereusement sa cote de popularité, il ne voulait point courir le risque de participer à des élections qui ne lui donneraient pas la majorité au parlement. D'où ce climat de tension, d'où les cas d'assassinats spectaculaires comme celui du sénateur Yvon Toussaint. Ainsi l'accord du 6 mars 1998 sera systématiquement boycotté par Tabarre, même si le Premier ministre de facto Jacques Edouard Alexis - lui-même issu de cet accord- croyait pouvoir jouer les équilibristes!

Vous connaissez sûrement la suite: des élections municipales et législatives  truquées ont lieu en juin 2000, auxquelles l'opposition ne participe point.  Aristide et ses lieutenants ont la partie facile. Ils l'emportent haut la main, ce qui leur permet de mettre sur pied un conseil électoral à leur dévotion, et de préparer la pseudo-victoire de décembre 2000.

La boucle est aujourd'hui bouclée. L'ancien curé de Saint Jean Bosco, dont la fortune personnelle dépasse celle d'au moins deux-tiers des riches  familles traditionnelles du pays, goûte aux délices du pouvoir absolu. Son
 parti politique, Fanmi Lavalas, est le haut-lieu de sa mégalomanie. On y  rencontre trois catégories: les pacifiques, les modérés et l'aile dure. Mais là encore, personne n'est véritablement à l'abri. A preuve, le traitement infligé à l'ex-Premier ministre Jean-Marie Chérestal.

Toutes les institutions du pays se retrouvent dans l'impossibilité de  fonctionner ou pis, fonctionnent selon le voeu du Chef. Police nationale,  Cour des comptes, parlement, primature, pouvoir judiciaire, tous exécutent des ordres aberrants qui n'ont absolument rien à voir avec la démocratie que l'ONU rêvait d'instaurer en Haïti.

Quel est donc le bilan? Absolument négatif. Les boat-people fuient par  milliers. Le pays est au bord de la guerre civile, puisqu'à défaut d'université, les jeunes de Cité Soleil reçoivent des armes à feu qui leur permettent de se transformer en chefs de gangs. Le dollar atteint des niveaux de plongée inégalés. Et la république, aux prises avec toutes
sortes de crise occupe la place peu enviable de carrefour de la drogue sud-américaine!

 Monsieur le Président,

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous expose une tranche d'histoire que vous connaissez probablement fort bien. L'explication est pourtant simple: j'appartiens, comme je vous l'ai dit précédemment, à cette phalange de jeunes enthousiastes qui avaient placé leur entière confiance dans les homélies du prêtre-président. Je réalise aujourd'hui non seulement l'inutilité de mon combat, mais aussi et surtout la trahison d'un homme qui s'est servi de notre candeur juvénile pour assouvir sa mégalomanie.  Ces jeunes n'ont ni université gratuite, ni bibliothèque publique, ni même cantine populaire. Mais on leur distribue des armes automatiques, ce qui flatte et développe leurs instincts meurtriers. Et vous comprendrez mon amertume en voyant récemment sur les chaînes de télévision américaine ces cohortes d'adolescents haïtiens portant leurs mitraillettes en bandoulière, comme en Afghanistan

La présente démarche est en quelque sorte le cri d'alarme d'un militant  indigné et profondément déçu. Au nom donc de ces millions d'électeurs qui avaient stupéfié l'opinion mondiale en 1990, je viens vous redire  solennellement: "Faisons quelque chose avant qu'il ne soit trop tard!"

Pour terminer, j'aimerais vous rappeler que nous, pauvres jeunes d'Haïti, ne sommes point les seuls à avoir été bafoués par ce leader machiavélique. D'éminents hommes d'Etat de l'hémisphère, ambassadeurs, ministres et
autres plénipotentiaires, se sont laissé prendre à la magie de son verbe. J'ai
même entendu dire aux aînés que, préoccupée de ramener mon pays dans ce qu'elle appelait l'ordre constitutionnel, la communauté internationale n'a pas hésité à bousculer quelques-uns des principes de  relations internationales jusque-là immuables.

Certes, beaucoup de chancelleries sont revenues de leurs erreurs. Washington, Paris, Bruxelles ou Ottawa ont crû devoir fermer le robinet de l'aide externe. Mais vous conviendrez avec moi, que comme en 1994, le blocage des fonds, tel que pratiqué par les gouvernements occidentaux,  impose aux démunis haïtiens des sacrifices chaque jour plus grands. Dans  l'intervalle, le Prince et ses courtisans, le sourire aux lèvres, reçoivent les émissaires de l'OEA, de la CARICOM ou de l'ONU, pour un nouveau round de négociations auxquelles personne ne semble croire. Aussi importe-t-il que la communauté internationale se rattrape. Elle y parviendra, selon moi, en analysant les solutions proposées par les patriotes encore lucides. Je suis de ceux-là, et je suis prêt, non pas à vendre Haïti pour reconquérir le pouvoir, mais à vous soumettre un plan d'éradication du mal lavalassien et de démarrage de mon pays.

Recevez, Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.

Yvon Bonhomme
Miami, Floride

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Subject: Haiti: Dossiers Justice

                             L'Ordre des Avocats inquiet face aux menaces qui planent sur le libre fonctionnement de la justice
 
                   Le Conseil de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince va observer un arrêt de travail le 7 mai prochain en signe de protestation contre les nombreuses violations des droits humains enregistrées à travers le
pays .
 
                   Dans une note de presse rendue publique le 30 avril 2002 , l’Ordre des Avocats soutient la requête de l'Amicale des Juristes et indique que les violations entravent le libre exercice de la profession d'avocat et le fonctionnement régulier de la justice . Pour le Conseil de l'Ordre des Avocats de Port-au-Prince, ce arrêt de travail sera l'occasion d'une journée de réflexion consacrée à l'exercice de la profession en Haiti .
 
                   Dans la même ligne d'idées, l'Amicale des Juristes , dirigée par René Julien , a lancé un cri d'alarme sur la situation de la justice en Haiti ." Le droit est en danger en Haiti " , affirme haut et fort
l’organisation qui appelle le personnel de la justice , les étudiants en droit et les organisations de défense des droits humains à observer une journée de grève mardi prochain. L'Amicale des Juristes entend signifier son
refus de fonctionner sous l’empire d’une justice profanée. L’association prône l’établissement d’un Etat de droit en Haiti pour stopper , dit-elle, cette descente aux enfers.
 
                   Cette initiative intervient à un moment où des personnalités évoluant dans le domaine judiciaire et celui du respect des droits humains dénoncent l'emprise de l'Exécutif sur le judiciaire . Ces personnalités dénoncent les intimidations dont a été l'objet le juge d'instruction Henry Kesner Noël dans le cadre de l'affaire Prosper Avril/massacre de Piattre . 
 
             -----------------
             Jeudi, 2 mai 2002 10:41
           
             Le conseil de défense de Prosper Avril multiplie les démarches en vue d'obtenir la libération de l'ancien dirigeant militaire 

             Les avocats de l’ancien président du gouvernement militaire, Prosper Avril, menacent de porter le dossier par devant la commission interaméricaine des droits de l’homme.
 
             Dans une intervention sur Radio Métropole, le jeudi 2 mai 2002, l'un des membres du conseil de défense de M. Avril , Maitre Rigaud Duplan , a mis en doute les déclarations du secrétaire d'Etat à la sécurité publique , Jean Gérard Dubreuil, selon lesquelles aucune pression n'a été exercée sur le juge d'instruction Henry Kesner Noël pourqu'il introduise le nom de Prosper Avril dans le dossier du massacre de Piattre survenu le 12 mars 1990. Dans une correspondance adressée ce 2 mai au ministre de la justice ,Jean Baptiste Brown, Maitre Rigaud Duplan , se référant aux révélations du juge Noël, a indiqué que M. Avril est un prisonnier du gouvernement Lavalas et réclamé sa libération immédiate . Dans cette lettre, Maitre Duplan souligne qu'à défaut de l'élargissement sans délai de son client , le dossier sera expédié à la Commission des Droits Humains de l'Organisation des Etats Américains (OEA), ce vendredi 3 mai à toutes fins utiles .
 
             Pour sa part, l’ex-président Prosper Avril décide de porter plainte auprès du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de St Marc contre Messieurs Bayard Vincent, Frénot Cajuste et Mario Joseph qui ,selon lui, ont tramé un complot contre sa personne. Dans une lettre adressée au Bâtonnier de cette ville, M. Avril souhaite que des sanctions soient appliquées contre ces hommes de loi qui ont agi,dit-il, en violation flagrante de la loi régissant la profession. Dans cette correspondance , le détenu Prosper Avril dénonce également l’implication de Maitre Calixte Delatour dont le nom est cité par le Juge Noël dans ce dossier. " Ils ont délibérément commis un faux criminel , ils ne sont pas des hommes , ils sont des immoraux, ces avocats n’ont pas
leur place au Barreau de St Marc " écrit Prosper Avril. " De ma cellule étant j’attends avec impatience la décision du Conseil de Discipline de l’Ordre que vous dirigez contre ces avocats immoraux et sans scrupule qui ne méritent que la radiation en attendant bien entendu, celle de la justice criminelle et de la justice divine", indique Prosper Avril .
 
             L'ancien dirigeant militaire ,Prosper Avril , a été arrêté le 26 mai 2001 dans un premier temps sous l'accusation de complot contre la sûreté de l'Etat puis de sévices corporels sur des prisonniers politiques durant son règne ( septembre 1988 - mars 1990). Il a été libéré le 15 avril dernier pour être reconduit en prison le même jour . 
 
       --------------
       Jeudi, 2 mai 2002 11:02
     
       Jean-Bertrand Aristide se défend d'interférer dans les affaires judiciaires
 
       Le président de la république Jean Bertrand Aristide a remis des véhicules tout terrain aux juges d’instruction qui travaillent sur des dossiers sensibles à l’occasion du 1er mai. Cette initiative intervient
quarante-huit (48) heures après les révélations du juge Henry Kesner Noël qui affirme avoir été forcé par le régime Lavalas pour maintenir en prison l’ancien général président Prosper Avril .
 
       En remettant ces véhicules aux magistrats instructeurs, Jean Bertrand Aristide a évité d’intervenir directement sur ce nouveau scandale qui altère l’image de son régime. Le chef de l’Etat a plutôt accusé certains secteurs d’exercer des pressions sur des juges pour les forcer à quitter le pays. Le président Aristide a indiqué que son gouvernement respectait l’indépendance du pouvoir judiciaire . En ce qui concerne le juge Gassant, actuellement aux Etats-Unis, qui était en charge du dossier Jean L. Dominique , M. Aristide a souhaité son retour au pays tout en affirmant qu’il reviendra au doyen de décider du dossier qui sera confié au magistrat .
 
       L'affaire du juge d'instruction de Saint Marc , Henry Kesner Noël continue de susciter des remous . Le gouvernement Lavalas n’a toujours pas réagi officiellement sur le dossier . Toutefois , le secrétaire d’Etat à la
sécurité publique ,Jean Gérard Dubreuil , a reconnu que la réunion à son bureau dont a fait mention le magistrat a bel et bien lieu mais a nié toute pression exercée sur le juge pour inclure le nom de Prosper Avril dans le dossier des personnes accusées de participation au massacre des paysans de Piattre . M. Dubreuil a précisé que la rencontre avait porté sur les moyens logistiques à mettre à la disposition du juge Noël pour faciliter son travail.
 
       Le commissaire du gouvernement de Saint Marc , Maitre Frénot Cajuste , également accusé par le juge instructeur Henry Kesner Noël, s’inscrit en faux contre les propos du magistrat . Me Cajuste estime que le juge Noël cherche à obtenir des faveurs auprès du gouvernement américain.
 
       Le magistrat Henry Kesner Noël est le deuxième juge d’instruction à quitter le pays suite à des menaces. Le juge claudy gassant qui enquêtait sur l’assassinat du directeur de Radio Haiti Inter Jean Léopold dominique s’est mis à couvert aux Etats-Unis depuis début janvier 2002 pour des raisons de sécurité.
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       Lettre de Me Rigaud Duplan
 
       Port-au-Prince le 2 mai 2002
 
       Son Excellence
       Maître Jean Baptiste BROWN
       Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique
       Port-au-Prince
 
       Monsieur le Ministre,
 
       Nous référant aux révélations publiques de l'honnête  Juge d'Instruction de St Marc, HENRY KESNER NOEL, au sujet de l'arrestation brutale et scandaleuse, suivie de la détention illégale et injuste du Citoyen PROSPER   AVRIL et, en notre qualité d'Avocats de ce dernier qui croupit actuellement en prison aux ordres du Gouvernement de la République, le seul et unique responsable du dossier de cette affaire, méchamment conçue et montée de toute pièce par ses agents, à une fin bien déterminée portant atteinte à la liberté de notre client et mettant même  en danger sa  vie, nous avons l'honneur aujourd'hui, de vous demander en urgence, d'assumer pleinement votre responsabilité en passant les instructions nécessaires soit au Commissaire du Gouvernement Près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Josué PIERRE-LOUIS, soit à celui près le Tribunal de Première Instance de St. Marc, Freneau CAJUSTE, pour que l'ordre de libération de Prosper Avril soit sur le champ expédié à l'Administration Pénitentiaire Nationale, ci-devant Pénitencier National.
 
       Nous vous rappelons qu'il n'existe pas de dossier criminel concernant PROSPER AVRIL, relativement à l'affaire de Piastre. Le consciencieux Juge HENRY KESNER NOEL qui fait honneur à la justice haïtienne, a bien précisé que,  craignant pour sa vie, « il a été contraint de signer le mandat d'amener émis contre PROSPER AVRIL et antidaté du 7 mars 2002 pour les besoins de la cause, ce fameux mandat  qu'On lui avait  préparé puisqu'il était question de « reprendre le dossier de Piatre pour retenir AVRIL indéfiniment en prison ». Nos enfants de demain auront beaucoup de mal à comprendre ce fait inique et cynique déjà inscrit dans l'histoire de notre Pays.
 
       Nous vous rappelons également que PROSPER AVRIL, détenu dans les conditions que vous connaissez déjà, n'est pas actuellement un prisonnier de la Justice. Il est un prisonnier du Gouvernement de la République qui en a décidé ainsi en violation des droits humains. Il ne peut être libéré que sur ordre de ce dernier.
 
       Nous nous faisons le devoir de vous informer que dans le cas où le Gouvernement  de la République n'aurait pas décidé de relâcher PROSPER AVRIL ce Jeudi 3 Mai,  le dossier de cette malheureuse, scandaleuse et piteuse affaire sera expédié le vendredi 4 mai suivant, à la Commission des Droits Humains de l'Organisation des Etats Américains, pour être transmis le cas échéant,  après l'accomplissement des formalités requises à la Cour Interaméricaine des Droits de l'Homme, aux fins de droit.
 
       Dans l'attente d'une réaction urgente de votre part, nous vous prions Monsieur le Ministre, de croire à l'assurance renouvelée de notre haute considération.
 
 Joseph Rigaud DUPLAN

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